AUDIOMAT Solfège Référence 20

AUDIOMAT Solfège Référence 20

Origine : France
Amplificateur intégré à tubes
Puissance : 2 x 40 watts dont 2 x 35 watts en Classe A
Puissance : 2 x 25 watts avec boucle de contre réaction locale en courant
Bande passante : 15 Hz à 60 kHz à – 3 dB
Rapport signal / bruit : non spécifié

5 entrées haut niveau RCA
1 sortie enregistreur

L’amplificateur à tubes de Référence !

 

Après les modèles Alpha, Arpège, Aria, le temps était venu de se pencher sur le cas du modèle Solfège Référence  20, et de voir s’il pouvait  relever tous les défis au travers des différentes épreuves d’écoutes infligées par mes soins. C’est aussi l’occasion de vérifier que ce modèle « inscrit » au catalogue du constructeur Français depuis près de 25 ans était toujours d’actualité car il a été largement optimisé.

Pour être précis, l’amplificateur Solfège Référence 20 coiffe désormais la gamme des amplificateurs intégrés AUDIOMAT :  il a pris la place du RÉCITAL qui a terminé sa carrière à la fin de l’année 2013.

Je pense que tout le monde aura saisi que  cet amplificateur a évolué au cours des années, cependant les « fondamentaux » et la référence sont restés intacts. C’est donc de la toute dernière mouture dont je souhaite vous « entretenir » au travers de ce banc d’essai.

Sur le plan esthétique, ce modèle ne tranche pas avec le style des autres amplificateurs AUDIOMAT, si ce n’est par sa face avant entièrement en aluminium brossé en lieu et place de l’altuglas présent sur les Alpha, Arpège, et Aria. Le capot en U qui protège l’électronique est usiné dans le même matériau. Il contribue à renforcer la rigidité de l’ensemble du « bâti » qui prend pour la circonstance un aspect plus cossu.

Le châssis est constitué d’une épaisse plaque d’aluminium de 3 millimètres dont la rigidité à toutes épreuves le destine à réduire efficacement toute forme de vibrations internes ou externes. Comme tous les produits AUDIOMAT, le châssis repose sur 3 cônes en laiton amagnétique extrêmement pointus afin de limiter la propagation des vibrations par voie solide et, par le fait, assurer l’immunité qui s’impose et dont je me porte garant de l’efficacité. Le concepteur livre avec son amplificateur des coupelles destinées à préserver le meuble ou le support sur lequel l’appareil est posé. Différents essais montrent que le « comportement musical » gagne en efficacité sans ces coupelles.

Les commandes se résument à un potentiomètre de volume motorisé, un sélecteur pour cinq sources haut niveau, une clef « Mute » complétée d’une diode bleue, un sélecteur  de mise sous tension et une seconde diode bleue qui indique que l’appareil est en état de fonctionner. A noter que cette dernière diode bleue clignote tant que l’amplificateur n’est pas « stabilisé ».

Sous la face avant, se cache un petit interrupteur pour le choix du mode de fonctionnement de l’étage de sortie : avec ou sans boucle  de contre réaction locale en courant. Selon le mode choisi, la puissance varie, et la sonorité également.

La télécommande usinée dans un bloc d’aluminium massif est du type à infrarouge. Elle pilote exclusivement les fonctions du réglage de volume sonore et la mise en veille (mute) de l’appareil. Via son potentiomètre motorisé d’origine Alps, le volume sonore peut se régler de deux façons : en mode ‘’ normal ‘’, et en mode dit ‘’ précis ‘’ – dans ce dernier cas, le réglage s’effectue beaucoup plus finement pas à pas. Ce principe est astucieux; il fallait y penser. Ce potentiomètre a fait l’objet d’une modification de son impédance d’entrée.

En dépit de son poids significatif, cette télécommande est agréable à utiliser; les touches sphériques étant des micro billes d’aluminium.

La face arrière rassemble les fiches de connexions RCA de très grande qualité directement boulonnées sur le châssis et isolées de celui-ci. On dénombre six paires de fiches : cinq sont destinées aux entrées Ligne haut niveau et la sixième est une sortie fixe pour un enregistreur analogique ou éventuellement un amplificateur casque muni d’un potentiomètre de volume. Dans ce cas précis, AUDIOMAT n’a pas prévu de coupure de système destiné à couper les enceintes acoustiques.

