Coloration, caricature et Haute Fidélité

L’édito de Lionel

 

Coloration, caricature et Haute Fidélité

Il est fréquent que lorsqu’un produit ou un ensemble audio est analysé, le scripteur se risque à utiliser les termes de coloration ou de caricature du message musical.
Avec l’habitude, les chroniqueurs ne donnent pas toujours une définition très claire du sujet. Il est pourtant admis que tous les produits ne sonnent pas de la même manière et ne peuvent donc pas forcément s’insérer de manière heureuse et harmonieuse au sein d’un système, aussi facilement qu’il n’y paraît. Fort de ce constat, les traces de colorations plus ou moins prononcées, et donnant une image caricaturale de la musique, peuvent être facilement repérées au moment des écoutes.

Ainsi, il ne fait pas l’ombre d’un doute que des colorations un peu trop prononcées ont pour conséquences de donner aux différentes timbres et textures sonores des traits qui ne sont pas conformes à la sonorité d’un instrument de musique ou d’une voix, lorsque ceux-ci sont écoutés en direct.
Bien sûr, il ne faut pas sous-estimer le fait qu’entre la prise de son et l’écoute à domicile ou en auditorium, des ingénieurs du son ou assimilés sont passés par là, et ont sans doute contribué à “mettre en forme” l’instrument ou les groupes d’instruments de musique, les vocaux pour leur donner une teinte particulière.

Toutefois, en dépit de cette dernière remarque, le caractère particulier d’un produit peut être appréhendé par tout à chacun, et apprécié à sa juste valeur. En effet, du point de vue subjectif, certains d’entre nous pourront davantage apprécié un produit qui a tendance à mettre en lumière le haut du spectre, à surligner le registre grave, ou encore les deux à la fois – la fonction loundness de certains et rares amplificateurs étant précisément conçue à cet effet. Cette fonction n’offre en définitive aucun intérêt sur le plan musical

A l’opposé, on trouve des produits dont les concepteurs ont, au contraire, préféré mettre l’accent sur une restitution neutre et épurée de toutes traces de coloration, voir plus linéaire, mettant de côté des traits trop surlignés, afin de laisser la musique s’exprimer plus librement et donc plus naturellement. Avec l’habitude, les audiophiles et mélomanes rompus à l’écoute de produits réputés musicaux ont souvent pu constater que les produits “épurés” avaient davantage tendance à apporter quelque chose de plus à l’écoute.
Certes, il n’est pas prouvé qu’un produit qui délivre des traces de coloration laisse de côté des subtilités, ou des micro détails, mais ces traces de coloration ne plaideront pas forcément en faveur de la matérialisation des instruments de musique, de la sacro sainte émotion, ou de la facilité d’expression que l’on obtient avec des produits ou des ensembles audio de haut niveau.

Enfin, il convient de rappeler que toute trace de coloration intempestive nuit à l’équilibre général, même si au premier abord la restitution apparaît comme plaisante. Des traces de coloration trop prononcées ne vont pas dans le sens d’une écoute variée, qu’elle peut rendre à la longue monotone.
Au moment du choix, il faut être très attentif à ces formes de colorations, et, pour la circonstance, il est aussi nécessaire d’effectuer vos tests d’écoutes avec des CD dont la prise de son et le mixage ont été effectués avec un soin extrême.