ARCAM FMJ A19

ARCAM FMJ A19

Origine : Grande Bretagne
Amplificateur intégré à transistors
Puissance sous 8 ohms : 2 x 50 watts
Puissance sous 4 ohms : 2 x 90 watts

Distorsion Harmonique, puissance à 80%, 8Ω à 1kHz : 0.003%
Bande passante : 20 Hz – 20 kHz ± 0.2 dB
Ratio Signal/Bruit ligne (Pondéré A) à 50 watts : 105 dB

1 entrée phono MM
SensibilitĂ© d’entrĂ©e Ă  1 kHz : 5 mV
ImpĂ©dance d’entrĂ©e : 47 kΩ + 100 pF
Bande passante (ref. RIAA) : 20 Hz – 20 kHz ± 1dB
Ratio Signal/Bruit (Awtd) 50 W, ref. 5 mV : 80 dB

6 entrées haut niveau
1 entrée stéréo mini-jack (Aux) en façade
1 sortie amplificateur externe
1 sortie enregistreur
1 sortie casque jack 3,50

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Le moins que l’on puisse dire est que je n’ai pas souvent eu l’opportunitĂ© de tester des produits de la marque ARCAM. Cet oubli non voulu est rĂ©parĂ© grâce Ă  ce test consacrĂ© Ă  l’amplificateur intĂ©grĂ© FMJ A19.

Cet amplificateur se place en seuil de gamme. Il revendique des possibilitĂ©s d’exploitation et des performances musicales dĂ©jĂ  largement plĂ©biscitĂ©es par la presse spĂ©cialisĂ©e. Cependant, j’ai pensĂ© qu’une vision et une analyse complĂ©mentaire et indĂ©pendante seraient susceptibles d’apporter un Ă©clairage supplĂ©mentaires Ă  tous ceux qui s’intĂ©ressent Ă  cet amplificateur.

Le FMJ A19 est un amplificateur qui reprend Ă  sa charge les dernières technologies d’amplification en incorporant les composants que l’on trouve dans les produits high-end de la marque. Le FMJ A19 est construit selon les mĂŞmes standards et mĂŞme critères d’exigences que les autres produits FMJ.

La sympathique face avant est agrĂ©mentĂ©e par de multiples touches de fonctions relayĂ©es par une tĂ©lĂ©commande. On retiendra qu’un rĂ©glage de balance a Ă©tĂ© prĂ©vu via un interrupteur en façade. Il semble que ARCAM ait abandonnĂ© les inutiles rĂ©glages de correction des timbres qui font appel Ă  de nombreux composants sur le trajet du signal et viennent perturber d’une façon ou d’une autre celui-ci. Un afficheur vient Ă©gayer la façade avant gris anthracite : il donne des indications sur l’entrĂ©e sĂ©lectionnĂ©e ainsi que sur le niveau de volume sonore. Enfin, cette face avant comporte une prise casque dont on regrettera le format jack 3,50. Heureusement que ARCAM vient de sortir un amplificateur casque (le rHead) qui pourra assurer la fonction d’une Ă©coute intimiste. Une seconde prise au mĂŞme format permettra de connecter une source auxiliaire de type “nomade”.

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Chaque composant est choisi soigneusement et mesurĂ©, puis assemblĂ© en suivant un circuit optimisĂ© pour obtenir les toutes meilleures performances. Les circuits audio du FMJ A19 sont combinĂ©s avec des alimentations sĂ©parĂ©es silencieuses, construites autour d’un transformateur toroĂŻdal surdimensionnĂ© d’une valeur de 500 volts ampères. Le filtrage est assurĂ© par quatre condensateurs totalisant 18800 microfarads. Ces quelques chiffres montrent que cet amplificateur sera capable de tenir la puissance annoncĂ©e, d’une part, de driver des enceintes acoustiques de rendement moyen / faible, d’autre part, et garantir la stabilitĂ© en courant de troisième part.

Les composants Ă©lectroniques, dont une grande partie de CMS, sont rassemblĂ©s sur une unique carte qui inclut l’Ă©tage phono MM.

Cette électronique à la pointe de la technologie est placée dans un châssis amorti acoustiquement de bonne épaisseur qui repose sur quatre cônes en caoutchouc.

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La face arrière est plutĂ´t bien garnie : pas moins de six entrĂ©es ligne complĂ©tĂ©es par une entrĂ©e phono exclusivement Ă  aimant mobile (non testĂ©e), d’une sortie enregistreur, et d’une sortie bloc de puissance complĂ©mentaire offrent des possibilitĂ©s de connexions Ă©tendues. On regrettera un peu la qualitĂ© moyenne de ces connecteurs au seul mode RCA. Les quatre bornes HP limiteront la connexion aux enceintes acoustiques au mode mono-câblage. Ces bornes vissantes acceptent le fiches bananes, les fourches, et le fil nu.

