AUDIO-TECHNICA AT 33 PTG / II

Cellule phonocaptrice
Bobine mobile (MC)

Origine : Japon
Réponse en fréquence : 15 Hz à 50 kHz à – 3 dB
Séparation des canaux : 30 dB à 1 kHz
Equilibre des canaux en sortie : 1dB à 1 kHz
Niveau de sortie : 0,30 mV à 1 kHz, 5 cm/s
Impédance de la bobine : 10 Ohms à 1 kHz
Inductance de la bobine : 22 µH à 1 kHz
Charge recommandée : ≥ 100 Ohms
Compliance statique : 40 × 10 – 6 cm/dyne
Compliance dynamique : 10 × 10 -6 cm/dyne (100 Hz)

Force d’appui : 1,8 à 2,2 grammes
Poids de la cellule : 6,9 grammes

 

 

AT33 PTG / II de chez AUDIO-TECHNICA est une cellule à bobine mobile qui peut déjà s’inscrire dans la gamme haute du constructeur Japonais. Elle utilise un aimant néodyme possédant un produit énergétique maximal (BHmax) de 50 [kJ/m3]. Sa structure est en permendur, un matériau doté d’une haute densité de flux de saturation. Il est associé à d’autres matériaux ayant d’excellentes propriétés magnétiques.

Le corps de la cellule est fabriqué dans un alliage d’aluminium dur, moulé avec soin. Une résine synthétique de grande dureté est utilisée en sandwich pour la structure, sur le haut et sur le bas du corps, afin de supprimer les résonances parasites.

Le cuivre utilisé pour les bobines et les connecteurs est de type PCOCC (cuivre pur sans oxygène) qui autorise une transmission des signaux d’une plus grande pureté : sa structure physique évite les discontinuités dans le sens de circulation de l’électricité.

 

Le constructeur a volontairement fixé l’impédance à 10 Ohms pour réduire au maximum les pertes en ligne. Le moule VC maintenant les bobines en place est fabriqué dans une résine de synthèse dure, alliée à du titanate de potassium – une fibre très résistante – procurant une rigidité accrue. Ce concept aboutit à une cellule très légère d’une part et a pour objectif de réduire les vibrations superflues, d’autre part.

La tige sur laquelle est placé le diamant Microlinear est en bore pur effilé de masse réduite. La pointe de lecture Microlinear (ML) bénéficie d’un polissage spécifique au niveau de la ligne de contact. Grâce à son rayon de courbure réduit, elle assure de meilleures performances dans l’aigu qu’une pointe de profil sphérique ou elliptique. Elle offre aussi l’avantage d’un taux de distorsion réduit et monte plus haut dans les aigus, même près du centre du disque. La forme de sa ligne de contact avec le sillon reste constante, ce qui apporte un avantage marquant : une durée de vie moyenne d’environ 1000 heures.

Ecoute et impressions :

Les tests d’écoutes ont été effectués en auditorium avec les éléments suivants :

Platine vinyle MARK LEVINSON N° 5105
Préamplificateur phono MOON 110 LP Mk2
Palet-presseur / stabilisateur : MARK LEVINSON
Accessoire : brosse dépoussiérage / antistatique ANALOG Relax AR-ASAB1
Amplificateur intégré MOON 600i V2
– Enceintes acoustiques APERTURA Armonia  Evolution
– Câble de modulation NORDOST Blue Haeven
– Câbles HP NORDOST Heimdall 2

Pour l’alimentation secteur : barrette NORDOST QB 8 Mk2, câbles secteur Leif Red Dawn de la même marque.

