AUDIA FLIGHT Three Mk 2

AUDIA FLIGHT – Three  Mk 2

Origine : Italie
Ampli-préampli intégré à transistors
Puissance : 2 x 75 Watts sous 8 ohms – 2 x 125 Watts sous 4 ohms
Bande passante : 1 Hz Ă  450 kHz
Distorsion Ă  1 kHz : < 0,05 %
Rapport signal / bruit : 95 dB
3 entrées haut niveau RCA, dont 1 directe
1 entrée symétrique XLR
1 entrée enregistreur,
1 sortie enregistreur,
1 sortie bloc de puissance,
1 sortie casque Jack 6,35

 

Qui aurait pariĂ© qu’un jour, AUDIA FLIGHT se retrouve en première ligne pour une sĂ©rie de tests d’Ă©coute ? certainement pas moi ! Et pourtant, le hasard des “rencontres” et des discussions m’ont permises de faire plus ample connaissance avec cette marque Italienne, pourtant bien distribuĂ©e en France. Mais, que fait exactement AUDIA FLIGHT, et depuis quand ?

Comme cela est souvent le cas dans le monde de la Haute FidĂ©litĂ©, AUDIA FLIGHT est avant tout une histoire de passion. 1996, est une date qui marque le dĂ©part d’une aventure entre Massimiliano Marzi et AndrĂ©a Nardini. Ces deux personnages ont en commun une formation confirmĂ©e dans le domaine de l’Ă©lectronique professionnelle. En outre, ils recherchent, eux aussi, des solutions permettant de faire “sonner” des Ă©lectroniques le plus justement et le plus fidèlement possible, s’affranchir de toutes formes de perturbations qui seraient amener Ă  colorer, voir dĂ©former le message musical. Des Ă©tudes poussĂ©es, puis des prototypes, les amènent Ă  des conclusions qui visent Ă  “dĂ©localiser” la fameuse boucle de contre-rĂ©action en tension du schĂ©ma de la section bloc de puissance. L’idĂ©e Ă©tait alors d’utiliser une contre-rĂ©action en courant, destinĂ©e Ă  driver les enceintes acoustiques de faible rendement ou rĂ©putĂ©es difficiles, mais aussi d’offrir une bande passante hyper large sans interaction sur les Ă©tages de sortie, avec une rĂ©ponse très rapide. Ce procĂ©dĂ© alors appliquĂ© aux Ă©lectroniques de l’Ă©poque, a Ă©tĂ© dupliquĂ© sur les Ă©lectroniques actuelles, dont l’amplificateur intĂ©grĂ© THREE qui fait l’objet de ce test d’Ă©coute.

Mais l’Ă©lectronique n’est rien, si l’assemblage et les composants choisis ne forment un “tout”. Les deux ingĂ©nieurs ont donc poussĂ© leurs investigations très loin, et ce modèle de dĂ©but de gamme ne sacrifie rien Ă  toute forme d’optimisation qui viserait Ă  offrir une musicalitĂ© d’exception. L’Ă©lectronique de cet amplificateur est insĂ©rĂ©e dans un châssis en mĂ©tal Ă©pais qui repose sur trois pieds de dĂ©couplage en aluminium massif. Une très jolie façade de 15 mm, Ă©galement en aluminium contribue Ă  renforcer la rigiditĂ© du boĂ®tier, et Ă  l’immuniser efficacement contre toute forme de perturbation ou de vibration interne ou externe.