Pour le raccordement des enceintes, AUDIOMAT a mis le « paquet » : six bornes HP d’exception plaquées or par canal vous permettront un large éventail de connexions. Vous pourrez choisir les bornes en fonction de l’impédance de vos enceintes, et même procéder au bi-câblage. Ces bornes acceptent indifféremment un câble nu de forte section, les fourches, et le très pratiques fiches bananes.

Enfin, comme de coutume, soucieux du « bien-être musical » de ses clients, le concepteur a pris soin de repérer la phase secteur de la fiche IEC. Je ne saurais trop recommander de veiller scrupuleusement à bien tenir compte de cette phase secteur : essais à l’appui, une inversion conduirait inévitablement à une musicalité décharnée, déséquilibrée, fade, ce qui serait dommage compte tenu de la « classe de l’appareil ».

 

Des composants électroniques sélectionnés et triés sur le volet

A l’intérieur du conséquent berceau de forte épaisseur, une seule carte au schéma asymétrique rassemble l’intégralité des composants électroniques. Pour l’étage d’entrée, AUDIOMAT a implanté un tube ECC83S JJ Electronic. Il est suivi par deux tubes ECC99 JJ Electronic pour l’étage driver. Les tubes ECC99 ont une très basse impédance interne (2 KOhms), et ont permis la mise en place d’une boucle de contre-réaction en courant sur l’étage de puissance. Commandée par un interrupteur situé dessous le châssis, à l’angle de la face avant, celle-ci fait chuter la puissance max de 2 x 40 Watts  à 2 x 25 Watts, mais permet à l’appareil de s’affranchir grandement des variations d’impédance des enceintes en fonction de la fréquence. Ce concept permet donc d’extraire également plus d’informations, notamment autour des fréquences de recouvrement du filtre entre les différents haut-parleurs de l’enceinte. En contrepartie, il est déconseillé d’utiliser, en position « 2 x 25 Watts », des enceintes d’un rendement inférieur à 88 db, car la puissance deviendra alors insuffisante pour que la musique « respire » à la pleine mesure de ses possibilités.

« L’animation » de l’étage de sortie est confié à quatre tubes KT88 JJ Electronic qu’il vous appartiendra, le cas échéant, d’implanter sur leurs douilles respectives et numérotées car ils sont livrées dans un emballage à part.

L’alimentation repose sur un transformateur de 350 VA à basse induction et faible courant de fuite complétée d’une série capacités de 2800 μF 450 V électrochimiques + 300 ​μF polypropylène. Ce transformateur est découplé du châssis par résine noire amortissante spéciale. Il est arrimé directement au troisième cône / support de l’appareil.
Cette nouvelle version du Solfège Référence 20 bénéficie d’un condensateur polypropylène, fait sur cahier des charges, en boitier aluminium (aucune vibration) et d’une valeur de 35 μF, directement implanté sur l’étage d’entrée : cette alimentation de grande qualité permet d’extraire plus d’informations dès l’entrée du circuit.

Les transformateurs de sortie sont des classiques « EI » utilisant des tôles recuites (à grains orientés), mais surdimensionnés. Le câblage interne a fait l’objet de toutes les attentions : conducteurs blindés haut de gamme.

Ecoute et impressions  :

Les tests d’écoutes ont été effectués à domicile avec le matériel suivant : lecteur CD YBA CD Classic Player 3, enceintes acoustiques PEL Kantor, câbles de modulation et HP ESPRIT  Aura.

Essais vinyles : pré-amplificateur  phono AUDIOMAT Phono 1.7 – Platine REGA RP 8 – Cellule MM Rega Elys 2, qui fait l’objet d’un banc d’essai séparé.

Pour l’alimentation secteur : barrette FURUTECH F-TP 615, câble secteur G-314Ag-18E et prise murale FT-SWS-G de la même marque.

Je remercie les concepteurs d’AUDIOMAT qui ont bien voulu mettre à ma disposition cet amplificateur  pour deux mois afin de pouvoir réaliser ce test d’écoute et vous présenter le résultat de mon analyse.

