REVEL Concerta2 F36

Origine : Etats-Unis
Assemblage : Asie
Enceinte colonne : 2,5 voies / 4 haut-parleurs
Charge : bass-reflex
Sensibilité : 91 dB (2.83V @ 1M)
Impédance : 6 ohms
Fréquences de coupure : 600Hz, 1.8 kHz
Puissance amplificateur maximale : 200 watts
Dimensions :  ( H x L x P ) : 112 x 25 x 31 cm

 

Ce n’est pas  tous les jours que l’on croise sur le chemin des auditoriums les enceintes acoustiques de marque REVEL.

Cependant, depuis quelques mois, REVEL a retrouvé une implantation en France. Cela méritait un petit déplacement pour faire connaissance avec les produits fraichement importés. La gamme étant assez vaste, je me suis polarisé sur une colonne dans le créneau très “disputé” des produits dont le tarif se situe aux alentours de 2500 €.
C’est la Concerta2 F36 qui a retenu en premier lieu mon attention et fait l’objet de ce banc d’essai.

L’enceinte F36 est une enceinte colonne de type 2 voies et demie “animée” par 4 haut-parleurs. La réponse en hautes fréquences est soutenue par un tweeter à dôme en aluminium de 25 millimètres dérivé de la gamme Performa3 qui se termine par un guide d’ondes sophistiqué.

La réponse en fréquences des basses et moyennes fréquences est soutenue par 3 haut-parleurs à cône en en composite micro-céramique (MCC) de 16,5 centimètres de diamètre dotés de structures de moteur à faible distorsion pour une plus grande clarté et précision avec une sensibilité et une capacité de sortie et une absence de résonances.

La charge bass-reflex s’appuie sur un évent placé au verso de l’ébénisterie. La conception brevetée du guide d’ondes améliore le mélange du tweeter et du woofer et améliore considérablement la réponse hors axe pour des performances constantes sur une large zone d’écoute.

Le verso comporte également deux borniers de qualité. La configuration du filtre n’autorise pas le bi-câblage ou la bi-amplification.

On remarquera la physionomie de l’ébénisterie qui adopte un format galbé destiné à minimiser les ondes stationnaires. Une mention spéciale pour la finition laquée piano, au choix, noire ou blanche qui donne fière allure à cette enceinte finalement assez volumineuse.

Ecoute et impressions  :

Les tests d’écoutes ont été effectués en auditorium avec le matériel suivant :

– Amplificateur MOON 250i ,
Lecteur CD intégré MOON 260 D,
– Câble de modulation asymétrique NORDOST Purple Flare,
– Câbles HP NORDOST Purple Flare.

Pour l’alimentation secteur : barrette NORDOST QB 8 Mk2, câbles secteur Lief Red Dawn de la même marque.

CD sélectionnés :  Naim ~ CD test Sampler N°6 – Quiet Night’s ~ Diana Krall – « Prodiges » par Camille Berthollet – Meedle ~ Pink Floyd – The Glory that was Gershwin ~ Frank Chacksfield – « Générations » ~ Tri Yann – The Voice of The Trumpet ~ Lucienne Renaudin Vary – Toccata & Fugue – Jean-Sébastien Bach ~ transcription et direction d’orchestre : Léopold Stokowski – Les géants du Jazz jouent Georges Brassens – La Folia ~ Grégorio Paniagua Collaboration par le Modern Jazz Quartet with Laurindo Elmeida – Classical Beatles ~ sélection Decca – Dance into Eternity par Omar Faruk Tekbilek, etc…

Découverte et impressions d’ensemble

Forte de sa sensibilité de 91 dB, on sent aisément que  la F36 est une enceinte facile à driver. Le constructeur recommande une puissance minimale de 30 watts, mais je pense que des amplificateurs à tubes à puissance plus modeste sauront largement s’exprimer avec ce modèle peu gourmand en ampères.
Sur le plan musical, je définirais la F36 comme une enceinte “charmeuse” – j’entends par là que dès les premières mesures musicales, elle ne laisse pas l’auditeur indifférent. La bonne nouvelle est que l’on vite envie d’en savoir davantage et d’écouter différents styles pour se faire une bonne opinion de son tempérament.
D’emblée, je dirais que cette enceinte acoustique délivre une musicalité plutôt chaleureuse avec une dose d’onctuosité générale lorsqu’elle est associée à un ensemble audio d’une bonne neutralité tel que l’amplificateur Moon 250i et le lecteur CD Moon 260D.