La superbe façade avant usinĂ©e dans la masse comporte cinq touches en mĂ©tal de forme arrondie. Deux de ces touches sont destinĂ©es Ă  la sĂ©lection des entrĂ©es, dont l’une d’entre elle est dĂ©volue Ă  la fonction monitoring pour un enregistreur analogique. Une troisième touche actionne la fonction mute, tandis qu’une quatrième a pour mission de mettre hors circuit les enceintes acoustiques lors de l’Ă©coute au casque – l’AUDIA FLIGHT Three possède une sortie casque au standard jack 6,35 mm pour une Ă©coute intimiste. La face avant est complĂ©tĂ©e par une touche standby qui met hors circuit la section puissance, un rĂ©glage de volume sonore via un potentiomètre d’origine Alps. Enfin, un afficheur de couleur bleue – Ă  intensitĂ© lumineuse rĂ©glable – renseignera l’utilisateur sur l’ensemble des fonctionnalitĂ©s de cet amplificateur, ma foie, fort complet sur le plan des possibilitĂ©s d’exploitation. Une petite tĂ©lĂ©commande entièrement en aluminium permet de reprendre Ă  sa charge l’intĂ©gralitĂ© des fonctionnalitĂ©s de cet amplificateur. On relèvera que cette tĂ©lĂ©commande est intuitive et très agrĂ©able Ă  utiliser.

La face arrière accueille pas moins de sept connecteurs RCA directement boulonnĂ©s sur le châssis, et un connecteur XLR pour une source configurĂ©e en mode symĂ©trique. On notera que l’exemplaire qui m’a Ă©tĂ© prĂŞtĂ© Ă©tait muni d’une carte phono optionnelle rĂ©glĂ©e en MM (pour cellules Ă  aimant mobile). La carte phono du Three est entièrement paramĂ©trable et permet, le cas Ă©chĂ©ant, d’opĂ©rer des rĂ©glage de sensibilitĂ© Ă  la demande, et accueillir une cellule Ă  bobine mobile (MC).

L’Ă©lectronique n’a fait l’objet d’aucune concession, Ă  commencer par l’alimentation. Celle-ci s’articule autours d’un transformateur torique de 400 VA. Huit alimentations stabilisĂ©es distribuent l’énergie Ă  tous les Ă©tages, jusqu’aux Ă©tages drivers, et quatre alimentations Ă  haute capacitĂ© en courant (72 000 µF) pour les seuls Ă©tages de sorties ; une capacitĂ© totale de 132 000 µF est utilisĂ©e Ă  stabiliser l’alimentation de l’étage de gain jusqu’au transistors drivers. Pour ĂŞtre très prĂ©cis, la section de puissance est configurĂ©e en mode double monophonie intĂ©grale avec schĂ©ma symĂ©trique. Les moyens importants mis en Ĺ“uvre permettent de garantir une puissance de 2 x 75 watts sous 8 ohms sans flĂ©chir ! Pour la section prĂ©amplificatrice, les concepteurs demeurent plus discrets, et on retiendra que le pilotage des fonctions et l’afficheur sont alimentĂ©s par un transformateur dĂ©diĂ©, et sont totalement indĂ©pendants de la section analogique; ils y sont exclusivement connectĂ©s par des opto-coupleurs. Le sĂ©lecteur d’entrĂ©e permet de choisir entre une entrĂ©e symĂ©trique et quatre entrĂ©es asymĂ©triques par le biais de relais soudĂ©s en atmosphère inerte et aux contacts en or.

 

ECOUTE

Grâce au distributeur et Ă  son “relais Eurodio”, que je remercie au passage, me voici donc parti pour une sĂ©rie d’Ă©coutes longue durĂ©e de cet amplificateur et du lecteur CD de la mĂŞme gamme, lecteur dont le compte rendu est Ă©galement publiĂ© en page ECOUTES / SOURCES.

Les tests d’Ă©coutes ont Ă©tĂ© effectuĂ©s avec un lecteur CD YBA Classic Player 3, AUDIA FLIGHT CD Three, enceintes acoustiques PEL Kantor, câbles modulation ESPRIT Beta, VAN DEN HUL 3T Rock XLR et ESPRIT CĂ©lesta XLR, câbles HP YBA Diamond.