CD utilisés : Stéréo Concert  Séries – Decca Phase 4 – « Ainsi parlait Zarathoustra » de Richard Strauss – Direction Lorin Maazel – Les Indes Galantes de Jean-Philippe Rameau – Direction Philippe Herreweghe – Collaboration par le Modern Jazz Quartet with Laurindo Elmeida – Rummadou / Générations de Tri Yann – Swinging the Big Band par Quincy  Jones –Meedle de Pink Floyd – « Prodiges » par Camille Berthollet – « Molène » par Didier Squiban au piano – Toccata et Fugue de Jean-Sébastien Bach dirigé par Léopold Stokowski – Epics : The History of World par l’Orchestre Philharmonique de Prague & Chœurs – Dance into Eternity par Omar Faruk Tekbilek – Chambre avec vue par Henri Salvador etc…

Musicalité d’ensemble et premières impressions

« Avec cette neige à foison
Qui coiffe, coiffe sa toison
On peut le croire à vue de nez
Blanchi sous le harnais
Eh bien, Mesdames et Messieurs
C’est rien que de la poudre aux yeux
C’est rien que de la comédie
Que de la parodie ! » ……, c’est bien sur la base de ces quelques rimes inspirées d’une chanson de Georges Brassens qu’en dépit de son âge, de sa présentation grise argentée, cet amplificateur n’accuse pas du tout le poids des années. Intemporel, le Solfège Référence 20 en remontrera à plus d’un concurrent, si « sérieux » soit-il.

Quelques minutes de chauffe, et cet amplificateur vous plonge sans détours au cœur de la musique vivante. Du plus profond de ses yeux bleu azur, le Solfège Référence 20 vous parlera un langage musical direct, sincère, naturel. Ce qui est drôle est que lors de sa mise sous tension, l’amplificateur vous fait de l’oeil, via une diode bleue qui clignote, comme pour vous dire : « vous allez voir ce que vous allez voir » – autrement dit, c’est de la musique que vous allez entendre et même palper, de la vraie, de la pure, de la grande,….du jamais entendu peut-être ? C’est ce que je vais tenter de partager avec vous à travers ce banc d’essai.

Couleur des timbres

Si vous souhaitez savoir s’il y a un lien de parenté avec les autres amplificateurs AUDIOMAT, la réponse est oui, bien sûr. La couleur des timbres est dans la même « veine » que celle de l’Arpège et de l’Aria, dont s’inspire aussi le « petit » Alpha.

Cependant, le Solfège Référence 20 pousse tout de même plus loin le degré d’approche des différents registres. Sur ce thème, le Solfège se distingue par cette particularité que l’on retrouve assez rarement sur d’autres amplificateurs à tubes comme à transistors : il arrive à concilier la douceur, avec une « tenue » des hautes fréquences, et une transparence cristalline, sans caricature d’aucune sorte. De surcroît, le Solfège Référence ne privilégie aucun registre au détriment d’un autre : la neutralité qui le caractérise assure ainsi un équilibre et une cohérence remarquables.

Registres aigus et médium

• Stéréo Concert  Séries – Decca Phase 4

De par sa nature chantante, cet amplificateur de haut de gamme est calibré pour faire chanter les fabuleux extraits  de musiques classiques. La Tarentelle qui illustre la Danza de Rossini mise en musique par Antal Dorati est l’exemple même de la richesse et de l’éventail de teintes sonores qui peuvent émaner d’une prise de son soignée. De la finesse des violons qui filent au-dessus de la masse orchestrale à la rythmique dictée par le tambourin auquel s’ajoute l’intervention d’un triangle, nous sommes en contact avec une foule de sonorités hétéroclites bien timbrées et extrêmement variées qui rendent la musique vivante. Les cuivres brillent aussi de mille feux, sans pour autant être envahissants ou acides. Les coups de cymbales sont francs et nets et offrent une « saveur » réaliste.

