REGA Saturn – R

REGA SaturnR

Origine : Grande Bretagne
Lecteur CD intégré – convertisseur N/A

Résolution : 24 bits / 192 kHz sur port USB de type B
Bande passante : 17 Hz à 20,5 kHz à 0,02 dB
Rapport signal bruit : – 109 dB
Distorsion : 0,005%, à 1 kHz

1 sortie analogique RCA
2 sorties optiques Toslink,
2 sorties coaxiales S/PDIF RCA,

2 entrées optiques Toslink,
2 entrées coaxiales S/PDIF RCA,
1 entrée USB – B asynchrone

 

 

Rega Saturn-r1

 

Le REGA Saturn – R n’est pas un produit de toute première jeunesse, mais comme il a été conçu en son temps de manière avant-gardiste, ce lecteur CD reste tout à fait d’actualité en 2017, d’autant qu’il pourra indifféremment être utilisé comme lecteur intégré, comme simple « drive » et surtout comme convertisseur N/A grâce à sa connectique abondante et « adaptée ».

Rega Saturn-r2

Les fiches de connexion numériques d’entrées / sorties numériques assurent une souplesse, des possibilités d’utilisation et la lecture de fichiers numériques étendues

Côté assemblage : rien à dire, ce lecteur est construit dans la norme REGA, pour durer, défier mode et tendances. L’ensemble de la mécanique et de l’électronique sont insérées au sein d’un châssis à la rigidité reconnue. Plusieurs plaques d’aluminium constituent le bâti de référence dont l’objectif est de juguler toute forme de vibration d’ordre mécanique et toute forme de perturbation d’ordre électrique ou électronique. Ce châssis repose sur quatre pieds en sorbothane cerclés d’aluminium pour asseoir le découplage.
Rega Saturn-r3
La partie lecteur CD du Saturn –  R  a bénéficié des recherches et développements qui ont donné naissance au lecteur de référence ISIS qui coiffe le sommet de la gamme.
Fidèle à la tradition qui est la sienne depuis qu’il réalise des lecteurs CD, REGA a implanté un mécanisme sans tiroir de chargement avec une trappe sur le dessus de l’appareil. Comme toujours, le constructeur Anglais reste discret sur l’origine de cette mécanique, qui par ailleurs a toujours su faire face aux outrages du temps. Pas de palet presseur ! : le disque est « retenu » sur son axe de rotation par trois ergots, l’objectif étant d’alléger le dispositif de rotation, de soulager le moteur et favoriser sa réactivité.
Sur le plan de la conversion, le constructeur anglais a implanté deux puces Wolfson WM8742 montées en configuration différentielle. Par ailleurs, l’horloge interne a fait l’objet de tous les soins et garantit une stabilité optimale. La connectique « numérique » est pléthorique : on dénombre pas moins de 5 entrées aux quelles s’ajoutent 4 sorties de même acabit.
La section analogique n’est pas en reste non plus – une constante chez REGA. L’alimentation substantielle, assurée par un transformateur toroïdal de bonne capacité, est scindée en aval par une série de « régulateurs » dédiés à chaque section. Enfin, l’étage de sortie a été traité avec bienveillance : on y retrouve des composants discrets polarisés en Classe A. En regard du nombre d’entrées et sorties numérique, on regrettera seulement que les sorties analogiques au seul standard RCA n’aient pas été doublées au format XLR.
.
ECOUTE :

Les tests d’écoutes ont été réalisés en auditorium et à domicile en de nombreux épisodes avec le matériel suivant : amplificateurs intégrés REGA Elicit-R, Elex-R, préamplificateur YBA Classic 3 Delta, bloc de puissance YBA Classic 3 Delta DT, enceintes acoustiques REGA RS7, PEL Kantor. Pour le câblage modulation : YBA Glass & Diamond et ESPRIT Aura.

Pour l’alimentation secteur : barrette FURUTECH F-TP 615, câble secteur G-314Ag-18E et prise murale FT-SWS-G de la même marque.

