SPENDOR A2 & A4

Origine : Grande Bretagne

A2

Enceinte : colonne 2 voies / 2 haut-parleurs
Charge bass-reflex
Sensibilité : 85 dB
Impédance : 8 ohms
Réponse en fréquences : 36 Hz à 25 kHz
Fréquence de coupure : 4,2 kHz
Puissance amplificateur requise : 25 à 125 watts
Dimensions :  ( H x L x P ) : 78,6 x 15,0 x 25,8 cm

A4

Enceinte : colonne 2 voies / 2 haut-parleurs
Charge bass-reflex
Sensibilité : 86 dB
Impédance : 8 ohms
Réponse en fréquences : 34 Hz à 25 kHz
Fréquence de coupure : 3,7 kHz
Puissance amplificateur requise : 25 à 150 watts
Dimensions :  ( H x L x P ) : 86,1 x 16,5 x 28, 4cm

 

SPENDOR est une marque britannique, dont finalement, les médias parlent assez peu. Et c’est un tort ! En effet, la marque a été fondée en 1960 sur la base et les connaissances acquises par son concepteur Spencer Hughes dans le département de l’ingénierie du son de la BBC. C’est dire si le curriculum vitae de la marque constitue une référence.

La genèse de SPENDOR se fonde sur la création de haut-parleurs à base de matières première nouvelles : Bextrène, matière plastique polystyrène. Au fil des cinquante années qui suivirent ses premiers pas, SPENDOR s’est attaché à rester fidèle à sa philosophie d’origine, notamment de conception de ses propres haut-parleurs. Ils sont, comme le disait Spencer Hughes, l’essence-même d’une enceinte. En choisissant de concevoir elle-même ses haut-parleurs, Spendor s’assure, aujourd’hui encore, d’une identité musicale propre. Autre particularité, la marque est, à ce jour, la dernière à encore fabriquer ses enceintes entièrement en Grande Bretagne, ébénisterie et haut-parleurs inlus.

SPENDOR, c’est avant tout la série Classic, mais c’est aussi des séries plus “conventionnelles” telles que la série A-LINE qui comprend quatre références : une compacte et trois colonnes dont les A2 et A4 présentée ici en un seul compte rendu.

La A2 se présente sous la forme d’une colonne d’à peine 78 centimètre de haut, facilement “logeable” dans un environnement de petite dimension. Cependant, elle a réellement tout d’une grande enceinte; à cet effet,  elle pourra trouver sa place dans une pièce de moyenne dimension (25 à 30 m² pour fixer les idées).

La A4 est une enceinte de format plus important notamment en hauteur puisqu’elle mesure 86 centimètres. Le volume “utile” supérieur permet à ce modèle d’affronter des salles d’écoute de dimension plus ample.

Les deux modèles sont des enceinte deux voies, deux haut-parleurs de type bass-reflex. L’évent est placé en face arrière. Leur “implantation” requiert d’ailleurs un soin particulier afin de “gérer” au mieux le compromis entre les effets de résonance et le “rendu” du registre grave.

Toutes deux héritent du concept et des technologies appliquées à la D7 dont vous pourrez lire le banc d’essai ICI. Les haut-parleurs intégrés sur les enceintes A2 et A4 ont été conçus avec les nouveaux cônes polymères EP77 développé par la marque.
Ce nouveau design permet aux enceintes de s’associer avec une plus large gamme d’amplificateurs. Il en résulte un son dynamique, ouvert et très équilibré avec des basses profondes et bien articulées.

Ces deux modèles utilisent le même tweeter à dôme en tissus de 22 millimètres de diamètre protégé par une grille métallique. Les fréquences médium / grave sont respectivement confiées à des boomers de 15 centimètre de diamètre pour la A2 et 18 centimètres pour la A4.

Au dessous de l’évent de décompression, une seule paire de solides borniers acceptent le câble nu, les fourches et les fiches bananes. Le bi-câblage ne sera pas autorisé.

Chaque enceinte repose sur 4 pointes de 8 millimètres de hauteur et réglables, ce qui permettra de découpler l’enceinte du sol afin d’avoir un grave plus propre d’une part et de pouvoir incliner légèrement l’enceinte sur l’arrière pour une meilleure mise en phase acoustique, d’autre part.