Nous allons de surprise en surprise avec la Gaieté Parisienne de Jacques Offenbach. Sous l’impulsion de Charles Münch, nous dégustons intégralement la « prestation » de chaque instrument ou groupe d’instruments. Nous entendons beaucoup de choses et ceci m’amène à dire que sur les registres aigus et médium, le Solfège Référence 20 porte bien son patronyme de Référence, car il est en une dans ce domaine. Aucun voile ne vient ternir ou troubler l’audition. C’est aussi par ces extraits que j’ai pu me rendre compte à quel point la bande passante prenait une extension sensationnelle, notamment sur le haut du spectre.

Registre grave

• « Ainsi parlait Zarathoustra » de Richard Strauss – Direction Lorin Maazel

Tout commence par une vibration profonde : celle des grandes orgues qui font trembler la terre sous vos pieds. De cette note abyssale, émerge le thème principal avec cette envolée de cuivres comparable à la puissance dantesque d’un volcan en éruption, martelée par des coups de timbales percutants à souhait dont la densité est tout simplement prodigieuse. Cet amplificateur « s’adapte » habilement à une masse orchestrale en pleine effervescence qui vous fait profiter à 100%  des prestations artistiques tout comme de celles de la prise de son. De ce point de vue, les mélomanes et les audiophiles se retrouveront sur le même pied d’égalité.
Du début à la fin de cette « entrée en matière », cette note d’orgue subsiste sans altération au point de constituer le socle imperturbable de l’Ouverture Ainsi Parla Zarathoustra. Sous la direction de Lorin Maazel, l’œuvre s’affiche « bouillonnante », sous un jour somptueux, sans faille, divinement relayée par le Solfège Référence 20 qui se montre à la hauteur de cette fresque « monumentale » qui s’achève par un feu d’artifice royal aux multiples couleurs et innombrables facettes qui caractérisent cette composition signée Richard Strauss.

Définition – transparence 

• Les Indes Galantes de Jean-Philippe Rameau – Direction Philippe Herreweghe

Tel Vasco de Gama, le Solfège Référence 20 se lance à la conquête des Indes….des Indes Galantes signées Jean-Philippe Rameau avec la même audace que le célèbre explorateur Portugais. Ce n’est pas en contournant le Cap de Bonne-Espérance que cet amplificateur montre seulement  ses ambitions, mais davantage en épousant le contour des instruments baroques par une forme  d’agilité et de souplesse « marque de fabrique » des électroniques AUDIOMAT. Ces deux critères sont à la hauteur de ces Suites d’Orchestre joyeusement interprétées et divinement reproduites.
Rien, mais absolument rien n’échappe à cet amplificateur qui exécute un travail d’analyse en profondeur. La couleur et le « grain » du clavecin donnent, par exemple, une « saveur » musicale pétillante. La joie de vivre de l’Air pour les Esclaves Africains, Rigaudon ou encore l’Air des Sauvages se ressent aisément à travers un jeu des violons finement ciselés, et aussi de la couleur boisée des flûtes baroques, hautbois, et bassons – une série d’airs  « coquets » qui rappellent des tableaux de Fragonard.

Le Solfège Référence 20 « s’y entend » pour faire résonner trompettes et percussions de la Chaconne et dessiner précisément le contour de chaque instrument. Le « silence « de fonctionnement de cet amplificateur est, retenez bien cela, absolu – cela induit une restitution on ne peut plus documentée. Ces caractéristiques s’appuient sur une optimisation du circuit, du choix méticuleux et de l’implantation de chacun des composants électroniques et de toutes les pièces mécaniques sujettes à vibrations. Il apparait clairement que ce silence de fonctionnement joue un rôle très important sur la définition, la transparence, et cette liberté d’expression qui rendent la reproduction réellement « fouillée ».

• Collaboration par le Modern jazz Quartet with Laurindo Alemida

Habituellement, lorsque nous évoquons la transparence, nous mettons l’accent sur les fréquences médium et aigües. Le Solfège Référence 20 se distingue par sa transparence sur les fréquences bas médium / grave. Ainsi, la reproduction de la contrebasse de Valéria mérite le détour. Cet amplificateur ne se borne pas à aller simplement « tutoyer » les fréquences les plus basses, mais il met en évidence, par exemple, le doigté agile du contrebassiste lorsque celui-ci pince habillement les cordes de son instrument. C’est une « notion » que j’avais déjà relevée sur les autres électroniques AUDIOMAT, mais avec le Solfège l’effet est absolument prodigieux, d’autant qu’il est de surcroit doublé d’une fluidité  qui ne laisse aucune place à l’approximation. La musique s’écoule avec un enchainement « logique » des notes et ceci quel que soit la cadence imposée par l’extrait musical. Tout semble parfaitement huilé, organisé, cadencé de manière à restituer une musique dénuée de toute forme de contraintes ou de stress pour l’auditeur.