CD utilisés : « Collaboration » par le Modern Jazz Quartet with Laurindo Almeida – CD test Naim Sampler N°6 – The Singing Clarinet par Giora Feidman – Les Géants du Jazz jouent Georges Brassens  – « Prodiges » par Camille Berthollet – Dance into Eternity par Omar Faruk Tekbilek – Quiet Nights par Diana Krall – Tri Yann et l’Orchestre National des Pays de Loire – volume 2 – Suite symphonique « Lieutenant Kué » : Romance et noces de Kué de Serge Prokofiev / Direction Yuri Simonov – The Glory That Was Gerschwin par Frank Chacksfield – A Celtic Spectacular / Direction Erich Kunzel with James Galway, The Chieftains, John Mc Dermott – La Folia de la Spagna par Gregorio Paniagua – etc….

Musique dématérialisée : La Folia de la Spagna par Gregorio Paniagua – The Wall par Pink Floyd – etc….

1° Couleur des timbres – communication avec l’auditeur

• Dance into Eternity par Omar Faruk Tekbilek

Dance-into-Eternity-Of

Par sa nature chantante, le SATURN-R reproduit aisément toute la saveur et l’excellence de cette prise de son et d’une interprétation de très haut niveau où les artistes s’en donnent à cœur joie pour vous communiquer leur musique; une musique qui fait vibrer, pleine de couleurs et de joie de vivre.
L’ambiance « émotive » s’apprécie à chaque instant. La musique « s’écoule » avec une palette de timbres et de couleurs étendues qui permettent de savourer chaque notes et un grand nombre de subtilités. Les sonorités apparaissent riches en variations qui rendent chaque extrait particulièrement mélodieux – une musicalité qui, en quelque sortes,  adoucit les mœurs et vous rendra heureux de l’écouter. L’ensemble mené d’un main de maître par Omar Faruk Tekbilek saura vous toucher en plein cœur car le REGA Saturn-R s’y entend pour vous faire vibrer d’émotions sur les passages les plus prenants et les plus « élaborés ». Les musiciens n’ont ici aucune retenue pour faire partager l’attention qu’ils portent à leur interprétation.

Dynamique – réactivité – rigueur

• Slavonic Dances Anton Dvorak – Antal Dorati

Dvorak - Antal Dorati by decca

De tempérament plutôt romantique, on ne peut certifier que ce lecteur REGA soit le plus rapide du moment. Certes, la rigueur est de mise, mais j’aurais peut-être apprécié que ces danses slaves eussent été plus « incisives » avec une réactivité plus affirmée. La dynamique générale est pourtant bien au rendez-vous et on peut le constater sur les grandes envolées orchestrales. Les percussions percutent avec un bel entrain, mais en regard de la gamme à la laquelle il appartient, le Saturn-R aurait mérité de montrer parfois davantage de punch. J’attendais davantage de « mordant » si je puis dire.

Attention, n’en déduisez pas que ce lecteur est mou. Il reproduit à sa manière et de belle façon les « pièces musicales, qui lui sont soumises, sans accrocs et avec une liberté d’expression réellement plaisante.

3° Scène sonore – étagement des plans

• Toccata et Fugue de Jean-Sébastien Bach – Direction Léopold Stokowski (version Decca 1973)

Toccata&fugue - StokowskiSur ces deux points précis que sont l’étendue de la scène sonore et la construction de la scène sonore, le lecteur REGA ne démérite absolument pas. Il se montre même assez généreux et gagne singulièrement en ampleur par rapport au modèle Apollo-R. La scène sonore est construite avec méthode et on décèle bien les différents pupitres, les instruments de premier plan comme les « lignes » de contrebasses et violoncelles. Cet agencement ordonné forme un bon contraste avec les « lignes » de violons ou les ensembles de cuivres.
Ce lecteur s’applique aussi à discerner les instruments de musiques plus discrets qui ressortent sans peine de la masse orchestrale, tels que des arpèges de harpes qui se jumelent à quelques notes de flûte traversière.
D’une façon générale, la musique se veut spontanée, enveloppante et assure une présence constante de l’orchestration dans la pièce d’écoute.

