AUDIOMAT Adagio

 

Conception & assemblage : France
Amplificateur intégré à tubes
Puissance sous 8 ohms en classe A : 2 x 30 watts
Puissance sous 8 ohms en classe AB : 2 x 40 watts
Réponse en fréquence : 15 Hz à 45 kHz à -3 dB
Sensibilité d’entrée : 500 mV pour 40 Watts

5 entrées ligne RCA
1 sortie enregistreur

 

 

L’Adagio est l’amplificateur intégré le plus récent du constructeur français AUDIOMAT. Passé un peu sous silence par les médias spécialisés, cet amplificateur se situe entre les modèles Aria et Solfège Référence 20. Il serait, selon toute vraisemblance, le successeur du légendaire Solfège Référence d’origine.

Cet amplificateur occupe une place un peu à part dans la gamme AUDIOMAT, puisqu’il a été conçu pour des enceintes acoustiques de haut rendement, d’un rendement supérieur à 93 dB. Son taux de contre-réaction a été abaissé de -6 décibels.

L’organisation interne ne nous est pas inconnue. On y retrouve un circuit de petite dimension favorisant un trajet du signal le plus court possible. Une seule carte asymétrique rassemble l’intégralité des composants électroniques, sélectionnés et triés sur le volet, comme cela est toujours le cas chez le constructeur. Le montage est entièrement effectué à la main par le concepteur qui officie également en sa qualité de constructeur. L’assemblage est d’une rigueur dont une certaine concurrence asiatique, entre autres, ferait bien s’inspirer.

L’étage d’entrée est confié à un tube ECC83S de chez JJ Electronic. Il est suivi par deux tubes 12BH7A du même constructeur pour l’étage driver. Pour le réglage de volume, AUDIOMAT a choisi un potentiomètre motorisé d’origine Alps de 2 x 10 K.

Entre les deux transformateurs de sortie, trône le transformateur d’alimentation à basse induction et faible courant de fuite. Il est peu différent de celui du Solfège Référence 20 dans la mesure où ce dernier travaille un peu plus en classe A. Ce transformateur est découplé du châssis par résine noire amortissante spéciale. Il est arrimé directement au troisième cône / support de l’appareil placé juste en-dessous. L’alimentation s’appuie sur une série de capacités électrochimiques d’une valeur 800 μF 450 V et capacités polypropylène de 40 ​μF.

Les transformateurs de sortie sont des classiques « EI » utilisant des tôles recuites (à grains orientés), mais surdimensionnés. Le câblage interne a fait l’objet de toutes les attentions avec des conducteurs blindés haut de gamme.

L’étage de sortie est animé par quatre tubes KT88 JJ Electronic en mode push-pull qu’il vous appartiendra, le cas échéant, d’implanter sur leurs douilles respectives et numérotées livrées dans un emballage à part.

Selon un principe cher au concepteur, l’étage de sortie de l’Adagio travaille en Classe A dite « glissante ». Il en résulte une puissance de 2 x 30 Watts en Classe A et 2 x 40 Watts en classe AB.

La face avant en Altuglas fumé n’est pas sans rappeler celle de l’Arpège et de l’Aria.  Deux imposantes molettes fraisées dans l’aluminium règnent en maître. Celle de gauche sert à régler manuellement le volume sonore. La télécommande en aluminium offre la possibilité de régler l’intensité sonore selon deux types de vitesse : une ultra précise à pas lent, l’autre plus rapide. Cette possibilité est intéressante pour les enceintes acoustiques à haut rendement; enceintes pour lesquelles cet amplificateur a été conçu.

La mollette de droite est dévolue à la sélection des cinq sources au niveau. Au centre, les deux traditionnelles clefs dont l’une sert à la mise sous tension de l’appareil et l’autre à activer manuellement la fonction Mute. On notera que cette fonction peut tout aussi bien être mise en fonction via la télécommande.

Le panneau arrière n’appelle pas de commentaires particuliers. Cinq paires de fiches RCA sont attribuées aux entrées Ligne haut niveau. Par bonheur AUDIOMAT a conservé une sortie enregistreur analogique, mais sans boucle monitoring. Ces fiches se distinguent par un placage doré de belle allure. On aurait pu souhaiter qu’elles fussent un peu plus espacées. Toutefois, pas d’inquiétudes : elles permettent une connexion aisée de fiches RCA de fort diamètre.

