MARK LEVINSON N° 5805

Origine : Etats-Unis
Amplificateur intégré à transistors – Dac
Puissance : 2 x 125 watts / 8 ohms (20 Hz – 20 kHz)
Puissance : approximativement  2 x 250 watts / 4 ohms
Rapport signal-bruit ligne : 108 dB haut niveau
Distorsion harmonique totale : < 0,035% Ă  1 kHz Ă  125 Watts,
Rapport signal-bruit phono Ligne  : > 103dB,
Facteur d’amortissement : > 82 de 20 Hz Ă  10 kHz; > 72 Ă  20 kHz (8Ω)
Sensibilité de l’entrée MM : 2,5 mV/47 kohms
Sensibilité de l’entrée MC : 0,2 mV/100 ohms

2 entrées analogiques RCA
1 entrée analogique XLR
1 entrée phono MM
1 entrée phono MC
2 entrées numériques optiques Toslink
1 entrée numérique coaxiale S/PDIF

1 entrée numérique USB-B asynchrone (type B)
1 prise Ethernet
1 sortie analogique variable
1 sortie casque jack 6,35

 

L’amplificateur – Dac N°5805 de MARK LEVINSON fait partie des tous rĂ©cents produits conçus et rĂ©alisĂ©s par cette marque AmĂ©ricaine de lĂ©gende. Il s’agit d’un « gros »  amplificateur Ă  tous les niveaux, Ă  commencer par son poids : 33 kilogrammes. Ses dimensions sont tout aussi imposantes, tout comme sa puissance et son alimentation.

Toutefois MARK LEVINSON a soignĂ© le design, Ă  la fois sobre et Ă©lĂ©gant avec quelques touches de couleurs rouge / orange pour signaler les fonctions en cours via l’afficheur central en façade. Pour aller jusqu’au bout de sa dĂ©marche perfectionniste, l’afficheur s’Ă©teint au bout de quelques secondes.

De part et d’autre de cet afficheur, deux boutons rotatifs en aluminium massif se partagent les fonctions principales. Celui de gauche sĂ©lectionne les sources, celui de droite est un encodeur rotatif qui contrĂ´le le volume sonore, mais aussi le dĂ©filement dans les diffĂ©rents menus signalĂ©s par l’afficheur.

Une petite tĂ©lĂ©commande en mĂ©tal sera d’un prĂ©cieux secours pour piloter cet amplificateur depuis votre fauteuil d’Ă©coute. Parmi les possibilitĂ©s de rĂ©glages, il convient de saluer celui de la balance vraiment très utile pour des enregistrements dĂ©sĂ©quilibrĂ©s.

Le N° 5805 n’est pas qu’un amplificateur intĂ©grĂ©. Il adopte une section numĂ©rique / analogique qui ajoute une capacitĂ© audio numĂ©rique tout aussi exceptionnelle avec le DAC Mark Levinson Precision Link II. Le convertisseur N/A de 32 bits ESS Sabre de dernière gĂ©nĂ©ration avec circuit d’Ă©limination de jitter et un convertisseur courant-tension discret et entièrement Ă©quilibrĂ©. Quatre entrĂ©es audio numĂ©riques sont fournies : une coaxiale et deux optiques S/PDIF, et une USB asynchrone pour la lecture de fichiers PCM haute rĂ©solution (jusqu’Ă  32 bit/384kHz) et DSD (jusqu’Ă  11.2MHz). Le No 5805 intègre la technologie MQA (Master Quality Authenticated), qui permet la lecture des fichiers audio et des flux MQA. Un rĂ©cepteur Bluetooth d’aptX-HD permet une lecture Bluetooth de la plus haute qualitĂ© disponible.

La vue des entrailles du N°5805 dĂ©voile une architecture entièrement double mono et symĂ©trique. Chaque canal de l’amplificateur fonctionne en classe AB, Ă  l’aide de composants entièrement discrets et Ă  couplage direct.
Ils sont alimentĂ©s par une pièce maĂ®tresse : le transformateur toroĂŻdal surdimensionnĂ© d’une valeur de plus de 500 VA avec enroulements secondaires individuels pour les canaux gauche et droit. Inutile de dire que ce type d’alimentation tiendra en respect les enceintes acoustiques les plus « complexes » Ă  driver et que la puissance affichĂ©e n’a pas qu’une valeur symbolique.

