MARK LEVINSON N° 5101

 

Origine : Etats-Unis
Lecteur CD / SACD – Dac – Lecteur Réseau
Réponse en fréquences : NS
Rapport signal / bruit sorties asymétriques : > 94 dB
Rapport signal / bruit sorties symétriques : > 106 dB
Taux de distorsion : < 0,002% de 20 Hz à 20 kHz – signal numérique 24 bits / 192 kHz

1 sortie analogique RCA
1 sortie analogique XLR

1 entrée numérique coaxiale RCA
1 entrée numérique optique
1 entrée USB-A
1 port Rj45 Ethernet
1 port pour antenne Wi-Fi

1 sortie numérique coaxiale RCA

 

Sous un châssis imposant, qui cependant reste attrayant dans sa présentation, le N° 5101 signé MARK LEVINSON est un lecteur numérique qui combine trois fonctionnalités : CD / SACD, Dac et lecteur de réseau. Il constitue une solution « flexible » pour exploiter tout type de supports numériques. Le constructeur n’hésite pas à mettre en avant que le N° 5101 hérite de décennies d’ingénierie audio associées avec les dernières avancées acoustiques et technologiques pour offrir des performances de très haut niveau et, selon lui, de valeur inégalée.

De fabrication sérieuse et ordonnée, ce lecteur numérique fait appel à des matériaux résistants, des finitions somptueuses et une géométrie audacieuse. Les panneaux frontaux 2,54 centimètres d’épaisseur en aluminium massif anodisé noir et sablé sont usinés et profilés pour s’intégrer parfaitement dans l’élégant écran en verre, qui est lui-même encastré dans une lunette en aluminium anodisé transparent et sablé par microbilles.

N° 5101 dispose d’une capacité audio numérique exceptionnelle avec le Dac Mark Levinson PrecisionLink II. Il est équipé d’un convertisseur N/A 32 bits ESS PRO Sabre de dernière génération avec circuit d’élimination jitter et d’un convertisseur courant-tension à composants discrets de configuration entièrement symétrique.

Le Nº 5101 est en outre pourvue d’un circuit « propriétaire » PurePath breveté – un circuit de sortie à niveau de ligne double mono, à couplage direct et entièrement discret, pour une reproduction optimale du signal analogique, qui est délivré aux sorties stéréo XLR symétriques ainsi qu’aux connecteurs RCA.

Le constructeur a également mis le paquet sur l’alimentation linéaire. Celle-ci s’appuie sur un transformateur toroïdal surdimensionné, garant de la plus grande largeur de bande passante et d’une plage dynamique  la plus étendue possible.

La face arrière dispose d’une connectique de haute facture. Les sorties analogiques sont au double standard XLR et RCA. Pour la section numérique, l’utilisateur au le choix entre 5 entrées numériques : 1 coaxiale RCA, 1 entrée optique, 1 USB-A, 1 port Rj45 Ethernet, 1 port pour antenne Wi-Fi. MARK LEVINSON n’a prévu qu’une seule sortie numérique coaxiale RCA.

A noter que l’entrée USB-A est prévue pour la lecture des formats de PCM haute résolution (jusqu’à 24 bits / 192 kHz).

En revanche, le constructeur ne donne aucune indication sur le type et la provenance du mécanisme Slot de lecture CD / SACD.L’ensemble des fonctionnalités obéit à une superbe télécommande usinée dans un lingot d’aluminium dont l’usage est plutôt agréable à l’image du produit lui-même conçu et assemblé avec précision aux États-Unis.

Ecoute et impressions :

Les tests d’écoutes ont été effectués en auditorium avec les éléments suivants :

Amplificateur intégré MOON 600i V2 (testé ICI)
Amplificateur intégré MARK LEVINSON N° 5808 (testé ICI)
Enceintes acoustiques APERTURA Armonia Evolution (testées ICI)
– Câbles de modulation symétriques NORDOST Red Dawn (testés ICI)
– Câbles HP NORDOST Leif Red Dawn.

Pour l’alimentation secteur : barrette NORDOST QB 8 Mk2, câbles secteur Lief Red Dawn de la même marque, également testés ICI.

