CREEK Voyage i20 & CD

Origine : Grande Bretagne

Amplificateur intégré – Dac i20
Lecteur CD – Dac

Elle était attendue cette gamme Voyage, car elle marque une forme de renouveau chez le constructeur. Toujours conçus par Mike Creek, l’amplificateur intégré et le lecteur CD sont désormais produits en Slovaquie. Cette démarche facilite, entre autres, l’implantation et la distribution au sein de l’Union Européenne.

Si la philosophie conceptuelle d’ensemble demeure, la présentation générale des deux références change partiellement. La sobriété est toujours de mise, mais ces nouveautés ont une touche plus luxueuse que celle des séries EVO précédentes. Les façades en aluminium finement polies contribuent à rendre le i20 et le CD agréables à regarder, sans évoquer l’ergonomie qui y gagne aussi.

Amplificateur intégré à transistorsDac

Puissance sous 8 ohms : 2 x 120 watts
Puissance sous 4 ohms : 2 x 240 watts
Réponse en fréquences : 1 Hz à 100 kHz, +/-2dB
Rapport signal / bruit : 102 dB A
Taux de distorsion : < 0,002% – 20 Hz à 20 kHz
Diaphonie : > 80 dB à1 kHz

3 entrées ligne RCA
1 entrée ligne XLR
1 sortie préamp RCA
1 Sortie casque jack 6,35

2 entrées numériques S/PDIF coaxiales
2 entrées numériques Toslink optiques
1 entrée USB-2 PCM 768 kHz, 32-bits, DSD 22.4 MHz
1 connexion Bluetooth – aptX HD

 

Lecteur CD – dac

Taux d’échantillonnage PCM : 8 kHz à 384 kHz
Dynamique : 123 dB
Rapport signal / bruit : 113 dB

1 paire de sorties analogiques RCA
1 paire de sorties analogiques XLR

 

Amplificateur – Dac i20

Souhaitant être dans l’ère du temps, l’amplificateur intégré i20 combine un préamplificateur analogique, un convertisseur N/A et un bloc de puissance qui s’appuie sur une alimentation stabilisée unique, logés dans un boîtier très mince.

La carte de conversion N/A est semblable à celle qui équipe le lecteur CD. Le concepteur a choisi une puce AKM AK4493EQ 32 bits 768 kHz pouvant prendre en charge les signaux DSD 22,4 MHz.

La section préamplificateur dispose de quatre entrées analogiques dont une entièrement symétrique. Elles sont directement couplées à un circuit électronique sophistiqué de contrôle de volume et de la balance “Muses”.

L’atténuateur à échelle de résistances  Muses permet un réglage précis sur une plage de 80 dB, par pas de 1 dB, avec une distorsion extrêmement faible. Le circuit préamplificateur du Voyage i20 est normalement réglé pour un gain unitaire (0 dB) mais, si nécessaire, chaque entrée peut amplifier individuellement le signal d’entrée, par pas de 3 dB, jusqu’à + 12 dB au maximum. Chaque entrée peut également être réglée pour contourner le préamplificateur et le contrôle du volume. Ce mode DIRECT sélectionnable par l’utilisateur permet à l’i20 d’être utilisé comme un amplificateur de puissance avec quatre entrées, ou une série de combinaisons pour répondre aux besoins individuels.

D’origine, le i20 ne possède pas d’étage phono intégré. Une carte phono enfichable optionnelle Sequel-mk4 peut être ajoutée à la demande. Ce module est prévu pour les cellules MM et MC à haut rendement. Il permet la sélection du  gain à 40 ou 50 dB, de la capacité de 100 pF ou 200 pF et d’un filtrage CEI, afin de réduire les fréquences de distorsion du disque. Il bénéficie de l’alimentation stabilisée spécifique.

 

L’étage de puissance s’appuie sur six transistors  Mosfet Sanken STD03 à courant élevé. Pour garantir la puissance de sortie annoncée, CREEK a fait le choix d’une alimentation à découpage. Ainsi, le concepteur s’affranchit du ou des classique (s) transformateurs torique (s) et condensateurs de filtrage.

Les transistors de puissance bipolaires de suivi thermique Sanken corrigent immédiatement le courant de repos, pour contrôler avec précision et minimiser la distorsion de croisement et réduire le temps de préchauffage au minimum.