Fluidité – onctuosité

• Rummadou / Générations de Tri Yann

Dans la continuité de mon descriptif sur la qualité des timbres, il convient d’y ajouter deux éléments importants qui contribuent à rendre le message sonore crédible et totalement naturel. Le Solfège Référence recevra sans complexe le premier prix d’excellence pour la fluidité. En effet, sur l’album Rummadou (Générations) de Tri Yann où se mêlent des vocaux solo et chœurs avec des instruments baroques, anciens, et plus contemporains, nous assistons à un délié exceptionnel de chaque phrase musicale. Le son du violon soliste s’écoule avec une douceur et une agilité qui lui donnent l’onctuosité souhaitée. Agissant en alternance de façon harmonieuse, il vient compléter un jeu de violoncelle et celui d’un hautbois baroque avec un fruité de toute beauté sur un fond de clavecin « bien tempéré ». Sur d’autres extraits, la rythmique plus « incisive » subit un traitement identique qui montre bien que paroles et musiques s’écoulent avec une facilité qui débouche sur un enthousiasme débordant. Ainsi, avec cet amplificateur, nous pouvons reconnaître que poésie et fantaisie font ici bon ménage.

Dynamique – réactivité – rigueur

• Meedle par Pink Floyd

Tout comme j’ai pu l’observer sur l’ouverture Ainsi parla Zarathoustra, cet amplificateur AUDIOMAT se place au premier rang lorsqu’il s’agit de « prendre en charge » des extraits débordants d’énergie. Ne vous fiez pas à certaines idées reçues concernant la technologie à tubes. Le Solfège monte vite en régime et a le répondant nécessaire  pour  « casser la baraque » par sa dynamique phénoménale.
Avec Meedle de Pink Ffoyd et plus particulièrement sur One of These Days,  on se rend bien vite compte de la puissance de feu qui anime cet amplificateur. Je peux vous dire que le Solfège « envoie du lourd » lorsqu’il s’agit de montrer l’éclat de la batterie, la précision et la réactivité des coups sur la grosse caisse et la caisse claire, par une réactivité impressionnante. Les coups de cymbales prennent le même chemin : clarté et précision sont les maîtres mots pour décrire l’absolue rigueur de cette amplificateur vigoureux.
La basse électrique assure un suivi particulièrement réussi qui crève l’écran, sans cependant dépasser les bornes ou sombrer dans des débordements incongrus. Je trouve admirable la façon qu’a cet amplificateur de « dompter » les extraits musicaux « chargés » et les plus complexes sans affolement. Les aficionados du genre seront rapidement conquis par les déferlantes de guitares électrique à la sonorité « diabolique », signe distinctif du Groupe Pink Floyd

• Swinging the Big Band par Quincy  Jones

Il n’y a qu’à écouter Caravan de Duke Ellington pour se rendre compte comment cet amplificateur s’y entend pour accompagner et donner du rythme à la musique de jazz, et aussi avec quelle agilité il « régule » le rythme de la batterie, des cymbales, ou de la contrebasse pour former un ensemble cohérent et harmonieux. Le déroulement de la mélodie s’effectue de manière très contrôlée. Face au trombone qui « s’exécute », le saxophone de Quincy Jones répond par une série de « saccades » brèves au « déhanchement » cadencé à la perfection. Pour la phrase musicale suivante : c’est l’inverse – c’est au tour du trombone de donner dans l’improvisation avec une dextérité ne laissant aucune place à l’approximation. En d’autres termes, ça vit, ça bouge, ça swingue avec un entrain et une bonne humeur qui montrent que cet amplificateur réagit promptement avec la rigueur que l’on trouve habituellement chez AUDIOMAT.