1° Timbres – Transparence  
  • Fantaisies et impromptus par Laviana Meijer

Pour tout vous confier, l’approche d’un nouveau produit m’effraie toujours un peu : on ne sait pas s’il va sonner correctement, s’il va s’associer correctement avec les autres Ă©lĂ©ments en place, et Ă  la mise en service de l’appareil une sorte d’apprĂ©hension s’installe…. Après une heure de mise sous tension, avec l’AUDIO FLIGHT Three, les doutes et les craintes se dissipent très rapidement. Cet amplificateur entre dans le jeu musical et Ă  ce titre, il mĂ©rite une attention particulière.

Le CD ” Fantaisies et impromptus ” Ă©ditĂ© par Channel Classics pour et en collaboration avec concepteur de câble VAN DEN HUL rassemble des thèmes tirĂ©s de compositeurs connus et interprĂ©tĂ©s Ă  la seule harpe par Lavinda Meijer. J’ai jetĂ© mon dĂ©volu sur la Fantaisie Opus 95 de Saint-SaĂ«ns. Cette “Fantaisie” m’a permis de faire connaissance avec l’AUDIA FLIGHT sur les deux critères que sont la qualitĂ© des timbres et la transparence. A n’en pas douter un seul instant, l’amplificateur a immĂ©diatement livrĂ© une musicalitĂ© Ă©lĂ©gante et raffinĂ©e que l’on attribue gĂ©nĂ©ralement Ă  des produits de gamme très supĂ©rieure. Chaque note est dĂ©cortiquĂ©e et analysĂ©e par un soin extrĂŞme, plongeant l’auditeur au sein d’une musique Ă  la fois lĂ©gère et pleine d’Ă©motion. On ressent aisĂ©ment le contact des doigts de l’interprète sur chacune des cordes, et cette dĂ©licatesse que requiert la pratique de l’instrument. De fait, la transparence ne fait pas dĂ©faut, et la harpe est restituĂ©e avec luminositĂ©. Aucune trace d’aigreur ou d’agressivitĂ© ne vient entacher l’Ă©coute. D’ailleurs l’AUDIA FLIGHT va jusqu’au bout des choses, et on apprĂ©ciera une extinction très propre des notes, qui valide la propension de cet amplificateur Ă  rendre la musique crĂ©dible.

  • Double jeux par Laurent Korcia

Ici, c’est le violon qui est Ă  l’honneur et quel bonheur de retrouver les timbres francs et fruitĂ©s de l’instrument. Une teinte très douce, mais d’une prĂ©cision redoutable, permet de faire ou refaire connaissance avec l’instrument. L’audition est captivante, car les variations du violon sont astucieusement complĂ©tĂ©es par l’accompagnement d’une contrebasse et de quelques notes d’accordĂ©on. Le vibrato du violon est formidablement perceptible, et donne un ton de nostalgie supplĂ©mentaire Ă  vous faire frissonner lorsque l’on Ă©coute “Minor Waltz” – l’effet est saisissant….. et, je tiens Ă  prĂ©ciser qu’il est impossible de rester indiffĂ©rent Ă  ce genre de sensations. Dans le mĂŞme esprit, il serait inconvenant de passer sous silence le “frottement” de l’archet sur les cordes du violon. Si l’agressivitĂ© n’a pas voie au chapitre ici, j’ai pu apprĂ©cier Ă  sa juste valeur l’aspect matĂ©rialisĂ© du contact de l’archet sur les cordes, rendant le phrasĂ© et la richesse des timbres satisfaisants. A travers des capacitĂ©s d’analyse poussĂ©es, j’ai relevĂ© la remarquable limpiditĂ© qui Ă©mane des quelques notes d’accordĂ©on, m’incitant Ă  dire que cet instrument respire.