4° Fluidité – pureté – définition – transparence

• Quiet Nights par Diana Krall

Quiet Night DK

Tout comme les platines vinyles de la marque, le Saturn-R s’applique à reproduire les vocaux de manière naturelle. La voix de Diana Krall est ici totalement sublime : les phases s’écoulent avec une fluidité et une onctuosité remarquables, ce qui place ce lecteur CD probablement en tête de liste des meilleurs lecteurs CD de cette catégorie. Les vocaux sont charnels : on observe que chaque mot, chaque articulation sont reproduites avec une chaleur humaine bien dosée, probablement  en adéquation avec ce qu’a souhaité l’artiste et l’ingénieur du son. Je vous avoue être tombé sous le charme de cette série de « reprises » latino-américaines qui prennent ici une « dimension » pour le moins très communicative. La définition et la transparence n’appellent que des éloges : exit, le voile qui subsiste avec quelques sources numériques (oui, il en existe encore) plus ou moins au point et / ou qui font semblant. Le Saturn-R ne laisse rien de côté et ajoute à la reproduction cette petite touche de naturel qui fait la différence et rend le vocal et l’instrumentation simplement humaines, réalistes.

5° Comportement en mode convertisseur (extraits dématérialisés)

• La Folia par Gregorio Paniagua

la-folia-gpComme l’occasion m’était offerte de faire un « galop d’essai » en mode Dac avec La Folia signée Gregorio Paniagua en version dématérialisée 24 bits, j’ai pu me faire une idée complémentaire du potentiel du Saturn-R.

Autant vous le confier, la surprise est de taille : on retrouve la remarquable définition, la transparence, le détourage des instruments du CD. Cette source utilisée en mode Dac s’avère être une véritable loupe : l’analyse est poussée très loin et jamais au détriment de la qualité des timbres. On assimile souvent la transparence avec un haut du spectre surligné, voir des hautes fréquences insistantes. Avec la section Dac, on s’approche de la philosophie chère au concepteur : une restitution de type analogique qui mêle la douceur et la clarté lorsque la situation (prise de son) le requiert. J’aurais même envie de dire qu’en mode dématérialisé, « la musique va plus loin » sur la plupart des paramètres subjectifs. La restitution apparaît plus étoffée, mais la couleur des timbres change quelque peu. Le gain en dynamique est audible et la scène sonore prend davantage d’envergure et d’aération.

Cela pourra se vérifier aussi bien sur les jeux de flûtes baroques reproduites avec une texture boisée on ne peut plus convaincante, que sur les notes de clavecin qui sont très finement reproduites, soutenues, trahissant ainsi « l’attaque » du mécanisme sur les cordes de l’instrument. L’effet est suffisamment marqué pour être mentionné. Les percussions crépitent sans effet de traînage et peuvent surprendre à tout instant le mélomane qui connaît pas ou peu cette série d’enregistrements sera surpris.

Rega%20logo.PNG

Conclusion :

En dépit de son âge, le lecteur CD-Dac REGA Saturn-R mérite toujours de figurer parmi les machines qui savent reproduire la musique en provoquant d’intenses moments d’émotion. Les sections de conversion et analogique très points forment un complément logique et indissociables.

Même si son tarif a sérieusement augmenté ces dernières années, le REGA Saturn-R reste un lecteur concurrentiel sur le plan musical, polyvalent sur le plan de l’exploitation, fort recommandable – un coup de cœur qui demande réflexion lors du choix final.

Synthèse : Musicalité : naturelle et attachante
Appréciation personnelle : d’excellentes surprises
Rapport musicalité – prix : bon

 

Prix : 2600 €  (09/2017)

Test d’écoute réalisé par
Lionel Schmitt