L’Ă©tage de gain de tension utilise une topologie directement issue de l’amplificateur NÂş 534. Il est couplĂ© Ă  un Ă©tage de sortie composĂ© de deux transistors de commande Ă  grande vitesse fonctionnant en classe A et six transistors de sortie 260V, 15A. Deux dispositifs Thermal-Trak dans une configuration unique garantissent une polarisation de sortie stable quelle que soit la charge ou la tempĂ©rature. Quatre condensateurs de 10 000 microfarads par canal, situĂ©s directement sur la carte de circuit de l’Ă©tage de sortie, fournissent facilement assez de courant pour un courant conservateur de 125 Watts  par canal sous 8 Ohms, près de 250 Watts par canal sous 4 Ohms, et un fonctionnement stable Ă  2 Ohms.

L’Ă©tage d’entrĂ©e analogique a Ă©tĂ© dĂ©veloppĂ© Ă  partir d’un circuit de signal “PurePath” brevetĂ© – un circuit de prĂ©amplificateur de niveau ligne double-mono, Ă  couplage direct et entièrement discret, pour lequel l’Ă©quipe de conception Shelton a dĂ©posĂ© deux brevets. Un Ă©tage unique Ă  gain couplĂ© Ă  un rĂ©seau de rĂ©sistances Ă  commande numĂ©rique pour l’ajustement du volume maintient une intĂ©gritĂ© maximale du signal et une bande passante la plus large possible. Chacune de ses trois entrĂ©es stĂ©rĂ©o de niveau ligne – une XLR symĂ©trique et deux unipolaires, utilisent des connecteurs RCA Mark Levinson personnalisĂ©s – possède ses propres relais de commutation de signal Ă  haute fiabilitĂ©.

L’amplificateur N°5805 bĂ©nĂ©ficie d’un Ă©tage phono de conception nouvelle. Il est dotĂ© d’une topologie de gain hybride. Il associe les principaux composants discrets de l’Ă©tage Pure Phono de la sĂ©rie 500 avec des circuits intĂ©grĂ©s Ă  faible niveau de bruit pour des performances Ă©levĂ©es. Tout comme la sĂ©rie 500, un Ă©galiseur RIAA hybride actif / passif utilise des rĂ©sistances de prĂ©cision et des condensateurs en polypropylène pour une prĂ©cision et une clartĂ© sonore exceptionnelles. L’utilisateur peut sĂ©lectionner le gain MM/MC et le filtre infrasonore dans le menu de configuration, tandis que les rĂ©glages de charge capacitive et rĂ©sistive sont facilement accessibles depuis le panneau arrière.

L’ensemble de cette Ă©lectronique faite pour durer repose au sein d’un berceau entièrement en aluminium, totalement insensible aux vibrations.

La face arrière est complète en matière de connexion. Le concepteur a bien sĂ©parĂ© les sections numĂ©riques et analogiques. Pour ces dernières, on observe immĂ©diatement que le N° 5805 est configurĂ© en double mono de A jusque Z. Vous pourrez brancher trois sources haut niveau, dont une symĂ©trique via la fiche XLR. Une sortie variable, permettra le cas Ă©chĂ©ant, d’associer un bloc de puissance complĂ©mentaire ou un amplificateur pour casque s’il apparaissait que cette section prĂ©sente d’origine trouvait ses limites. A titre personnel, je regrette un peu l’absence d’une sortie fixe pour un enregistreur analogique.

MARK LEVINSON a Ă©galement pris soin de doubler l’entrĂ©e phono avec une paire de fiches RCA pour les cellules Ă  aimant mobile et une autre pour les cellules mobiles. Le futur possesseur de cet amplificateur pourra se rĂ©jouir de paramĂ©trer et d’ajuster la capacitĂ© de sa cellule Ă  aimant mobile : 20, 70, 120, 170 pF, ainsi que la rĂ©sistance pour sa cellule Ă  bobine mobile de 37 Ω Ă  1000 Ω.