Couleurs tonales registre grave

A tout dire, la Concerta2 F36 se distingue par un registre grave qui descend objectivement bien bas. Les lignes de contrebasse et de guitare basse ne sont nullement affectées par une coupure qui limiterait leur expression. Descendre bas ne signifie pas que les basses sont en permanence omniprésentes. Non la F36 est plus subtile que cela, elle fait preuve de discernement et ne “gonfle” pas artificiellement le bas du spectre comme cela se voit assez souvent.
Non contente de tutoyer les fréquences basses sans restriction, cette enceinte les appréhende avec une bonne définition. Aussi, les notes de contrebasses ne sont jamais floues et chaque son est reproduit très proprement et distinctement.

Couleurs tonales registres aigu & médium

De nature douce, les fréquences aigus sont proposées avec une certaine méticulosité si je puis m’exprimer ainsi. Au premier abord, nous aurions parfois l’impression le message est limité dans le haut du spectre. Mais, une écoute plus attentive nous montre que le ou les violons “filent à la hauteur attendue”; sans excès toutefois. Une nouvelle écoute démontre finalement que c’est la F36 qui a raison de ne pas surligner artificiellement le haut médium aigu.

Les fréquences médium sont prises en charge avec circonspection, mais de manière cohérente avec les fréquences hautes. A titre personnel, j’aurais souhaité que cette enceinte aille un peu plus loin dans les détails en mettant davantage en lumière la sonorité d’un triangle, d’une discrète cymbale. Mais, ne nous emballons pas, la douceur générale ne masque pas du tout l’essentiel du message sonore. On appréciera volontiers le détourage des instruments et des voix. La F36 ne fait pas dans le superficiel, et la plupart des extraits musicaux classiques ou plus contemporains n’auront pas à souffrir de la bonne définition d’ensemble.

Moon 250i Moon 260D Revel F36 : un ensemble cohérent

Dynamique rapidité

Cette enceinte répond bien aux attaques de Meedle de Pink Floyd tout comme sur la puissance des chœurs et de l’Orchestre National des Pays de la Loire lorsque ceux-ci accompagnent le groupe Tri Yann sur les extraits les plus expressifs.
Peut-être le F36 n’est pas l’enceinte acoustique la plus rapide du moment, mais ses capacités à réagir vite ne sont nullement à prendre en défaut. Les montées en puissance s’effectuent promptement avec une docilité appréciable et surtout sans aucune compression.

Plus généralement, la F36 se montre globalement dynamique et les impacts d’une batterie se montrent nets, précis, sans bavures et sans traînage. Par ailleurs, la réponse sur les fréquences transitoires reflète l’agilité du jeu de vibraphone de Valéria interprété par le Modern Jazz Quartet et Laurindo Almeida.

Au fil des séquences d’écoutes, on sent bien que ce modèle REVEL travaille avec une rigueur qui ne laisse aucune place à l’approximation.

Scène & espace sonore

Avec l’équipement associé, je me suis aperçu que la F36 délivrait une musicalité panoramique dans le sens de la largeur et de la hauteur. Je ne parlerais pas de scène sonore en trois dimensions, mais les différents effets d’une bonne prise de son sont bien présents. La Toccata & Fugue de Jean-Sébastien Bach est restituée avec une ampleur et une présence appréciable dans la pièce d’écoute. La générosité et la spontanéité de cette enceinte acoustique permet de goûter pleinement à cette œuvre à volume modéré. On arrive assez bien à cerner les différents plans, groupes d’instruments au sein de l’espace sonore. La F36 brille notamment par la stabilité de l’image qu’elle reproduit.
La profondeur de scène sonore et les contrastes sont peut-être un peu moins marqués qu’avec d’autres enceintes de cette catégorie. Cependant, la F36 prend des points sur l’aération, aux antipodes d’une structure scénique confinée ou timide. La musique respire autant sur les petites formations que sur les orchestrations chargées. On pourra l’installer aussi facilement dans une pièce de moyenne à grande dimension pour bénéficier d’une musicalité, somme toute, conviviale.