ECOUTE :

Les tests d’écoutes ont Ă©tĂ© effectuĂ©s au domicile d’un particluier avec le matĂ©riel suivant  : lecteur CD REGA Apollo-R et REGA Dac-R, enceintes acoustiques B&W 683 S2, câbles de modulation ESPRIT Beta et haut-parleurs JMR HP 1132 et ESPRIT Aura. Pour l’alimentation secteur : câble secteur FURUTECH G-314Ag-18E.

CD utilisĂ©s : NAIM Sambler N° 6 – Seal Soul – Tri Yann « La belle enchantĂ©e » et avec l’Orchestre National des Pays de Loire – Collaboration par the Modern Jazz Quartet with Laurindo Almeida – Danses Slaves Op. 46 et Op. 72 Anton Dvorak – Direction Antal Dorati rĂ©-Ă©dition Mercury Living Presence – La Folia de la Spagna par Gregorio Paniagua – Requiem de Mozart par Herbert von Karajan Celtic Spectacular par Erich Kunzel – Marquises de Jacques Brel – Dance Intro Eternity par Omar Faruk Tekbilek, etc…

1° Timbres 

Le FMJ A19 tranche assez sensiblement des productions d’antan : l’aspect suave assez caractĂ©ristique des produits anglais des gĂ©nĂ©rations prĂ©cĂ©dentes s’estompe au profit d’une clartĂ© du message qui induit une transparence plutĂ´t bienvenue.

Le registre aigu file rĂ©ellement haut sans avoir l’aciditĂ© ou l’agressivitĂ© de certains produits concurrents. Les frĂ©quences les plus Ă©levĂ©es gravitent autours de celles composant le registre mĂ©dium avec une cohĂ©rence permettant “d’avoir accès” Ă  un grand nombre d’informations sans qu’il soit nĂ©cessaire de tendre l’oreille, d’ĂŞtre hyper attentif, ou bien chercher Ă  traquer le moindre dĂ©tail. J’ai pu ainsi me rendre compte que cet amplificateur intĂ©grĂ© met en Ă©vidence le charme des timbres et la richesse des enregistrements les plus soignĂ©s.

Le registre mĂ©dium vient complĂ©ter le registre aigu de manière Ă  obtenir une cohĂ©rence entre les deux registres et une linĂ©aritĂ© dĂ©pourvue de trous, bosses, formes de caricatures, ou manquements qui viendraient gâcher le plaisir de l’Ă©coute. D’une façon gĂ©nĂ©rale, quelques soient les extraits sĂ©lectionnĂ©s, nous obtenons globalement une musicalitĂ© homogène mĂŞme si la neutralitĂ© n’est pas totale.

Le registre grave, quant Ă  lui, n’a peut-ĂŞtre pas la “tenue” attendue. J’observe que les soubassements ne sont pas explorĂ©s dans des proportions souhaitĂ©es. Sans dire que le grave est lĂ©ger, il a au moins pour lui une lisibilitĂ© irrĂ©prochable qui l’autorise Ă  dĂ©cortiquer correctement la contrebasse du Modern Jazz Quartet avec une nettetĂ© et un suivi mĂ©lodique qui n’ont rien d’anecdotiques.

LĂ  oĂą, Ă  mon sens, le FMJ A19 accuse quelques faiblesses, c’est au niveau des percussions qui illustrent le Requiem de Mozart par Karajan ou encore celles de Celtic Spectacular par Erich Kunzel.  Je trouve personnellement qu’elles manquent un peu de poids et de “volume”; je regrette ce petit quelque chose qui rend la musique “enveloppante”, voir un petit manque de personnalitĂ©.

2° Scène sonore – Ă©tagement des plans

Sans ĂŞtre dĂ©mesurĂ©e, la scène sonore emplit correctement une pièce d’Ă©coute de dimension moyenne. L’aspect panoramique me semble un peu limitĂ©, bien que la sĂ©paration des canaux soit correctement marquĂ©e. Cet amplificateur privilĂ©gie sans doute la hauteur de scène sonore que sa largeur et sa profondeur. Par instant, j’ai tout de mĂŞme eu le sentiment que certains instruments restaient “scotchĂ©s” aux enceintes acoustiques, donnant le sentiment d’un lĂ©ger manque de relief. Du coup l’Ă©tagement des plans ne me semble pas forcĂ©ment le plus marquĂ© qu’il m’ait Ă©tĂ© donnĂ© d’entendre. MalgrĂ© tout, l’Ă©toffe globale se traduit par une musique plutĂ´t bien prĂ©sente doublĂ©e d’une spontanĂ©itĂ© qui dĂ©montre que grâce Ă  son alimentation de bon gabarit, cet amplificateur “en a sous le pieds” comme j’ai pu m’en rendre compte Ă  l’Ă©coute de Seal Soul qui se veut expressif et, en dĂ©finitive, assez enthousiasmant.