2° Dynamique – rĂ©activitĂ© – rigueur  
  • Meddle par Pink Floyd

Au niveau du comportement gĂ©nĂ©ral, et plus prĂ©cisĂ©ment de la dynamique et de la rĂ©activitĂ©, n’essayez pas de prendre en dĂ©faut cet amplificateur : vous n’y arriverez tout simplement pas ! Pour la circonstance, je n’ai pas hĂ©sitĂ© Ă  faire appel Ă  Meddle de Pink Floyd (One Of These Days) afin de vĂ©rifier jusqu’oĂą le modèle Three pouvait aller. Je dois bien avouer que cet amplificateur “digère” la formidable “puissance” de cet extrait sans “sourciller”. La guitare basse rugit avec une lisibilitĂ© sans Ă©quivoque, doublĂ©e par les impacts de grosse caisse qui Ă©mergent de façon inĂ©branlable. L’AUDIA FLIGHT gère la dynamique de manière souple, sans trace de compression, sans paraĂ®tre Ă©triquĂ©e, quelque soit le niveau sonore requis. Mieux encore, l’ensemble s’exprime sans aucune forme d’agressivitĂ© – tout est restituĂ© avec nettetĂ©, sans accroc. Je peux ainsi affirmer que les effets de traĂ®nage n’ont pas cours ici. Sur d’autres extraits de cet album, les “fans” du groupe Anglais apprĂ©cieront Ă  leur juste valeur les vocaux fort bien mis en valeur. Les jeux de guitare Ă©lectrique sont restituĂ©s avec une beautĂ© qui semble ĂŞtre le reflet recherchĂ© par les auteurs.

  • ValĂ©ria par le Modern Jazz Quartet with Laurindo Almeida

Rigueur : voilĂ  un mot qui peut surprendre dans le monde de la haute fidĂ©litĂ©. Mais quel sens peut donc prendre la rigueur lorsque l’on Ă©coute de la musique ? Dans le cas qui nous occupe, il s’agissait de vĂ©rifier comment se comportaient les instruments “clef” de ce morceau. L’instrument le plus complexe est bel et bien ce “sacrĂ©” vibraphone dont l’intensitĂ© varie fortement en fonction des notes de musique, et de leur frĂ©quence respective. Selon les systèmes utilisĂ©s ou les Ă©lĂ©ments qui le composent (câbles inclus), les vibrations de cet instrument de musique ont parfois tendance Ă  vriller sous forme de distorsion. L’exercice est complexe, mais il en faut Ă  mon avis davantage Ă  l’AUDIO FLIGHT pour capituler devant les difficultĂ©s. Incontestablement, cet amplificateur m’a livrĂ© le jeu de vibraphone sans brusquerie, avec, de surcroĂ®t, une très belle assurance. Les montĂ©es et descentes de notes, les variations m’ont permis de savourer de subtiles intonations et le comportement très sain de l’instrument.

La rigueur se concrĂ©tise Ă©galement avec les jeux de piano et de contrebasse qui forment alors un duo de choc, et offrent un excellent contraste. Sans descendre inconsidĂ©rĂ©ment des les abysses, la contrebasse ne rechigne pas Ă  marquer le tempo, avec fermetĂ©, lisibilitĂ©, qui lui confèrent un rythme tout simplement endiablĂ© !. On se prend alors Ă  imaginer le dĂ©placement des doigts de la main gauche sur le manche de l’instrument, et les “attaques” de la main droite sur les cordes de l’instrument. Le mĂŞme traitement de faveur est accordĂ© au piano dont le martellement des touches se traduit par des variations nettement audibles, et un poids sur les notes graves qui n’ont rien de ridicule. Ce piano s’invite dans la pièce d’Ă©coute et prend alors une dimension respectable par sa prĂ©sence.