CĂ´tĂ© section numĂ©rique, nous avons l’essentiel : deux entrĂ©es numĂ©riques optiques Toslink, une entrĂ©e numĂ©rique coaxiale S/PDIF, une entrĂ©e numĂ©rique USB-B asynchrone (type B), une prise Ethernet. La seconde prise USB sert uniquement pour les mises Ă  jour.

Ecoute et analyse  :

Les tests d’écoutes ont été effectués en deux séquences distinctes en auditorium avec le matériel suivant :

Système N° 1

– Dac – lecteur rĂ©seau dCS BartĂłk,
– Drive MOON 260 D,
– Enceintes acoustiques APERTURA Armonia Evolution,
– Câble numérique AUDIOQUEST AES/EBU, câbles de modulation symétriques NORDOST Red Dawn,
– Câbles HP AUDIENCE Ohno III et NORDOST Heimdall 2.

Système N° 2

– Dac – lecteur rĂ©seau MOON 280 D Mind,
– Drive MOON 260 D,
– Enceintes acoustiques REVEL Performa F228 BE,
– Câble numérique AUDIOQUEST AES/EBU, câbles de modulation symétriques NORDOST Red Dawn,
– Câbles HP AUDIENCE Ohno III et NORDOST Heimdall 2.

Pour l’alimentation secteur : barrette NORDOST QB 8 Mk2, câbles secteur Lief Red Dawn de la même marque.

• CD sélectionnés :  Naim ~ CD test Sampler N°6 – Quiet Night’s ~ Diana Krall – « Prodiges » ~ Camille Berthollet – Meedle ~ Pink Floyd – The Glory that was Gershwin ~ Frank Chacksfield – « La tradition symphonique » ~ Tri Yann & l’Orchestre National des Pays de Loire Volume 2 – The Voice of The Trumpet ~ Lucienne Renaudin Vary – Toccata & Fugue – Jean-Sébastien Bach ~ transcription et direction d’orchestre : Léopold Stokowski – Les géants du Jazz jouent Georges Brassens – La Folia de la Spagna ~ Grégorio Paniagua – Collaboration ~ Modern Jazz Quartet with Laurindo Elmeida – The Last of the Mohicans ~ bande originale du film – Jazz på svenska ~ Jan Johansson – Dance into Eternity par Omar Faruk Tekbilek – Meedle par Pink Floyd, etc…

• Extraits dĂ©matĂ©rialisĂ©s Qobuz & Tidal : Golden Brown ~ The Stranglers – Take Five ~ Dave Brubeck Quartet – Marquises ~ Jacques Brel – Dance into Eternity ~ Omar Faruk Tekbilek – Jazz pĂĄ svenska ~ Jan Johansson – The Last of the Mohicans ~ bande originale du film – La Folia de la Spagna ~ GrĂ©gorio Paniagua – « Prodiges » par Camille Berthollet – Meedle ~ Pink Floyd – « La tradition symphonique » ~ Tri Yann & l’Orchestre National des Pays de Loire Volume 2 – CafĂ© du bon coin ~ Tri Yann – Collaboration par le Modern Jazz Quartet with Laurindo Elmeida – The Voice of The Trumpet ~ Lucienne Renaudin Vary  –  Nameless ~ Dominique Fils-AimĂ© – A Swinging Safari ~ Bert Kaempfert – CĂ©cile ma fille ~ Claude Nougaro, etc…

Découverte et premières impressions

Pour les fins connaisseurs de MARK LEVINSON, le N°5805 ne sonne pas comme les amplificateurs d’antan. A cet effet, je trouve que cette nouvelle mouture apporte davantage de fraĂ®cheur sur le plan tonal, mais j’y reviendrais en dĂ©tail plus loin.
Par ailleurs, les deux « configurations » diffèrent sur le plan tonal. Cependant, quelques soient les sources, les enceintes acoustiques, les câbles HP retenus, nous arrivons à bien cibler le tempérament musical de cet amplificateur. Les autres paramètres sont plus facilement identifiables et permettent de tirer une bonne synthèse du comportement général.

Enfin, je prĂ©cise que le N°5805 a Ă©tĂ© testĂ© exclusivement en mode «  Ligne ». N’ont pas Ă©tĂ© mis en action la section de conversion numĂ©rique / analogique, la section phono, ni la sortie casque.

