MELIN AUDIO AD 250

 

 

 

Très Ă©loignĂ©s du monde “tumultueux” de la haute fidĂ©litĂ©, et des mĂ©dias / supports spĂ©cialisĂ©s, il existe en France un certain nombre “d’artisans” qui conçoivent et rĂ©alisent “dans leur coin”, souvent sans faire de vagues, des produits audio qui mĂ©ritent d’ĂŞtre signalĂ©s, Ă©coutĂ©s, testĂ©s et naturellement conseillĂ©s. Parmi eux, on pourra compter sur la marque MELIN AUDIO.

Ce concepteur ne mĂ©nage pas ses efforts pour proposer des produits innovants et qui peuvent rivaliser avec la concurrence. Conçu et rĂ©alisĂ© Ă  la main par Bernard MELIN, l’AD 250 avait dĂ©jĂ  fait l’objet de deux prĂ©sentations sur ce site, mais il m’intĂ©ressait d’en savoir davantage sur la musicalitĂ© de ce modèle.

L’AD 250 se place au dessus de l’AD 100 qui avait fait l’objet d’un banc d’essai que vous pourrez retrouver ICI.

Fruit de plusieurs annĂ©es de mise au point, l’AD 250 dans son ultime version est un amplificateur très complet, mais les options seront Ă  choisir dès le dĂ©part. Aucune Ă©volution n’est prĂ©vue par la suite. En effet, sa version de base peut ĂŞtre complĂ©tĂ©e avec diffĂ©rentes options : carte phono, carte sortie casque, tĂ©lĂ©commande (boĂ®tier plastique ou bois). Mais, surtout l’AD 250 intègrera, Ă  la demande, une carte de conversion numĂ©rique, ce qui en fera un amplificateur / Dac.

Monsieur MELIN a retenu le format “boĂ®te Ă  chaussures” très britannique avec cependant une finition Ă  la française. La façade en aluminium brossĂ© de trois millimètres, agrĂ©mentĂ©e par un liserĂ© de bois, lui donne une “touche” originale, luxueuse mĂŞme, et rĂ©hausse la prĂ©sentation. Ce boĂ®tier ultra compact s’avère pour le moins très rigide. Il repose sur quatre pieds en caoutchouc arrondi qui suffisent Ă  son dĂ©couplage.

Cette façade comporte trois commandes rotatives : la première sert à sélectionner les sources et actionner la section de conversion N/A. La seconde est réservée au réglage du volume sonore. La troisième permet le choix des sources numériques : mode coaxiale, mode optique, mode USB. Une prise casque au format jack 6,35 complète cette face avant qui inspire le sérieux et la qualité de cette fabrication artisanale.

S’agissant de la section casque d’Ă©coute, le concepteur prĂ©cise que la carte est autonome et dĂ©livre une puissance de sortie de 400mw sur 32ohms et 100mw sur 300 / 600ohms. L’insertion de la fiche dans la prise met automatiquement hors service les enceintes acoustiques.

 

La face arrière rassemble toutes les possibilitĂ©s de connexions analogiques et numĂ©riques. C’est une constante chez MELIN AUDIO : mettre le “paquet” sur la qualitĂ© des connecteurs. Les fiches RCA dorĂ©es et isolĂ©es PTFE du châssis assureront une connexion efficace. Il en est de mĂŞme pour le simple bornier HP qui acceptent le fil nu de 6 millimètre de diamètre, les fourches, et fiches bananes.

Vous bĂ©nĂ©ficierez de six paires de fiches RCA dont une pour l’entrĂ©e phono optionnelle Ă  aimant mobile uniquement, et deux sorties analogiques : une fixe pour un Ă©ventuel enregistreur, et une variable pour un bloc de puissance complĂ©mentaire ou amplificateur pour casque autonome. Le cas Ă©chĂ©ant, MELIN AUDIO propose ces deux Ă©lectroniques sĂ©parĂ©es.