3° FluiditĂ© – ouverture  

J’ai bien le sentiment que AUDIA FLIGHT s’est aussi attachĂ© Ă  mettre un point d’honneur sur le cĂ´tĂ© fluide de ses produits. L’intĂ©gralitĂ© des CD Ă©coutĂ©s, ainsi que les vinyles dĂ©montrent un Ă©coulement et un enchaĂ®nement des notes qui se traduisent par un bien-ĂŞtre fou. Cette fluiditĂ© constitue un complĂ©ment harmonieux Ă  cette forme d’ouverture qui se caractĂ©rise par une facilitĂ© d’expression, et permet un contact charnel avec la musique, voir avec ses interprètes. Au fil des Ă©coutes, on s’aperçoit que les notes s’Ă©grainent et s’enchaĂ®nent sans contrainte avec facilitĂ© et une rĂ©elle libertĂ©. Les nuances et l’aĂ©ration ne peuvent Ă  aucun moment faire l’objet d’une remise en question. L’AUDIA FLIGHT Three dĂ©livre exactement le contraire d’une restitution rĂ©putĂ©e bouchĂ©e. Quelques soient les morceaux choisis, la musique s’Ă©coule avec une aisance que l’on peut fort bien comparer Ă  celle d’un ruisseau au printemps après la fonte des neiges. Pas un faux pas, pas une fausse note, tout cela se passe avec une remarquable sĂ©rĂ©nitĂ©. FluiditĂ© et ouverture : voici deux critères qu’il convient de classer Ă  l’actif de cet amplificateur.

4° Scène sonore  
  • Requiem de Mozart par Karajan

Sur ce thème, on sent rĂ©ellement que l’amplificateur intègre une alimentation destinĂ©e Ă  combler tous les audiophiles qui recherchent une musicalitĂ© Ă©panouie, sans traces de compression, ou autre forme d’altĂ©ration. La scène sonore prend, avec le Requiem de Mozart, une dimension respectable. La focalisation est excellente au niveau de chacune des enceintes, et lorsque la soliste Maria Stader ” prend la parole “, elle s’exprime rĂ©ellement au milieu de la scène sonore. Le positionnement dans l’espace des diffĂ©rents plans est bien dĂ©limitĂ©, ce qui nous permet de visualiser aisĂ©ment chaque groupe d’interprètes. L’Ă©tagement des plans est Ă©galement fort satisfaisant et il m’a semblĂ© bien apprĂ©hender les diffĂ©rents groupes d’instruments et chĹ“urs dans l’espace. La scène sonore prend Ă©galement une excellente dimension en hauteur. Autant le dire tout de suite, l’AUDIA FLIGHT Three est performant sur ce point, et s’agissant d’Ă©ventuels effets de tassement, il n’y a rien Ă  craindre de ce cĂ´tĂ©, mĂŞme lors de la montĂ©e en puissance des chĹ“urs et de l’orchestre. L’enveloppe musicale est gĂ©nĂ©reuse, en dĂ©pit des grands Ă©carts de dynamique ou les sollicitations demandĂ©es.

5° Communication avec l’auditeur  
  • Romance tirĂ© de la suite symphonique ” Lieutenant KuĂ© ” – Serge Prokofiev – Direction Yuri Simonov

Tout commence par une variation de cordes de laquelle Ă©merge le thème principal aux violoncelles dont la matière et le contour m’ont impressionnĂ©, et mĂŞme Ă©mu ! Viennent se superposer en contre-chant une section de violons qui s’en dĂ©tache nettement, puis les cuivres prennent le relais avec le mĂŞme dĂ©tachement et la mĂŞme contraste. On distingue sans peine, les petites “pincĂ©es” de harpe qui viennent ponctuer la partition avec une subtile lĂ©gèretĂ©. Le glockenspiel qui prend la suite prend une teinte exceptionnelle, de par sa matĂ©rialisation. Les interventions sporadiques d’un duo de flĂ»tes traversières et le solo de basson sont tout simplement prodigieuses. Le cĂ´tĂ© analytique inhĂ©rent aux multiples performances de cet amplificateur nous permet d’entendre la reprise de souffle de chacun des musiciens. Ainsi, l’AUDIA FLIGHT Three a Ă©tĂ© conçu pour procurer une forte dose d’Ă©motion, et s’Ă©vertue Ă  “retranscrire” la partition avec une extrĂŞme agilitĂ©, dont le l’objectif est d’immerger l’auditeur au sein d’une sphère musicale dont les grands compositeurs ont le secret.