C’est sans rĂ©elle surprise que le N°5805 « s’impose » dans la pièce d’Ă©coute. Assez rapidement, on dĂ©cèle chez lui une force qui s’appuie sur une alimentation de grande capacitĂ© qui « prend sĂ©rieusement en main » les enceintes acoustiques associĂ©es. Pas forcĂ©ment hyper dĂ©monstratif en soi, je dirais que cet amplificateur a du caractère, de la prestance, et affiche une belle Ă©nergie. Au premier abord, on pourra redouter une reproduction « monolithique ». L’Ă©coute de diffĂ©rents extraits permet de lever en partie ce doute notamment sur les enregistrements bien rĂ©alisĂ©s.

Couleurs tonales

Registre aigu

• « Prodiges » ~ Camille Berthollet (extraits dématérialisés)

Ceux qui recherchent une musicalitĂ© ronde, chaleureuse, ne trouveront pas forcĂ©ment leur compte avec cet amplificateur. N’en dĂ©duisez pas non plus que le N°5805 propose une musicalitĂ© froide. Cependant, ceux qui recherchent d’infimes dĂ©tails, un rĂ©el dĂ©tourage des instruments et des voix seront absolument comblĂ©s car cette rĂ©fĂ©rence MARK LEVINSON met l’accent sur l’analyse dans sa globalitĂ©.

Quel immense plaisir de retrouver l’EtĂ© des Quatre Saisons de Vivaldi ou encore le Concerto pour deux Violons de Jean-SĂ©bastien Bach jouĂ©s par Camille Berthollet. J’ai bien senti que cet amplificateur filait haut donnant au filĂ© du violon un superbe panache, doublĂ© d’une prĂ©cision phĂ©nomĂ©nale. Le N°5805 ne fait abstraction d’aucune nuance : en outre, il  met les harmoniques au cĹ“ur d’une production musicale immaculĂ©e. Les notes Ă©voluent dans le temps et l’espace avec toute la magie que l’on peut attendre des extraits citĂ©es.

Registre médium – transparence

• Golden Brown ~ The Stranglers – Take Five ~ Dave Brubeck Quartet (extraits dématérialisés)

Quel plaisir de retrouver en format dĂ©matĂ©rialisĂ© ces deux titres qui servent bien souvent de rĂ©fĂ©rence pour cerner un certain nombre de paramètres ou Ă©lĂ©ments d’un système audio.

J’avoue que la prestation de Golden Brown par The Stranglers dans sa version originale de 1982 est absolument Ă©tonnante. L’amplificateur N°5805 effectue cette prouesse de mettre en valeur les frĂ©quences mĂ©diums. Je retiendrais de cet extrait le son du clavecin utilisĂ© artistiquement Ă  contre courant. Son grain est fin et relativement fidèle Ă  celui d’un instrument acoustique. D’autre part, le solo de guitare Ă©lectrique est aussi sensuel que la voix du chanteur soliste. Cela m’a convaincu que les frĂ©quences mĂ©diums sont reproduites la dĂ©licatesse l’aspect « fouillĂ© » qui me tient tant Ă  cĹ“ur.

Take Five par Dave Brubeck Quartet constitue Ă  son tour un extrait incontournable pour jauger du degrĂ© de transparence et de la couleur timbres. Ici, il n’est plus question d’Ă©voquer la frilositĂ©. On dĂ©passe le stade de la critique subjective pour dĂ©guster exclusivement le contenu musical. Autant dire que cet amplificateur ne « badine » pas avec le saxophone qui prend une couleur cuivrĂ©e d’une belle authenticitĂ©. Quelle prestance, quel sens du dĂ©tail s’Ă©chappent de ces deux systèmes audio. La musique est, quelque part, luisante, Ă©clatante, sans pour autant apparaĂ®tre caricaturale. Il ne fait pas l’ombre d’un doute que cet amplificateur se concentre sur la dĂ©finition. En outre, je lui reconnais cette facultĂ© de dĂ©tourer les instruments et les voix. Par ailleurs, le silence de fonctionnement ne filtre aucune nuance. Tous ces paramètres rĂ©unis nous amènent Ă  musicalitĂ© riche.

