ETALON SuprA

ETALON – SuprA

Origine : Hongrie
Amplificateur “intĂ©grĂ©” Ă  transistors
Puissance : 2 x 70 watts / 4 ohms en classe AB
Impédance mini de la charge : 4 ohms

Sensibilité : 0.7 Vrms @ 30W
Gain: 26dB +/- 0,2 dB Ă  1 kHz
Bande passante : 20 Hz Ă  20 kHz
Distorsion : non spécifiée
Rapport signal / bruit : non spécifiée
4 entrées haut niveau RCA

 

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ETALON Acoustics fait partie de ces marques européennes incontournables sur le marché de la haute-fidélité et qui proposent régulièrement des évolutions ou des nouveautés toujours plus surprenantes les unes que les autres.

Il est vrai que ces dernières annĂ©es, LászlĂł SALLAY s’Ă©tait principalement penchĂ© sur la question des convertisseurs et lecteurs rĂ©seau – produits que j’avais d’ailleurs eu le privilège de tester – et, sans qu’il y ait une urgence capitale, il Ă©tait l’heure de songer Ă  faire Ă©voluer la gamme d’amplificateurs.

C’est avec un immense plaisir que le distributeur français m’informe qu’un nouvel amplificateur intĂ©grĂ© va inaugurer une nouvelle gamme qui verra le jour progressivement au cours de l’annĂ©e 2016. Ce nouvel amplificateur se nomme « SuprA ». C’est aussi avec ce mĂŞme bonheur qu’Ă  peine quelques jours après avoir dĂ©voilĂ© l’information, ce mĂŞme amplificateur m’est confiĂ© pour un test d’Ă©coute en primeur.

Bien que son nom s’apparente à celui du Suprampli que j’avais eu le privilège de tester il y a quelques annĂ©es, la conception du SuprA laisse Ă  penser que l’on a affaire Ă  un tout nouvel amplificateur qui n’a plus rien en commun avec le Suprampli. Toutefois, on y retrouve un air de famille qui laisse la question ouverte.

Le SuprA intègre la technologie à deux étages d’amplification présente au cœur de l’IntegrAl. Ce nouvel intégré est toujours de configuration double mono avec une technologie d’amplificateur de tension.

Le concepteur part du postulat qu’un amplificateur intĂ©grĂ© constitue un compromis inacceptable ou la section prĂ©-amplificatrice et celle de puissance sont regroupĂ©es au sein d’un unique boĂ®tier, soit pas soucis d’Ă©conomie, soit pour des raisons d’encombrement. A première vue, il s’agit d’un paradoxe puisque bon nombres de rĂ©fĂ©rences de la marque se prĂ©sentent depuis de nombreuses annĂ©es sous la forme d’un boĂ®tier unique, y compris le SuprA dont il est question dans ce banc d’essai.

Le doute qui en rĂ©sulte peut ĂŞtre rapidement dissipĂ© si nous nous mettons Ă  examiner la philosophie de conception de LászlĂł SALLAY ainsi que les entrailles de ses Ă©lectroniques. En effet, Ă  y regarder de plus près, vous vous apercevrez rapidement que les amplificateurs « intĂ©grĂ©s » ETALON sont simplement constituĂ©s de deux blocs de puissance sĂ©parĂ©s d’une sensibilitĂ© appropriĂ©e reliĂ© Ă  une carte prĂ©-amplificatrice “passive” qui comporte le minimum de composants et de fonctions. Cette vision des choses a l’avantage d’offrir une extrĂŞme simplicitĂ© Ă  tous les niveaux, y compris celui de la fabrication, et d’Ă©viter les composants passifs sur le trajet du signal qui pourraient perturber la qualitĂ© musicale.

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Ce concept a fait ses preuves sur les réalisations précédentes et a été repris sur le SuprA. Cet amplificateur rassemble en définitive deux blocs de puissance – technologie double monophonique de configuration asymétrique, muni d’un étage de pré-amplification passif. Deux cartes séparées entourent le transformateur torique de bonne capacité assurent une puissance de 2 x 70 watts sous 4 ohms fonctionnant en classe AB.