L’étage de sortie est configuré en Classe G. Il basé sur deux sections d’alimentation. La première section travaille en pleine tension et la seconde en demi-tension. Lorsque le signal requiert  une tension plus élevée afin de répondre aux exigences d’un suivi rigoureux des signaux à des niveaux de puissance plus élevés, les Mosfet de puissance dans le circuit de sortie de classe G commutent la demi-tension en pleine tension. Dès que ce pic est passé, la tension qui fournit le courant de polarisation diminue également.

La demi-tension d’alimentation « travaille » au quart de la puissance, et monte en pleine puissance pour s’adapter aux écarts de dynamique. En outre, ce principe permet de réduire la taille du dissipateur thermique, tout en tirant le meilleur parti de la nature dynamique de la musique, et veiller à minimiser les excès caloriques.

Un système de suivi thermique est utilisé pour corriger le courant de repos et minimiser la distorsion de croisement. Étant couplés en courant continu, les condensateurs de découplage sont éliminés pour améliorer la musicalité. Un circuit d’asservissement électronique compense les petits décalages CC et maintient la sortie de l’amplificateur à zéro volt CC. Enfin, trois formules de protection ont été développées : surintensité, décalage CC et température; la sortie sera coupée jusqu’à ce que le défaut disparaisse, et assurer, le cas échéant, la protection des enceintes acoustiques.

Pour optimiser les performances et maintenir la symétrie gauche-droite, CREEK a développé un circuit amplificateur de tension enfichable modulaire. La typologie à transistor discret et leur rétroaction négative relativement faible permettent aux signaux d’entrée d’être envoyés à l’ampli de puissance sans avoir recours à un gain supplémentaire au niveau du préamplificateur.

Pour lutter contre toute forme d’inductance indésirable et contribuer à obtenir la meilleure linéarité possible, CREEK a développé un module de résistance alternatif à haute puissance et faible inductance, utilisant plusieurs résistances montées en surface. Pour améliorer l’amortissement des haut-parleurs en maintenant la résistance de sortie ultra-faible de l’amplificateur, les sorties des canaux gauche et droit sont acheminées via des relais 10A séparés. Le câblage interne est réduit au minimum et les bornes isolées permettent la connexion de fiches bananes, de cosses à fourche ou câbles nus, selon les besoins.

La face avant regroupe deux molettes en aluminium autours de l’écran Oled qui renseigne l’utilisateur sur les fonctions en cours et les différents réglages mis à sa disposition. A la gauche de l’écran une prise casque au format jack 6,35 est la bienvenue pour qui aime aussi écouter au casque.

La télécommande fournie d’origine, commune aux deux appareils, sert à piloter l’amplificateur et le lecteur CD. Elle est intuitive et permet l’accès à toutes fonctions.

L’arrière du coffret regroupe toutes les connexions numériques et analogiques et les quatre superbes bornes HP acceptent les fiches bananes, les fourches, et le fil nu. CREEK a opté pour des fiches RCA de très grande qualité directement boulonnées sur la face arrière et méticuleusement isolées de celui-ci.

Lecteur CD – Dac

La source Voyage est un lecteur CD intégré muni d’un mécanisme Slot. Grâce à sa puce AKM AK4493EQ 32 bits 768 kHz et de la technologie Velvat Sound ™,  il peut aussi être exploité en tant que convertisseur N/A.

Le constructeur précise que le réglage du son est géré par six types de filtres numériques de 32 bits afin de répondre à une large gamme d’applications. Par ailleurs, le fonctionnement bit-perfect peut être réalisé lors de la diffusion de signaux numériques vers l’entrée USB asynchrone de classe 2, qui est basée sur un circuit de microcontrôleur XMOS à 8 sections, mettant en œuvre un micro logiciel Creek personnalisé et cadencé par deux circuits d’oscillateurs à faible bruit de phase et à faible jitter.

Le lecteur CD Voyage peut prendre en charge les signaux PCM échantillonnés à 384 kHz et 22,4 MHz de données numériques à flux direct (DSD 22,4 MHz), ce qui le rend idéal pour la lecture numérique haute résolution.

Le verso de cette source est scindé en deux sections : les sorties analogiques au double standard RCA et XLR d’origine Neutrik, et les entrées et sorties numériques, soit 2 entrées numériques S/PDIF coaxiales,  2 entrées numériques Toslink optiques, 1 entrée USB-2 asynchrone 32 bits / 384 kHz. Vous y trouverez aussi 1 sortie numérique S/PDIF coaxiale, 1 sortie numérique Toslink optique.