Communication avec l’auditeur sens de l’expression

• Dance into Eternity ~ Omar Faruk Tekbilek

La REVEL Concerta2 F36 fait partie des enceintes qui vous font aimer la musique, qui l’accompagne en étant au plus proche de l’auditeur tant par la présence des instruments que pour leur texture naturelle.

C’est avec un immense bonheur que j’ai retrouvé ces saveurs orientales qui font la richesse de cet album Dance into Eterternity par Omar Faruk Tekbilek.
Cette enceinte s’y entend pour vous faire déguster un large éventail de sonorités notamment celle du oud et celui de la flûte baroque aux multiples teintes. Je retiens que l’écoute est toujours bien équilibrée, la définition est très correcte et dévoile un bon nombre de nuances. Aussi, cette enceinte constitue une bonne interface entre les interprètes et l’auditeur.

• Naim ~ CD test Sampler N°6

Le contenu de ce CD Naim sert de référence afin vérifier que les produits hi-fi n’oublient rien en chemin de l’immense contenu qu’offre chaque plage.

Je dois reconnaître que sur Tears of Joy d’Antonio Forcione, nous bénéficions d’un contenu riche en harmoniques. Les phrases musicales sont suffisamment “explicites” pour délivrer de l’émotion, même si je regrette un tout petit peu que cette enceinte n’aille pas à 100% au fond des choses. Un surcroît de clarté aurait été bienvenu pour analyse encore plus subtilement les arpèges de guitare ou les percussions. En revanche, Remember the River par Fred Simon révèle une musicalité somptueuse. La couleur du saxophone apparaît réaliste, cuivrée, “patinée” donnant beaucoup de crédit à la restitution. On peut saluer également le jeu de contrebasse précis, son absence de lourdeur, un suivi des notes et le délicat doigté qui met en valeur le contact avec chacune des cordes.

• Rammadou – Générations ~ Tri Yann

Je crois qu’avec cet album Générations de Tri Yann, tout y est ! Les vocaux et choeurs se montrent chaleureux, humains, “organiques” et naturels sur les  passages les plus expressifs.

Le message sonore fait preuve d’une bonne ouverture et d’un délié plutôt agréable qui accrédite la notion de fluidité. Les instruments traditionnels côtoient les instruments plus contemporains de manière harmonieuse formant ainsi un ensemble équilibré. On appréciera, entre autres, la rythmique soutenue, la magnifique ligne mélodique de la basse fretless, tout comme la virtuosité du violon ou tin whistle et, naturellement, cette sonorité si particulière de la cornemuse reproduite sans agressivité, qui fera frémir les amateurs du genre. La personnalité de cette enceinte induit une présence bien perceptible des musiciens dans la pièce d’écoute.

Conclusion :

REVEL revient sur le devant de la scène française avec une série d’enceintes acoustiques “intéressantes”. La Conceta2 F36 n’est peut-être pas la colonne la plus “pointue” musicalement dans cette gamme de prix. Cependant, il ne faut pas sous-estimer ses qualités. Sa sensibilité l’autorisera à accompagner un large panel d’amplificateurs, notamment de faible puissance. Son tempérament charmeur et chaleureux ira de paire avec des systèmes audio qui mettent l’accent sur le haut du spectre.
Avec un équipement et des câbles minutieusement choisis, la F36 est une enceinte acoustique “facile à vivre” et qui brille par sa neutralité.

 

 

Prix : 2400 € (07/2020)

Test d’écoute réalisé par
Lionel Schmitt