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La rĂ©serve en puissance est logiquement assurĂ©e par ce “puissant” transformateur torique d’une valeur de 307 VA, solidement arrimĂ© au châssis, via un système de dĂ©couplage simple empĂŞchant la transmission des vibrations au berceau / support.

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Ce transformateur est secondĂ© par six condensateurs par carte d’une valeur de 10.000 microfarads chacune, soit  60.000 microfarads au total, garants d’une impeccable stabilitĂ© et d’une très bonne rĂ©serve en courant.

Il est prĂ©cisĂ© que l’alimentation est Ă©galement en double Mono. Le transformateur possède bien deux circuits secondaires en plus du circuit primaire commun. Par ce principe, la configuration Ă©quivaut Ă  deux transformateurs. Comme l’intensitĂ© (le courant) est bien plus faible au primaire qu’au secondaire, il n’y a aucun intĂ©rĂŞt (hormis Ă  rendre le tout beaucoup plus cher) Ă  utiliser deux transformateurs . Le courant primaire est toujours faible en regard du courant secondaire. Aussi le primaire est toujours largement dimensionnĂ©. C’est au travers du secondaire que circule le courant et dans le cas du SuprA nous avons deux circuits secondaires et donc bien un par canal.

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Enfin, chaque carte est reliĂ©e de manière rigide Ă  son radiateur de refroidissement qui fait très bien son travail puisque le SuprA ne gĂ©nère aucune calorie excĂ©dentaire. Vous noterez au passage l’excellence du montage, dĂ©tail non anodin si l’on ne retient que le simple facteur musical.

Le SuprA est le successeur direct du Suprampli auquel il emprunte la présentation sobre et à mon sens de bon goût que nous connaissons : la face avant ne contient au centre qu’un afficheur. De part et d’autre une très jolie finition en merisier brillant, prend place autour de la fenêtre centrale en verre minéral fumé.

Pas de sĂ©lecteurs de fonctions, pas de touches, pas de potentiomètres. Toutes les fonctions sont pilotĂ©es via une tĂ©lĂ©commande qui pilotera le rĂ©glage de volume confiĂ© Ă  un potentiomètre d’origine Alps, le sĂ©lecteur pour 4 sources actionnĂ©es par relais, et une fonction mute. L’ensemble de l’Ă©lectronique repose sur un berceau en tĂ´le pliĂ©e de bonne Ă©paisseur, lequel s’appuie sur trois pieds en caoutchouc qui, Ă  priori, font efficacement leur travail en matière de dĂ©couplage.

 

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La face arrière comprend quatre bornes HP de belle qualitĂ© solidement fixĂ©es au châssis. Elles autorisent le câble nu, les fourches, et fiches bananes. Cependant, vous ne pourrez pas opter pour le bi-câblage – qu’importe : il vaut mieux avoir recours Ă  un câblage unique de bon niveau, plutĂ´t qu’Ă  des câbles “exotiques” doublĂ©s dont l’efficacitĂ© n’a toujours pas Ă©tĂ© dĂ©montrĂ©e.

Les quatre entrĂ©es sont confiĂ©es Ă  de “sĂ©rieux” connecteurs RCA plaquĂ©s or boulonnĂ©s sur la face arrière de qualitĂ© supĂ©rieure Ă  ceux qui Ă©quipaient le Suprampli. Cependant, je regrette toujours que le constructeur n’ait pas prĂ©vu une sortie Ă  niveau fixe ou variable pour un enregistreur analogique ou un amplificateur pour casque d’Ă©coute.

En revanche, un grand merci pour l’attention portĂ©e par le concepteur en ce qui concerne la prise secteur IEC oĂą l’importateur a pris le soin de dĂ©crire dans sa notice d’utilisation le pĂ´le permettant de repĂ©rer la phase. Cette dĂ©marche fera en outre gagner un temps fou Ă  l’utilisateur lors de la mise en fonction de l’appareil.

ECOUTE :

Les tests d’écoutes ont été effectués à domicile avec le matériel suivant  : lecteur CD YBA Classic Player 3, enceintes acoustiques PE LEON Kantor et JM REYNAUD Folia,  câbles de modulation YBA Glass, ESPRIT Beta, câbles HP  ESPRIT Aura et JMR HP 1132.