Enfin, une fiche secteur IEC complète le tableau arrière; ainsi le futur acquĂ©reur aura le choix de son cordon secteur. En tout Ă©tat de cause, il est recommandĂ© de veiller Ă  ce que la phase secteur soit “adaptĂ©e, l’AD 250 est y sensible.

Sur le plan technique, l’AD 250 intègre deux modules totalement sĂ©parĂ©s classe D de 400 watts / 4 ohms possĂ©dant chacun leur alimentation Ă  dĂ©coupage de type SMPS.  Cela permet une consommation faible (rendement dĂ©passant les 90%) et surtout une rĂ©gulation ultra rapide. Les +/- 60 volts qui alimentant les amplificateurs restent stables quelque soit la puissance demandĂ©e et la tension secteur dans la fourchette 210/245volts. Les condensateurs de filtrage de 4 x 1000MF sont beaucoup plus petits que sur une alimentation conventionnelle et pourtant plus performant en matière de stockage d’Ă©nergie.

Sur une alimentation secteur Ă  transformateur classique, ces condensateurs sont rechargĂ©s 100 fois par seconde (redressement secteur 50 Hz en double alternance). C’est pourquoi il sont imposants pour ne pas se vider avant chaque recharge sur une forte demande de courant.
Sur une SMPS, ils sont rechargĂ©s 100 000 fois par seconde ( pour une frĂ©quence de dĂ©coupage de 100 kHz) c’est pourquoi ils sont plus petits. Ce qui a aussi l’avantage de fournir l’Ă©nergie plus rapidement Ă  la charge.

La Classe D a Ă©tĂ© retenue par Monsieur MELIN pour des questions de consommation, d’encombrement, de poids. Ce qui lui permet d’intĂ©grer toutes les options dans un boitier compact. Et surtout, cette technique a atteint un niveau de maturitĂ© qui la place au niveau des autres en termes de rendu sonore. De par son impĂ©dance de sortie très faible, le principe de Classe D est Ă  mĂŞme de conduire des enceintes de nature très diffĂ©rentes. Le concepteur de prĂ©ciser que, contrairement Ă  ce que beaucoup croient, les premiers amplis classe D ne sont pas nouveaux, ils datent des annĂ©es…….. 50.  A l’Ă©poque ils ne devaient pas ĂŞtre très fameux. C’est l’Ă©volution de la technologie des composants qui a permis d’arriver au niveau de qualitĂ© actuel, grâce notamment aux transistors Mosfets bien adaptĂ©s Ă  cet usage, dĂ©veloppĂ©s pour ça d’ailleurs, ainsi qu’Ă  la commande moteurs dans l’industrie.

Entre les deux modules SMPS se trouve une petite carte qui rassemble les modules complĂ©mentaires. Le module phono ne fait pas appel Ă  des composants discrets, mais des circuits intĂ©grĂ©s Ă  faible bruit LM4562, utilisĂ©s Ă©galement sur la “carte” de sortie casque.

La carte de conversion numĂ©rique / analogique a fait l’objet d’une attention particulière et le concepteur ne s’est pas privĂ© d’y implanter une puce d’origine Sabre ES9018K2M. Par la suite, l’AD250 devrait bĂ©nĂ©ficier du modèle ES9038.

Enfin, l’heureux propriĂ©taire de cet amplificateur pourra piloter le volume sonore de son appareil Ă  l’aide d’une tĂ©lĂ©commande (en option) avec deux finitions dont une en bois et aluminium, compacte et pratique Ă  utiliser. Cette tĂ©lĂ©commande agit sur le potentiomètre Alps RK27112MC 10K. Les autres commandes (sĂ©lection des sources) ne sont accessibles que via les commandes rotatives en façade qui agissent sur des relais sous vide !

Vous le voyez, bien, tout artisanal qu’il soit, l’AD 250 n’a pas grand chose Ă  envier aux autres amplificateurs de cette catĂ©gorie et de ce prix, d’autant que la fabrication est soignĂ©e. Mais qu’en est-il de la musicalitĂ© ?
C’est ce que je vais m’empresser de vous dĂ©crire dans les lignes qui suivent.