Au chapitre de la cosmétique, ces deux modèles peuvent être livrés en quatre finitions au choix : Black Ash, Dark Walnut, Natural Oak, ou moyennant supplément en White Satin. Enfin un cache de la face avant est proposé mais en option seulement !

ECOUTE :

Les tests d’écoutes ont été réalisés successivement en auditorium avec le matériel suivant : lecteur CD MOON Néo 260 D, amplificateur intégré MOON 250 I, câbles de modulation YBA Glass, câbles HP NORDOST Leif Red Dawn.

Pour l’alimentation secteur : barrette NORDOST QB 8 Mk2, câbles secteur Leif Red Dawn de la même marque.

CD utilisés : Jazz på svenska par Jan Johansson – Sirba Orchestra – Collaboration par le Modern Jazz Quartet with Laurindo Elmeida – CD test Sampler N°6 – Quiet Night’s par Diana Krall – « Prodiges » par Camille Berthollet –Toccata et Fugue de Jean-Sébastien Bach dirigé par Léopold Stokowski –  Dance into Eternity par Omar Faruk Tekbilek – « Portrait » par Angèle Dubeau & La Pietà – Rummadou / Générations de Tri Yann, etc…

Les points communs

Les A2 et A4 partagent la même philosophie comportementale et musicale. Nous y reconnaîtrons aisément la signature SPENDOR :

– L’élégance et la présence des interprètes dans la salle d’écoute sont des points communs qui montrent que ces enceintes ne mettent aucune distance entre les interprètes et l’auditeur. Je dirais que ces enceintes se montrent “participatives” si je puis m’exprimer ainsi, notamment sur les vocaux. Par ailleurs, leur esprit d’ouverture est réellement engageant et fait bien plaisir à entendre.

– La densité et la matérialisation sont des caractéristiques qui méritent également d’être soulignées. Qu’il s’agisse de la reproduction d’une contrebasse ou celle d’une grosse caisse, la A4 tout comme la A2 proposent une belle matière, une musicalité charnelle réellement appréciable.

– La transparence m’est apparue en phase avec la recherche du détail doublée par le détourage des instruments et des voix particulièrement probant. A ce titre, l’aspect “montant” un peu plus marqué sur l’A2 requiert quelques précautions lorsqu’il s’agira de la marier avec un système audio (amplificateur et source) “affûté” dans le haut du spectre. Il en est de même pour les câbles haut-parleurs. Le modèle A4 se veut plus “docile”  par sa douceur “supplémentaire”.

– L’image révèle une scène sonore d’une ampleur significative. Fort bien structurée, elle débouche sur une musicalité dénuée de contraintes ou autres formes de contraction, y compris sur le modèle A2. Les différents plans sont bien distincts et vous n’aurez ainsi aucun mal à les différencier. La hauteur de scène sonore est peut-être légèrement critiquable en valeur absolue, mais grâce aux pointes de découplage réglables, il sera possible de profiter pleinement de ces enceintes en les ajustant à façon.

• Les différences

A l’évidence, la taille différente de chacune des enceintes ainsi que le format du boomer sont les principales caractéristiques qui marquent la différence entre la A2 et la A4. Vous l’aurez vite compris, la principale différence réside au niveau du registre grave plus profond et plus ample en faveur de l’A4.
N’en déduisez cependant pas que l’A2 est limitée sur ce registre : lorsque la situation le nécessite, l’A2 se montre largement à la hauteur d’une enceinte compacte de “course”.
C’est d’un positionnement minutieux vis à vis des murs arrières que dépendra la rigueur, la réaction et le “volume” du registre grave.

Dans une grande pièce d’écoute, la A4 respire mieux. Le “volume” sonore qui s’en échappe est plus généreux et le registre grave descend plus bas. En outre, ce registre grave offre une meilleure assise, et les fréquences graves sont plus profondes et mieux maîtrisées. Sur les jeux de contrebasse, timbales, grosse caisse, le gain en densité est particulièrement sensible, et, à fortiori, appréciable.