En outre, par un « traitement de faveur » du message sonore, cet amplificateur réalise une sacrée prouesse : il a le don de « dépoussiérer » les enregistrements anciens en leur redonnant une seconde jeunesse. La musique parfois un peu froide s’humanise progressivement et rend l’écoute attachante.

Scène sonore – étagement des plans

• Toccata et Fugue de Jean-Sébastien Bach – Direction Léopold Stokowski (version Decca 1973)

Pour le « plan de table », en maître de maison attentionné, AUDIOMAT a fait les choses bien. AUDIOMAT a même fait les choses en grand !
La Toccata et Fugue en Ré Mineur s’invite dans votre pièce d’écoute sans détours. Que se soit au sens propre comme au sens imagé du terme, la « dimension » de cette transcription pour orchestre symphonique est phénoménale.
Au-delà de la « structure » panoramique de grande envergure, il émane de la masse orchestrale un torrent d’informations qui va de découvertes en découvertes. Des pages de partitions qui se tournent, des tuttis de violons qui semblent s’envoler au-dessus de l’ensemble des violoncelles et contrebasses,  qui se répondent  en écho d’un canal à l’autre avec une synchronisation sans défaut, laquelle donne de la « classe » à cette transcription signée Léopold Stokowski. Le talent technologique rejoint ici le talent artistique.

Au delà, de la dimension panoramique et du spectre tri-dimensionnel qui ressort à merveille, j’ai été particulièrement saisi par le « torrent » d’informations qui émane de cet enregistrement impeccablement réalisé – un enregistrement que je croyais pourtant bien connaître et qui a cependant révélé des informations, intonations, couleurs supplémentaires que je n’avais pas forcément bien perçues jusqu’à ce test.

Pouvoir d’expression et communication avec l’auditeur

• « Molène » par Didier Squiban au piano

Découvert récemment, ce CD correspond à mon goût au tempérament musical de cette mouture AUDIOMAT.
Harpe dressée à l’étrave, poussé par le souffle de la musique, animé par le verbe des Celtes, guidé par un albatros fou, le piano de Didier Squiban s’avance vers des îles  où la mer embrasse le soleil. Cette « peinture » m’est spontanément venue à l’esprit tant le Solfège Référence 20 met son cœur et son énergie au service de la poésie musicale. Les notes de piano s’égrènent avec une telle formulation qu’on se prend à rêver, à voyager à travers les époques, à marcher au bord de la mer. Les couleurs contrastées et les tonalités musicales chantantes forment un ensemble savoureux, riche en harmoniques doublée d’une pureté qui fleure bon avec l’air pur venu d’Atlantique.

Le détachement et la ponctualité des notes de piano en dit bien long sur cette faculté à reproduire la musique avec une authenticité simplement renversante, une authenticité à couper le souffle, une authenticité à vous glacer le dos. L’agilité et la maîtrise de l’instrument par Didier Squiban sont immédiatement prises en charge par cet amplificateur, qui n’accorde aucune « fausse note » pour vous en faire profiter, vous faire rêver, et éveiller en vous des souvenirs qui créent  des moments d’émotions intenses.

• Epics : The History of World par l’Orchestre Philharmonique de Prague & Choeurs

C’est par une copieuse série d’interprétations de très haut niveau que cet amplificateur délivre son potentiel, son panache, sa puissance de feu. C’est toutes voiles dehors que le vaisseau de Christophe Colomb surfe sur les océans pour vous faire voyager dans votre pièce d’écoute au travers du fabuleux thème 1492 : Conquest Of Paradise. Une orchestration grandiose, des chœurs puissants, une scène sonore « débordante ». Les déferlantes vous parviennent majestueusement avec une fougue qui vous glacera le dos. Le Solfège gère tout ça de façon à vous associer à une orchestration d’envergure, expressive, « puissante », et même impressionnante.

• Dance intro Eternity – Omar Faruk Tekbilek

Réunis par l’amour et les rêves, pétris de musique, unis par l’alchimie de l’esprit et de la pensée, l’ensemble des musiciens qui accompagnent Omar Faruk Tekbilek ne font qu’un. Ils ne font qu’un, mais chacun d’eux vous tiendra en haleine de la première à la dernière note. Une seule « symphonie » oui, mais se sera celle du désir d’écouter le grain du oud (luth oriental), d’apprécier la sensualité et la douceur, entrelacés, de la première note au dernier soupir, de la flûte baroque.
L’interprétation est à la fois dépouillée et riche en substance. Il en résulte une musique très pure « mise en scène » par le trio qui s’ouvre à une approche musicale faîte d’échanges calmes, intenses, et passionnés. Le résultat est absolument époustouflant et « prenant ».