CD sélectionnés :  Naim ~ CD test Sampler N°6 – Quiet Night’s ~ Diana Krall – Les Marquises ~ Jacques Brel ~ Rive Gauche / Swing Band meets Daniel Huck – Edition Passavant Music – Les Géants du Jazz jouent Georges Brassens – Silk Road Suite ~ Kitaro par London Symphony Orchestra ~ direction : Paul Buckmaster – If I Should Fall from Grace with God ~ The Pogues – Klezmer & Gypsy Music ~ Sirba Orchestra, etc…

SACD sélectionnés Notenbüchlein für Anna Magdalena Bach de Jean Sébastien Bach ~ Tragicomedia Directed by Stephen Stubbs (édition Esoteric) – Frederick Fennell conducts the music of Leroy Anderson (Edition Mercury Living Presence) – Celtic Spectacular ~ Erich Kunzel & Cincinnati Pops Orchestra – Les 9 Symphonies de Beethoven ~ Rudolf Kempe & Munich Philharmonic Orchestra (édition Esoteric) – Mozart : concertos pour piano ~ Sir Clifford Curzon & Benjamen Britten / Englih Chamber Orchestra (édition Esoteric).

Extraits dématérialisés Qobuz  : A Time for Us (Silence, on joue!) ~ Angèle Dubeau – We Get Requests ~ Oscar Peterson – Sonate Kk 87 ~  Domenico Scarlatti ~ clavecin : Trevor Pinnock – Balalaïkas Favorites ~ Osipov State Russian Folk Orchestra – Golden Brown ~ The Stranglers – Take Five ~ Dave Brubeck Quartet – Marquises ~ Jacques Brel – Dance into Eternity ~ Omar Faruk Tekbilek – Jazz på svenska ~ Jan Johansson – The Last of the Mohicans ~ bande originale du film – La Folia de la Spagna ~ Grégorio Paniagua – Amarcord ~ Nino Rota – Meedle ~ Pink Floyd – « La tradition symphonique » ~ Tri Yann & l’Orchestre National des Pays de Loire Volume 2 – Naim Sampler N°6 –  Meedle & the Wall ~ Pink Floyd – The Voice of The Trumpet ~ Lucienne Renaudin Vary  –  A Swinging Safari ~ Bert Kaempfert – If I Should Fall from Grace with God ~ The Pogues – Klezmer & Gypsy Music ~ Sirba Orchestra – Cécile ma fille ~ Claude Nougaro, etc…

Mark Levinson N° 5808 & N° 5101 – Apertura Armonia Evolution : un ensemble « repère » cohérent

 

Conditions du test

Ce lecteur numérique permet de lire tous les supports matérialisés et dématérialisés. Afin d’être le plus exhaustif possible, j’ai passé en revue chacun de ces supports afin d’avoir une vision d’ensemble sur le potentiel musical. Il est entendu, que j’ai passé davantage de temps sur la section lecteur réseau. Celle-ci est animée par une application propriétaire, qui, malheureusement, n’a pas l’ergonomie souhaitée. En effet, on perd beaucoup de temps à tâtonner pour trouver l’album, l’extrait ou les extraits « ciblés ». De ce point de vue, il n’est pas toujours aisé de sélectionner les extraits ou albums convoités.

Par ailleurs, et c’est un paradoxe, N° 5101 trouve davantage son équilibre avec l’amplificateur MARK LEVINSON N° 5808 qu’avec l’amplificateur MOON 600i V2. Comme quoi, il est bon de rappeler que toutes les associations sont loin d’être toujours optimales et qu’il n’y a pas de règles établies.

Support CD

Loin d’apparaître anecdotique, la section CD répond bien aux attentes d’un audiophile exigeant qui souhaite exploiter au mieux ses précieuses galettes irisées. Cependant, je pense tout de même qu’en sa qualité de lecteur CD, le N° 5101 soit le meilleur élément pour mettre en avant le contenu d’un bon Compact Disc. La concurrence encore spécialisée sur ce type de produits délivre une sonorité plus agréable. Sur ce point, je pense notamment au lecteur intégré MOON 260 D où aux incontournables lecteurs CD YBA d’hier et d’aujourd’hui.

Toutefois, malgré une reproduction que je trouve de prime abord légèrement « clinique », le spectacle musical se montre précis, clair, sans forme d’obscurantisme. Le degré d’ouverture n’est peut-être pas le plus « abouti ». Cependant, nous arrivons à obtenir une excellente résolution et des ambiances de studios montrant le soin apporté à une prise de son minutieusement réalisée. Ce que l’on peut retenir de cette première série d’écoutes CD : des instruments solistes et des pupitres bien positionnés, une spatialisation remarquable.

Les lignes mélodiques sont globalement bien dessinées. On décèle sans peine, un grand nombre d’informations et une texture sonore de bonne qualité. Il manque peu de chose au message pour enthousiasmer un auditeur en quête de belles et grandes sensations. Selon les CD, leur prise de sons et leur mixage respectifs, les vocaux ne semblent pas souffrir d’un manque de naturel.

