YBA préamplificateur phono Héritage PH100

Préamplificateur phono MM / MC

Conception : France
Assemblage : Chine

Impédance d’entrée MM : 47 KΩ  – 45dB Gain
Impédance d’entrée MC : 2‐100 Ω – 65dB Gain
Impédance d’entrée MC : haut niveau de sortie : 47 KΩ – 50dB Gain
Rapport signal / bruit : > 90dB
Taux de distorsion : < 0,005%
Précision RIAA : 0,3dB / 20 Hz à 20 kHz

 

Présenté en septembre 2018, le préamplificateur phono YBA Héritage PH 100 complète la série Héritage dont aucun amplificateur ne comporte d’étage phono intégré. Ce préamplificateur constitue un complément intéressant pour les possesseurs de systèmes audio de qualité dépourvus du module nécessaire pour lire les disques vinyles

Ce préamplificateur se présente sous la forme d’un sobre lingot entièrement en aluminium. La face avant est « minimaliste ». Elle ne comporte qu’une clef pour la sélection du type de cellule : aimant ou bobine mobile. Le constructeur a fait l’économie d’une diode qui rappelle la mise sous tension. Celle-ci s’effectue par un interrupteur placé discrètement sous le panneau avant.

Le soin apporté à la conception d’ensemble répond aux mêmes critères que les autres références de la gamme Héritage et plus généralement de la marque YBA. Le châssis, la façade, ainsi que le capot supérieur en « U » sont usinés dans l’aluminium. Ce capot contribue à rigidifier la structure et à protéger l’électronique contre toutes formes de pollutions électroniques ou électromagnétiques externes. Le berceau repose sur trois pieds : les deux pieds arrière sont des isolants tandis que l’unique pied « dur » à l’avant joue le rôle de terre mécanique, dont l’efficacité a été largement vérifiée.

La mince face arrière comporte exclusivement les « éléments » strictement indispensables : deux paires de fiches RCA pour les entrées. La première est dédiée à la cellule à bobine mobile, la seconde à la cellule à aimant mobile. Cependant, en cas d’utilisation de cellule à bobine mobile, le propriétaire de ce préamplificateur phono pourra à sa guise « ajuster » au mieux l’impédance d’entrée grâce à la petite clef ad’hoc. Une paire de fiches RCA de sortie ainsi que l’incontournable prise IEC complètent le tableau arrière.

L’assemblage et la finition sont d’une qualité irréprochable en conformité avec les exigences du concepteur.

Sur le plan technique, ce préamplificateur adopte un schéma semblable au circuit phono implanté sur le préamplificateur Signature.

Pour l’utilisation des cellules à bobines mobiles, YBA reprend le procédé qu’il a « initié » depuis maintenant plus de 40 ans : implantation de transformateurs en mu-métal (μ-métal) pour adapter l’impédance. Ce procédé a pour objectif de « résoudre » les plus petits signaux et éliminer toute forme de distorsion due à l’utilisation de transistors. Ce dispositif ne génère aucun bruit ou parasite d’origine électronique et s’adapte automatiquement à tous types de cellules à bobine mobile. J’ajoute enfin que, par le passé, ce procédé a largement fait ses preuves; les connaisseurs de la marque savent de quoi je parle.

Ce procédé s’affranchit de tout commutateur sur le trajet du signal et qui sert habituellement à ajuster l’étage d’entrée de la cellule.

Le concepteur précise bien que son préamplificateur est pourvu d’une alimentation par canal, dont nous verrons plus loin l’impact. Deux condensateurs d’origine YBA d’une valeur de 4700uF/63V sont les garants d’une stabilité du courant. YBA a équipé le PH 100 d’un circuit intégré à très faible bruit et contre réaction pour l’étage phono à proprement parlé.

Comme tous les appareils YBA, le PH 100 bénéficie des optimisations qui apportent un « plus » musical. On retrouve par exemple sur les composants « clef » sujets à vibrations les petites cales en bois amortissantes.