Registre grave

• Meedle ~ Pink Floyd (extraits dématérialisés)

Le moins que l’on puisse attendre d’un amplificateur de cette catĂ©gorie est qu’il donne au registre grave ses lettres de noblesse, sans toutefois donner dans des excès, comme on peut parfois le dĂ©plorer avec des amplificateurs un peu en manque sur ce registre.
Les concepteurs MARK LEVINSON ont sans aucun doute travaillé à fond ce sujet pour que cet amplificateur soignent tous les paramètres liés à la reproduction des fréquences les plus profondes.

C’est donc avec une joie non dissimulĂ©e que je retrouve la “double basse” qui fait la force de One of These Days de Meedle. Cette basse descend bas, conformĂ©ment Ă  ce que l’on peut en attendre. Sa lisibilitĂ© et le suivi des notes est impeccable. Pas de passe-droit, ni boursoufflures intempestives qui viendraient ajouter artificiellement des choses qui n’existent pas . La batterie, par les impacts de la grosse caisse affichent une excellente matière, une assise, un poids maĂ®trisĂ©s et des rĂ©sonances très particulières que l’on dĂ©cèle encore mieux en format dĂ©matĂ©rialisĂ© par rapport au CD ou au disque vinyle.
J’ai bien senti que cet amplificateurs avait de rĂ©elles facultĂ©s Ă  explorer facilement les soubassements, y compris sur d’autres extraits. De ce point vu, on peut donc faire confiance Ă  cet amplificateur sur ce registre pas toujours correctement pris en charge par d’autres amplificateurs.

Fluidité – grain des instruments

• La Folia ~ Grégorio Paniagua (extraits dématérialisés et CD)

Avec les enceintes APERTURA & REVEL, nous obtenons une musicalitĂ© fluide. Cela va bien dans le sens d’une Ă©coute « apaisĂ©e » qui sied Ă  merveille Ă  la Folia de la Spagnia ou les note s’enchaĂ®nent sans aucune contrainte.

Vous pourrez goĂ»ter en toute quiĂ©tude Ă  cette sĂ©rie de pièces baroques magistralement arrangĂ©es par Gregorio Paniagua. Le N°5805 est bien loin de restituer une sonoritĂ© simplifiĂ©e. Outre la transparence dĂ©jĂ  Ă©voquĂ©e ci-avant, cet amplificateur s’applique Ă  reproduire le grain des instruments avec une excellente minutie. La sonoritĂ© du clavecin prend des teintes tantĂ´t mates, tantĂ´t aigrelettes ou brillantes dĂ©montrant les facultĂ©s d’analyse poussĂ©es qu’est capable de diffuser l’amplificateur. Nous arrivons mĂŞme Ă  cerner les « attaques » du marteau sur les cordes de l’instrument. Mais, c’est davantage ce superbe grain qui attire l’attention. On le remarque sur une multitude de percussions, la viole, sur le cromorne, et la guitare classique. Et puis, il y a l’intervention de la cloche qui rĂ©sonne dans la pièce d’Ă©coute et qui vous dĂ©stabilisera par sa sonoritĂ©, son enveloppe et sa texture que les amplificateurs « bon marchĂ© » ne peuvent dĂ©cidĂ©ment pas reproduire.

Dynamique – réactivité – rigueur

• Collaboration par le Modern Jazz Quartet with Laurindo Elmeida (extraits dématérialisés et CD)

Il arrive parfois que les amplificateurs intĂ©grĂ©s appartenant Ă  cette catĂ©gorie d’appareils soufrent d’une certaine « mollesse subjective ». Je vous rassure, ça n’est pas le cas du N° 5805. Cet amplificateur rĂ©agit au quart de tour et n’accuse aucune faiblesse sur le transitoires, les grandes montĂ©es en puissance, ou les Ă©carts de dynamique. Je dirais que cet amplificateur est stoĂŻque en toutes circonstances.

Sur ValĂ©ria interprĂ©tĂ© par le Modern Jazz Quartet with Laurindo Almeida, j’ai Ă©tĂ© très attentif au comportement du jeu de vibraphone. La rapiditĂ© avec laquelle cet instrument change de ton est tout Ă  fait convaincante, irrĂ©prochable mĂŞme. Les changements de tonalitĂ©s sont pris en charge avec une rigueur et une agilitĂ© inattaquables.

