L’époque des grandes manoeuvres

 

L’édito de Lionel

L’époque des grandes manoeuvres

Fusions, rapprochements, prise de participations, rachats d’entreprise, etc…. font désormais partie de notre quotidien économique. Afin d’être mieux armés, plus performants, et effectuer des gains de productivité, les grands groupes se rejoignent pour former des ensembles économiquement viables et concurrentiels. Ce qui est moins courant est de voir le marché de la haute fidélité prendre des voies semblables. En 2011, on annonçait un rapprochement entre le constructeur Britannique NAIM et le Français FOCAL, rapprochement renforcé il y a quelques jours. Je n’évoque pas le cas de SHANLING ou de I-A-G Group propriétaire des marques QUAD, MISSION, AUDIOLAB, LUXMAN, WHARFEDALE,….

Aujourd’hui, la presse internationale nous annonce que PIONEER va fusionner une partie de ses activités avec ONKYO. Visiblement, cette opération ne devrait pas toucher directement le secteur purement haute fidélité, en tout cas, pas pour le moment.

Néanmoins, il faut se rendre à l’évidence, l’époque des grandes manœuvres est bien là. On peut alors se demander quel sort sera réservé à tous les petits manufacturiers indépendants, français ou étrangers. Quelle place peuvent-ils encore trouver dans un développement vertigineux qui n’échappe décidément pas à notre passion qu’est la haute fidélité.

Les technologies évoluent vite (notamment en matière de numérique) : ainsi on peut comprendre que la concurrence soit féroce.Les rapprochements en sociétés ou groupe industriels permettent de mettre en commun des axes de recherche et de développement en à coûts réduits, et des synergie en matière de distribution internationale. Toutefois, une certaine forme d’observation nous permet de voir que les « artisans », les petits manufacturiers, ou les spécialistes de la restitution sonore ont un sens poussé du détail qui leur permet de mettre au point des produits hautement musicaux dont les composants sont triés à l’écoute, et donc en opposition avec une philosophie et une production purement industrielle, quelque peu banalisée.

Inquiet, on peut l’être – inquiet je le suis, toutefois nos chers manufacturiers résistent globalement bien pour nous offrir des produits qui ont cette faculté de sonner juste et bien, qui ont une âme, des produits d’une très grande fiabilité. Par ailleurs, se cachent derrière ces marques, des professionnels qui ont la foi dans la qualité de la restitution musicale, et avec les quels nous pouvons entretenir des rapports privilégiés dans la mesure où ceux-ci dépassent souvent le simple rapport « client – fournisseur ». J’aurais aussi tendance à penser que se sont eux qui, au travers de leurs produits hautement musicaux, contribuent à nous donner du bonheur musical.

Et si certains « se retirent en coulisses », d’autres apparaissent ou réapparaissent avec des nouveautés et de grandes réussites technologiques diablement musicales. Les salons internationaux (Ces de Las Vegas ou High End de Munich) nous montrent justement que la Haute Fidélité d’exception n’est pas morte, mais qu’au contraire les concepteurs les plus audacieux ont encore quelque chose à proposer. Les innovations se succèdent, notamment à travers la musique dématérialisée, et nous ne pouvons que nous réjouir de voir la profession défendre de véritables valeurs qualitatives, même si les tarifs sont souvent élevés. J’ajoute que ce sur ces thèmes, les français n’ont rien à envier à leur concurrents internationaux.

Le second semestre 2014 et l’année 2015 nous réservent encore quelques belles surprises, que nous nous efforceront de vous relater au fil des semaines à venir – il y a tout lieu de penser que ces bonnes surprises nous viennent, comme souvent, des « petits manufacturiers ».

La saison estivale permet justement d’aller à la rencontre de ces marques et peut-être de leurs concepteurs afin d’écouter la musique autrement.