L’Adagio ne possède pas d’entrées numériques ni phono puisque AUDIOMAT propose une gamme de convertisseurs N/A et préamplificateurs phono spécifiques à ces fonctions respectives dont un certain nombre d’entre eux ont fait l’objet de bancs d’essais dans ces pages.

Douze bornes HP autoriseront, à la convenance de l’utilisateur, le bi-câblage. Ce dernier pourra aussi choisir, en fonction de ses enceinte acoustiques, l’impédance 4 ou 8 ohms. De facture sérieuse, ces bornes accepteront indifféremment les fiches bananes, le câble nu, ainsi que les fourches.

Enfin, comme cela est de coutume chez le constructeur, la fiche IEC secteur est pourvue d’un point de repère rouge pour la phase secteur. Cela évite de perdre son temps à tester ladite phase, d’autant que l’Adagio y est plutôt sensible.

Je remercie AUDIOMAT d’avoir mis à ma disposition cet amplificateur pour une durée de trois mois me permettant d’en faire une analyse la plus exhaustive possible et de vous faire partager mes impressions au travers ce banc d’essai.

Ecoute et impressions :

Les tests d’écoutes ont été effectués à domicile sur une période de 3 mois avec les éléments suivants :

Préamplificateur phono MOON 310 LP Mk2
– Platine vinyle REGA RP 8 & cellule REGA MC Ania
– Lecteur CD YBA Classic Player 2
– Enceintes acoustiques PE LEON Kantor
– Enceintes acoustiques APERTURA Prélude
– Câbles de modulation asymétriques ESPRIT Aura, ESPRIT Beta 8G 2019, VAN DEN HUL the Orchid
– Câbles HP ESPRIT Aura, ESPRIT Beta 8G 2019.

Pour l’alimentation secteur : barrette FURUTECH F-TP 615 et ESPRIT Volta, câble secteur de tête FURUTECH G-314Ag-18E et prise murale FT-SWS-G de la même marque. Câbles secteur ESPRIT Celesta & Eterna.
Barrette & câbles secteur CONFIDENCE Audio.

CD sélectionnés :  Gershwin & sa musique ~ Frank Chacksfield – Collaboration ~ The Modern Jazz Quartet with Laurindo Almeida –  Meedle ~ PinkFloyd Collaboration ~ The Modern Jazz Quartet with Laurindo Almeida 11:11 ~ Rodrigo y Gabriela Stereo Concert Series ~ Decca Phase 4 – Bach’s Music & Music of Nino Rota ~ Richard Galliano – La Folia de la Spagna ~ Gregorio Paniagua – Barry Lindon ~ bande originale du film – La découverte ou l’ignorance ~ Tri Yann – Notenbüchlein für Anna Magdalena Bach de Jean Sébastien Bach ~ Tragicomedia Directed by Stephen Stubbs (édition Esoteric SACD – CD) The Singing Clarinet ~ Giora Feidman – « Top Hat » – Music from the films of Astaire & Rogers ~ Henry Mancini Pops Orchestra – Again & The Mist of Avalon ~ Alan Stivell – Les Géants du Jazz jouent Georges Brassens – Swinging Safari ~ Bert Kaempfert – Le Son Plaisir ~ Onkyo CD test 1992 – Naim CD test  Sampler N°6 – Sonates de Domenico Scarlatti ~ piano : Mikhail Pletnev – Dance into Eternity ~ Omar Faruk Tekbilek – Jazz på svenska par Jan Johansson – Quiet Nights ~ Diana Krall – Les Marquises ~ Jacques Brel – Le Vaisseau de Pierre ~ Tri Yann – Combo  Capers ~ Bert Kaempfert – Double jeux ~ Laurent Korcia – Lully – l’orchestre du roi soleil ~ Concert des Nations – direction Jordi Savall, etc…