Compte tenu de ce qui précède, j’en profite pour rappeler qu’en dépit de leur assemblage en Chine, les « réalisations » YBA sont totalement conçues par Yves-Bernard ANDRE avec des composants méticuleusement sélectionnés pour leur qualité audio. Par ailleurs, dans la mesure ou ces composants ne correspondent pas au strict cahier des charges du concepteur, ceux-ci sont réalisés en France. Par ailleurs, aucune référence YBA n’est commercialisée si elle n’a pas reçu la validation technique et acoustique de la part de son concepteur.

Je remercie l’importateur JFF Diffusion et le concepteur Yves-Bernard ANDRE de m’avoir fait bénéficier de cette mouture pour une durée de six semaines afin de pouvoir réaliser ce test d’écoute et vous faire partager mes impressions au travers ce banc d’essai.

Ecoute et impressions  :

Les tests d’écoutes ont été effectués à domicile avec le matériel suivant :

– amplificateur intégré YBA Héritage A 200,
– préamplificateur YBA 3 Delta et bloc de puissance YBA 3 Delta DT,
– enceintes acoustiques PEL Kantor et TANNOY Autograph Mini,
– platine vinyle REGA RP 8 & celule REGA MC Ania,
– câbles de modulation ESPRIT Beta, YBA Glass, VAN DEN HUL The Orchid,
– câbles HP ESPRIT Aura et YBA Diamond.

Pour l’alimentation secteur : barrette FURUTECH F-TP 615 et ESPRIT Volta, câble secteur G-314Ag-18E et prise murale FT-SWS-G de la même marque. Câbles secteur YBA Diamond, ESPRIT Celesta & Eterna.

Disques vinyles sélectionnés : Nameless par Dominique Fils-Ainé Contrastes par Pachacamac Quiet Night’s par Diana Krall – Stéréo à la carte ~ collection Decca Phase 4 – Two Pianos in Holliwood par The London Festival Orchestra – Guitar Genius par Chet Atkins – The Complete par Mike Oldfield – Shadow Hunter par Davy Spillane – Dadis’s Picking par Marcel Dadi – Volume 1 – Gershwin & sa musique par Frank Chacksfield – Toccata et Fugue de Jean-Sébastien Bach interprétée par Marie-Claire – Alain Crucifixus par Jean-Christian Michel – All  Time Favorite Melodies of Japan – A Memorial for Glenn Miller 1,2 et 3 – Dadis’s Picking par Marcel Dadi – Volume 1 – Crucifixus par Jean-Christian Michel – « Ainsi parlait Zarathoustra de Richard Strauss » ~ Direction Zubin Mehta –  Bach Spectacular par The Kingsway Symphony Orchestra ~ Direction Camarata – The Complete par Mike Oldfield – Le Vaisseau de Pierre & Café du Bon Coin par Tri Yann  – Molière ~ bande originale du film – Barry Lindon ~ bande originale du film – « Jalousie » par Yehudi Menuhin et Stéphane Grappelli – Concertos Brandebourgeois N° 1,2,3 de Jean-Sébastien Bach, par The English Chamber Orchestra ~ Direction Benjamen Britten, etc..

REGA RP8 & REGA Ania – YBA PH 100 : la musique à 360°

 

Approche globale  impressions d’ensemble

Après une période de chauffe assez longue (comptez 4 à 6 heures), le temps que les circuits se stabilisent et prennent leurs marques, vous tamisez les lumières, vous installez confortablement dans votre fauteuil d’écoute, et vous vous laissez bercer par le flot musical d’un « très bon » disque vinyle. « Flot musical » : j’utilise volontairement ce terme pour bien « pointer » les performances musicales de ce préamplificateur. Avec le PH 100, j’ai réellement  eu le sentiment de passer du rêve musical à la réalité.
Il existe depuis longtemps un très grand nombre de préamplificateurs phono réellement musicaux, donnant une âme à la musique, mais celui-ci se distingue – dans sa catégorie – par un supplément d’informations qui fait la différence. Sans anticiper sur ce qui va suivre, à l’écoute des premières plages, on se dit : « tiens !, il se passe un truc ! ».
La reproduction est différente, la séparation des canaux prend, entre autres, davantage d’extension. Ce « phénomène » ne laisse pas pour autant le milieu de la scène sonore vide de toute substance. Chaque instrument se positionne naturellement dans l’espace.
Cette mouture Héritage « creuse le sillon » pour en extraire des informations qui se matérialisent par une « image musicale » pleine de magie qui rend l’écoute « confortable » et donc hyper agréable. En outre, je précise que les impressions d’écoutes tranchent assez sensiblement avec ce que l’on a coutume de décrire ça et là comme une écoute vinyle ou analogique.