Pour l’alimentation secteur : barrette FURUTECH F-TP 615, câble secteur G-314Ag-18E et prise murale FT-SWS-G de la même marque.

Je remercie vivement l’importateur ETALON ACOUSTICS France de m’avoir fait bĂ©nĂ©ficier en primeur de cette nouvelle rĂ©fĂ©rence pour une durĂ©e de 4 semaines afin de pouvoir rĂ©aliser ce test d’écoute et vous faire partager mes impressions au travers ce banc d’essai.

CD utilisĂ©s : NAIM Sampler N° 6 – Seal Soul – Tri Yann “La belle enchantĂ©e” et avec l’Orchestre National des Pays de Loire – Collaboration par the Modern Jazz Quartet with Laurindo Almeida.

– Porgy And Bess de Gershwin : suite orchestrale par Frank Chacksfield – Bach’s Music par Richard Galliano – O Fortuna Carmina Burana par l’orchestre philarmonic de Prague and Chorus – Water Music de Georg Friedrich Haendel par Trevor Pinnock – Fantaisie pour un Gentilhomme de Joaquin Rodrigo par Erich Kunzel dirigeant l’Orchestre Philharmonique de Naples – Dardanus de Jean-Philippe Rameau dirigĂ© par John Eliot Gardiner – Requiem de Mozart par Hebert Von Karajan – Danses Slaves Op. 46 et Op. 72 Anton Dvorak – Direction Antal Dorati rĂ©-Ă©dition Mercury Living Presence – La Folia de la Spagna par Gregorio Paniagua.

1° Timbres 

Jusqu’ici, ETALON nous avait habituĂ© Ă  des Ă©lectroniques plutĂ´t bien “timbrĂ©es”. Il eut Ă©tĂ© Ă©tonnant qu’il en soit  autrement avec le rĂ©cent SuprA. Mais, de nos jours on peut s’attendre Ă  tout.
Je vous rassure, ce nouvel intĂ©grĂ© reprend Ă  sa charge tout ce que fait le charme des amplificateurs et autres Ă©lectroniques de la marque, Ă  ceci près : il va nettement plus loin que ses prĂ©dĂ©cesseurs Suprampli et Origo sur un grand nombre de paramètres. Le choix de nouveaux composants et quelques optimisations vont dans le sens d’une musicalitĂ© haute en couleurs. Nous retrouvons cet aspect particulièrement fruitĂ©, qu’Ă  titre personnel, j’adore. Nous redĂ©couvrons avec bonheur la couleur typique des instruments d’Ă©poque et guitares acoustiques qui s’illustrent au travers du dernier album studio de Tri Yann « La Belle EnchantĂ©e ». J’ai pu aussi apprĂ©cier toute la richesse d’une orchestration pleine de belles surprises, diablement orchestrĂ©e telle que la suite orchestrale Porgy and Bess de Gershwin mise en musique par Frank Chackesfield. J’ai pu savourer avec dĂ©lectation la plus infime substance de quelques notes de harpe aux timbres cristallins, aux envolĂ©es de la flĂ»te traversière qui viennent se superposer Ă  une “ligne” de violoncelles Ă  la sonoritĂ© veloutĂ©e. Le hautbois y va de sa personnalitĂ© pour complĂ©ter le contre chant de violons dont la ligne mĂ©lodique a Ă©tĂ© minutieusement « distillĂ©e » pour coller Ă  la mĂ©lodie.

Le très connu passage Summertime s’affiche avec distinction par le solo de trompète de Kenny Baker qui fait chanter son instrument d’une façon jazzy des plus savoureuse qui soit. Le jeu de cymbale est d’une excellente prĂ©cision et je me suis rĂ©galĂ© en entendant un jeu de banjo venir “bousculer” le classicisme de ce passage d’anthologie souhaitĂ© par le compositeur et qui donne une touche d’originalitĂ© accentuĂ©e par le tempĂ©rament de cet amplificateur. Vous l’aurez vite compris, le SuprA est loin d’ĂŞtre un amplificateur ennuyeux, je dirais qu’il est mĂŞme “brillant” en matière de couleurs de timbres et que l’on peut rĂ©sumer par :

• un registre aigu fin, ciselĂ©, mĂ©ticuleusement travaillĂ© : il contribue Ă  rendre la restitution d’une transparence sur laquelle je reviendrai en dĂ©tail.