Vinyles sélectionnés : Vivaldi : Concertos pour guitare & mandoline ~ Direction : Paul Kuentz – Gershwin & sa musique ~ Frank Chacksfield – Soul Bossa Nova ~ Quincy Jones – Ted Heath Salutes Benny Goodman – Nameless & Stay Tuned ~ Dominique Fils-Aimé La Folia de la Spagna ~ Gregorio Paniagua – The Secret of Climbing ~ Stephen Fearing – Barry Lindon ~ bande originale du film – La découverte ou l’ignorance ~ Tri Yann – Concertos Brandebourgeois N° 1,2,3 de Jean-Sébastien Bach ~ The English Chamber Orchestra – Direction Benjamen Britten – Workshop & Down Home ~ Chet Atkins – Shadow Hunter ~ Davy Spillane – A mémorial for Glenn Miller : the original members – « Jalousie » par Yehudi Menuhin et Stéphane Grappelli – The Complete ~ Mike Oldfield – Swinging Safari ~ Bert Kaempfert – Contrastes par Pachacamac – The Complete ~ Mike Oldfield – Shadow Hunter ~ Davy Spillane – Crucifixus ~ Jean-Christian Michel – Le Vaisseau de Pierre ~ Tri Yann – Toccata et Fugue de Jean-Sébastien Bach interprétée aux grandes orgues par Marie-Claire Alain – Quiet Nights ~ Diana Krall, etc…

Timbres

Registre aigu 

Le Son Plaisir ~ Onkyo CD test 1992 (CD)

La philosophie musicale de l’amplificateur Adagio est un peu différente de celle des autres amplificateurs du constructeur. En effet, globalement cet amplificateur arbore une texture sonore légèrement plus ronde; une sonorité plus « tube » que les aficionados du genre apprécieront sans aucun doute. On peut d’ailleurs y ajouter un doigt de romantisme qui n’est pas pour me déplaire.

Mais, ne nous y trompons pas, si la douceur est une des caractéristiques de cet amplificateur, son registre aigu file haut et la clarté est bien au rendez-vous. En effet, celui-ci file à des « valeurs » stratosphériques lorsque les fréquences élevées le requièrent. Nous pourrons alors apprécier toute la substance du violon et violoncelle baroques ainsi que celle du clavecin sur un Air Varié d’après Colombi par l’Ecole de Modèle 17ème Siècle qui figure sur ce CD test « Le son Plaisir » édité par Onkyo.

Sur cet extrait particulièrement riche, nous y retrouverons la texture fine et détaillée de chaque instrument ainsi qu’une foule d’informations délivrés par chacun des trois instruments. La sonorité du violon baroque vous démontre justement un registre aigu particulièrement bien documenté et surtout dépourvu de toute forme d’agressivité. Il est absolument prodigieux de voir l’archet glisser sur les cordes de l’instrument avec une agilité et une précision à tomber par terre. En outre, le grain qui émane du violoncelle baroque est tout aussi édifiant. Le clavecin se montre « triomphal » par ses notes hautes qui viennent illuminer votre pièce d’écoute tel un feu d’artifice.

Dans un registre un peu différent, le Stabat Mater de d’Antonio Vivaldi dirigé par Christopher Hogwood et interprété par James Bowman nous montre que cet amplificateur s’y entend pour faire chanter l’ensemble de violons dans le haut du spectre leur donnant cet aspect si pétillant qu’on en viendrait à boire chaque note sans modération.

Registre médium – fluidité

• « Top Hat » – Music from the films of Astaire & Rogers ~ Henry Mancini Pops Orchestra (CD)

Cette suite de pièces dédiées aux musiques des films de Astaire & Rogers est ici absolument savoureuse si l’on ne prend en considération que la seule notion de fluidité. Il faut reconnaître que Henry Mancini a soigné les compositions d’Irving Berlin, Jérôme Kern, Cole Porter, Vincent Youmans et Georges Gershwin avec une attention particulière, sans parler de son implication dans la prise de son.

Ce cocktail de compositions légères est, grâce à l’Adagio, reproduit avec beaucoup de « tenue ». Sans privilégier à outrance les fréquences médium, tous les instruments qui jouent dans cette gamme de fréquences sont clairement identifiés. Par ailleurs, l’amplificateur ne minimise pas pour autant les autres gammes de fréquences (aigu et grave). L’ensemble est restitué avec une excellente cohérence, laissant s’échapper toutes les nuances et la finesse des cuivres, des cordes, percussions qui viennent enrichir harmonieusement chaque phrase musicale. Ces différents extraits « jazzy » s’écoutent avec attention, dans la mesure où l’amplificateur a le don de faire émerger un très grand nombre de variations et de micro informations.