Vinyles sélectionnés : Gershwin & sa musique ~ Frank Chacksfield – Soul Bossa Nova ~ Quincy Jones – Ted Heath Salutes Benny Goodman – Les Marquises ~ Jacques Brel – Nameless & Stay Tuned ~ Dominique Fils-Aimé La Folia de la Spagna ~ Gregorio Paniagua – Barry Lyndon ~ bande originale du film – All Time Favorite Melodies of Japan  – La découverte ou l’ignorance ~ Tri Yann – Concertos Brandebourgeois N° 1,2,3 de Jean-Sébastien Bach ~ The English Chamber Orchestra ~ Direction Benjamen Britten – Holliwood ~ Chet Atkins – Shadow Hunter ~ Davy Spillane – A mémorial for Glenn Miller : the original members – « Jalousie » ~ Yehudi Menuhin et Stéphane Grappelli – The Complete ~ Mike Oldfield – Swinging Safari ~ Bert Kaempfert – Contrastes par Pachacamac – The Complete ~ Mike Oldfield – Shadow Hunter ~ Davy Spillane – Crucifixus ~ Jean-Christian Michel – Le Vaisseau de Pierre ~ Tri Yann – Quiet Nights ~ Diana Krall, etc…

 

Philosophie musicale & esthétique sonore

Sur le plan de l’esthétique sonore, cette cellule à bobine mobile incarne réellement tout le savoir-faire du constructeur Japonais. Elle réunit toutes les qualités nécessaires pour mettre en lumière l’intégralité du contenu d’un bon pressage vinyle. C’est une cellule qui fait preuve d’ouverture et qui met en lumière un très grand nombre d’informations sur l’ensemble du spectre audible.

Le crédo de l’AT33 PTG / II est assurément son registre médium / aigu qui permet notamment aux Concertos Brandebourgeois de Jean-Sébastien Bach de briller de mille feux. Nous retrouvons bien la philosophie musicale Audio-Technica, avec un style épuré, mais riche en substances. Je dois souligner que les instruments d’époque sont particulièrement mis à l’honneur avec un filé à la fois soyeux, une excellente finesse, une précision sans équivoque, sans parler de leur remarquable détourage.

Avec cette cellule, la musique prend forme et surtout elle est axée sur une restitution chantante permettant de mettre l’accent sur les violons, le clavecin, trompètes et hautbois. Nous sentons rapidement que les fréquences aigües filent haut avec une superbe facilité, un peu comme si le déroulement de la partition était libérée de toute contrainte.

Cette facilité d’analyse plaide bien évidemment en faveur de la transparence que je n’hésite pas à qualifier de cristalline. Le contour des instruments et des voix est lui aussi bien délimité sans zone de flou ou d’approximation.

De surcroît cette cellule a aussi la particularité d’ignorer partiellement les bruits de surface du disque et d’en réduire par la même occasion la distorsion de fin sillon.

Les fréquences graves sont plus qu’acceptables. Les jeux de contrebasse ou basse électrique descendent à des valeurs classiques en matière de support vinyle. Nous pourrons y apprécier leur lisibilité respective, le suivi des notes et le pincement des cordes pour la contrebasse. Roulements de timbales ou impacts sur la grosse caisse de la batterie revêtent une matérialisation et une profondeur parfois confondante, toutes choses égales par ailleurs, si l’on considère qu’il s’agit d’un pressage vinyle.

Capacités de réaction dynamique

Il peut sembler curieux d’essayer de porter un jugement sur le comportement d’une cellule phono. Et pourtant, comme une enceinte acoustique, la cellule est constituée de matériaux mécaniques tantôt rigides, tantôt souples. Par ailleurs, il y a lieu de prendre en considération la compliance de la cellule dont le niveau est intimement lié aux propriétés et à la rigidité du bras.

Pourtant avec l’expérience, on se rend compte qu’une cellule peut réagir avec plus ou moins de ponctualité. L’AT33 PTG / II a cette faculté de réagir vite et bien pour coller à la rapidité d’un extrait musical au tempérament vif et enjoué. Les tests portant sur un répertoire jazz tel que Soul Bossa Nova ~ Quincy Jones ou plus rock tel que ceux de The Complete ~ Mike Oldfield  nous gratifient d’une reproduction indiscutablement tonique.