Ecoute et impressions  :

Les tests d’écoutes ont été effectués à domicile avec le matériel suivant : lecteur CD YBA CD Classic Player 3, enceintes acoustiques PEL Kantor, câbles de modulation ESPRIT Beta, VAN DEN HUL The Orchid et HP ESPRIT  Aura. Câble numérique ESPRIT Eterna, casque Sennheiser HD 430.

Les essais vinyles ont Ă©tĂ© organisĂ©s selon deux “formules” :

• Connexion directe au module phono intégré : Platine DENON DP 30 L(S) & cellule REGA Elys 2,
• Préamplificateur phono MOON 310 LP, platine REGA RP8 & cellule MC REGA Ania.

Pour l’alimentation secteur : barrette FURUTECH F-TP 615, câble secteur G-314Ag-18E et prise murale FT-SWS-G de la même marque. Câbles secteur amplificateur : ESPRIT Alpha, Celesta, Eterna.

Je remercie le concepteur Bernard MELIN qui a bien voulu mettre Ă  ma disposition cet amplificateur  pour trois semaines afin de pouvoir vous faire vivre en direct mes impressions et rĂ©aliser ce banc d’essai.

CD sĂ©lectionnĂ©s : Symphonies N° 1 Ă  9 de Beethoven ~ Direction Rudof Kempe / rĂ©Ă©dition Esoteric – CD test Naim Sampler N°6 – StĂ©rĂ©o Concert SĂ©ries Decca Phase 4 – « Ainsi parlait Zarathoustra » de Richard Strauss ~ Direction Lorin Maazel – La Folie de Gregorio Paniagua – Les Indes Galantes de Jean-Philippe Rameau ~ Direction Philippe Herreweghe – Collaboration par le Modern Jazz Quartet with Laurindo Elmeida – Portrait  de Tri Yann – Jazz pĂĄ svenska par Jan Johansson – Sirba Orchestra – Meedle de Pink Floyd – « Prodiges » par Camille Berthollet – Toccata et Fugue de Jean-SĂ©bastien Bach dirigĂ© par LĂ©opold Stokowski – Epics : The History of World par l’Orchestre Philharmonique de Prague & ChĹ“urs – Two Pianos in Holliwood – Ronnie Aldrich with The London Festival Orchestra – Dance into Eternity par Omar Faruk Tekbilek – Marquises de Jacques Brel, etc…

Vinyles sĂ©lectionnĂ©s : Vaisseau de Pierre de Tri Yann – Concertos Brandebourgeois 1-2-3 de Jean-SĂ©bastien Bach ~ Direction – Marquises de Jacques Brel – Two Pianos in Holliwood par Ronnie Aldrich with The London Festival Orchestra – Barry Lindon : B.O. du film – Molière : B.O. du film – A MĂ©morial of Glenn Miller – Toccata et Fugue de Jean-SĂ©bastien Bach par Marie-Claire Alain aux grandes orgues – Crucifixus par Jean-Christian Michel – Fanfares Royales ~ Direction : Paul Kuentz All – Time Favorite Melodies of Japan – Quiet Nights par Diana Krall – « The Complete » par Mike Oldfield – « Jalousie » par Yehudi Menuhin et StĂ©phane Grappelli, etc…

Approche musicale et impressions d’ensemble

Je dois reconnaĂ®tre que, jusqu’ici, peu d’amplificateurs configurĂ©s en Classe D ont fait l’objet de tests dans ces colonnes. Je dois aussi avouer que les petits “trucs” venus de Chine et qui font office de gadgets dans le paysage audio actuel, produits Ă  quelques euros et commercialisĂ©s Ă  quelques centaines d’euros n’incitent pas rĂ©ellement Ă  s’intĂ©resser de près Ă  cette technologie. C’est sans doute un tort.