Par ailleurs, la musique offre une magnifique onctuosité qui donne un agrément supplémentaire à la mélodie. Oui, cet amplificateur offre une musicalité vraiment mélodieuse qui incite à enchaîner les écoutes. Les jeux de tuba, de trombone et de piano par exemple, ne laissent aucun doute sur cette propension à mettre en lumière l’harmonie de chacun de ces instruments.

De surcroît, comme de coutume chez AUDIOMAT, la fluidité a été au cœur du concept de cet amplificateur. Les phrases musicales s’enchaînent avec cette facilité que l’on reconnaît immédiatement. A cet effet, l’Adagio est un amplificateur facile à vivre. Aussi, on oublie bien vite son existence au sein du système audio, pour simplement savourer la musique. Il émane de cette suite de compositions une douceur générale fort agréable, ainsi qu’un minutieux dosage des timbres qui donne à ce cocktail musical un côté harmonieux et absolument savoureux.

Transparence – harmoniques

La Folia de la Spagna ~ Gregorio Paniagua (vinyle & CD)

Ah !, la Folia de la Spagna, un véritable monument ! Ce « monument » musical peut revêtir une valeur artistique plus ou moins affirmée selon le matériel audio utilisé.

En compagnie de l’amplificateur AUDIOMAT Adagio, vous pourrez vous attendre au meilleur. Qu’il s’agisse de la version vinyle ou CD, cette suite d’arrangements signée Gregorio Paniagua est reproduite avec une fière allure doublée par un réalisme de premier ordre.

Tout d’abord, nous y reconnaîtrons la qualité de timbre des instruments baroques, et plus particulièrement la texture boisée des flûtes baroques, la sonorité nasillarde du cromorne, et puis le côté à la fois mat et étincelant du clavecin qui, parfois, brille de mille feux. On y décèle un très beau grain, qui se montre très fin et particulièrement coloré, en fonction des notes. Différentes percussions viennent habillement ponctuer les phrases musicales : on y perçoit la nature de la reproduction qui traduit le degré de transparence poussé très loin par cet amplificateur. L’Adagio va creuser le sillon très profondément pour en extraire le moindre détail et nous en faire profiter pleinement. Cithare hindou et guimbardes bénéficient du même traitement.

Aussi, nous nous réjouirons de la texture fruitée des différents instruments de musique qui interviennent dans ces pièces musicales qui « brillent » réellement par leur reproduction d’une belle pureté.

A l’instar des autres amplificateurs du constructeur français, l’Adagio se fait aussi remarquer par son silence de fonctionnement, son émancipation à toute forme de parasites d’ordre électrique ou mécanique. Ce comportement laisse une large place à l’extension des notes dans le temps et l’espace. En effet, cet amplificateur constitue une véritable référence pour ce qui a trait à la gestion des harmoniques. Dès lors, nous n’avons aucune peine à imaginer que chaque instrument de musique a une âme et une personnalité qui lui sont propres, tant la restitution est naturelle.

Facilité d’expression – homogénéité cohérence

« Jalousie » par Yehudi Menuhin et Stéphane Grappelli (vinyle)

Voilà encore un disque vinyle qui fait plaisir à entendre. Si sur le plan artistique, le duo Yehudi Menhuhin – Stéphane Grappelli est absolument irrésistible. A l’évidence, par l’intermédiaire de l’Adagio, la musicalité donne réellement du baume au cœur. Outre la précision exceptionnelle d’exécution de chaque violon, on décèle un profond respect de la tonalité de chaque instrument. Cela tient sans aucun doute à la fluidité déjà évoquée. Mais, cet amplificateur fait plus encore : il diffuse très librement la musique. Pas une once d’hésitation ou d’agressivité ne viennent ternir l’écoute. Finalement, colle simplement à la sonorité de chacun des violons, sans en modifier la teinte sonore.