3° Dynamique – réactivité – rigueur

En dĂ©pit de certaines qualitĂ©s qu’il convient de relever objectivement, cet amplificateur intĂ©grĂ© n’est pas rĂ©ellement un “foudre de guerre” en matière de dynamique. N’en concluez cependant pas qu’il est mou ou en manque de vigueur. Je le trouve “gentil” et peut-ĂŞtre mĂŞme un peu sage sur certains passages au tempĂ©rament particulièrement nerveux. Les attaques sont toutefois bien apprĂ©hendĂ©es et les montĂ©es en rĂ©gime ou grands Ă©carts de dynamique s’effectuent sans peine, mais il manque cet Ă©lan qui permet de valider totalement la rĂ©activitĂ© irrĂ©prochable souvent rencontrĂ©e avec d’autres amplificateurs de catĂ©gorie similaire, notamment lors de l’Ă©coute des Danses Slaves Op. 46 et Op. 72 Anton Dvorak – Direction Antal Dorati rĂ©-Ă©dition Mercury Living Presence.

Toutefois, je ne pourrais pas reprocher au FMJ A19 un manque de rigueur qui lui permet de sortir son Ă©pingle du jeu face Ă  des situations complexes. ValĂ©ria tirĂ© de l’album Collaboration par the Modern Jazz Quartet with Laurindo Almeida apparaĂ®t ici relativement convainquant : mĂŞme si le piano manque, lui aussi, un peu de poids, nous sentons qu’il suit la cadence avec un entrain montrant que cet amplificateur a de la ressource et qu’il sait se montrer vivant Ă  dĂ©faut d’ĂŞtre hyper vivace. La contrebasse joue aussi son rĂ´le sans faillir Ă  cette notion de rigueur qui fait parfois dĂ©faut aux Ă©lectroniques de dĂ©but de gamme.

4° Communication avec l’auditeur

Par sa facultĂ© Ă  laisser la musique s’Ă©couler librement, l’amplificateur ARCAM FMJ A19 dĂ©montre qu’il a la fluiditĂ© dans le sang. Pas d’accrocs notables ne viennent perturber le bon dĂ©roulement d’une oeuvre classique ou de jazz. Il Ă©mane de l’Ă©coute une belle “fraĂ®cheur” qui rend La Folia de la Spagna par Gregorio Paniagua très agrĂ©able Ă  Ă©couter, voir attachante par moment. La douceur des flĂ»tes baroques et des cromornes renforce le charme de cette Ĺ“uvre rendue bien sympathique par les “prestations” de cet amplificateur. La sonoritĂ© du clavecin n’a pas Ă©tĂ© relĂ©guĂ©e au second plan. J’ai pu me rendre bien compte que l’Ă©lĂ©gance faisait mĂŞme partie du cahier des charges du concepteur. L’analyse de l’impact des marteaux sur chacune des cordes de l’instrument m’a fait une bonne impression.

Au travers de Marquises de Jacques Brel, je me suis bien rendu compte que cet amplificateur avait des choses Ă  raconter, des sensations et de l’Ă©motion Ă  transmettre. Certes, il s’exĂ©cute Ă  sa manière avec une formulation claire, fluide, et dĂ©pourvue de caricatures prononcĂ©es qui viendrait gâcher le plaisir de l’Ă©coute. Je dirais que cette mouture signĂ©e ARCAM met Ă  l’aise l’auditeur et le ”connecte” avec le ou les artistes. Sans attendre la spontanĂ©itĂ© des meilleures (et plus chères) Ă©lectroniques du moment, notre compĂ©titeur nous fait partager de très beaux moments en compagnie de Jacques Brel.

Enfin, Dance Intro Eternity par Omar Faruk Tekbilek prend des couleurs tonales variĂ©es et souhaitĂ©es que le FMJ A19 se plait Ă  “soigner” et Ă  mettre en valeur de façon Ă  donner quelques onces d’Ă©motions que je tiens Ă  souligner. L’excellent dĂ©tourage des instruments de musique, y compris les subtiles percussions qui agrĂ©mentent ce CD, rend la musique attachante et d’un rĂ©alisme Ă  “inscrire” Ă  l’actif de cet amplificateur qui sait chanter lorsque la musique est pourvue d’une expression musicale affirmĂ©e.

 Arcam logo

Conclusion :

Loin de sortir des sentiers battus, l’amplificateur intĂ©grĂ© ARCAM FMJ A19 est un amplificateur facile Ă  vivre dans la mesure oĂą il dĂ©livre une musicalitĂ© loin d’ĂŞtre dĂ©nuĂ©e d’intĂ©rĂŞt et qui peut rĂ©pondre Ă  de nombreuses attentes. Les rythmes endiablĂ©s ne lui font pas peur, les musiques colorĂ©es lui vont comme un gant. Il sait pointer du doigt tout ce qui vient enrichir une “partition musicale”. Il faudra cependant veiller Ă  choisir avec soin ses partenaires pour obtenir les meilleures prestations possibles de sa part.

 

Synthèse :Musicalité : intéressante
Appréciation personnelle : plutôt favorable
Rapport musicalité – prix : justifié

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Prix : 950 €  (08/2016)

Test d’écoute réalisé par
Lionel Schmitt