Le registre aigu accuse aussi une différence : bien que le tweeter soit identique, la fréquence de coupure ne se situe pas au même niveau. L’A2 apparaît de prime abord plus “raide” : elle accuse une légère sècheresse que nous ne retrouvons pas avec l’A4. Ainsi, en marge de la transparence évoquée et commune aux deux modèles, la A4 offre une sonorité mieux “dosée”, peut-être mieux équilibrée. Cela prend forme notamment en matière de douceur sur les différents thèmes qui illustrent Portrait d’Angèle Dubeau et Prodiges par Camille Berthollet.
La A4 délivre des couleurs tonales plus nuancées et plus variée que la A2 qui fait déjà des miracles pour sa taille et son prix. Dans les deux cas, le mariage avec l’ensemble MOON Néo aboutit à un équilibre subjectif “significatif” : dès lors, la musique prend des allures enthousiasmantes, en tous points, charmantes.

• Appréciation d’ensemble & communication avec l’auditeur

En dépit de leur taille différente, ces deux enceintes acoustiques de la série A sont des enceintes que je qualifie de “volontaires” par leur tempérament expressif. Le côté émotionnel est au rendez vous et vous pourrez déguster vos précieux enregistrements avec une certaine passion; les A2 et A4 ont beaucoup de choses à raconter. Ces “belles” Anglaises ont un pouvoir de résolution qui vous touchera et réveillera votre sensibilité. La richesse d’informations est synonyme de réalisme. Leur pouvoir d’analyse est excellent : il permettra de pointer un très grand nombre de détails, dont certains d’entre eux peuvent parfois nous échapper ou simplement rester dans l’ombre. J’ai été particulièrement charmé et sensible par les harmoniques qui laissent les notes de musique s’éteindre de façon naturelle et spontanée dans le temps et l’espace.

Ainsi, le Concerto pour deux violons de Jean Sébastien Bach, le violon de Camille Berthollet dévoile un côté “svelte” “et entraînant : il est reproduit d’une main de maître et j’y ai remarqué également son superbe grain à côté duquel il est impossible de rester insensible. La spatialisation est remarquable, et les interprètes paraissent libres de leur mouvements. La reproduction est toujours aérée ce qui donne beaucoup de vie aux interprétations. Avec le Sirba Orchestra, j’ai eu l’impression de “vivre” l’interprétation – l’effet de présence des musiciens dans la pièce d’écoute est  réellement réussi. Le timbre des instruments de musiques apparait avec un réalisme satisfaisant, sans parler  de l’élégance qui se fait remarquer sur cette prise de son bien réalisée.

Le coup de cœur, je l’ai eu avec Dance Into Eternity qui révèle une dose d’émotion remarquable avec le jeu de flûte et de oud complétés par quelques percussions bien amenées, d’une richesse qui respire l’authenticité, et, pourquoi ne pas le mentionner, la pureté !

Avec le Modern Jazz Quartet with Laurindo Almeida, ces deux enceintes se feront remarquer par leur rigueur et la rapidité d’exécution. Les “attaques” de piano sont franches et nettes : elles trahissent la réactivité du système audio dans son ensemble; lequel s’appuie sur ces deux enceintes acoustiques.
Sur  Valéria, nous reconnaîtrons avec bonheur un jeu de vibraphone étincelant avec sa palette de couleurs étendue. Les écarts de tonalité sont gérés avec une belle docilité. La contrebasse est confortée par une précision, une articulation et un suivi des notes très “propre”, bref impeccablement reproduit. Le jeu de cymbale qui donne le tempo est fin, détaillé et teinte admirablement bien.

Conclusion

Ces “petites” colonnes SPENDOR constituent une excellente surprise et, en tous cas, une alternative intéressante par rapport à la concurrence. J’en retiendrais avant tout leur transparence cristalline et un certaine “fraîcheur musicale” qui caractérisent chacune d’elles. Les A2 et A4 s’appliquent à détourer les instruments et voix avec un perfectionnisme en adéquation avec l’équilibre général.
Pour tirer pleinement profit de leur musicalité harmonieuse, il faudra prendre soin de choisir un système expressif, neutre, peu enclin à trop briller dans le haut du spectre. Mal connues, ces enceintes méritent grandement que l’on s’y intéresse.

 

 

 

Prix A2 : 1800 €  (08/2018)
Prix A4 : 2500 €  (08/2018)

Tests d’écoutes réalisés par
Lionel Schmitt