Nous sentons que les notes s’enchainent avec une facilité qui fait plaisir à entendre. Dès les premières mesures, spontanéité et  bonne humeur générale s’installent. Si la souplesse s’applique aux violons, le jeu de contrebasse du même acabit est d’une beauté et d’une pertinence toute aussi remarquable. J’ai eu le sentiment que ces notes de contrebasse dansaient au sein de l’espace musical. La rythmique se cale sur le même principe. Aussi les phrases musicales se succèdent sans stress, d’autant que cet amplificateur mise à la fois sur l’ouverture et une facilité d’élocution fantastiques. Avec l’Adagio, nous pouvons être assurés qu’il n’y aura jamais de « rupture mélodique » car ce produit assure une excellente cohérence sur l’ensemble du spectre audible.

Plus généralement, cette éloquence dans l’expression est due à une bande passante extrêmement large permettant aux accords de se développer avec une limpidité incroyable.

Registre grave

Meedle ~ PinkFloyd (CD)

Jusqu’ici, tout amplificateur AUDIOMAT qui m’a été confié pour évaluation s’est montré toujours pertinent sur le registre grave. Aussi, il n’y a aucune raison pour que cette nouvelle mouture se montre en retrait sur ce paramètre.

Après avoir vérifié la profondeur de l’ouverture aux grandes orgues de Ainsi parla Zarathoustra de Richard Strauss, l’incontournable One of these Days tiré de Meedle de Pink Floyd  constitue un défi que bon nombre d’amplificateurs à tubes, souvent de gamme inférieure, ne sont pas toujours à aptes à relever de manière satisfaisante. De plus, une association ratée avec des enceintes acoustiques ayant elles-mêmes leurs propres limites, ne plaident pas systématiquement en faveur d’un registre grave qualitatif.

Le registre grave ne descend pas aussi profondément que celui de l’amplificateur Solfège Référence 20 de gamme supérieure. Cependant, je ne peux pas dire que l’on ressorte frustré des nombreuses séances d’écoute – loin de là. L’Adagio va explorer les soubassements avec une belle facilité. Avec le temps, je dirais même qu’il se montre impressionnant sur certains extraits musicaux. Qu’il s’agisse de l’ouverture aux grandes orgues de Ainsi parla Zarathoustra de Richard Strauss, ou du jeu de guitare basse de Rogers Waters de Pink Floyd, l’Adagio nous fait bénéficier d’un registre grave permettant d’appréhender les fréquences les plus profondes. En définitive, il va les examiner et les reproduire sans donner le sentiment d’une quelconque limite subjective.

Sur d’autres extraits musicaux de styles différents, les fréquences graves apparaissent toujours dégraissées, sans surépaisseur. On appréciera l’articulation et la lisibilité d’une guitare basse tout comme la « propreté » d’un jeu de contrebasse, ce qui n’est pas un moindre compliment. Cela montre bien le soin apporté au choix des différents composants implantés, qui jouent alors un rôle déterminant dans le comportement des fréquences graves.

Scène sonore – spatialisation

• Notenbüchlein für Anna Magdalena Bach – Jean Sébastien Bach ~ Tragicomedia Directed by Stephen Stubbs (édition Esoteric SACD – CD)

l’ADAGIO porte décidément bien son nom. Je trouve qu’il rend sacrément bien hommage à Jean-Sébastien Bach. C’est la raison pour laquelle, j’ai choisi cette sélection Notenbüchlein für Anna Magdalena Bach tirée des rééditions Esoteric.

Malgré ces compositions relativement peu démonstratives dans leur ensemble, cet amplificateur AUDIOMAT se montre éloquent au niveau de la scène sonore, de par la structure et l’agencement, d l’extension de celle-ci, l’étagement des plans et surtout l’aspect délié et aéré.

Pour un enregistrement exceptionnel, il fallait un amplificateur qui ne l’est pas moins. L’AUDIOMAT Adagio tient ses promesses. Nous retrouvons la structure panoramique de son grand frère le Solfège Référence 20. Notre protagoniste du moment peut tenir la dragée haute à bon nombre d’amplificateurs à tubes comme à transistors de catégorie identique.

