YBA Lecteur CD INITIAL

YBA Lecteur CD INITIAL

Origine : France
Bande passante : > 70 kHz
Rapport signal/bruit : > 96 dB
Distorsion : < 0,03% à 0 dB
Conversion : 18 bits – 8 fois la fréquence d’échantillonnage

Pour une surprise, c’est une surprise. Sans faire de publicité ni de communication particulière, voici que YBA nous propose dès le mois de janvier 2004 une nouvelle référence dans sa gamme déjà bien fournie : la série INITIAL, qui comprend un tout nouvel amplificateur Intégré, ainsi qu’un nouveau lecteur de CD qui fait l’objet du présent article.
Ce lecteur CD a principalement pour objectif de remplacer l’ancien CD Spécial qui ne pouvait évoluer que vers le modèle Intégré. La nouvelle conception de l’Iinitial permettra à son propriétaire de faire évoluer sa machine vers TOUS les modèles disponibles dans la gamme du constructeur : Intégré nouvelle version, CD 3 , CD 2 , et CD 1, en fonction de ses besoins et de son budget.

Je rassure immédiatement les possesseurs du Spécial Delta. Ce modèle continue de bénéficier des possibilités d’évolution vers l’Intégré Delta, par mise en place de la fameuse diode bleue ( brevet exclusif YBA ), et par une amélioration importante de l’alimentation.

Le lecteur CD Initial est un lecteur intégré, qui reprend le même concept que les autres produits de la gamme, à savoir un châssis en aluminium ultra rigide monté sur les classiques 3 pieds de découplage dont l’objectif est de minimiser les effets vibratoires afin d’optimiser la qualité sonore. Ce châssis est donc réputé antivibratoire, amagnétique, et anti statique, traitant les déplacements et le stockage des charges électrostatiques dans les circuits et sur le disque lui-même. On pourra observer que YBA a été jusqu’à prévoir une ouverture au dessus du tiroir de chargement destinée à l’évacuation de l’électricité statique : un détail qui existait déjà sur les modèles Intégré et Spécial de la série Delta.

Un net progrès de présentation a été effectué sur la face avant. Cette face avant en aluminium brossé d’une épaisseur de 10 mm est d’une grande sobriété et ne reprend que l’essentiel des fonctions de base : à gauche et en bas le tiroir de chargement du CD, surmonté d’un afficheur qui a, il faut le dire, une bien meilleure allure que celui des modèles Intégrés et Spécial. Cet afficheur est plus clair, plus lisible, et sa luminosité peut être réglée ou totalement coupée via la télécommande – à noter que cette possibilité améliore de façon audible la qualité de restitution par élimination de parasites résiduels. La partie de droite reçoit les touches de fonctions de base. L’ensemble des autres possibilités de programmation sont confiées à la télécommande, fort agréable à utiliser au demeurant.

La face arrière ne reçoit que les 2 connecteurs RCA pour la sortie analogique, auquel se joint une sortie numérique également sur fiche RCA. Inutile de préciser que ces fiches sont des modèles de très grande qualité réalisées sur cahier des charges YBA et de même niveau que celles présents sur les modèles les plus onéreux de la marque. Enfin, la fiche secteur IEC vient compléter ce tableau arrière des plus sobres, et le constructeur n’a pas oublié de repérer par un point rouge la phase secteur, ni de fournir un tournevis testeur qui permettra de brancher ce magnifique lecteur dans les meilleures conditions d’utilisation optimales.

Les entrailles de l’appareil ne m’ont pas été dévoilées, mais la mécanique utilisée est désormais d’origine Sony en remplacement de la mécanique d’origine Teac. Il semblerait que Teac ne souhaite plus faire bénéficier ses concurrents du fruit de ses recherches; ceci explique sans doute cela. Naturellement l’implantation de la mécanique Sony a été largement optimisée, comme cela est de tradition chez le constructeur, avec des méthodes et brevets dont les secrets sont bien gardés, mais qui ont fait leur preuves sur les autres modèles de la marque. Ce nouveau bloc de lecture de dernière génération permet désormais de lire dans d’excellentes conditions les CDR et autres CDR-RW, et ça c’est une nouveauté. La diode laser est du type triple faisceau, et l’alimentation a fait l’objet d’une attention toute particulière, malheureusement le concepteur ne donne pas d’informations précises sur les détails techniques – dommage !

 

 

ECOUTE

Les tests d’écoute ont été effectués avec le matériel suivant : un amplificateur YBA Intégré Delta double transformateur, et alternativement une paire d’enceintes PEL Classique Référence, ainsi que la nouvelle B & W DM 703 testées toutes les deux dans la rubrique  » Enceintes Acoustiques  » . Les câbles sont des modèles YBA Diamond, comme il se doit.