YBA A 200 & PH 100 : un ensemble homogène

Scène et espace sonore

• Contrastes par Pachacamac

Comme évoqué en préambule, ce qui distingue ce préamplificateur phono d’autres références (y compris ma référence personnelle actuelle), c’est la séparation des canaux accrue. Cependant, le milieu de la scène sonore affiche une « physionomie » fort bien documentée. De fait, le positionnement de chaque instrument est facilement perceptible.
Sur ce disque, la sublime couleur des kenas et sikus et autres flûtes d’Amérique du Sud se meuvent librement dans l’espace. L’excellent enregistrement est idéalement « pris en considération » par le PH 100 : la musique respire sans effet de compression débouchant sur une spatialisation qui n’a rien à envier à un bon compact disque. Nous sentons qu’il y a beaucoup d’air entre les musiciens. Les effets de réverbération font de l’effet, donnent le sentiment d’assister à un concert en pleine cordillère des Andes.

Contrastes par Pachacamac porte bien son nom, car les contrastes contenus dans cet album sont nombreux, bien marqués, et révèlent une construction bien agencée de la scène sonore. Le charango et le violoncelle qui sert de basse ressortent de manière claire. On en devine aisément leur contours avec une netteté assez singulière due à l’ouverture et au message sonore particulièrement aéré. On peut alors dire que ce préamplificateur laisse une large part d’expression à tous les instruments en les plaçant dans un « contexte artistique » privilégié.

Une pluie d’étoiles scintillantes pour décrire la vaste palette de couleurs qui « défile »  devant vos yeux …., est la phrase qui me vient spontanément à l’esprit lorsque j’écoute cette série de musiques « récréatives ».

• Dadis’s Picking par Marcel Dadi Volume 1

Truculent est le minimum pour saluer les « prestations » musicales du guitariste Marcel Dadi. Il semblerait que ce préamplificateur ait pour vertu de rendre hommage, en quelque sorte, à ce guitariste. Grâce à cette électronique de haut niveau, il m’a été permis de me replonger dans l’univers des « grandes heures » de Nashville. Pour ceux qui connaissent le style, vous apprécierez au travers de Dadi’s Picking les prouesses et la pureté des différents instruments. La maîtrise de l’instrument et la technique du jeu de picking de Marcel Dadi procurent un enthousiasme débordant. La sonorité typique de la guitare de marque Ovation est reconnaissable entre toutes. Le violon de Buddy Spicher n’a rien d’un vieux « crincrin »; au contraire, sa sonorité boisée, son grain, sa sonorité aiguisée, délivrent des timbres fruités et fluides. Le banjo ainsi que la contrebasse offrent tous deux une texture « organique », palpable, réaliste. Le suivi des notes est « réglé » avec un perfectionnisme à prendre en référence. Harmonica et mandoline délivrent un timbrage dépourvu d’agressivité, riche en harmoniques,  révélateur de la prise de son soignée aux petits oignons.

• Stéréo à la carte Two Pianos in Holliwood

J’en profité de ce test pour exhumer de ma discothèque quelques extraits « hauts en couleur » tirés du catalogue Decca Phase 4. Parmi eux, une version très « libre » de la Danza de Rossini mise en orchestration par Roger Laredo. Outre sa prestation exubérante, cette Danza de Rossini se distingue ici par sa palette de couleurs nuancées et éclatantes.  Nous aurons ainsi l’immense plaisir de goûter au registre aigu finement ciselé sur le double jeu de violon, mais aussi sur le tambourin qui ponctue les phrases musicales. Flûtes traversières, hautbois, basson et pizzicato de violon prouvent la justesse du registre médium, sa texture riche et naturelle, formant un ensemble multicolore absolument exquis. Le PH 100 s’applique à mettre l’accent sur les variations en décelant une foule de micros informations.