Dans le mĂŞme esprit, j’ai pu me rĂ©jouir des jeux respectifs de piano et de contrebasse qui rĂ©vèlent que cet amplificateur en « a sous le pied » en matière de rapiditĂ© d’exĂ©cution. Sur cet extrait, on se surprend Ă  taper du pieds pour accompagner le rythme. Si la rapiditĂ© est un point fort, la dynamique et tout ce que cela implique aboutit Ă  un comportement très sain de l’Ă©tage de sortie et de l’alimentation. Le N°5805 saura rĂ©pondre Ă  toutes les sollicitations, Ă  tous les styles de musiques. Sur ce dernier point, on ne peut pas rĂ©ellement dire que cet amplificateur privilĂ©gie un style en particulier. Jazz, rock, musique classique ou lyrique, etc… cette mouture Mark Levinson travaille avec discernement. J’entends par lĂ , qu’il n’en fait pas trop, que l’hyper dĂ©monstratif n’est pas dans sa nature.

Scène & espace sonore

• The Last of the Mohicans ~ bande originale du film (extraits dématérialisés)

Le doute n’est ma foi pas permis : le N°5805 offre une scène sonore panoramique qui s’apprĂ©ciera dans une vaste pièce d’Ă©coute. Je l’ai autant apprĂ©ciĂ© avec les enceintes APERTURA Armonia Evolution qu’en compagnie des REVEL Performa F228 BE.
Avec la bande originale du film The Last of the Mohicans, j’ai assistĂ© Ă  une reproduction digne des grandes salles de cinĂ©ma. Le cĂ´tĂ© holographique dans les trois dimensions est impressionnant. Chaque pupitre, chaque instrument soliste, chaque percussion prennent naturellement leur place respective dans l’univers sonore. Pas d’effet de compression ou autre forme de limites, la musique s’Ă©panouit librement dans la salle d’Ă©coute. Elle emplit la pièce d’Ă©coute  avec une image panoramique, sans limites apparentes tout au moins.

• Toccata & Fugue – Jean-Sébastien Bach ~ transcription et direction d’orchestre : Léopold Stokowski (CD)

Une fresque ! je crois que le terme est bien choisi pour décrire le comportement de cette version de la Toccata & Fugue – Jean-Sébastien Bach ~ transcription et direction d’orchestre : Léopold Stokowski.

C’est dans le plus strict respect que cet amplificateur MARK LEVINSON donne Ă  la Toccata & Fugue une dimension holographique en conformitĂ© avec la transcription souhaitĂ©e par LĂ©opold Stokowski. On pourra se rĂ©jouir de bĂ©nĂ©ficier d’effets stĂ©rĂ©ophoniques stupĂ©fiant avec une sĂ©paration des canaux bien marquĂ©e. On dĂ©cèle Ă©galement un grand nombre d’informations au centre de la scène sonore, et surtout un positionnement des groupes d’instruments fort bien structurĂ© entre le centre et les extrĂ©mitĂ©s de cette scène sonore. Les groupes d’instruments « Ă©voluent » naturellement d’un canal Ă  gauche. L’Ă©tagement des plans est bien marquĂ©. Nous distinguons les instruments de premier plan de ceux de second et troisième plan. Les effets de profondeur de champ, ainsi que les contrastes sont aisĂ©ment identifiables ce qui accrĂ©dite davantage le rĂ©alisme de cette transcription.

SĂ©quence Ă©motion

• Jazz på svenska ~ Jan Johansson (extraits dématérialisés)

De part ses facultĂ©s Ă  « piloter » la musique d’une main de maĂ®tre, cet amplificateur s’inscrit comme un instrument capable de dĂ©livrer beaucoup d’Ă©motion. Evidemment, ses caractĂ©ristiques d’analyse poussĂ©es conduisent obligatoirement Ă  avoir recours Ă  des enregistrements bien rĂ©alisĂ©s.
En dĂ©pit d’une prise de son qui date de 1962, cet hommage Ă  la musique traditionnelle SuĂ©doise revisitĂ©e par Jan Johansson en « format » jazz apporte beaucoup de fraĂ®cheur et de dĂ©licatesse. Un grand nombre de passages sont bouleversants et le N°5805 s’y entend pour procurer de vĂ©ritables et belles sensations.