Le positionnement des instruments solistes ou groupe d’instruments, tout comme celui des interprètes en charge des vocaux prennent une place clairement définie. De plus, la notion d’ampleur n’est pas proportionnelle au niveau d’écoute. Ainsi, nul besoin de pousser le volume sonore très fort pour baigner dans ces compositions de Jean-Sébastien Bach. A niveau d’écoute modéré, nous bénéficions déjà d’une structure holographique de belle dimension. Les sections lyriques sont éblouissantes et revêtent une présence « renversante ».

Comme tout produit AUDIOMAT qui se respecte, on y retrouve cette fameuse notion d’ouverture qui permet de distinguer absolument tous les détails de cette suite de pièces musicales et vocales. Par ailleurs, l’Adagio offre une image superbement structurée et d’une stabilité qui mettent en exergue toutes formes de nuances telles que le Prélude de la Fugue pour harpe N°29 BWV 846.

Et le plus intéressant est que cet amplificateur se comporte aussi de cette façon aussi généreuse et spontanée avec la petite colonne APERTURA Prélude pour lequel il n’a pas été conçu, puisque qu’il est davantage destiné aux enceintes acoustiques de haut rendement.

Capacités de réaction dynamique rigueur

Barry Lindon ~ bande originale du film (vinyle & CD)

Avec des enceintes acoustiques de rendement moyen (89 à 90 dB), cet amplificateur répond parfaitement aux diverses sollicitations. Aussi, les enceintes PE LEON Kantor ont trouvé avec l’Adagio un partenaire de très bon niveau.

Le tandem nous fait bénéficier d’un superbe panache sur tout si l’on se penche sur le cas de la Sarabande de Haendel. Tant en version vinyle qu’en version CD, cette Sarabande affiche une prestance qui montre que cet amplificateur maîtrise à la perfection la dynamique les brusques variations d’intensité. Certains amplificateurs à transistors, d’autres configurés en Classe D de catégorie équivalente n’ont qu’à bien se tenir. L’Adagio peut leur en remontrer sur le plan de la rapidité d’exécution.

Justement, sur la Sarabande de Haendel, nous voyons que les grandes envolées de l’orchestre sont prises en charge d’une main de maître. De plus cet amplificateur, accélère comme une Ferrari. Les roulements de timbales affichent une vigueur sans concession. On appréciera aussi « l’enveloppe » impressionnante, la forte personnalité par un comportement absolument rigoureux.

De nature vive et dynamique, l’Adagio vous emmènera très loin dans le domaine de la musique vivante et communicative. Ces caractéristiques permettent d’être en phase avec une reproduction  « grandeur nature ». Nous sentions bien que cet amplificateur a été pensé afin de vous procurer de grandes et belles sensations, sans pour autant sombrer dans « l’hyper démonstratif ». L’Adagio n’a pas pour vocation d’en faire trop, mais de coller le plus justement possible à la prise de son. Sur les extraits plus sobres ou discrets, il sait rester à sa place.

Séquence émotion sens de l’expression

• Nameless ~ Dominique Fils-Aimé (vinyle 30 cm / 45 tr/m)
Stay Tuned ! ~ Dominique Fils-Aimé (vinyle 30 cm / 33 tr/m)

Sous un format plutôt imposant et derrière une façade semi translucide l’Adagio est animé par un cœur « gros comme ça »; un cœur qui bat et qui contribue à donner des sensations étonnantes à l’écoute de ses deux albums vinyles signés Dominique Fils-Aimé.

A tout dire, cet amplificateur établit immédiatement un dialogue sincère entre l’interprète et l’auditeur. L’Adagio privilégie singulièrement l’authenticité des vocaux. A l’écoute de ces deux albums, j’ai senti qu’il se passait quelque chose de magique, pour le pas dire inhabituel dans la pièce d’écoute. La pureté de la voix est envoûtante, d’une magnifique humanité.

Ce qui caractérise cet amplificateur repose sur la « sincérité » dans la reproduction. L’expression vocale est charnelle, chaleureuse, envoutante. Avec l’Adagio, on se laisse facilement prendre au jeu d’une écoute non-stop et on finit par succomber au charme de ce style musical.