Le registre grave ne manque pas d’attrait non plus. Je lui reconnais une belle profondeur que l’on aura plaisir à retrouver sur le duo de pianos et la contrebasse de Two Pianos in Holliwood. Nous admettrons sans efforts que la matière de ces instruments est bien réelle sur ces différentes « reprises » de musiques de films Holliwoodiens « mis en pages » par le London Festival Orchestra. Outre l’aspect tonique de l’ensemble, la profondeur des notes de piano ainsi que celle de la contrebasse sont largement dans les « cordes » d’une reproduction charnelle. Ce préamplificateur phono a toutes les prédispositions pour tutoyer sans difficultés les fréquences graves avec toute la matière attendue.

Telle une source d’eau pure, les différents « thèmes musicaux » qui s’enchainent et illustrent cette sélection de vinyles m’ont montré la divine transparence et le degré de définition.

 

• Nameless par Dominique Fils-Aimé

Alors là, c’est l’apothéose : le spectacle que nous offre cette auteure et interprète née à Montréal est absolument éblouissant, même totalement déconcertant. Dominique Fils-Aimé puise son inspiration dans les icônes de la musique soul des années 40 à 60 telles que Billie Holiday, Etta James et Nina Simone. Sous le label Ensoul Records, son album Nameless pressé en 45 tours par minute constitue un véritable trésor, qu’il soit d’ordre technique ou d’ordre artistique.
Le préamplificateur YBA se fait un malin plaisir à vous faire déguster cette voix suave, grave, humaine, teintée parfois de silences, parfois énigmatiques aux effets « poignants ». Je peux affirmer que phrases s’écoulent avec une fluidité exceptionnelle. Toute la substance repose sur la conception et une réalisation aboutie de l’électronique qui n’amènent que des commentaires élogieux : l’expression prend alors un sens très profond. Les percussions et le jeu de contrebasse sont d’une précision prodigieuse, avec une mention spéciale pour le suivi et la « ponctualité » des notes.
Par ailleurs, il règne autours des instruments et de la voix un silence de fonctionnement très appréciable : ce silence de fonctionnement conduit à apporter ce petit supplément d’informations qui fait toute la différence. Le détourage de la voix tout comme celle des autres instruments constituent à mon sens une référence en la matière : qu’on se le dise !

• Concertos Brandebourgeois N° 1,2,3 de Jean-Sébastien Bach, par The English Chamber Orchestra ~ Direction Benjamen Britten

L’étape suivante constitue à revisiter « autrement » cette suite de Concertos Brandebourgeois de Bach  dirigés par Benjamen Britten. Pour ceux qui apprécient la musique du maître, attendez vous à un spectacle grandiose. Par la minutie dont peut s’enorgueillir le PH 100, il ne sera pas permis de passer à côté des innombrables détails de chaque instrument d’époque et d’en déguster toute la finesse qui en ressort. Tradition oblige chez YBA, on ressent le soin porté par le concepteur à cette électronique avec pour seul objet de vous faire partager simplement l’amour de la musique à travers un produit simplement musical mis au point avec passion. La transparence cristalline constitue le « crédo » et l’emprunte maison auxquels ce préamplificateur ne déroge décidément pas. Il n’y a qu’à écouter la sonorité du clavecin, celle du hautbois, celle des flûtes baroques pour comprendre et entendre le pouvoir élevé d’expression de ce préamplificateur en matière d’expression et de résolution.