La section Dac a fait l’objet d’une mise au point particulière, l’étage de sortie analogique a bénéficié du même traitement. Deux modules opérationnels Texas Instruments OPA2134 Sound PlusTM se chargent de traiter impeccablement le signal de la façon la plus linéaire qui soit.  Les condensateurs en polypropylène Wima à faible tolérance et les résistances à montage en surface Melf filtrent toutes formes d’imperfections numériques résiduelles.

Pour optimiser davantage les performances du lecteur CD Voyage, CREEK a mis au point une alimentation haute fréquence personnalisée afin de fournir une tension CC régulée et sans bruit pour alimenter les circuits de transport DAC et CD.  Cette alimentation fonctionne de manière transparente à partir d’une tension d’entrée secteur de 85 V à 265 V CA. Ce type d’alimentation électrique moderne garantit des performances optimales, quelle que soit la qualité du réseau, la tension ou la fréquence, ou encore la tension du secteur.

Pour parfaire la qualité du courant secteur et minimiser toutes formes de parasites indésirables, CREEK a implanté des filtres secteur bipolaires en mode commun, combinés à l’immunité naturelle du bloc d’alimentation spécifique. Plusieurs régulateurs d’alimentation discrets fournissent une tension « propres » et précise pour chaque circuit.

Aussi, le constructeur précise qu’il est inutile d’avoir recours à un conditionneur de secteur  pour obtenir des performances optimales.

Conditions du test

Bien que chaque élément ait été conçu pour « travailler » conjointement, chacun d’eux a été écouté individuellement selon les conditions habituelles.

L’amplificateur Voyage i20 fut associé au lecteur YBA CD Player 2 et le lecteur CD Voyage fut relié à l’ensemble préamplificateur et bloc de puissance YBA Classic 3 DT.

Par ailleurs, le lecteur Voyage a été connecté à l’amplificateur via les entrées / sorties analogiques traditionnelles et les entrées / sorties numériques coaxiales.

Ces différentes formules d’exploitation ont permis d’examiner précisément le comportement et  tempérament musical de chacune de ces références et d’en tirer une synthèse commune dans les lignes qui suivent.

Enfin, la sortie casque a aussi fait l’objet d’une écoute particulière avec le casque Sennheiser HD 430. Si le module casque n’offre pas des prestations musicales rivalisant avec les meilleurs amplificateurs casques séparés, il ne démérite pas pour autant. De ce point de vue, CREEK fait tout de même mieux que les concurrents, notamment Japonais, dont les sorties casques sont plus anecdotiques que d’une réelle efficacité. Vous pourrez compter sur cette sortie casque pour retrouver les caractéristiques décrites ci-après.

Je remercie l’équipe Stentor distribution – importateur de la marque, d’avoir mis à ma disposition cet ensemble Voyage me permettant de vous faire partager mes impressions au travers ce banc d’essai.

Ecoute et impressions  :

Les tests d’écoutes ont été effectués à domicile avec les éléments suivants :

– enceintes acoustiques PEL Kantor, DAVIS Nikita 3.0, RECITAL Audio Mutine EX,
– câbles de modulation ESPRIT Aura et Beta 8G 2019,
– câble coaxial ESPRIT Eterna,
– câbles HP ESPRIT Beta 8G 2019, ESPRIT Aura, MELODIKA Sugar Brown SSC45.

Pour l’alimentation secteur : barrette FURUTECH F-TP 615 et ESPRIT Volta, câble secteur G-314Ag-18E et prise murale FT-SWS-G de la même marque. Câbles secteur ESPRIT Celesta & Eterna.

CD sélectionnés : Naim CD test  Sampler N°6 – Le Son Plaisir ~ Onkyo CD test – La Folia de la Spagna ~ Gregorio Paniagua – The Glory that was Gershwin ~ Frank Chacksfield – La Tradition Symphonique ~ Tri Yann & l’Orchestre National des Pays de la Loire Vol. 1 & 2 – Direction : Hubert Soudant  – Meedle ~ Pink Floyd – Two Pianos in Hollywood ~ Ronnie Aldrich and the London Festival Orchestra – Les Marquises ~ Jacques Brel – Barry Lindon B.O. du film – Sonates de Domenico Scarlatti ~ piano : Mikhail Pletnev – Mademoiselle in New-York & The Voice of the Trumpet ~ Lucienne Renaudin Vary & BBC Concert Orchestra – Dance into Eternity ~ Omar Faruk Tekbilek – Jazz på svenska par Jan Johansson – Quiet Nights ~ Diana Krall – Richard Galliano plays Bach – The Singing Clarinet ~ Giora Feidman – Celtic Spectacular ~ Erich Kunzel & Cincinati pops orchestra – Beethoven – Symphonies de 1 à 9 ~ Orchestre philharmonique de Münich – Direction : Rudolf Kempe (édition Esoteric SACD – CD) – Collaboration ~ The Modern Jazz Quartet with Laurindo Almeida – Stereo Concert Series ~ Decca Phase 4, etc…

