YBA bloc de puissance PASSION 600

YBA PASSION 600

Origine : France
Bloc de puissance stéréo (transistors)
Puissance : 2 x 150 W sous 8 ohms
2 x 300 W sous 4 ohms
2 x 500 W sous 2 ohms
Distorsion : < 0,01%
Rapport signal bruit : > à 100 dB
1 entrée symétrique XLR
1 entrée asymétrique RCA
2 sorties par canal

YBA passion 600

En ce début d’année 2004, la gamme PASSION de chez YBA s’agrandit avec l’arrivée d’un nouveau bloc de puissance stéréophonique : le PASSION 600. Cet amplificateur est une déclinaison du célèbre PASSION 1000 dont il reprend le concept, la présentation, et la superbe finition. Rappelons rapidement que la gamme PASSION est destinée principalement à satisfaire une demande en  » watts  » importante, sans toutefois faire de concessions sur le plan qualitatif et musical – il ne s’agit nullement de faire de la sonorisation, mais simplement de la musique.

Le modèle testé se présente sous la forme la plus simple, mais cette version stéréo peut évoluer à la demande vers une version double châssis / double mono, puis vers le PASSION 1000 et ses déclinaisons.
– Sur le plan esthétique la sobriété est de mise. Une façade en aluminium brossé finement polie de 20 mm accueille exclusivement le logo rétro éclairé, une diode de rappel de mise sous tension, et éventuellement une paire de poignées optionnelles en aluminium. La mise sous tension s’effectue par l’arrière, ce qui sous entend que ce bloc doit rester en permanence sous tension afin d’en tirer la quintessence musicale. On notera que le logo rétro éclairé peut être éteint séparément; YBA ayant pris un soin maniaque d’éviter que la consommation, pourtant peu gourmande, de ce logo ne vienne perturber la restitution sonore.
– A l’arrière, rien qui ne vaille la peine de s’étendre davantage. Les fiches de connexion au standard XLR pour les entrées symétriques, les fiches RCA pour les entrées asymétriques, et les bornes HP qui acceptent tout type de branchement, sont d’origine YBA et bien sûr d’une qualité particulièrement élevée. La prise secteur IEC est munie d’un repère rouge de phase secteur.
– Le châssis fait appel à des matériaux particulièrement inertes comme l’acier inox et l’aluminium, aux propriétés antistatique, amagnétique et anti-vibratoire. Il repose sur les désormais classiques 3 pieds permettant une évacuation très efficaces des micro vibrations.
– A l’intérieur, on trouvera un schéma entièrement symétrique qui réunit en fait 2 amplificateurs alimentés chacun par un transformateur en double C à grains orientés de 1 kVA. Ces transformateurs sont imprégnés à 85° sous vide pendant 48 heures, ce qui permet de se passer de grosses capacités – l’objectif étant d’atteindre un taux de distorsion le plus faible possible. Comme il est de tradition chez YBA, on pourra observer qu’il n’y a pas de composants passifs sur le trajet du signal et que ce dernier est particulièrement court afin de limiter les déperditions ou déformations du signal sonore.

Le PASSION 600 fait appel à des transistors bi-polaires traités et optimisés pour la circonstance, lesquels travaillent en classe dite  » Alpha « , une classe A sans boucle de contre-réaction permettant d’atteindre des puissances importantes sans chauffer ni détériorer les composants électroniques ( brevet YBA ). Selon ce principe propre au concepteur, le PASSION 600 permet de délivrer une puissance de sortie de 2 x 150 watts sous 8 ohms sans broncher, ce qui lui vaut la faculté de driver les enceintes les plus difficiles du marché actuel.

ECOUTE

Le test d’écoute revêt ici un caractère un peu particulier dans la mesure, où le PASSION 600 avait comme partenaire une paire d’enceintes acoustiques JBL 5800 dont le rodage n’était pas totalement achevé.
A ce titre, les appréciations relevées doivent être considérées comme des  » valeurs  » minimales. On peut donc s’attendre à des résultats subjectifs supérieurs avec des enceintes d’origine Françaises ou Britanniques et en tout cas largement rôdées.
Un préamplificateur YBA Ligne 2 Sigma et un lecteur YBA CD 2, ainsi que des câbles YBA Diamond ont permis à ce bloc de puissance de s’exprimer dans les meilleurs conditions possibles.
Par ailleurs, le PASSION 600 a été comparé au bloc Ligne 2 du même constructeur avec le même système ( voir essai dans cette page ).

Test N° 1 : Toccata et Fugue de Bach – transcription pour orchestre symphonique par Léopold Stokowski

Léopold Stokowski a réenregistré cette oeuvre pour Decca/London en 1971. Sa prise de son exceptionnelle remasterisée procure habituellement un bien être fabuleux qui rappelle les images du dessin animé Fantasia.