• Shadow Hunter par Davy Spillane

Par ses capacités d’analyse poussées, le PH 100 travaille principalement sur la luminosité; cela ne fait aucun doute. Cependant, et contrairement à d’autres préamplificateurs phono, je dirais qu’il réagit plus « intelligemment » dans la mesure où il se concentre sur un point essentiel : ne pas tomber dans une forme d’agressivité et encore moins de caricature. De fait, le concepteur a veillé scrupuleusement à choisir des composants excluant toute possibilité de dénaturer les timbres, et à préserver la nature chantante et la couleur naturelle de chaque instrument. Très franchement, je me suis délecté à l’écoute de Shadow Hunter par Davy Spillane. « Ressourcement » est le mot qui m’est venu spontanément à l’esprit pour cerner la nature de ce préamplificateur phono. D’un bout à l’autre des séances d’écoute, c’est le sentiment de pureté qui prédomine. Les phrases s’enchaînent toujours avec une spontanéité et une logique ne faisant jamais défaut : au final la musique coule de source.

Lorsque la poésie et la dynamique s’associent, nous obtenons assurément un cocktail savoureux; une alchimie qui consiste à « parler » avec force et une franchise affirmée. Cette mouture Heritage sait réellement marier beauté des timbres, vigueur et poésie.

 

• Toccata & Fugue en Ré mineur de Jean-Sébastien Bach ~ Direction Camarata

Il est incontestable que l’installation de ce préamplificateur dans un ensemble haute fidélité de qualité ne sera pas un frein à l’expansion naturelle de la dynamique. L’orchestre prend sa place et ses marques aisément au sein de votre pièce d’écoute avec toute l’envergure qui convient parfaitement à la Toccata & Fugue de Jean-Sébastien Bach. L’ouverture aux grandes orgues vous met déjà en condition, puis l’orchestre se déploie avec une majestuosité qui laisse augurer la divine puissance de cette transcription. Pas une « faute de goût » ne vient perturber le déroulement logique et gracieux de cette succession de phrases complexes. Ce préamplificateur se montre docile et bigrement réactif face aux montées en puissance de l’orchestre avec une remarquable maîtrise.
La rigueur ?, le PH 100 n’en manque pas : le « masse » orchestrale laisse émerger une foule de micro informations telles que des notes de flûtes traversières, des arpèges de harpes qui apportent beaucoup de poésie, fraîcheur et de richesse à cet arrangement signé Léopold Stokowski.

• Le Vaisseau de Pierre & Café du bon coin par Tri Yann

Nous retrouvons cette fougue avec l’opéra Folk Rock de Tri Yann le Vaisseau de Pierre, symbole de la musique fusion où se mêlent instruments traditionnels, rythmes soutenus et vocaux éloquents. La rythmique basse – batterie – guitare électrique nous montrent que ce préamplificateur montre une vigueur à toutes épreuves. Rapide de nature, le PH 100 obéit au doigt et à l’œil ne laissant aucune place à l’imprécision. Avec lui, et quelques soient les styles de musiques sélectionnés, j’ai senti que la musique respirait une bonne santé et un enthousiasme non dissimulés.

J’ai trouvé que ce préamplificateur phono était  aussi une formidable vecteur vous « véhiculer » la poésie que l’on retrouve à travers certaines « ballades » ou mélodies savamment arrangées tirées de l’album de Tri Yann Café du bon coin. Je citerai volontiers La Complainte de Yuna Madalen, mais aussi la suite O’ Carolan’s Dévotion suivi des Irish Dances.
Quel bonheur de suivre le duo violoncelle / guitare électrique dont la ligne mélodique et le grain respectifs sont réglés au cordeau. L’enchainement avec cette suite rythmée d’Irish Dances démontre le caractère bien trempé de ce préamplificateur. Le PH 100 fait preuve de discernement, ce qui ne le conduit jamais à rendre la musique monotone ou monocorde. Il y a toujours une petite subtilité qui vient à point nommé apporter sa valeur ajoutée, notamment lorsque certaines douces phrases musicales se mêlent à d’autres plus toniques.