Couleurs tonales

Registres médium / aigu

• The Glory that was Gershwin ~ Frank Chacksfield

Sonorité à l’Anglaise ou pas ? Ceux qui apprécient la philosophie musicale qui, autrefois, a fait autrefois la réputation des électroniques d’Outre Manche seront peut-être un peu surpris, mais pas déçus. Quoiqu’il en soit, ce couple Voyage travaille sur un savant mélange de douceur et de « perspicacité » sur le haut du spectre.

Le lecteur CD tout comme l’amplificateur s’y entendent à merveille pour « distiller » des timbres d’une remarquable finesse, d’une propreté immaculée sur les fréquences les plus hautes. En clair, « ça file haut » sans une once d’acidité.

En leur qualité respective de fin analyste, les nouvelles moutures CREEK vont fouiller le message sonore en profondeur. C’est un véritable plaisir de retrouver les grandes œuvres de Georges Gershwin dont l’incontournable version instrumentale de Porgy and Bess qui « brille » de mille feux. L’équilibre entre les fréquences les plus hautes et celles du milieu du spectre est bien assuré. Cela confirme à la fois la perspicacité des électroniques et le respect des timbres.

Les pupitres de violons sont lissés, la flûte traversière vient gazouiller quelques notes à vos oreilles, tandis que les arpèges de harpe s’égrènent délicatement dans l’espace donnant cette texture pétillante, reconnaissable signée CREEK.

Les cuivres et, plus particulièrement  la trompète soliste, ont une texture « brillante », rutilante, qui sait rester naturelle. Elle est dépourvue de toute trace d’agressivité. Les coups de cymbales reflètent parfaitement ce respect des timbres sans y ajouter de coloration ou déformation. Nous  pouvons dire qu’en matière de linéarité, Voyage se comporte de manière saine en conformité avec le cahier des charges du concepteur.

Transparence – fluidité

• Naim CD test  Sampler N°6

Dans le prolongement de ce qui précède, il n’y a pas de questions à se poser sur le comportement du lecteur et de l’amplificateur en matière de transparence. Deux essais (et plus) en valent mieux qu’un. Ainsi, Tears of Joy d’Antonio Forcione vous démontrera tout ce qu’est en capacité de reproduire cet ensemble CREEK de dernière génération. La notion d’ouverture est évidente.

On entend parfaitement  les frets de guitare lors des changements d’accords. On appréciera tout autant les multiples percussions qui égayent et enrichissent le message sonore. La précision est un atout qui mérite aussi un point d’attention. Les harmoniques sont particulièrement bien prises en charges; on pourra alors apprécier l’évolution et l’extinction des notes  dans le temps et l’espace.

Si, incontestablement, la musique offre un grain remarquable, la fluidité permet un enchaînement bien ordonnancé de chaque phrase musicale. Le déroulement des partitions s’effectue spontanément, sans altération comme j’ai pu le constater sur Rember the River dont la reproduction est parfaitement huilée. Piano et contrebasse assurent un rythme soutenu autour du jeu de saxophone à la tonalité chaleureuse, cuivrée, nuancée montrant la magnifique agilité dans le déroulement des phrases musicales. L’écoute en devient tout simplement irrésistible.

Registre grave

Meedle ~ Pink Floyd

Si vous souhaitez savoir ce qu’est un registre grave profond, allez faire la connaissance de ces produits CREEK. Pas de caricature ou de faux-semblant. Cet ensemble et chaque élément analysé individuellement ont toutes les prédispositions pour explorer sans difficultés les fréquences les plus profondes.

One of these Days est un test permettant de juger le comportement de la guitare (double) basse de Roger Waters. Rapidement on observe que le jeu de basse est bien contrôlé. Aucune trace de traînage ou de bavure ne viennent perturber la lisibilité et le suivi des notes. Par ailleurs, l’étoffe de la basse s’associe harmonieusement avec l’aspect ferme dégraissé, bien tendu, ce qui est loin d’être toujours le cas.