• un registre grave  particulièrement convainquant lorsqu’il s’agit d’aller tutoyer les frĂ©quences en bas de spectre. Non content de descendre profondĂ©ment, le registre grave se dĂ©marque par une lisibilitĂ© de premier ordre,  une forme de “propretĂ©” qui ne laissent aucune place Ă  l’approximation.

• un registre médium assurant une liaison minutieusement réglée entre les fréquences graves et aigües.

La mise au point des circuits ainsi que le choix des composants assurent en outre une excellente linĂ©aritĂ© exempte de toute trace “d’accidents”, de creux ou de bosses, qui viendraient nuire au confort de l’Ă©coute.

Sur la base de ce qui prĂ©cède, vous pourrez compter sur le SuprA pour vous faire dĂ©couvrir une musicalitĂ© plutĂ´t raffinĂ©e, doublĂ©e d’une Ă©lĂ©gance de premier ordre. Si les timbres peuvent paraĂ®tre lĂ©gèrement “rĂ©chauffĂ©s”, ils ne le font pas au dĂ©triment de l’aspect extrĂŞmement naturel – vocaux et instruments acoustiques sont «chouchoutĂ©s» sur ce thème. Les bois, les cuivres, oĂą les cordes dĂ©livrent une couleur tonale fruitĂ©e donnant beaucoup de saveur Ă  la musique classique, Ă  la musique lyrique, au jazz, ainsi qu’Ă  toute forme de musiques plus contemporaines.

La bande passante subjective est étendue, sans pour autant montrer des traces de caricatures ou autre formes «d’insistance». Le dernier nĂ© de la marque Hongroise nous gratifie d’une musicalitĂ© nuancĂ©e, variĂ©e, Ă©quilibrĂ©e, oĂą les instruments sont “charnus” et adoptent la consistance attendue.

2° Fluidité 

Une électronique ETALON est par définition une électronique réputée fluide. Pourquoi, diable, le SuprA échapperait-t-il à la règle édictée par le concepteur depuis de plusieurs décennies ?

Sur ce critère, le dernier nĂ© de chez ETALON ne renie rien de ce qui a fait la rĂ©putation de la marque. Avec lui, la musique s’Ă©coule sans aucun Ă©cueil, sans accroc, au rythme dictĂ© par l’extrait musical sĂ©lectionnĂ©.

Le flux musical fait abstraction de toute forme de duretĂ©; les notes s’enchainent librement avec beaucoup d’entrain qui s’appuie sur un mĂ©canisme parfaitement huilĂ© et pour tout dire plaisant de bout en bout. Les CD se suivent et ne se ressemblent pas; on en redemande, les heures d’Ă©coutes se succèdent sans lassitude.

3° Scène sonore

La conception double mono de cet amplificateur joue un rĂ´le dĂ©terminant sur le “dessin” de la scène sonore. Celle-ci apparaĂ®t d’emblĂ©e très ample, plutĂ´t “confortable” dans les trois dimensions, donnant l’illusion d’une aĂ©ration autorisant la musique Ă  respirer Ă  sa guise, sans aucune contrainte. Cela se remarque aussi bien sur les grandes que les petites formations orchestrales. MĂŞme Ă  faible niveau d’Ă©coute, la musique vous est prĂ©sentĂ©e avec une prestance de premier ordre.