La différence avec un amplificateur 2 Sigma est ici très nette : les attaques du grand orchestre sont plus franches, plus tranchées aussi. La dynamique a pris du galon.
L’orchestre paraît plus ample et le gain en vivacité est flagrant. Le registre grave descend cette fois franchement très bas : j’ai été surpris de constater que l’ensemble de contrebasses avait pris du volume tout en gardant le côté ferme et tendu.
Les percussions ont également une belle enveloppe et génèrent un registre grave des plus surprenant et des plus enthousiasment. L’orchestre a gagné aussi en profondeur et en hauteur de l’image sonore.
Naturellement, le registre aigu n’est pas en reste. Mille détails ont été mis en évidence, avec pourtant beaucoup de douceur. Les quelques notes de harpe doublées par un accompagnement de flûtes traversière sont particulièrement bien mises en évidence confirmant la clarté de l’ensemble du message sonore et le pouvoir d’une restitution fine et ciselée.
Le registre médium est bien présent, sans être projeté en avant : les violoncelles et altos sont bien à leur place et sont restitués de façon fluide et sans exagération.

Test N° 2 : MARINES – Tri Yann

Le côté communicatif propre à YBA est mis à l’honneur dans les morceaux  » Sein 1940  » et  » Marie Jeanne Gabrielle  ».
Ces 2 passages possèdent des vocaux qui transmettent à l’auditeur une émotion et une ambiance bien spécifiques. Sans parler d’une chaleur de l’enregistrement, on sent que les interprètes ont quelque chose à dire, à chanter, à transmettre. Les instruments de musiques ne font pas qu’accompagner les chansons, ils les complètent admirablement bien. Cela signifie que chaque partition vocale ou instrumentale est à sa place, sans déborder sur celle de son voisin.
Il y a beaucoup d’air entre les instruments, et ceux ci jouent de façon distincte. Le violoncelle utilisé par moment dans ces 2 enregistrements prend une place à part entière; cet instrument possède beaucoup de grain et se trouve reproduit avec une fluidité très agréable à écouter.
Les sonorités du violon sont fines et ciselées, sans jamais accuser une quelconque acidité ou une supériorité mal placée. Les voix graves ont du corps et une présence très communicative. La ligne mélodique de la guitare basse est parfaitement  » lisible  », sa sonorité est ferme, tendue, et bien dégraissée.
Les percussions sonnent de manière pleine et charnue. Les autres instruments traditionnels sont reproduits avec une authenticité rare.

Test N° 3 : JARDIN D’HIVER – Henri Salvador

Enfin avec ce disque magnifiquement enregistré, on atteint un degré de vérité musicale rarement atteint. La voix d’Henri Salvador enveloppe simplement l’auditeur. Aucun détail n’est épargné, tant en ce qui concerne la prestation du chanteur, que pour le reste des musiciens.
Le jeu de guitare accuse une spontanéité qui va de pair avec la façon de s’exprimer du chanteur : le message musical est limpide, clair, précis, avec un côté suave déconcertant. Le registre grave est reproduit sans aucunes boursouflures ou colorations intempestives.
Le naturel prédomine sur tous les autres effets. Sur le morceau  » Mademoiselle  » , les claquements de doigts qui accompagnent la chanson sont tellement expressifs que l’on se surprend à les imiter.
Le PASSION 600 dégage une telle émotion, que l’on en oublie les enceintes acoustiques. En effet, avec ce disque en particulier, les JBL 5800 s’effacent purement et simplement de la scène sonore pour ne laisser uniquement la place qu’à la musique.

Test N° 4 : COLLABORATION – The Modern Jazz Quartet with L. Almeida

Le morceau  » Valéria  » met très bien en évidence la restitution du jeu de piano. Les attaques sont franches, les notes sont précises et bien tenues.
Autre caractéristique : le piano prend ici une dimension quasiment équivalente à celle d’un piano écouté en direct.
Par ailleurs, le jeu de la contrebasse est tout aussi étonnant : les octaves les plus basses sont restituées de façon spontanée, et surtout sans aucune limite ou contrainte particulières. Mieux encore, les jeux de mains du contrebassiste sont retranscrits de manière très perceptible, avec beaucoup de doigté dirais-je.

Conclusion :

Que dire de plus; l’intégré PASSION 600 restitue la musique spontanément avec une émotion assez singulière et surtout avec beaucoup de liberté. Alors, je pense que l’on pourrait le qualifier d’instrument de musique à part entière.

Cotations : Dynamique subjective : 10 / 10
Définition : 10 / 10
Effet stéréo : 10 / 10
Scène sonore : 10 / 10
Cohérence d’ensemble : 10 / 10
Rapport qualité – prix : 10 / 10

 

Prix : 5 850 €  ( 2004 )

 Essai réalisé par
Lionel Schmitt