Sur le même extrait, on ne pourra qu’applaudir le « volume » de la grosse caisse, qui en dépit des impacts impressionnants offre une assise de premier ordre qui sied fort bien à cet extrait de musique pour le moins « démonstratif ».

Nous assistons également à un magnifique contraste entre la batterie et la guitare basse où chacun des instruments évolue dans des fréquences différentes du registre grave sans jamais s’emmêler les crayons. Sur ce point, avec les variations d’intensité, nous sentons bien que la technologie Classe G employée est absolument maîtrisée.

Capacités de réaction dynamique rigueur

La Tradition Symphonique ~ Tri Yann & l’Orchestre National des Pays de la Loire Vol. 1 & 2 – Direction : Hubert Soudant

Depuis tous temps, CREEK s’est toujours distingué par le côté pétillant de ses créations, notamment en ce qui concerne les amplificateurs.

Voyage ne déroge pas à cette règle. Vifs de nature, sans pour autant en faire de trop, l’amplificateur et le lecteur CD ne se privent pas de vous faire bénéficier d’une Symphonie Celtique où se mêlent la musique traditionnelle, le rock, et la « puissance » d’un orchestre symphonique et de chœurs.

Les capacités de réaction et la vivacité sont bien réelles. Le couple Voyage est un ensemble d’une grande stabilité doublée d’un excellent contrôle. Il fait preuve de discernement entre les différents pupitres et la rythmique endiablée..

La dynamique s’apprécie sur les passages les plus toniques. Elle donne le sentiment d’une vigueur qui fait totalement abstraction de toutes limites subjectives. Chaque élément fait son travail dans le plus pur respect de la prise de son, sans hésiter ou se heurter aux grands écarts de dynamique. Les grandes envolées de violons ou de cuivres, les chœurs imposants, les coups de timbales, la batterie donnent le sentiment d’une formidable énergie doublée d’une rigueur sans concessions. Mais, entre tous, c’est le côté flamboyant qui est savoureux et nous permet d’assister à un spectacle vivant.

Espace et scène sonores

• Two Pianos in Hollywood ~ Ronnie Aldrich and the London Festival Orchestra

De nature généreuse à tous points de vues, cet ensemble Voyage affiche une scène sonore de type holographique. Même à niveau d’écoute contenu, vous bénéficierez d’une scène sonore d’une ampleur remarquable. Dans une vaste pièce d’écoute, vous serez surpris de l’extension de l’espace sonore.

Sur l’album Two Pianos in Hollywood  issu du répertoire Decca Serie Phase 4, on se rend parfaitement compte que la notion d’espace a sans aucun doute été au coeur des préoccupations du concepteur.

La scène sonore est très bien structurée par le positionnement de chaque piano tout comme l’agencement des différents plans. Les groupes d’instruments et instruments solistes qui composent le London Festival Orchestra trouvent leur place. Nous découvrons avec bonheur une série de contrastes fort bien amenés qui démontrent que l’amplificateur et le lecteur CD ont été mis au point avec une méticulosité incontestable. Dès lors, l’auditeur bénéficiera de l’intégralité des informations d’une prise de son bien réalisée.

Par ailleurs, la notion d’aération prend ici tout son sens. La musique respire sans artifice. La musique est reproduite avec splendide forme d’extension assez impressionnante, je dois dire.

De fait, l’envergure, le panorama et l’aération contribuent à mettre en évidence les instruments solistes, de second plan et ou qui interviennent de façon ponctuelle : triangle, harpe, cymbale émergent du flot orchestral une présence et clarté non dissimulées.

Séquence émotion sens de l’expression

Les Marquises ~ Jacques Brel

Eh bien voilà, nous y sommes ! pour son « voyage musical », l’ensemble CREEK de nouvelle génération constitue un véritable « vecteur » d’émotions.

Les Marquises de Jacques Brel  est un extrait particulièrement éloquent si on se focalise exclusivement sur la partie vocale. L’interprète affiche une présence affirmée dans la pièce d’écoute. La sonorité de sa voix est reconnaissable entre toutes, c’est certain. Toutefois les dernières moutures CREEK amènent ce petit plus qui ne laisse pas indifférent : la magie du réalisme qui vous glace le dos.

Il faut reconnaître que le lecteur CD et l’amplificateur s’y entendent pour reproduire la vocaux de manière humaine, chaleureuse, naturelle. Chaque mot, chaque phrase, chaque respiration sont perceptibles  : le sens de l’expression est poussé à un degré très élevé et se montre d’une magnifique authenticité.