AT33 PTG / II se montre diaboliquement dynamique, sans qu’il soit question d’en faire trop ou d’agresser l’auditeur. Les variations d’intensité sont parfaitement maîtrisées, les accélérations ainsi que les rapides changements de tonalité sont prises en charge avec une excellente rigueur.

Scène sonore – spatialisation

Comme la plupart des cellules à bobine mobile et un grand nombre de cellules à aimant mobile, AT33 PTG / II se distingue par l’ampleur de la scène sonore qu’elle est en mesure de « créer » en fonction du pressage vinyle ainsi que de la composition du système audio, incluant la platine vinyle. AT33 PTG / II semble repousser les murs de la pièce d’écoute. La musique prend, pour la circonstance, des proportions holographiques impressionnantes.

La Sarabande de Haendel prend une étoffe et des proportions qui siéent fort bien à cette page de musique classique qui illustre la bande originale du film Barry Lyndon; laquelle requiert un duo platine vinyle / cellule à la hauteur de l’œuvre.

Nous retrouvons cette aisance dans l’expression sur tous les extraits de Gershwin & sa musique par  Frank Chacksfield ainsi que sur « Jalousie » interprété par le duo Yehudi Menuhin et Stéphane Grappelli. Nous sentons immédiatement l’aspect aéré de la prestation issue d’une séparation des canaux réellement satisfaisante.

Chaque plan et chaque soliste est immédiatement identifié car leur positionnement au sein de la scène sonore est clairement établi. Non seulement cela nous donne le sentiment d’une reproduction qui respire, mais cela nous donne accès à une foule de nuances qui, dans certains cas, passent inaperçues.

Séquence plaisir sens de l’expression

Peu importe le répertoire abordé, lorsqu’il s’agit de faire parler l’artiste ou les artistes, nous pouvons compter sur AT33 PTG / II en sa qualité « d’interlocutrice » privilégiée. Cette cellule a cette vertu de redonner au support vinyle ses lettres de noblesse. Sa verve lui permet de mette en valeur les extraits vocaux les plus éloquents.

Cela se remarque notamment sur Les Marquises de Jacques Brel tout comme sur Nameless & Stay Tuned  de Dominique Fils-Aimé. Dans des styles très différents, ces vocaux caractéristiques sont absolument « prenants ». Ils ont cependant un point commun : un réel pouvoir de communication avec l’auditeur qui se traduit par une restitution bouleversante et réellement émotionnelle. Lors de ces écoutes, j’ai eu le sentiment de vivre à proximité des artistes, tant leur présence dans la pièce d’écoute se faisait sentir. En sa qualité de fine analyste, AT33 PTG / II met en évidence les réverbérations des lieux de prise de son.

Je n’ai pas boudé mon plaisir personnel à réécoute ces quelques « pièces musicales traditionnelles » venues du Japon. Tous les instruments acoustiques de All Time Fovorite Melodies of Japan affichent un éclat et une texture sonore resplandissents. La sonorité du Koto, instrument à cordes pincées apparenté à la famille des cithares illumine la pièce d’écoute. Accompagné de percussions et d’instruments à cordes et flûtes, l’ensemble délivre une sonorité toujours mélodieuse. On peut souligner aussi la cohérence et la linéarité en matière de comportement. La précision et l’onctuosité nous offrent un mélange délicieux et harmonieux pour une écoute des plus agréables qui soit.

Conclusion :

Un sans faute pour cette cellule à bobine mobile signée AUDIO-TECHNICA. Grâce à cette référence, le message sonore se traduit par un véritable festival de couleurs chatoyantes, une reproduction « aérienne », un sentiment d’embellie permanente de la scène sonore. Si vous recherchez les prestations d’une cellule à bobine mobile, assurément AT33 PTG / II sera une « bonne pioche » ; une cellule sur laquelle vous pourrez compter pour tirer la meilleure substance de vos précieux disques noirs.

 

 

Prix : 600 € (03/2022)

Banc d’essai réalisé par
Lionel Schmitt