• Chambre avec vue par Henri Salvador

« Ressourcement » est bien le terme qui me vient à l’esprit à l’écoute de ce CD. Henri Salvador baigne dans son « Jardin d’Hiver » avec un bonheur qu’il m’a fait partager pendant toute ces séances d’écoutes. Rien à dire, sa voix chaude, suave, et tellement attachante est telle qu’il est absolument impossible de ne pas y être sensible. Le phrasé en clair, la diction « travaillée » à la perfection, les reprises de souffle démontrent toute la verve que le chanteur peut transmettre à son public en quête d’émotions. Rien ne vient troubler l’audition, aucun voile ou aucune « distance » ne vient s’installer entre l’interprète et son auditoire. La présence d’Henri Salvador dans votre pièce d’écoute est révélatrice du potentiel de l’amplificateur à mettre les mélomanes en contact avec la musique.
L’orchestration fort bien amenée n’a rien d’anecdotique : elle « forme » un ensemble complémentaire des plus savoureux qui soit et enrichit terriblement la « composition » vocale. L’excellence des cuivres « patinés » à l’ancienne ainsi que la discrète rythmique, les drums, les multiples petites percussions, le fret de la guitare, ou encore certaines « nappes » de violons sont absolument succulents et reflètent totalement que le côté naturel de l’ensemble. Le Solfège Référence 20 livre l’intégralité des informations « gravées », mais avant tout, il apporte ce supplément d’informations qui fait bien la différence !

• Prodiges par Camille Berthollet

A l’écoute de ce CD, tout porterait à croire que « tout ce petit monde » était fait pour se rencontrer un jour : Bach et Vivaldi pour leur génie, Camille Berthollet pour son immense talent, et les concepteurs d’AUDIOMAT pour cet art de donner à la musique vivante une « dimension » émotionnelle d’exception.
Le violon de Camille Berthollet vous « transpercera » le cœur sur le Concerto pour deux violons de Jean-Sébastien Bach tout comme sur l’Eté des Quatre Saisons d’Antonio Vivaldi. Doigté et précisions vous feront vibrer et peut-être même verser quelques larmes tant la conviction de l’interprète se fait sentir. Le dialogue entre Camille Berthollet et son « auditoire » est à son comble.

Mieux encore, épaulée par le Solfège Référence 20, Camille Berthollet insuffle une dose de bien être à toutes sortes de partitions qu’elle respecte à la lettre en y ajoutant sa touche personnelle; elle arrive ainsi à donner une âme à son instrument, permise par les « prouesses » de cet amplificateur qui joue pleinement son rôle de « vecteur d’émotions ».
Les mille subtilités de cet album se perçoivent aisément. A titre d’exemple, lorsque la jeune artiste reprend le thème du film La Liste Schindler ou La Passacaille de Johan Halvorsen d’après Haendel, on a carrément la chair de poule – outre l’onctuosité du violon, on se surprend  à entendre la respiration de la concertiste et même à percevoir sa concentration sur le travail qu’elle affectionne : l’effet est saisissant et montre dans  ce domaine que cet amplificateur va très très loin !

 

Conclusion :

L’amplificateur AUDIOMAT Solfège Référence 20 est le quatrième « opus » qu’il m’ait été offert d’analyser après l’Alpha, l’Arpège Référence 10, et l’Aria. A la clef : un chapelet de surprises. Fruit d’une longue expérience, cet amplificateur vous fera bénéficier d’un Art Musical que je qualifie de grandiose. Il rassemble absolument toutes les qualités pour reproduire la musique de manière réaliste, vivante et attachante.

 

Synthèse : Musicalité : divine, réaliste, naturelle
Appréciation personnelle : particulièrement enthousiaste
Rapport musicalité – prix : exceptionnel

 

Prix : 7950 €  (04/2018)

Test d’écoute réalisé par
Lionel Schmitt