En toile de fond, vous pourrez également déguster la splendide orchestration qui apporte ce supplément artistique qui fait la richesse de Marquises, entre autres. Quelle légèreté sur les nappes de violons, une flûte traversière douce et aérienne, des notes de harpes qui s’égrènent délicatement vous immergent dans l’univers poétique de Jacques Brel – un joli tour de force permis par ces électroniques au tempérament chantant.

• Le Son Plaisir ~ Onkyo CD test

Le grand frisson ! Assurément, vous pourrez compter sur ce nouvel ensemble CREEK pour avoir le fin du fin en matière d’émotions.

Ecouter le Kyrie de la Misa Criolla de José Luis Ocelo est un pur bonheur. Cette interprétation est ici magistralement reproduite avec tout ce qu’il faut pour vous procurer de grandes sensations. L’ensemble vocal s’affiche devant vous avec prestance, réalisme, et fraîcheur.

L’interprétation respire à pleins poumons : elle amène une sacrée bouffée d’oxygène. Autant dire que ces produits CREEK ont vraiment un sens prononcé de l’ouverture. La marge de progrès par rapport aux moutures précédentes du constructeur est significative.

Dans un style différent, vous succomberez au charme de l’Air Varié d’après Colombi – 17ème siècle interprété par l’Ecole de Madène. Diable !, la sonorité du clavecin tout comme celle du violon et du violoncelle baroque sont simplement époustouflants de vérité. La musique s’envole dans votre pièce d’écoute avec une finesse, et une richesse prestigieuse. Les trois instruments forment un complément harmonieux où l’aspect lumineux règne en maître.

Je n’oublierai pas la façon dont sont traitées des harmoniques. Chaque note s’éteint dans le temps et l’espace avec une délicatesse à mentionner spécifiquement, sans coupures prématurées. Cela contribue à donner un surcroît de saveur et d’authenticité aux instruments, et goûter davantage à la talentueuse interprétation qui nous est proposée. Par ailleurs, chacun de ces instruments est nourri par une texture fruitée bien agréable qui va bien dans le sens de l’harmonie générale.

• Barry Lindon – bande originale du film

Les nouveaux produits du concepteur Britannique se sentent à l’aise avec tous les styles de musiques qui illustrent cette bande originale du film Barry Lindon.

Cela tombe à point nommé, puisque votre serviteur les a particulièrement appréciés en compagnie de l’amplificateur et du lecteur CD Voyage. Si vous recherchez des électroniques extrêmement expressives, vous serez assurément comblés.
Les extraits traditionnels tels que Woman of Ireland  interprétés par the Chieftains s’affichent sous un jour lumineux. Nous bénéficions d’un jeu de violon particulièrement précis, ciselé, superbement détouré. Les notes de harpe celtique s’égrènent de manière magique, la sonorité du uilleann pipes offre une reproduction absolument prodigieuse qui vous prend aux tripes.

Quelle beauté et quel sens de l’harmonie sur The Cantina from Il Barbiere Di Saviglia, tout comme sur Piano Trio opus 100 2ème mouvement de Schubert. Ces extraits plus classiques sont particulièrement prenants. Sans oublier l’éclatante Sarabande de Haendel qui brille dans ce test de tous ses feux  par son expression.

C’est réellement du grand art qui nous est proposé par les dernières créations de Mike Creek. La reproduction est tout simplement divine. Chaque nuance, chaque inflexion sont mis à la disposition de tout audiophile et mélomane en quête du moindre détail. La notion d’approximation a été simplement bannie du cahier des charges et cela se détecte rapidement. Le i20 et le CD vont jusqu’au bout de ce qui est possible d’extraire d’un enregistrement qualitatif. L’objectif est de nous faire bénéficier d’une musicalité la plus réaliste possible.

 

Conclusion :

Ces nouvelles moutures CREEK Voyage pourraient bien rebattre les cartes dans leur catégorie respective. Le concept abouti de chaque élément a pour conséquence d’offrir une musicalité pétillante et naturelle.

Chaque élément, pris individuellement ou combiné, se distingue par sa nature mélodieuse, sa dynamique, la couleur de ses timbres, sa transparence, sans omettre la scène sonore d’une ampleur étonnante. Voyage musical et émotions sont bien au rendez-vous : bravo !

 

 

Prix amplificateur : 4950 €  (04/2021)
Prix carte phono optionnelle Sequel-mk4 : 149 €
Prix lecteur CD : 2770 €

Test d’écoute réalisé par
Lionel Schmitt