Test N° 1 : Toccata et Fugue de Bach – transcription pour orchestre symphonique par Léopold Stokowski
Léopold Stokowski a réenregistré cette oeuvre pour Decca/London en 1971. Sa prise de son exceptionnelle remasterisée procure habituellement un bien être fabuleux qui rappelle les images du dessin animé Fantasia.

La lecture démarre : les auditeurs assis restent assis, ceux qui sont debout demandent à s’asseoir. On est intéressé, surpris, ébahi, on en redemande. On a affaire à du grand Stokowski, la patte d’YBA tourne les partitions, c’est magique. Les sonorités sont chaudes. Les violons s’expriment de façon fine et ciselée. Le registre grave dégagé par un ensemble de contrebasses est particulièrement savoureux, et puis arrive un petit solo de harpe sur lequel se superpose un ensemble de flûtes traversières. Les notes s’enchaînent avec beaucoup de cohérence et de fluidité.
Les percussions sonnent bien, les vibrations des tambours sont bien nettes, et aucun traînage n’est à déplorer. Si quelques micro détails paraissent légèrement en retrait, il restent tout de même très audibles, et on peut même dire que ce lecteur n’a pas tendance à simplifier la musique, au contraire. L’ensemble de l’orchestre est prenant, enveloppant, mais sait garder ses distances : la Toccata et fugue est restituée comme une invitation à découvrir la musique classique.

Test N° 2 : MARINES – Tri Yann
Les voix : ce qui caractérise particulièrement le lecteur CD Initial, se sont les vocaux que ce modèle reproduit à merveille. En effet, il se dégage des enregistrements une chaleur peu commune avec des interprétations vocales; caractéristiques que l’on retrouve sur les lecteurs les plus onéreux de la marques. Le côté humain, suave, et très fluide est ici particulièrement à l’honneur au détriment parfois de petits détails instrumentaux.
Sur le morceau « Sein 1940 » on tombe immédiatement sous le charme : tous les instruments de l’introduction instrumentale sont facilement perceptibles; l’accompagnement discret d’un violoncelle est non seulement évident à entendre, mais il a l’ampleur que l’on est en droit d’attendre de la part de cet instrument de musique. Le violon solo est fin et ciselé, les percussions ont une sonorité pleine et très précise. Aucun traînage du message sonore n’est à déplorer. Sur le plan de la précision globale, un gain significatif par rapport à l’ancien modèle Spécial est à noter. Par ailleurs l’Initial démontre une belle vivacité et une rapidité que l’on ne pourra pas prendre en défaut.

Test N° 3 : JARDIN D’HIVER – Henri Salvador
Avec une prise de son très soignée, cet album révèle toutes les qualités du lecteur CD. Là non plus, sans être envahissant, notre bon Henri Salvador invite carrément l’auditeur dans le studio d’enregistrement. Ce lecteur a un pouvoir de communication dont se féliciterait certainement l’interprète.
Malgré la présence et la chaleur du chanteur, les autres musiciens  » s’expriment  » clairement, de façon d’ailleurs très libre. Par ailleurs, on trouve un message sonore très aéré. Le registre grave, à défaut de descendre dans des abysses à donner le vertige, revêt un léger embonpoint qui n’est pas sans me déplaire d’ailleurs. L’Initial propose également une scène sonore large, profonde, et haute. Les auditeurs demandent à nouveau une écoute; allez on se le repasse encore une fois !

Test N° 4 : LONDON SESSIONS Vol 1 – Musiques de Films de Georges DELERUE
Avec le morceau  » Beaches « , je me suis amusé à rechercher les imperfections de ce lecteur de CD. Je dois avouer que j’y suis difficilement arrivé. Le naturel des violons est ici saisissant au point de faire frémir les amateurs de grandes envolées de violons.
La contrebasse qui accompagne ce morceau est d’une clarté et d’une lisibilité superbe, et en tout cas très vraisemblable. Même à fort volume, ce lecteur sait conservé toute la pureté et le charme du morceau; aucune distorsion n’est à mettre à son passif.

Conclusion :

J’ai eu la chance d’écouter ce lecteur CD pendant près de 4 heures avec des disques divers et variés, et à peu tous les styles de musique, y compris des enregistrements piratés. Je peux affirmer que ce lecteur fait oublier qu’il appartient à la génération du numérique.
L’YBA lnitial est un lecteur qui retranscrit la musique de façon complètement analogique, et qui joue tout de même la carte de la séduction, mais pour tout dire il s’avère très et  » simplement musical  ».

Cotations : Dynamique subjective : 10 / 10
Définition : 9,5 / 10
Scène sonore : 10 / 10
Cohérence des registres : 10 / 10
Rapport qualité – prix : 10 / 10

 

Prix : 1190 € (2004)

 

 Essai réalisé par Lionel Schmitt