Ecoutez ou rĂ©-Ă©coutez Dardanus de Jean-Philippe Rameau – direction John Eliot Gardiner – et vous verrez de quoi je veux parler. Tambourins I & II, ou l’EntrĂ©e pour les guerriers vous mettront immĂ©diatement en condition pour vous Ă©voquer Ă  quel degrĂ© le SuprA brille aussi par sa gĂ©nĂ©rositĂ©. Les plans sont mĂ©thodiquement construits : il y a de la place pour tous instruments. Il Ă©mane du flot orchestral la sonoritĂ© piquĂ©e du clavecin; celui-ci alors semble battre la mesure avec ses couleurs chatoyantes si caractĂ©ristiques. La construction mĂ©thodique de la scène sonore met Ă  leur place chaque groupe d’instruments ou instrument soliste dont le positionnement respectif est facilement identifiable. L’ampleur Ă©voquĂ©e aboutit Ă  une restitution aĂ©rĂ©e Ă  laquelle nous sommes davantage habituĂ©s avec des amplificateurs de gammes et de prix souvent plus Ă©levĂ©s.

N’en dĂ©duisez cependant pas que cet amplificateur est envahissant; au contraire il accompagne harmonieusement la prestation des musiciens et de leurs instruments et les « installe » à une place bien dĂ©terminĂ©e comme cela a Ă©tĂ© prĂ©vu lors des sĂ©ances d’enregistrements.

4° Transparence

LĂ , oĂą le SuprA m’a carrĂ©ment Ă©patĂ©, c’est Ă  travers les extraits les plus connus de Jean-SĂ©bastien Bach “vus” par Richard Galliano. L’accordĂ©on et le bandonĂ©on remplacent tour Ă  tour les instruments d’origine (flĂ»te, clavecin, violoncelle,….orgue). Par instant, les instruments de prĂ©dilection de Richard Galliano se substituent astucieusement aux instruments d’origine donnant une couleur insolite Ă  la musique. Par moment, le « souffle » de l’accordĂ©on pourra prendre des allures de grandes orgues qui insufflent une forme de vie nouvelle, une renaissance de la musique de Bach pleine de rĂ©alisme. Chaque note est mĂ©ticuleusement dĂ©cortiquĂ©e. Les moindres inflexions de l’instrument sont perceptibles et reflètent des couleurs tonales Ă©tonnantes. J’ai Ă©galement remarquĂ© que grâce Ă  la prise de son soignĂ©e, le quintet Ă  cordes qui accompagne Richard Galliano nous fait profiter de toute l’adresse des musiciens mise en lumière permises par les qualitĂ©s d’analyse dont fait preuve cet amplificateur.

Ces qualitĂ©s d’analyse, nous les retrouvons Ă  l’Ă©coute de la Folia de la Spagna par Gregorio Paniagua. Quel satisfaction d’entendre le jeu de clefs de la clarinette, les arpèges de guitare, ou simplement la reprise de souffle du flĂ»tiste qui contribuent Ă  rendre cette musique si attachante.

Cet amplificateur m’a surpris de jour en jour. Chaque extrait musical constitue une redĂ©couverte si l’on prend en compte ses capacitĂ©s Ă  reproduire les dĂ©tails les plus infimes, les nuances les plus discrètes, les micro informations trop souvent restĂ©es dans l’ombre avec d’autres produits très en vogue en ce moment et peu enclins Ă  “fouiller”  le message sonore. Le SuprA, comme les autres produits signĂ©s LászlĂł SALLAY s’attache Ă  analyser en profondeur le contenu des enregistrements qui lui sont confiĂ©s et le reproduire Ă  fidĂ©litĂ©.

Par ailleurs, le SuprA est douĂ© pour dĂ©livrer un message clair et lumineux. Je m’en suis rendu compte Ă  l’Ă©coute de Water Music de Georg Friedrich Haendel – direction Trevor Pinnock et notamment à travers Hornpipe qui explose de joie tout comme l’auditeur que je suis. La rĂ©ponse des trombones aux cors de chasse s’effectue avec un “dĂ©tachement” très particulier. Sur le Menuet, un torrent d’informations vous parvient au point que l’on se surprend à mettre en Ă©vidence toute la substance du piccolo, suggĂ©rant ainsi que l’amplificateur ne laisse rien au hasard !

