Mêmes composants électroniques, mêmes mécaniques : sonorité différente

L’édito de Lionel

 

Mêmes composants électroniques, mêmes mécaniques :
sonorité différente

Il y a un nombre incalculable de produits audio en circulation, et en regard de ce constat, il s’avère que le nombre de composants électroniques mis à la disposition des manufacturiers est finalement assez restreint. De façon légitime, on peut alors se demander quelles différences il peut y avoir entre des produits de début de gamme et des produits de haut de gamme, en ayant à l’esprit que les tarifs peuvent varier du simple à dix fois plus cher, et en sachant qu’ils utilisent des composants de la même origine. Si cette question est posée en premier lieu au niveau des convertisseurs numériques / analogiques, communément appelés Dac, elle se pose aussi pour les lecteurs CD, les amplificateurs, les enceintes acoustiques, et même les câbles.

S’agissant des convertisseurs et lecteurs CD, la plupart des marques utilisent pratiquement les mêmes composants, et il en est de même pour les lecteurs CD qui intègrent des mécanismes d’origines identiques, dont l’offre est à l’heure actuelle relativement restreinte. Et pourtant, il faut bien reconnaître que la sonorité ainsi que les performances générales ne sont pas du tout identiques. Au delà du savoir-faire, les marques spécialisées et réputées ” audiophiles ” se démarquent des références plus généralistes par une recherche qui porte sur bien d’autres paramètres.

En ce qui concerne les convertisseurs, les manufacturiers à vocation audiophiles élaborent des schémas mieux pensés, mieux réalisés, et ils mettent l’accent sur l’étage de sortie analogique, l’alimentation, les matériaux qui constituent le châssis et son découplage, qui ont une influence sur la qualité de restitution finale.

Pour les lecteurs CD, les mêmes manufacturiers mettent en œuvre des solutions très abouties en ce qui concerne l’optimisation et l’implantation de la mécanique, avec des modifications et un assemblage qui permettront d’avoir un ensemble mobile le plus inerte possible, qui visera à solliciter le moins possible les algorithmes de corrections. Les étages de conversion, l’horloge interne ou externe, ainsi que les étages de sortie analogiques, et l’alimentation subissent les même traitement que ceux dont bénéficient les convertisseurs.

En poussant l’étude encore plus loin, les électroniques d’amplification ou de préamplification sont logées à la même enseigne : un schéma simple, l’absence de composants passifs sur le trajet du signal, une configuration symétrique, voire double monophonique, un tri rigoureux des composants, permettent rapidement de faire la distinction entre un produit de début de gamme, et un produit de milieu et / ou de haut de gamme. Je n’évoque même pas les composants spécifiques conçus et réalisés sous cahier des charges pour tel ou tel manufacturier.

Enfin, sans m’étendre davantage sur les câbles (cela a déjà été évoqué par ailleurs), nous savons qu’il n’existe que quelques producteurs de cuivres dédiés, et pourtant chaque marque de câble utilise des recettes personnelles pour véhiculer au mieux les fragiles signaux électriques et relier les appareils sans dénaturer les timbres ou modifier tel ou tel paramètre musical, ou changer le philosophie musicale des produits à relier entre eux.

Les enceintes acoustiques n’échappent pas à la règle, et les spécialistes de la question travaillent sans relâche sur l’architecture du coffret, la gestion de la charge bass-reflex, les matériaux amortissants, la conception du filtre, le câblage interne, le découplage, pour favoriser l’expression musicale et la rendre la plus réaliste possible.

Fort de ces quelques réflexion, il est totalement illusoire de croire que des composants identiques implantés dans des produits de marques, d’origines, de gammes différentes produisent les mêmes effets musicaux. Aussi, j’invite les incrédules à faire ou à refaire des essais d’écoutes comparatifs dans des conditions dignes de ce nom afin d’appréhender de façon objective ces différences.