• Nameless ~ Dominique Fils-Aimé (extraits dématérialisés)

PlutĂ´t habituĂ© Ă  dĂ©guster Nameless dans sa version vinyle, je dois reconnaĂ®tre qu’en mode dĂ©matĂ©rialisĂ©, cet album n’a rien perdu de son originalitĂ©, dans tous les sens du terme.

L’amplificateur 5805 se montre respectueux de tout ce qui fait la richesse de l’interprĂ©tation. La prĂ©sence de Dominique Fils-AimĂ© se fait remarquablement sentir dans la pièce d’Ă©coute. Sa voix douce et chaleureuse est simplement rĂ©aliste. J’ai bien senti que l’artiste vivait sa musique avec passion, travaillant sa diction, ses respirations. Tout cela s’entend et peut ĂŞtre mĂŞme se voit.
On imagine sans peine Dominique Fils-AimĂ© et la petite formation orchestrale qui l’accompagne devant vous. La communication avec l’auditeur est totale. Les percussions virevoltent autours de vous et s’Ă©teignent avec harmonie dans le temps et l’espace.
La reproduction d’ensemble est très pure, cristalline mais sans excès. Le jeu de contrebasse se montre sous un jour plutĂ´t intĂ©ressant . Il ajoute une dose d’authenticitĂ© et de charme Ă  la prestation musicale d’ensemble. La prĂ©cision des notes est confondante, le suivi mĂ©lodique prĂ©cis, la rĂ©sonance des cordes sur la table d’harmonie est absolument prodigieux. Le pincement des cordes est nettement perceptible et confirme les facultĂ©s d’analyse poussĂ©es qu’est en capacitĂ© de fournir cet amplificateur.

• Marquises ~ Jacques Brel (extraits dématérialisés)

Dans le mĂŞme esprit que Nameless, sur Marquises de Jacques Brel, on voit bien que cet amplificateur sait parfaitement mettre l’accent sur les vocaux et produire d’intenses Ă©motions. L’orchestration un peu plus fournie qui accompagne la chanteur permet de percevoir les diffĂ©rents contrastes de la prise de son. L’orchestre en toile fond ne joue pas le rĂ´le de dĂ©cor, comme je l’ai souvent remarquĂ© avec d’autres amplificateurs.
Il prend une place importante dans l’harmonie gĂ©nĂ©rale et, le N°5805 contribue largement Ă  mettre en lumière la fine section de violons, tout comme les quelques notes de guitare qui s’enchevĂŞtrent avec les arpèges de harpes. Quelques notes de flĂ»te traversière donnent le sentiment d’une musicalitĂ© aĂ©rienne, lĂ©gère, et bien en phase avec la poĂ©sie de Marquises. 
Les vocaux semblent Ă  mon sens « sincères ». Ils n’ont peut-ĂŞtre pas la chaleur humaine que l’on peut percevoir avec d’autres Ă©lectroniques, telles que MOON par exemple. Cependant, on apprĂ©ciera la diction : chaque mot, chaque syllabe, et le phrasĂ© si caractĂ©ristique de l’interprète qu’on oubliera bien vite cette petite digression que certains puristes pourraient Ă©ventuellement prendre comme une critique subjective.

Conclusion :

Le N°5805 de MARK LEVINSON est, disons le, une ” grosse machine “. A cet effet, on pourra compter sur lui pour remplir votre pièce d’Ă©coute d’une musique riche en substances. Son alimentation surdimensionnĂ©e dĂ©livre le courant requis pour les enceintes les plus difficiles Ă  driver.
Bien secondĂ© par des enceintes acoustiques, une source, des câbles mĂ»rement sĂ©lectionnĂ©s, cet amplificateur vous fera dĂ©couvrir la musique grandeur nature. L’ampleur de la scène sonore est son principal atout. La stabilitĂ© et la rapiditĂ© sont des paramètres sans dĂ©fauts. Enfin, la dĂ©finition et la transparence sont sources de plaisir pour des Ă©coutes longue durĂ©e.

 

 

Prix : 8950 € (09/2020)

Test d’écoute réalisé par
Lionel Schmitt