Support SACD

Si la section CD fait honorablement le job, la section SACD permet de passer un cap significatif. A l’évidence, il y a un gap énorme entre la sonorité obtenue en CD et celle obtenue avec un SACD. Le gain porte essentiellement sur la douceur, la fluidité, le grain des instruments et l’aspect plus humain des vocaux.

Certes, la couche SACD est plus riche que la couche CD et, de surcroît, les albums utilisés n’ont pas été édités en double couche. Cela n’empêche nullement de porter un jugement sur la valeur ajoutée du SACD et celle du lecteur qui exploite de manière optimale ce support dont la rareté fait un peu défaut dans le paysage musical.

Dès les premières mesures de Notenbüchlein für Anna Magdalena Bach de Jean Sébastien Bach ~ Tragicomedia Directed by Stephen Stubbs (édition Esoteric) ou de Frederick Fennell conducts the music of Leroy Anderson (Edition Mercury Living Presence), la magie de la « grande musique » s’opère sans attendre.

La reproduction est naturelle, grandiose, sincère. La scène sonore prend une ampleur parfois étonnante. J’ai senti les instruments solistes ou groupe d’instruments mieux positionnés. La section SACD permet d’obtenir de plus amples nuances et un meilleur détourage des instruments et voix. La présence des interprètes et de leurs instruments respectifs est plus affirmée. La musique est aussi plus étoffée, rendant l’expression générale savoureuse et émotionnelle.

La reproduction des instruments de « second rang » se montre assurément plus « accessible » à l’auditeur, car mieux mise en valeur. Nous découvrons une série d’harmoniques renversants. Ceux-ci contribuent à donner un panache au message musical. La réponse en fréquence subjective étendue, notamment vers le haut du spectre est un attribut particulier qui concoure largement à asseoir cette faculté d’expression de haut niveau qu’est en capacité de délivrer cette source numérique. Le côté émotionnel bat son plein, surtout si l’on considère une similitude franche avec la sonorité d’un support physique qualitatif.

Support lecteur réseau – Dac

Sur un grand nombre de paramètres, le gain est plutôt significatif par rapport aux fonctions CD et SACD. Le paramètre qui a le plus retenu mon attention est celui de la spatialisation. La scène sonore est plus étendue, plus déliée, plus aérée. Par ailleurs, en lecture dématérialisée, nous obtenons une absence totale de phénomènes de dureté, notamment si l’on effectue in situ la comparaison avec un Compact Disc. D’une façon générale, tous supports confondus, il est important de relever qu’une des premières caractéristiques de cette source numérique porte sur sa neutralité. Pas de traces de caricatures, de surlignage ou même de flatterie sur tel ou tel registre. Ce produit a un comportement général linéaire et homogène. Entrons plus précisément dans le vif du sujet

Registres aigu & médium transparence

• Dance into Eternity ~ Omar Faruk Tekbilek

Si l’écoute de Dance into Eternity m’avait déjà comblée en mode CD, la version dématérialisée se montre plus authentique, plus ouverte, plus pittoresque : elle offre une amplitude de couleurs plus étendue notamment sur le haut et le milieu du spectre audible.

En compagnie de ce lecteur réseau, nous obtenons une luminosité sur les instruments qui « font » la richesse de tous les extraits consignés sur cet album. J’ajoute, et c’est loin d’être la règle, la version dématérialisée Qobuz est d’une qualité remarquable. Cela permet de goûter pleinement au charme du jeu de oud, à la magie de la flûte baroque et au fruité des nombreuses percussions qui apportent leur lot de fantaisie à ce style de musique orientale qui ne manque pas de piment.

La propension à monter haut dans les fréquences va de pair avec un grain particulier et une transparence tout à fait convaincante. On appréciera la clarté du message sonore, la finesse de tous les instruments. On y entend un éventail de variations et des couleurs tonales étendues, pas toujours perceptibles avec la version CD qui deviennent alors évidentes dans cette « configuration ». Chaque instrument est « examiné » dans ses moindres détails avec pour résultat un détourage respectif absolument parfait.

Avec le N° 5101, le message musical n’est jamais aseptisé ou décharné. Il prend des teintes variées et qui évoluent dans le temps et l’espace avec une souplesse et une spontanéité qui rendent l’écoute bigrement palpitante.