« A peu près » ne fait pas partie du langage AUDIOMAT. Lorsqu’un produit sort de l’atelier du constructeur, c’est pour apporter du plaisir musical. L’Adagio apporte le supplément d’information qui rend l’écoute attachante. Autour des vocaux, se mêlent le sobre jeu de l’accompagnement d’une contrebasse et l’éclat de quelques percussions éclatantes qui viennent égayer l’interprétation. Nous assistons à une sorte d’éclosion des percussions qui se libèrent dans le temps et l’espace et reflètent ainsi la faculté de cet amplificateur à gérer subtilement et méthodiquement les harmoniques. Aussi, si vous attachez de l’importance à l’aspect émotionnel de la musique, cette mouture AUDIOMAT saura vous combler.

• Vivaldi : Concertos pour guitare & mandoline ~ Direction : Paul Kuentz (vinyle & CD) 

Ils sont simplement magnifiques ces Concertos pour guitare et mandoline signés Antonio Vivaldi, dirigés par une main de maître par Paul Kuentz et astucieusement mis en scène par cet amplificateur qui, décidément, m’a apporté de jour en jour son lot de belles surprises.

Décidément, cet amplificateur donne à ces compositions une âme et un sens. On y apprécie la qualité des timbres avec une mention particulière pour la viole d’amour, la mandoline et sa sonorité « perlée » dont nous percevons toute la « consistance » mais aussi l’ingénieux jeu qui l’anime.

Cet amplificateur a évidemment ce don très particulier de s’adapter à tout style de musique, mais nous sentons qu’avec lui, la musique classique se trouve privilégiée. Toute la précision, la finesse, le grain des instruments et, en particulier, la mandoline prennent une totalité « palpable », organique. C’est un véritable bonheur d’écouter ces pièces aux saveurs méditerranéennes. La musique resplendit dans votre pièce d’écoute comme par enchantement, et peut-être même, qui sait, en conformité avec ce que pouvait en attendre le compositeur en son temps.

Il résulte de cette écoute, une reproduction enjouée, poétique, nuancée d’une beauté remarquable. Cet amplificateur ressemble réellement toutes les qualités pour traduire ce genre d’œuvres en une sorte de sucrerie musicale permanente – un véritable régal ! 

• Rive Droite – Rive Gauche / Swing Band meets Daniel Huck – Edition Passavant Music (CD)

Vous souhaitez une restitution musicale vive et enjouée ? Cet amplificateur AUDIOMAT est fait pour vous. Les prises de son bien travaillées, telles que Rive Droite – Rive Gauche / Swing Band meets Daniel Huck réalisé aux studios Passavant Music n’appellent que des commentaires élogieux de ma part.

Ce « diable » d’amplificateur vous fera vivre des expériences musicales comme peu d’amplificateurs à tubes ne peuvent ou ne savent le faire totalement. Vous souhaitez vous plonger dans une ambiance qui rappelle la meilleure époque des Cotton Club où le plaisir de l’écoute en direct était une bonne raison d’écouter de la musique en direct. L’Adagio a cette faculté de vous emmener dans ce genre d’endroits tout en restant chez vous. l’Adagio est un amplificateur qui se fixe comme objectif de diffuser une musicalité la plus « vraie » possible – une musicalité où les interprètes et leurs instruments se positionnent au plus proche de l’auditeur.

Je n’ai, à aucun moment, décelé une quelconque trace d’approximation. L’Adagio va droit au but, comme nous pouvons nous en rendre compte à travers le détourage des instruments, des voix et des applaudissements qui ponctuent les fins de phrases musicales. Je peux même affirmer que le lieu de l’enregistrement surgit des enceintes acoustiques, nous propulsant dans un univers bien spécifique, avec une mise en perspective réellement surprenante doublée d’une élégance qui sied fort bien à cette édition musicale signée Passavant Music.

Conclusion :

Davantage destiné aux enceintes acoustiques à haut rendement, l’AUDIOMAT Adagio se montre d’une magnifique éloquence avec des enceintes acoustiques de rendement plus moyen. Nous retrouverons la philosophie musicale de la marque et des autres amplificateurs testés dans ces colonnes.
Justesse des timbres, précision, dynamique, ouverture, transparence sont les principaux qualificatifs qui résument les principales caractéristiques musicales de cet amplificateur de nature chantante. Un amplificateur hautement recommandable.

 

 

Prix : 5150 € (01/2022)

Banc d’essai réalisé par
Lionel Schmitt