Monsieur MELIN a souhaitĂ© creuser la question en rĂ©alisant des Ă©lectroniques configurĂ©es comme telles car c’est ainsi qu’il a trouvĂ© la meilleure adĂ©quation “compaticitĂ©” / musicalitĂ©.

Sortie casque : cette carte n’a rien d’anecdotique et pourra ĂŞtre “exploitĂ©e” avec un casque de qualitĂ© “respectable”. L’Ă©coute est intime, confortable, et nous obtenons une belle perspective des voix et instruments de musique. La sĂ©paration des canaux ne fait nullement dĂ©faut, mais j’aurais souhaitĂ© une spatialisation un peu plus Ă©toffĂ©e. Quoiqu’il en soit, cette sortie casque permet de dĂ©guster tous les dĂ©tails “consignĂ©s” sur des enregistrements numĂ©riques et vinyles correctement rĂ©alisĂ©s. Le timbrage apparaĂ®t doux, la fluiditĂ© n’est pas Ă  remettre en question, et les micro informations et diverses nuances sont très bien mises en Ă©vidence. Les timbres sont sincèrement très beaux et la matière ne manque pas. En outre, j’ai apprĂ©ciĂ© les diffĂ©rents reliefs sur les 9 Symphonies de Beethoven rĂ©Ă©ditĂ©es sous le label Esoteric. Cette option casque peut ĂŞtre retenue et suggĂ©rĂ©e Ă  tous ceux qui recherchent de temps Ă  autre Ă  s’isoler afin de bĂ©nĂ©ficier d’un contact direct avec les artistes.

EntrĂ©e vinyle : le module vinyle Ă  aimant mobile se dĂ©fend honorablement et n’amène aucune mauvaise surprise. Cette section est largement Ă  la hauteur de la platine et de la cellule Ă  aimant mobile utilisĂ©es. Il y a une foule d’informations qui Ă©mane de cette sĂ©rie d’Ă©coutes vinyles sur cette entrĂ©e. Je ne cache pas que j’aurais souhaitĂ© une ampleur plus prononcĂ©e, mais la reproduction très spĂ©cifique du vinyle est au rendez-vous. J’ai apprĂ©ciĂ© le très beau grain qui Ă©mane des instruments acoustiques en gĂ©nĂ©ral, des violons et violoncelles en particulier, ainsi que les très beaux timbres d’un hautbois et d’une flĂ»te traversière. Sur cette entrĂ©e, avec une bonne cellule, vous pouvez vous attendre Ă  une reproduction aĂ©rĂ©e, claire, chaleureuse, et “conviviale”.

Section de conversion N/A : cette section remplit plutĂ´t bien sa fonction, Ă  mon sens. La puce Sabre est ici parfaitement Ă  sa place : elle est implantĂ©e sur un circuit qui assure une conversion numĂ©rique / analogique en garantissant une musicalitĂ© naturelle  grâce Ă  la gestion optimale des flux numĂ©riques. Je n’ai pas constatĂ© de diffĂ©rences audibles entre le lecteur CD intĂ©grĂ© et utilisĂ© en simple Drive directement connectĂ© Ă  l’entrĂ©e coaxiale. Ce “compartiment” intĂ©grĂ© Ă  l’AD250 joue très bien son rĂ´le : il permet d’exploiter les sources dĂ©matĂ©rialisĂ©es sans aucune arrière pensĂ©e. A l’Ă©vidence, un PC connectĂ© directement Ă  cet amplificateur vous fera bĂ©nĂ©ficier pleinement des musiques proposĂ©es en haute dĂ©finition dans les formats les plus rĂ©cents.