Le silence de fonctionnement de l’appareil joue aussi un rôle important sur l’extinction progressive des notes. Chaque fin de note se prolonge dans le temps et l’espace sans coupure. Cela donne davantage de crédit à la pureté, à la fidélité et la beauté des timbres.

Registre grave

• Meedle ~ Pink Floyd

La réponse en fréquence est particulièrement étendue aux deux extrémités. Cela induit des fréquences graves qui descendent profondément sans altération.

Un petit coup d’œil sur les premières et dernières mesures de l’Ouverture de Ainsi parla Zarathoustra de Richard Strauss pour se rassurer et surtout vérifier ne N° 5101 tient ses promesses, et pas que sur le papier, où, d’ailleurs elles ne figurent pas !

En tout cas, cette épreuve à faire trembler les murs et le plafond démontre que ce lecteur numérique va explorer spontanément les fréquences les plus profondes de l’orgue.

Quant aux prestations de Pink Floyd, les amateurs du genre n’auront pas à se plaindre de la verve de la guitare basse de Roger Waters sur One of These Days – extrait le plus fulgurant de l’album Meedle. Non content d’explorer les soubassements avec facilité, ce lecteur numérique les exprime avec une fougue vertigineuse, tout en respectant scrupuleusement le suivi mélodique et la tonalité de chaque accord.

Le grave se veut également consistant. J’ai parfois pu observer qu’un nombre de lecteurs réseau – dac avaient parfois une fâcheuse tendance à minimiser le poids des impacts du marteau qui viennent percuter la peau de la grosse caisse de la batterie. Ici, ça n’est pas le cas : l’ampleur et la notion de corps sont bel et bien au rendez-vous.

Capacités de réaction dynamique rigueur

If I Should Fall from Grace with God ~ The Pogues

Un appareil de cette gamme se devait d’être irréprochable sur le plan comportemental. Assurément, il l’est !

Parmi, les extraits les plus fougueux, on pourra lui faire confiance en écoutant certains passages plutôt vifs et entrainants à consonance rock’n roll de l’album If I Should Fall from Grace with God ~ The Pogues. Le punch ne manque pas et le N° 5101 s’y entend pour rendre l’écoute vivante. Ce lecteur réseau se montre très dynamique. Ses capacités de réactions sont instantanées. Cela aboutit à une écoute enjouée et pleine de vie. Le suivi rythmique est impeccable. Dès lors, il n’est pas surprenant que cet appareil nous incite à taper du pieds pour accompagner le battement des différents « points » rythmiques. Toujours disponible, vivace, ce lecteur brille par son comportement pétillant qui incite à prolonger les séances d’écoutes.

Loin d’être projetée en avant et d’en mettre plein la vue à son auditoire, la musique évolue dans votre environnement d’écoute avec circonspection et dans le strict respect de la philosophie musicale souhaitée par les artistes. Les accélérations, les montées en puissance affichent une vigueur sans concession. Pour en bénéficier, il ne sera pas nécessaire de pousser le volume sonore très haut. Chez MARK LEVINSON, seule la rigueur prime.

Espace et scène sonores

• Epics : The History of World par l’Orchestre Philharmonique de Prague & Chœurs

Il est heureux de constater que le N° 5101 tient absolument toutes ses promesses en matière de spatialisation et d’ampleur de la scène sonore.

Sur des orchestrations étoffées, cette source numérique se plait à nous offrir une reproduction particulièrement holographique où chaque groupe d’instruments prend sa place avec la logique des contraintes imposées par la prise de son. Il en résulte un étagement des plans méthodiquement organisé permettant de pointer tel ou tel pupitre et également le positionnement de chaque instrument soliste.

A tout dire, nous assistons à un surcroît « d’intensité » qui accentue davantage l’immersion de l’auditeur au cœur de l’action musicale. Cette générosité ne s’apparente pas à la notion d’envahissement. Au contraire, elle va dans le sens d’une reproduction terriblement aérée ; une musicalité qui respire. Lorsque la musique s’émancipe, il s’en s’échappe des sonorités toutes plus mélodieuses les unes que les autres. Grâce au comportement panoramique, les effets stéréo sont bien ordonnés. Nous remarquons aussi des reliefs et contrastes permettant de goûter pleinement à toute la substance contenue sur cet album.

Séquence émotion sens de l’expression

Balalaïkas Favorites ~ Osipov State Russian Folk Orchestra

Dans sa version dématérialisée, Balalaïkas Favorites ~ Osipov State Russian Folk Orchestra est un véritable « monument » en soi. Ce répertoire, riche sur le plan artistique, issu du catalogue Mercury Linving Présence possède tous les atouts pour faire vibrer tout audiophile et mélomane un tant soi peu réceptif. Encore faut-il que la source possède tous les ingrédients pour procurer les effets attendus.

