Sonorité de la platine vinyle

L’édito de Lionel

Sonorité et empreinte musicale de la platine vinyle

 

Vous en êtes quête d’une platine vinyle. Il n’a échappé à personne que l’offre est pléthorique; et connaît une forte croissance depuis plus d’une dizaine d’années.

Comme tout autre élément “actif” d’une chaîne haute fidélité, vers quel modèle se diriger, à quel prix, pour quel usage ?
Beaucoup d’entre vous vont jusqu’à se demander si une platine vinyle a une empreinte musicale. C’est une bonne question; une question qu’il faut avoir à l’esprit, comme tout élément d’une chaine haute fidélité à éléments séparés.

Les sceptiques vous répondront, qu’en tant que telle, une platine vinyle n’a pas de “sonorité propre, et ce, quelques soient les technologies mises en œuvre. D’autres, au contraire, rétorqueront que la musique dépendra en très grande partie, voir exclusivement, de la cellule montée et, le cas échéant, du préamplificateur phono intégré au boîtier.

Cela n’est pas forcément faux, mais ces réponses sont très incomplètes. Il est utile de rappeler qu’une platine “tourne disques” est un assemblage d’éléments complexes, principalement d’origines mécaniques et, par définition, sujets à vibrations. Nous pourrons citer en premier lieu, le moteur, le pallier du plateau, le bras qui subit les vibrations de la cellule elle-même, le socle / châssis, et les pieds. Il est important de retenir qu’au chapitre des “pollutions” d’origines électromagnétiques, l’alimentation intégrée ne joue pas forcément un rôle positif.

Ces éléments soumis à vibrations se comportent à des degrés différents et ont un impact à des fréquences différentes. Aussi, il n’est pas idiot de penser que la cellule phonocaptrice, qui joue le rôle de microphone en quelque sorte, soit sensible à ces différents phénomènes qui auront pour conséquences de colorer avantageusement ou, au contraire, perturber le fragile signal sonore capté par le diamant et leurs éléments mobiles.

Dans le même ordre d’idée, expérience à l’appui, la matière du couvre-plateau a une influence sur le message sonore.

Les choix assumés par certains constructeurs sur la manière d’entraîner le plateau ou le contre-plateau est un élément supplémentaire à avoir à l’esprit. Si l’entraînement par galet a pratiquement disparu, l’entraînement par courroie constitue le moyen le plus efficace de driver le plateau. Cependant, on constate que l’entraînement direct constitue un bon moyen de s’affranchir de toute pièce soumise à usure. Dans certains cas, le rotor du moteur est couplé au plateau lui même. En dehors de quelques cas de figures, cette “technologie” n’est pas sans laisser de traces audibles, dans la mesure où la cellule capte toutes les fréquences qui “traînent” par ci par là.

Il y aurait encore beaucoup à dire sur le “son” des platines vinyles. Ce qu’il faut en retenir, est qu’il est faux de croire qu’une platine vinyle soit totalement neutre et que la musique qui en émane est du seul ressort du comportement de la cellule, même si celle-ci joue un rôle prépondérant.

Il est vrai qu’une platine vinyle et une cellule doivent constituer un ensemble cohérent, homogène, en adéquation avec l’installation de base.
Comme tout élément d’un chaîne haute fidélité, et quelque soit sa gamme, son prix, on ne compense pas les “manquements” d’une platine par la cellule et vice versa.

Enfin, si nous élargissons la réflexion, l’option du préamplificateur phono séparé et du câble de modulation ne sont pas forcément les “parades” qui permettront de goûter au mieux aux joies de la musique diffusée par ce support ancestral. Il faut avoir à l’esprit que tous les “assemblages” ne se comportent pas manière uniforme et équilibrée.

Aussi, en matière de platines vinyles, il faut être vigilant et attentif à la sonorité procurée par cet “élément tournant” et vérifier qu’il soit en phase avec vos attentes, vos goûts et vos exigences personnelles.