Couleur des timbres

• Les Géants du Jazz jouent Georges Brassens

Eblouissant !, c’est le premier terme qui me vient Ă  l’esprit lorsque j’ai mis en “ordre de marche” cet amplificateur. Les GĂ©ants du Jazz pourraient ĂŞtre fiers d’Ă©couter ces compositions signĂ©es Georges Brassens et traitĂ©es Ă  la façon jazz. D’un extrait Ă  l’autre, l’expression est vive, enjouĂ©e. Les cuivres ressortent Ă  merveille sans une once d’agressivitĂ© avec un ciselĂ© tout particulier. Chaque extrait est animĂ© par des couleurs vives, contrastĂ©es, variĂ©es. Le jeu de contrebasse est reproduit avec une rigueur, une lisibilitĂ© et une consistance d’un bien bel effet.
Les couleurs tonales sont dues aux facultĂ©s d’analyse qui singularisent cet amplificateur. Le registre aigu file très haut : il s’affiche en cohĂ©rence avec les frĂ©quences mĂ©diums, avec toutefois un aspect lĂ©gèrement montant qui apportera des informations supplĂ©mentaires comme nous le verrons plus loin. Cependant, sur toute la palette de frĂ©quences audibles, l’AD 250 montre une bonne homogĂ©nĂ©itĂ© d’ensemble et se montre globalement harmonieux.

• Collaboration par le Modern Jazz Quartet with Laurindo Elmeida

Au chapitre des difficultĂ©s, un petit passage par ce CD pour montrer que les timbres du vibraphone n’ont rien de ridicule : ils sont variĂ©s, nuancĂ©s, et offrent un “dĂ©gradĂ©” de teintes assez Ă©tendues. Les Ă©carts de tonalitĂ© sont restituĂ© intelligemment, sans “vriller” et sans laisser apparaĂ®tre de quelconques formes de distorsions qui nuiraient Ă  la beautĂ© de la reproduction.

Le registre grave mĂ©rite une mention : il descend bas sur le jeu de contrebasse;  celui-ci apparaĂ®t super contrĂ´lĂ©. J’ai Ă©tĂ© rĂ©ellement enchantĂ© par le suivi des notes, la façon dont l’interprète pince ses cordes, la façon aussi de plaquer les accord. On imagine sans difficultĂ©s les mains se “balader” sur le manche de l’instrument pour coller aux  notes qui correspondent Ă  la mĂ©lodie sans aucune dissonance.

Définition – transparence

• Two Pianos in Holliwood – Ronnie Aldrich with The London Festival Orchestra (CD & vinyle)

Issu du rĂ©pertoire de la sĂ©rie Decca Phase 4, j’ai choisi ce disque au double format (vinyle et CD) pour la qualitĂ© de sa prise de son et de son pressage. Par cette sĂ©rie de thèmes dĂ©diĂ©e Ă  l’âge d’or d’Holliwood, nous pourrons vite nous rendre compte la manière qu’a l’AD 250 rĂ©agir, notamment en matière de dĂ©finition. C’est vrai que cet amplificateur va assez loin dans ce domaine. Bien sĂ»r le “rĂ©pondant” des deux pianos en Ă©cho est immĂ©diatement identifiable. Cependant ceux-ci se dĂ©tachent harmonieusement de la masse substantielle du London Festival Orchestra avec un effet saisissant. De surcroĂ®t, une multitude de micro informations Ă©mergent de ce flot orchestral. Les interventions d’une harpe, celles d’un triangle, d’un carillon ou encore des coups de cymbales mettent l’accent sur la clartĂ© du message sonore, ainsi que sur le dĂ©tourage de l’ensemble des groupes d’instruments ou des instruments solistes. Ces facultĂ©s d’analyse rĂ©elles sont liĂ©es au silence de fonctionnement de l’appareil qui s’appuie sur une conception saine de son Ă©lectronique et des composants sĂ©lectionnĂ©s.

Fluidité – onctuosité

• Prodiges par Camille Berthollet

L’AD 250 est un amplificateur avec lequel il fait bon vivre dans la mesure oĂą quelque soit l’intensitĂ© du niveau d’Ă©coute, la musique s’Ă©coule avec une docilitĂ© remarquable. Pour s’en convaincre, il n’y a qu’Ă  se pencher sur le cas des Concertos pour deux violons de Jean-SĂ©bastien Bach ou encore Passacaraille de Johan Halvorsen repris par Camille Berthollet.
L’archet semble glisser sur les cordes de l’instrument trahissant “une mĂ©canique bien huilĂ©e” que l’on nommera dans notre jargon : la fluiditĂ©.