Cette mouture MARK LEVINSON n’a pas son pareil pour toucher l’auditeur et lui donner le frisson ultime lorsqu’il écoute cet album. Eh bien, c’est exactement ce que j’ai ressenti lorsque les balalaïkas se sont mises à jouer de concert avec la somptueuse orchestration qui les accompagne. J’ai été sensible à la technicité des musiciens qui s’en donnent à cœur joie pour faire tinter leurs instruments avec une ferveur que l’on remarque immédiatement. L’ensemble s’exprime avec un brio et une spontanéité incomparable.

L’image est d’une excellente stabilité. Doué pour son sens de l’analyse, le N° 5101 restitue un message toujours bien documenté. Il foisonne de nuances et brille par d’infimes détails qui rendent l’écoute toujours plus exaltante.

• We Get Requests ~ Oscar Peterson Trio

Ce lecteur réseau a un sens inné en matière d’expression. En premier lieu, sur cet album, je lui ai trouvé une emprunte musicale plutôt proche de la sonorité d’un album vinyle. Le lien de parenté avec ce support ancestral porte sur l’étendue de la scène sonore, déjà évoquée ci-avant. La douceur, la fluidité sont traitées avec le même égard doublé d’un supplément d’informations de toutes natures.

Le N° 5101 analyse le contenu de l’enregistrement avec ce souci du réalisme qui permet à chaque instrument qui compose le Trio d’Oscar Peterson d’être mis à la lumière du jour. Les audiophiles les plus exigeants se délecteront probablement du jeu de la contrebasse et du suivi de chacune de ses notes. Nous reconnaissons instantanément l’aspect charpenté de l’instrument. La technicité du contrebassiste ne passe pas inaperçue : l’habilité avec laquelle il exerce son art s’entend par sa manière de pincer chaque corde et de plaquer les accords sur le manche de l’instrument.

La sonorité du piano se montre tout aussi éloquente. Le poids des notes reflète la manière dont le pianiste exerce son art sur les touches de l’instrument en fonction de ses aspirations. La reproduction de la batterie démontre avec quelle méticulosité l’appareil traite les signaux et les restituent le plus naturellement possible. Cymbales et carillon sont certes étincelants, mais c’est la finesse et les fins de phrases qui trahissent cette opulence d’informations. Et puis, le contact du balai sur la caisse claire renforce ce sentiment de « présence » absolument irrésistible.

• Les Marquises de Jacques Brel

Pas de chaleur excessive, mais une reproduction charnelle pour Marquises de Jacques Brel. C’est donc avec un bonheur non dissimulé que j’ai retrouvé la prestation communicative du chanteur. Sa présence dans la pièce d’écoute établit immédiatement un lien entre l’auditeur et l’interprète. Le phrasé si particulier de l’auteur, compositeur, interprète est facilement identifiable, car parfaitement retranscrit avec toute l’émotion qui s’y attache.

L’enregistrement n’a pas subi l’outrage du temps ; c’est même le contraire qui se produit avec le N° 5101. La reproduction semble avoir été débarrassée de toute forme d’imperfection ; une sorte de seconde jeunesse qui nous associe davantage à l’univers poétique de Jacques Brel. Derrière l’expression vocale, la douceur de l’accompagnement orchestral contribue à rendre l’écoute encore plus captivante. Ce lecteur numérique met l’accent sur une approche réellement puriste de la reproduction, ce qui n’est pas une de ses moindres qualités.

Conclusion :

Beaucoup pensent que MARK LEVISON n’a plus la réputation de haute qualité musicale initiée il y a un demi-siècle par son concepteur d’origine. Ceux-là se trompent. Le lecteur CD / SACD – Dac – Réseau N° 5101 est là pour prouver le contraire. Complet, flexible ce lecteur numérique prouve que les équipes de conception n’ont laissé aucune place à l’approximation en matière de conception et surtout sur le plan musical. Si la section CD se limite à des performances honorables, la section SACD et surtout la section lecteur réseau – Dac révèlent que ce lecteur a tous les atouts pour rejoindre un équipement audio de haut de gamme.

Au-delà des grandes sensations émotionnelles, il émane de la reproduction des arômes qui s’ouvrent sur une note finale vive et fraîche.

 

 

Prix : 6700 € (06/2022)

Banc d’essai réalisé par
Lionel Schmitt