  • Misa Criola – KyriĂ© par Ariel Ramirez

L’entrĂ©e en matière des chĹ“urs en dit dĂ©jĂ  long, sur les prouesses musicales dont est capable cet amplificateur intĂ©grĂ©. Dès les premières mesures, l’auditeur est instantanĂ©ment plongĂ© au cĹ“ur de la musique lyrique. L’amplificateur Three est vraiment douĂ© faire partager l’Ă©motion et la joie qu’ont du avoir les interprètes lors de la sĂ©ance d’enregistrement. Le calme et le sĂ©rĂ©nitĂ© s’installent progressivement et l’ensemble vocal se caractĂ©rise par sa forte prĂ©sence au sein de la pièce d’Ă©coute. La communication avec l’auditeur est ici Ă  son apogĂ©e et me rappelle les meilleurs moments que j’ai pu passer en compagnie des meilleurs Ă©lectroniques qu’il m’a Ă©tĂ© donnĂ© d’entendre. Mon attention a Ă©tĂ© retenue par le “degrĂ© de pertinence relatif au “souffle” des choristes lors de leurs inspirations et de leurs expirations. Chaque syllabe, chaque mot sont articulĂ©s avec “sincĂ©ritĂ©”, et sur ce point cet amplificateur accomplit de vĂ©ritables prouesses. Les quelques interventions de tambours qui ponctuent la partition offrent une texture pleine et matĂ©rialisĂ©e, qui donne un ton très singulier Ă  ce type de musique.

Cas de l’entrĂ©e phono MM  

Le modèle Three mis Ă  ma disposition Ă©tait dotĂ© d’une carte phono, entièrement paramĂ©trable par l’utilisateur selon un protocole prĂ©cis et dĂ©taillĂ© dans sa notice. A l’origine cette entrĂ©e phono a Ă©tĂ© rĂ©glĂ©e pour tirer le meilleur parti de la cellule Ă  aimant mobile (MM) REGA Elys 2 montĂ©e sur une platine THORENS TD 166 Mk 2 optimisĂ©e.

  • Marquises par Jacques Brel

Ici, le charme de l’Ă©coute vinyle prend un sens et une saveur toute particulière. Parole !, c’est un vrai bonheur de redĂ©couvrir ce chanteur qui nous fait partager au travers d’un texte et d’une interprĂ©tation très imagĂ©s ses propres Ă©motions. L’orchestration simple, dĂ©pouillĂ©e, mais de bon ton emmènent l’auditeur vers des terres, des ocĂ©ans, voire des Ă©poques inconnus ou oubliĂ©s. L’âme de Jacques Brel semble surgir au milieu de la mĂ©lodie, bercĂ©e par quelques arpèges de harpe qui se mĂŞlent Ă  quelques notes de guitare. Le solo de hautbois surgit Ă  son tour au milieu du flux et reflux des nappes de violons mettant l’accent sur l’aspect très nostalgique que m’Ă©voque cet extrait. Jacques Brel avait un talent incroyable pour communiquer avec les auditeurs sensibles Ă  ses messages et sa vision de la vie ou du monde. L’AUDIA FLIGHT Three a vraiment toutes les qualitĂ©s requise pour faire partager ces Ă©motions de la manière la plus pure qui soit.