Les amateurs de belles sensations seront aussi sĂ©duits par le “fruitĂ©” qui Ă©mane de l’instrument et de l’orchestration en gĂ©nĂ©ral. Les attaques de l’archet sur les cordes de l’instrument s’effectuent avec formulation onctueuse bienvenue et apprĂ©ciable. Avec cet enregistrement, l’AD 250 nous rĂ©vèle une reproduction fort bien “documentĂ©e”, haute en couleurs, claire sans pour autant faire preuve d’agressivitĂ©. Le choix de la source et des câbles en gĂ©nĂ©ral assureront, le cas Ă©chĂ©ant, l’Ă©quilibre souhaitĂ©.

Dynamique – réactivité – rigueur

• Meddle par Pink Floyd

Il n’y a rien Ă  dire : l’AD 250 est un amplificateur qui est vif, rapide, rĂ©actif Ă  tous points de vues. Il “dĂ©marre” au quart de tour lorsque Pink Floyd met la gomme pour faire vrombir ses guitares Ă©lectriques, la basse, et naturellement la “fracassante” batterie qui impose un rythme infernal sur One of these Days extrait de l’album Meedle. Cet amplificateur “s’exĂ©cute” alors sans retenue : il le fait remarquablement bien, sans “gueuler” avec une maĂ®trise impeccable, lĂ  oĂą quelques concurrents “suffoquent” au moindre Ă©cart de dynamique.
L’AD 250 se montre ainsi “ponctuel” dans le cadencement de la rythmique montrant au mĂŞme titre sa rigueur imperturbable; un tour de force Ă  verser Ă  l’actif de cet appareil.

Scène sonore

• Toccata et Fugue de Jean-Sébastien Bach – Direction Léopold Stokowski (version Decca 1973)

Sur le chapitre de la scène sonore, notre protagoniste se montre assez gĂ©nĂ©reux. Il offre une scène sonore d’une ampleur plus que correcte. Loin d’ĂŞtre la plus Ă©tendue en largeur, la scène sonore se montre holographique. Dans son ensemble, la spatialisation affiche des perspectives qui collent bien avec cette Toccatta & Fugue de Jean-SĂ©bastien Bach revisitĂ©e par LĂ©opold Stokowski. Les diffĂ©rents pupitres sont bien ordonnĂ©s et l’on distingue aisĂ©ment les groupes d’instruments de premier plan de ceux de second ou troisième plan; il en est de mĂŞme pour ceux situĂ©s Ă  gauche, Ă  droite et au centre de la “configuration instrumentale”. L’esprit d’ouverture ne manque pas dans la mesure oĂą il “circule” beaucoup d’air entre les groupes d’instruments et ou les instruments isolĂ©s. Aussi, si vous souhaitez entendre beaucoup de nuances, vous serez comblĂ©s car rien n’est laissĂ© de cĂ´tĂ©, bien au contraire, par cet amplificateur. L’AD 250 a ce pouvoir de doser correctement chaque instrument ou groupe d’instruments en leur donnant toute leur importance – c’est important de le mentionner !

Pouvoir d’expression et communication avec l’auditeur

• Avé Maria de Schubert par le New Philharmonia Orchestra ~ Direction : Richard Bonynge ~ Soliste : Joan Sutherland