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5° Dynamique – réactivité – rigueur

Loin d’ĂŞtre l’amplificateur intĂ©grĂ© le plus nerveux, le SuprA est loin d’ĂŞtre un amplificateur mou ou en manque de souffle. Sur diffĂ©rents extraits de SEAL SOUL, j’aurais mĂŞme tendance Ă  dire qu’il “s’Ă©mancipe” avec une belle rapiditĂ©, sans aucune trace de traĂ®nage apparente. Plus j’Ă©coute cet amplificateur, plus je me rends compte qu’il rĂ©agit plutĂ´t bien face aux Ă©carts de dynamique et fortes accĂ©lĂ©rations – sans s’affoler. En tout cas, le SuprA sait toujours ĂŞtre au rendez-vous. L’auditeur tatillon que je suis, aurait peut ĂŞtre souhaitĂ© davantage de vivacitĂ© sur le jeu de vibraphone et sur le jeu de piano qui illustre ValĂ©ria interprĂ©tĂ©e par le Modern Jazz Quartet. Cependant, le jeu de contrebasse et les coups de cymbales obĂ©issent au doigt et Ă  l’Ĺ“il et rĂ©pondent Ă  mes attentes, ce qui m’incite Ă  ĂŞtre très prudent sur le point Ă©voquĂ© ci-avant.

Une rĂ©activitĂ© sans peur et sans reproche pour cet amplificateur qui distille la musique de Tri Yann & l’Orchestre National de Loire avec une effervescence remarquable dans sa globalitĂ©. La bonne santĂ© de cet amplificateur se fait sentir sans l’ombre d’un doute. Les chĹ“urs nous prĂ©sentent ce qu’il y a de plus grandiose, avec la puissance attendue. La rythmique (batterie, basse, guitare Ă©lectrique) marquent un tempo absolument bien maĂ®trisĂ© qui confirme avec quelle rigueur cet amplificateur s’exĂ©cute. Ainsi, l’amplificateur SuprA s’illustre par une musicalitĂ© que je qualifierais de pĂ©tillante et très “palpable”.

Cet amplificateur est muni d’une source d’Ă©nergie remarquable que l’on aura plaisir à savourer au travers des Danses Slaves Op. 46 et Op. 72 Anton Dvorak – Direction Antal Dorati (rĂ©-Ă©dition Mercury Living Presence).
Le moins que l’on puisse dire est que le SuprA a su apprivoiser l’orchestre symphonique de MinnĂ©apolis et obĂ©it au doigt Ă  l’Ĺ“il de Monsieur Antal Dorati qui mène la danse avec fougue. Il ne recule pas devant les moindres Ă©carts de dynamique provoquĂ©s par une grosse caisse, des envolĂ©es de violons grandioses : il encaisse ce flot orchestral avec une docilitĂ© incroyable, un tonus, et une bonne humeur qui font plaisir Ă  entendre.

6° Communication avec l’auditeur

O Fortuna tirĂ© du Carmina Burana de Karl Orff est une excellente entrĂ©e en matière pour juger et apprĂ©cier ce dont est capable de vĂ©hiculer le SuprA sur le plan Ă©motionnel. Cet amplificateur est en capacité d’aller très loin en matière de communication directe avec l’auditeur. Pas forcĂ©ment dĂ©monstratif au sens pĂ©joratif du terme, cet amplificateur est plus subtil que cela : il fait dans la mesure et non dans la dĂ©mesure.
Des chĹ“urs qui resplendissent, des percussions qui “roulent”, une orchestration divine, se concrĂ©tisent par leur prĂ©sence soutenue dans la pièce d’Ă©coute. Tous les ingrĂ©dients sont rassemblĂ©s ici pour faire vibrer l’auditeur et le faire participer aux qualitĂ©s d’une interprĂ©tation et d’une la prise de son sans dĂ©fauts.

Oui, le SuprA s’y entend pour faire chanter les meilleures “mises en scènes orchestrales”, les “pièces musicales” de tous styles et de la plus haute “tenue” telle que la Fantaisie pour un Gentilhomme de Joaquin Rodrigo – direction Erich Kunzel. Cette “pièce” musicale dĂ©gage ici des parfums inaccoutumĂ©s qui mettent bien au clair le soin apporté aux interprĂ©tations de qualité afin de livrer Ă  l’auditeur la musique la plus authentique possible. Le jeu de guitare de David Russell est bougrement travaillĂ©; l’agilitĂ© de son doigtĂ© mĂ©rite rĂ©ellement que l’on y prĂŞte une oreille attentive. L’orchestre philharmonique de Naples sous la direction d’Erich Kunzel s’y entend pour vous inviter à l’Ĺ“uvre enjouĂ©e de Joaquin Rodrigo, et je peux vous affirmer que le SuprA vous aidera grandement en ce sens.