  • Concertos Brandebourgeois de Jean SĂ©bastien Bach N° 1,2,3,4,5 – Direction Benjamen Britten

Très sincèrement, je me suis vraiment rĂ©galĂ© en Ă©coutant l’intĂ©gralitĂ© des Concertos Brandebourgeois sous la direction de Benjamin Britten, jouĂ©s sur instruments d’Ă©poque. L’entrĂ©e phono rĂ©vèle des “possibilitĂ©s musicales insoupçonnĂ©es qui permettent Ă  la musique de prendre une dimension ne trahissant Ă  aucun moment l’Ĺ“uvre du compositeur. Chaque instrument se rĂ©vèle Ă  sa place, et s’exprime avec un dĂ©liĂ© et une libertĂ© totale. Le hautbois ou les flĂ»tes baroques fleurent bon le bois, tandis que le clavecin donne le tempo avec une prĂ©cision redoutable, et un fruitĂ© qui se veulent enchanteurs, mais toujours respectueux des couleurs d’origine. L’AUDIA FLIGHT prend un soin extrĂŞme Ă  respecter les couleurs tonales originales. Les trompettes s’expriment avec un veloutĂ© vraiment agrĂ©able, et leurs moindres inflexions ou variations sont instantanĂ©ment perceptibles. Elles aboutissent toujours sur musicalitĂ© franche, matĂ©rialisĂ©e, et pleine d’entrain. On notera que la texture des timbres est douce, mais pas mielleuse pour autant.

Cas de la sortie casque  

DĂ©cidĂ©ment, cet amplificateur est très complet : dotĂ© d’une prise jack 6,35 en façade, et d’un module casque intĂ©gral, il eut Ă©tĂ© dommage de ne pas en faire mention. Les tests d’Ă©coutes ont Ă©tĂ© effectuĂ©s avec un casque Sennheiser HD 430. Je signale que cette sortie casque n’a rien d’anecdotique, et qu’elle constitue une “section” casque Ă  part entière, qui dĂ©livre sa part d’Ă©motion. Pour ceux qui sont amenĂ©s Ă  Ă©couter la musique de manière intime, ils pourront apprĂ©cier les prestations poussĂ©es de cette sortie casque. Ils retrouveront la plupart des caractĂ©ristiques musicales très positives Ă©voquĂ©es dans les chapitres prĂ©cĂ©dents, avec un registre grave qui confirme ici sa belle assise, sa lisibilitĂ©, et une prĂ©cision qui ne feront jamais dĂ©faut. Le registre aigu file haut, sans aucune trace d’agressivitĂ©, et s’articule autours du registre mĂ©dium en accrĂ©ditant la matière et la richesse des timbres, dĂ©crites dans les lignes prĂ©cĂ©dentes.

Conclusion :

Richement dotĂ© sur le plan des possibilitĂ©s d’exploitation, l’AUDIO FLIGHT Three gagne Ă  ĂŞtre connu pour ses prestations musicales. Son rapport musicalitĂ©/ prix est difficilement contestable dans ce crĂ©neau d’amplificateurs intĂ©grĂ©s. Le modèle Three est très reprĂ©sentatif du concept et du savoir-faire des concepteurs italiens de la marque. Le Three a son caractère propre, et on ne lui reprochera pas d’avoir tout simplement DU caractère. Dynamique, chantant, variĂ©, le modèle Three n’est ni ennuyeux, ni agressif, et encore moins dĂ©monstratif. Son crĂ©do se rĂ©sume au respect de la musique. On pourra lui associer des sources diverses et variĂ©es, qui mettront en lumière son tempĂ©rament et son talent musical, car on peut reconnaĂ®tre que ce modèle fait preuve d’une bonne neutralitĂ© gĂ©nĂ©rale. Cet amplificateur sera Ă  l’aise avec des enceintes d’origine française : la PEL Kantor en est un exemple, mais les JMR Cantabile ou Euterpe, ou encore MULIDINE sauront lui donner aussi ses lettres de noblesse. Pas de doutes, le produit est abouti, et s’avère hautement recommandable !

Cotations :Musicalité : de premier plan
ApprĂ©ciation personnelle : j’ai beaucoup aimĂ©
Rapport musicalitĂ© – prix : excellent

 

Prix :
Version ligne 2200 € ( 10/2012)
Option phono MM / MC : 300 €
Option convertisseur USB : 400 €

 

Ecoute réalisée par
Lionel Schmitt