Je rĂ©pare ou je change d’appareil (s) ?

L’édito de Lionel

RĂ©paration ou changement d’appareil (s) ?

 

Un de mes éléments audio est en panne. La première question qui me vient à l’esprit est la suivante : je le mets en réparation ou je le change ?

Cette interrogation prend tout son sens à l’heure où l’on nous incite de plus en plus à penser « écologie », développement durable et préserver les ressources de la planète.

Si la HI-FI n’est pas l’exception qui confirme la règle, il y a lieu de pousser un peu plus loin la rĂ©flexion. S’il n’est pas dans vos intentions de changer d’appareil et que vous ĂŞtes satisfaits de ceux que vous possĂ©dez, alors il est inutile de se casser la tĂŞte après tout. La rĂ©paration assortie d’un upgrade Ă©ventuel avec des composants rĂ©cents est une issue Ă©conomiquement recommandable.

Par ailleurs, sans revenir sur la valeur affective des appareils, l’aspect vintage, on peut tirer de bonnes, voir mĂŞme d’excellentes substances d’élĂ©ments anciens. Je pense particulièrement Ă  certaines platines vinyles  de renom, qui une fois remise en forme, assorties d’un bras de qualitĂ© et d’un câblage digne de ce nom, offrirons des prestations musicales bien supĂ©rieures Ă  certaines platines actuelles de dĂ©but ou de milieu de gamme.

Il y a le cas des enregistreurs analogiques. Là, le problème est vite résolu. Plus aucune marque ne commercialise des « machines de course » à cassettes dont la qualité musicale était et se trouve encore reconnue. Sous réserve de retrouver des pièces mécaniques, il ne fait pas de doutes qu’une réparation est incontournable si vous tenez particulièrement à « cultiver » ce support, pas si désuet qu’il n’y paraît.

Pour les magnétophones à bobines libres dont la production est confidentielle et se limite à trois marques dont une française qui vient de voir le jour, la réparation est un passage obligé. Le coût assorti est largement rentable en regard des prix pratiqués sur les rares machines neuves. De plus, vous bénéficierez toujours d’une musicalité de grande classe avec des enregistrements réalisés par vos soins et surtout les bandes master qui font le retour.

Pour les sources numériques, c’est un peu plus délicat. Honnêtement les lecteurs de CD de première et de seconde génération n’ont pas d’âme à sauver. Mis à part quelques références qui, en leur temps étaient très en avance, il est sincèrement recommandé de passer à autre chose. Les circuits, les dacs, les alimentations, les étages de sorties ont considérablement évolué en 30 ans, faisant de ces lecteurs des éléments perfectibles sur le plan de l’expression et de l’émotion.

Les convertisseurs N/A et lecteurs réseau ont pour leur part, peu de chance de tomber en panne. Cependant, leur maintenance peut largement être envisagée pour un coût relativement modeste.

Quoique l’on en pense, les amplificateurs subissent l’outrage du temps. Les plus anciens, que l’on n’hésitera pas à qualifier de produits vintage, nécessitent un recapage quasiment intégral, complété d’un nettoyage ou changement de potentiomètre et autres sélecteur de sources. En général, la réparation est relativement contenue, toutes proportions gardées.
Bien entendu, l’option d’une remise en forme dépend de la classe, de la gamme et de la musicalité originale de l’amplificateur. A titre d’exemple, on hésitera à remettre en état un amplificateur de haut de gamme des années 60 / 70, voir antérieur. Mais, il ne me semble pas opportun de remettre en état un amplificateur de début de gamme de ces mêmes années en regard des prestations musicales offertes par le successeur contemporain dont le prix de vente est accessible.
Pour ma part, je considère qu’une panne nĂ©cessitant une rĂ©paration substantielle est aussi l’occasion de changer de gamme et de passer Ă  autre chose. En effet, la plupart des amplificateurs de dĂ©but de gamme de la gĂ©nĂ©ration des annĂ©es 60/70/80 ont, pour beaucoup, la particularitĂ© d’avoir une sonoritĂ© souvent bouchĂ©e, caricaturale, et finalement sans grand intĂ©rĂŞt.

Pour les enceintes acoustiques, nous sommes un peu sur le même registre que pour les amplificateurs. Les enceintes acoustiques ont beaucoup évolué au cours des 30 dernières années. Les manufacturiers de renom n’ont cessé d’innover en matière d’architecture interne et externe. Les haut-parleurs et autres composants du filtre, leur mise en œuvre, permettent une approche musicale plus fine, plus aboutie, toujours plus réaliste.
Au fil du temps, certains éléments dont les haut-parleurs et leur suspension se voient fatigués par les mouvements et détériorés par le temps, les contraintes mécaniques, etc… Un changement de haut-parleur, ou un remembranage par exemple, ne rendront pas toujours une seconde jeunesse à une enceinte acoustique, surtout si celle-ci n’était pas totalement pourvue des qualités nécessaires à une écoute haute résolution.

A l’heure de la prise de position, il convient de bien peser le pour et le contre. Il est vrai que la donnée écologique / environnementale nous amène à creuser la question du devenir des appareils en fin de vie ou abîmés. Plus généralement, elle doit nous conduire à cerner la question du changement ou de la réparation autrement. Ne perdons pas de vue non plus que la réparation a un coût dont le montant peut avoisiner, voir dépasser celui d’un appareil neuf.

Le sujet est considĂ©rer au cas par cas. Il appartient Ă  chacun de trouver la solution qu’il lui semble la plus adaptĂ©e, sans jamais perdre de vue que les appareils audio Ă©voluent sans cesse et qu’une rĂ©fĂ©rence rĂ©cente ne peut qu’apporter un plus musical.