Et que nous chante le Requiem de Mozart par Hebert Von Karajan ? Eh bien, grâce Ă  l’Ă©loquence permise par cet amplificateur, nous retrouvons des chĹ“urs en pleine forme qui “s’enflamment” avec la ferveur qu’on leur connaĂ®t habituellement – je les ai imaginĂ© briller ici comme un vĂ©ritable feu d’artifice. Par les performances du SuprA, vous pouvez vous attendre Ă  une interprĂ©tation d’une grande intensitĂ©, Ă  de longues minutes Ă©motionnelles de musique. Je puis vous assurer que vous serez totalement en prise directe avec cette “fresque” de Mozart. Cet amplificateur ne semble pas avoir de limites lorsqu’il s’agit de vous immerger au cĹ“ur de la musique vivante. La soliste, Maria Stader, souligne sa prĂ©sence par sa voix d’une magnifique puretĂ©. J’ai très bien senti que celle-ci vivait avec la composition dont elle est l’interprète majeure. Les intonations de sa voix, la diction, la reprise de souffle, sa “lĂ©gèretĂ©” et sa conviction, nous prouvent que le “petit” ETALON et son concepteur s’y entendent lorsqu’il s’agit de porter une attention particulières à des œuvres aussi “poignantes” que ce Requiem.

Avec la Folia de la Spagna de Gregorio Paniagua – n’ayons pas peur des mots nous frisons le “sublime”. Certes, le mot sublime est fort mais je l’utilise volontiers et d’autant plus librement que ce CD, exubĂ©rant dans son genre, nous invite Ă  dĂ©guster sans limite tous les instruments baroques prĂ©sents dans cette sĂ©rie de “pièces musicales des 16ème et 17ème siècle. La douceur des flĂ»tes baroques, la texture nasillarde des cromornes, le tempĂ©rament “flamboyant” du clavecin, la sonoritĂ© boisĂ©e de la viole de gambe, le crĂ©pitement des percussions sont reproduits avec des parfums suaves, chaleureux, “sucrĂ©s” et une Ă©loquence rĂ©ellement saisissante Ă  vous donner la chair de poule. Le SuprA opère ici un vĂ©ritable travail d’orfèvre autours de chacun de ces instruments qui aboutit à un rĂ©alisme fascinant.

D’une façon globale, le SuprA a rĂ©ellement le pouvoir de faire vivre les meilleurs extraits musicaux qui lui sont confiĂ©s grâce Ă  sa facultĂ© Ă  pĂ©renniser les sons dans le temps et l’espace sans coupure ou perturbation d’aucune – une mention spĂ©ciale pour les harmoniques qui contribuent Ă  enrichir le message musical et le rendre encore plus naturel.

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Conclusion :

Depuis toujours ETALON nous a habitué à des électroniques très musicales, chantantes, et hautes en couleurs. Le récent SuprA se devait, non seulement, de rester dans la tradition des meilleures références de la marque, et, pourquoi pas, de faire mieux que ses prédécesseurs. Cette fois encore, László SALLAY réussit à surprendre : en peaufinant son concept, il nous prouve, une fois encore avec cet amplificateur à prix attractif, un savoir-faire incontestable qui se matérialise par une musicalité riche sur le plan des timbres, sur le plan émotionnel, et qui se montrera digne des meilleures enceintes acoustiques, des meilleures sources, comme des grandes œuvres musicales.

 

Synthèse :Musicalité : affirmée et remarquable
Appréciation personnelle : fantastique
Rapport musicalité – prix : très, très bon

 

Prix : 1980 €  (07/2016)

 

Test d’écoute réalisé par
Lionel Schmitt