Une pure merveille de cette interprĂ©tation de l’AvĂ© Maria de Schubert sous la baguette de Richard Bonynge et interprĂ©tĂ© par Dame Joan Sutherland.
Quelle puretĂ© Ă©mane de cette “mise en scène” chantĂ©e par cette cantatrice Australienne. J’ai Ă©tĂ© littĂ©ralement “pris Ă  la gorge” lorsque les premières phrases me sont parvenues. On ressent fort bien le “degrĂ© d’investissement” de la cantatrice lors de la sĂ©ance d’enregistrement. C’est frais, spontanĂ©, naturel en tous points. L’orchestration est lĂ©gère, aĂ©rienne, pure; l’ensemble est “prenant” au point d’en oublier tout ce qui se passe autours de vous. Grâce Ă  cet amplificateur douĂ© par ses capacitĂ©s Ă©motionnelles, votre pièce d’Ă©coute s’emplit, s’imprègne immĂ©diatement de la musique de Schubert. La notion d’Ă©motion est portĂ©e Ă  son comble et vous fera, comme elle m’a fait, frĂ©mir de plaisir, au point d’Ă©couter en boucle ces suites de phrases musicales particulièrement savoureuses. Ce “chevalier servant” de la musique expressive soigne le message musical de manière irrĂ©prochable avec un tact  qui permet Ă  des oeuvres telles que celle-ci de respirer en mettant en valeur la prestation de l’artiste soliste ainsi que le travail artistique du compositeur. Que demander de plus, après tout ?

• “Marquises” de Jacques Brel (CD & vinyle)

La ville s’endormait….” nous chantait en son temps Jacques Brel. Visiblement, ça n’est pas du tout le cas de l’amplificateur MELIN AD250 qui reprend Ă  son compte toute l’attention que portait l’auteur / compositeur / interprète Ă  la rĂ©alisation de cet album mythique. L’amplificateur s’applique Ă  reproduire le plus fidèlement possible toute l’Ă©motion transmise par Jacques Brel Ă  travers ces textes, mais aussi au travers de l’accompagnement musical qui les illustre. La voix de Jacques Brel est bien articulĂ©e : nous pouvons distinguer le sens de chaque mot, de chaque syllabe par une diction bigrement expressive, bouleversante, voir troublante. Cet amplificateur a des facultĂ©s d’analyse poussĂ©es qui mettent très bien en valeur les caractĂ©ristiques poĂ©tiques de chaque thème. Nous retrouvons les mĂŞmes sensations Ă  travers les arrangements musicaux qui illustrent chacune des chansons. Nous sentons aisĂ©ment que chaque instrument a Ă©tĂ© mĂ©ticuleusement choisi et “consignĂ©” sur la partition à un endroit prĂ©cis pour marquer les temps forts de telle ou telle expression. Ainsi “l’ensemble” paroles et musique forment un ensemble harmonieux qui donne beaucoup de panache Ă  certains extraits, dont l’incontournable Marquises, qui “surfe” sur les vagues de quelques notes de harpe dĂ©licatement ciselĂ©es ou des nappes de violons. Si les harmoniques n’apparaissent pas comme les plus “pointues” par rapport Ă  d’autres amplificateurs, je n’ai pas perçu de “coupures” gĂŞnantes sur les fins de notes. Celles-ci s’Ă©teignent proprement dans le temps et l’espace sans altĂ©rations qui viendraient “entacher” la beautĂ© et la richesse musicale.

Conclusion :

Sous ses allures de rĂ©alisation totalement artisanale, se cache une Ă©lectronique diablement musicale. Cet amplificateur peut en remontrer Ă  des concurrents qui ont depuis de nombreuses annĂ©es pignon sur rue. On sent Ă  travers l’expression et le caractère de cet amplificateur, un crĂ©ateur investi par la passion de la belle restitution.
Depuis l’AD 100, le concept appliquĂ© Ă  l’AD 250 a mĂ»ri. Aussi, lorsque la musique est belle, il faut se donner les moyens de l’apprĂ©cier dans les meilleurs conditions – l’AD 250 vous y aidera !

 

 

Prix version de base : 1300 €  (09/2018)
Prix carte phono MM : 100 €
Prix module casque : 100 €
Prix carte N/A : 400 €
Option télécommande : 200 €
& 300 € (bois / alu)

 

Test d’écoute réalisé par
Lionel Schmitt