La musique à 360 degrés est bien « l’expression imagée que j’utiliserais volontiers pour définir le pouvoir d’expression dont ce préamplificateur est doué.
Ce n’est pas parce qu’il a des prédispositions pour vous organiser de magnifiques croisières musicales, que ce préamplificateur vous mènera en bateau !
Non, c’est l’authenticité qui prime avant tout; authenticité qui se fonde sur une conception saine.

 

• Barry Lindon (B.O. du film)

Cette croisière musicale passe par la série de thèmes qui illustrent le film Barry Lindon. De Schubert à Haendel, en passant par Vivaldi, nous pouvons sans retenue savourer les plus « grandes » interprétations de cet album. Le Trio avec piano Opus 100 – second mouvement de Schubert est d’une telle splendeur qu’il procure des « vibrations » et des émotions mémorables. La présence doublée d’un sens artistique profond des musiciens sont absolument renversants.
En fin analyste, ce préamplificateur phono possède tous les atouts pour délivrer l’intégralité du contenu de la Sarabande de Haendel de cette excellente « gravure ». Sur ces deux thèmes sélectionnés, on relève un  jeu de violoncelle et de violon qui nous laisse notamment de « visualiser » les vibratos obtenus par les mouvements des doigts sur les cordes des instruments.

Ce type de « modulations » si intenses, nous la retrouvons sur Women of Ireland par The Chieftains joué à la harpe par Derek Bell. Les douces intonations de l’instrument se meuvent délicatement dans l’espace et le temps avec une dextérité et un délié à vous glacer le dos.

• All Time Fovorite Melodies of Japan

Quelques pièces traditionnelles venues du Japon vous feront goûter la musique « acoustique », reproduite dans ce qu’il y a de plus naturel. Le Koto, instrument à cordes pincées apparenté à la famille des cithares illuminera votre pièce d’écoute. Harmonieusement accompagné de percussions et d’instruments à cordes et flûtes, il délivre une sonorité riche en détails et en harmoniques au travers de mélodies qui retiendront votre attention à un point que vous ne pouvez pas imaginer. Ce préamplificateur phono est ainsi capable de « creuser » le sillon de votre disque vinyle dans des profondeurs « ultimes » pour vous offrir sur un plateau une multitudes de sucreries musicales.
Au fil des plages, je me suis aperçu qu’il s’établissait alors un véritable dialogue entre les musiciens et l’auditeur; un dialogue direct, sincère.

• Crucifixus par Jean-Christian Michel

Il y aurait encore beaucoup à dire et à écrire sur ce préamplificateur phono. Cependant, j’aimerais conclure sur Litanies Créoles de Jean-Christian Michel. Simplement grandiose est cette prestation : la « puissance de feu » du PH 100 vous emportera au firmament de la musique sacrée; cette « énergie » est incarnée par la clarinette de l’artiste accompagné des grandes orgues de la cathédrale Saint-Pierre de Genève. Les compositions originales, arrangements, la « mise en scène » sont prenantes et communicatives. L’art et l’émotion sont deux vecteurs qui convergent ici vers un seul et unique point : le plaisir de l’écoute est total. Nous sentons d’autant mieux que la passion qui anime ce quatuor composé de la clarinette, des grandes orgues, d’un drums, et d’une contrebasse. Cette passion se ressent Franchement, ça donne envie !

Conclusion :

Le PH 100 est un préamplificateur phono qui révèle bien des surprises, dont celle et – c’est la principale -, de vous faire découvrir le contenu de vos précieux disques vinyles. Le PH 100 n’est pas que musical, il formule la musique dans tout ce qu’il y a de plus artistique. La beauté des timbres, la structure de la scène sonore, son énergie en font un produit incontournable lorsqu’il s’agira de vous équiper d’une platine vinyle et d’une cellule de haute volée. Naturel avant tout, ce préamplificateur reproduit la musique avec une sorte de passion qui se matérialise par un régal permanent. Je vous garantis qu’avec ce préamplificateur phono, on ne compte pas les heures passées en sa compagnie.

Prix :  1290 € (05/2019)

Test d’écoute réalisé par
Lionel Schmitt