Haute fidélité et . . . réalités économiques.

L’édito de Lionel SCHMITT

HAUTE FIDÉLITÉ et . . .
RÉALITÉS ÉCONOMIQUES

Fin septembre 2006, la nouvelle tombe : CANON Europe rachète la société CABASSE.
Si la presse spécialisée a à peine évoqué la cession de cette activité ancestrale qui appartient au monde de la Haute Fidélité Française à un géant Japonais du monde de l’imagerie, quelques rares articles donnent pourtant des précisions sur ce sujet. Pour les puristes de la haute fidélité et les fans de la marque, cette nouvelle peut paraître surprenante et peut appeler ainsi à quelques interrogations, voire quelques craintes.

Rien n’indique les motivations qui ont conduit au ” rapprochement ” de ces activités. Mais faut il y voir forcément la fin d’une époque, ou au contraire un redéploiement d’une activité à travers une diversification. Il était déjà connu que depuis quelques années CABASSE fournissait en haut parleur haut de gamme destiné à équiper les autoradios du constructeur automobile RENAULT ; parallèlement CABASSE avait réussi à concentrer ses efforts en proposant de nouvelles gammes d’enceintes acoustiques dotées d’améliorations significatives.

Mais il faut être lucide, le monde économique international dans lequel nous vivons nécessite sans doute des ” rapprochements ” et fusions afin de faire face à une concurrence internationale de plus en plus pesante, et il apparaîtrait surprenant que le marché de la haute fidélité n’échappe à cette loi de marché ou à cette réalité économique.
Par ailleurs, il serait tout de même regrettable de voir toutes les références, qui font la joie des audiophiles, perdre leur identité en se confondant au sein de groupes internationaux et autres investisseurs aux seules fins d’accroître leur rentabilité et exploiter un nom ou une image de marque. Il apparaît aussi que certains grands noms de la haute fidélité ont su tirer habillement et qualitativement leur épingle du jeu, comme l’a fait B&W en rachetant plusieurs marques dont CLASSE AUDIO, tout en leur laissant une grande indépendance en matière de créativité.

Que faut il penser de tout ceci ? – restons positifs – tout d’abord, toutes les marques ne sont et ne seront pas concernées par une absorption ou une cession de leur activité et ceci en raison de leur taille, de leur chiffre d’affaires, ou de leur production marginale.
Pour les marques qui, par obligation ou par raison, tomberaient dans le giron d’un investisseur ” étranger “, il faut garder à l’esprit qu’il peut s’agir d’une véritable opportunité de développement visant à améliorer la ou les gammes existantes, ainsi que la qualité de des produits et services.
Néanmoins, et dans cette perspective, les professionnels du son – voire de l’image – ne devront jamais perdre de vue que, seuls les critères musicaux et qualitatifs comptent.

Affaires à suivre …