YBA LIGNE 1 Delta

YBA LIGNE 1 Delta

Préamplificateur et son alimentation séparée
Amplificateur stéréo transistorisé – double transfo Haut Courant

Origine : France
Puissance : > 2 x 100 W sous 8 ohms – > 170 W sous 4 ohms
Bande passante : 5 Hz à 400 kHz
Temps de montée ampli : 3 µs
4 entrées haut niveau
1 entrée phono MM ou MC en option
1 entrée monitoring
1 sortie magnétophone
4 sorties possibles pour amplis de puissance

Un constructeur a sorti ses griffes : non ça n’est pas Peugeot mais YBA, le concepteur des électroniques qui portent son nom.
Si la Ligne 1 est déjà fort connue et appréciée depuis de nombreuses années, la dernière mouture apporte encore des améliorations musicales significatives.
Inutile de rappeler que les produits de la marque sont évolutifs; ainsi la version de l’ampli de puissance stéréo Haut Courant présentée ici peut se décliner en une version 2 blocs mono Haut Courant.

Le préamplificateur se présente sous la forme de 2 boîtiers de même format : le préampli proprement dit et son alimentation séparée. Les châssis sont entièrement en aluminium – structure innerte et amagnétique, et reposent sur 3 pieds spéciaux. Sur le plan technique, le concepteur rèste assez discret, mais ce qu’il faut retenir est que l’on a affaire à un schéma double mono avec un trajet du signal le plus court possible, et une absence de composants actifs sur le trajet de ce signal. Les entrées sont câblés directement à l’étage ligne, sans circuit imprimé afin d’éviter les interférences qui en résultent. Enfin, le câblage de masse est en étoile dans le but de réduire les courants de masse. La présentation du préampli 1 est simple, rationnelle, avec une ligne très pure : 6 clefs avec temoins lumineux par une Led verte, permettent de selectionner les entrées, une clef pour le muting, et enfin une dernière clef permet d’inverser la phase secteur ( rare et génial ). La description de la face avant se termine par la présence de 2 boutons de volume séparés pour le canal de gauche et de droite. A noter que la toute dernière mouture du préampli 1 vient d’hériter de la fameuse commande de volume s’effectuant par le biais de résistances calibrées, inaugurée sur l’Intégré Passion, en lieu et place du potentiomètre analogique. La face arrière n’appelle pas de commentaires particuliers. Les fiches de connexion sont de très haut niveau, et directement boulonnées sur le châssis. On remarquera pourtant 4 sorties pour amplificateurs de puissance : au dela des évolutions citées précédemment, le futur acquéreur aura la également la possiblités de connecter 4 blocs de puissance monophoniques dans le cadre d’une configuration en bi-amplification. Une jolie télécommande en aluminium reprend l’intégralité des fonctions.

L’amplificateur de puissance est d’une construction de très très haute qualité. L’intérieur révèle une optimisation allant dans le sens du plus court trajet possible du signal. De plus, l’agencement des transistors de puissance permet de réduire leur champ magnétique ainsi que les interférences qui en résultent négativement sur la musicalité. La conception de classe ALPHA, qui a donné ses lettres de noblesse à la marque permet une puissance confortable, ne craignant aucune charge complexe. Cette technique évite toute surchauffe des composants et ramène la distorsion à niveau très bas. Une alimentation colossale composée de 2 transformateurs en double C à grains orientés, complétés par 8 condensateurs totalisant la bagatelle de 60 000 microfarads, garantit à cet ampli 1 une stabilité en courant hors normes.

ECOUTE

Les conditions du test d’écoute sont un peu particulières avec comme source un nouveau lecteur CD YBA Intégré, en cours de test avant commercialisation, et une paire d’enceinte Pierre Etienne Léon QUATTRO Référence (voir essai détaillé page enceintes acoustiques). Drôle d’association me direz vous. La ligne 1 aurait mérité des enceintes de plus gros câlibre. En effet, la ligne 1 est capable de  » remuer  » les enceintes acoustiques les plus difficiles du marché. Cependant, YBA a voulu démontré qu’il n’était pas nécéssaire de dépenser des sommes considérables pour épauler son  » engin  ». Jugez plutôt.

Test N° 1 : Tri Yann en public avec l’Orchestre National des Pays de Loire  

Ici, on n’a pas l’impression d’un orchestre qui accompagne le groupe breton, en fond sonore, ou à contrario le groupe qui masque l’orchestre. L’ONPL est complémentaire de la musique du groupe. Les solistes se complètent de façon admirable. Chacun est à sa place. On perçoit de façon significative beaucoup d’air entre les musiciens, et entre les 2  » formations  ». L’étagement des plans est spéctaculaire.
Sur les morceaux très rythmés, la Ligne 1 ne s’écroule jamais sur les brutales montées en puissance. Sur les morceaux complexes, l’intelligibilité ne se dément pas. Le message sonore est particilièrement claire et fluide. La lisibilité s’effectue sans effort pour l’auditeur.
Dans  » Marine  » de JG Ropartz, où l’ONPL joue seul cette fois ci, est d’une beauté sans nom, d’un naturel à vous donner la chair de poule. Les violons sont majestueux et légers à la fois. L’ensemble des cordes vous enveloppe littéralement, au sein d’un environnement suave. La harpe vient vous chuchotter à l’oreille gauche tout à coup, lui donnant un jeu de flux et de reflux marin et une atmosphère comme il fait ( faisait ) bon en respirer en Bretagne ( avant l’Erika et autres chimiquiers poupelles ).
La musique est d’une fluidité exemplaire. Flûte traversière et hautbois jouent à côté de vous et pour vous, sans aucune forme d’agressivité. Les fines percussions et autres clochettes vous saluent comme dans un conte de fée. Sur ce morceau le souffle des musiciens vous caresse les oreilles, telle une brise marine un soir d’été.

Test N° 2 : Les Géants du Jazz jouent Georges Brassens 

Les musiciens de ce disque ont ici un pouvoir de communication hors du commun, et on a l’impression que ceux ci veulent faire participer directement l’auditeur.
– Le jeu de la contrebasse peut se suivre à l’oeil tant on perçoit la présence de l’interprête. Les montées en puissance de la trompette ne sont jamais agressives. Les instruments sont retranscrits avec un profond respect de la nuance, un sens du rythme et une franchise qui frisent la réalité. Tous les détails ou micro-informations sont aussi présents que lors d’une écoute en direct.
– Le jeu de guitare rythmique de G. Brassens est perceptible jusque dans le frottement des cordes sur le manche de la guitare. Pour peu, on y devinerait presque les accords.
– Le violon utilisé sur quelques morceaux a tout le grain que l’on peut attendre de l’instrument. Sur un autre morceau, on est surpris d’entendre le guitariste Joel Favreau renifler à l’unisson du rythme du morceau.
– Les attaques du piano sont franches, et l’on appréciera parfaitement le côté charnu au point de confondre l’enregistrement avec l’instrument lui même.

Je pourrais multiplier les exemples, mais ici on peut dire que l’on se trouve à mille lieues d’une musique aseptisée. Cette Ligne 1 est d’une limpidité équivalente à celle d’une source de montagne non polluée.
L’association YBA 1 et PEL QUATTRO vous cloue sur votre siège. L’objectif de ce test ( réalisé par Yves Bernard André ) était également de prouver qu’une bonne électronique associée à des enceintes finalement de petites taille donne des résultats étonnants.
Pari tenu, pari gagné.

Cotations : Dynamique subjective : 10 / 10
Définition : 10 / 10
Effet stéréo : 10 /10
Cohérence d’ensemble : 10 /10
Rapport qualité-prix : 10 / 10

 

Prix indicatif (2002) :
Préampli : 6300 €  – Ampli : 6500 € 
Amplis 2 blocs mono : 9800 € 

 Essai transmis par :
Lionel Schmitt