YBA HERITAGE CD 100

YBA HERITAGE CD 100

Origine : France
Réalisation : Chine
Lecteur CD intégré
Bande passante : 20 Hz à 20 kHz
Taux de distorsion : 0,001% (16bits)
Rapport signal / bruit : 108 dB (RCA)
Rapport signal / bruit : 113 dB (XLR)
1 sortie RCA asymétrique
1 sortie XLR symétrique
1 sortie numérique coaxiale S/PDIF

1 entrée numérique coaxiale
1 entrée numérique USB

 

YBA CD 100 recto

L’analyse des nouveaux produits YBA se poursuit et cette fois, c’est le lecteur CD HERITAGE CD 100 qui fait l’objet d’un examen spécifique de ma part.

La série HERITAGE est une gamme qui comprend un amplificateur intégré, un convertisseur, un média streamer, et le lecteur intégré CD 100. Il va s’en dire que le nom d’HERITAGE interpelle, et cette gamme s’inscrit logiquement comme l’héritière de la défunte gamme « Initial » et / ou « Intégré » qui avaient marqué leur temps.

Le CD 100 a la lourde tâche de succéder aux modèles Spécial et Initial dont la musicalité respective a constituait en leur temps une référence et s’étaient particulièrement distingués dans cette catégorie et dans cette gamme de prix. Nous allons voir si ce lecteur tient ses promesses d’une part, et s’il est digne de faire aussi bien et même mieux que ses prédécesseurs.

Sur le plan cosmétique, le CD 100 ne ressemble ni au CD Spécial, ni au CD Initial. Il a davantage un air de famille avec le Passion CD 200 avec un Design sensiblement plus fin. Gageons aussi que sa musicalité ait gagné sur le plan qualitatif.

Comme de coutume chez YBA, la face avant est épurée : elle comporte quatre clefs qui activent les commandes principales, relayées par une télécommande commune à l’amplificateur intégré A100, un afficheur dont l’intensité lumineuse est réglable jusqu’à son extinction totale, et le traditionnel tiroir de chargement du CD. Néanmoins, une clef supplémentaire fait son apparition : en mode SRC, vous pourrez augmenter le taux d’échantillonnage.

YBA CD 100 verso

La face arrière comporte une large palette de connecteurs analogiques et numériques. Les sorties analogiques sont au double standard : RCA et XLR qui confirme un montage symétrique de l’étage de sortie analogique. On sera peut-être un peu déçu de la qualité des fiches RCA qui ne sont pas ici de la même trempe que celles habituellement montées sur les autres produits (toutes générations confondues). Une sortie numérique coaxiale S/PDIF, une entrée USB type B, et une entrée coaxiale S/PDIF nous indiquent que le CD 100 pourra avantageusement servir de convertisseur numérique / analogique – l’idée est bonne. La prise IEC comporte un point rouge qui permet de repérer la phase secteur en clin d’œil ; ce détail qui n’a l’air de rien est d’une importance capitale pour votre confort lors de l’installation du lecteur.

L’ensemble de l’électronique et de la mécanique reposent sur une plaque en aluminium de forte épaisseur qui jugule toute forme de pollution mécanique ou électro magnétique. Cette plaque accueille trois pieds dont la conception et la finalité sont similaires à celles du lecteur GENESIS CD 4. Les deux pieds arrière sont des isolants tandis que l’unique pied « dur » à l’avant joue le rôle de terre mécanique, dont l’efficacité n’est plus à démontrer.

Pour le mécanisme de lecture, le concepteur est revenu à ses premières amours et a fait le choix d’une mécanique à tiroir d’origine Sanyo. Les plus anciens utilisateurs de produits YBA savent que les mécaniques Sanyo sont saines. Ce mécanisme lira indifféremment les CD 16 bits – 44,1 kHz, les CD-R, et CD-RW. Cependant YBA n’a rien prévu pour la lecture des SACD.

La section de conversion a été traitée aux « petits oignons » et le Dac sélectionné est un modèle Wolfson WM 8740, choisi spécialement pour ses excellentes performances d’analyse et de reproduction avec large plage dynamique et sa faible distorsion. Cette section offre de telles performances qu’elle peut être exploitée individuellement via les entrées citées – c’est dire.

Enfin, l’étage analogique a été mis au point avec le même égard que celui du lecteur GENESIS CD 4 aux fins de  cautionner une musicalité sans concession qui sera vérifiée dans l’analyse qui va suivre.

Tout ce petit monde (étage de sortie, conversion, mécanisme) s’appuie sur une alimentation qui adopte un transformateur visiblement en double C à grains orientés pompé sous vide pendant huit jours, puis imprégné selon une méthode spécifique qui conduit à toute absence de vibrations et exclut toute forme de distorsion. Une série de condensateurs chimiques signés YBA agit efficacement sur la régulation du courant et donc sur les performances musicales de l’appareil.

Il faudra bien chercher pour trouver l’interrupteur de mise sous tension : celui-ci est discrètement placé sous l’appareil à gauche ; il est cependant bien plus accessible que ceux habituellement placés sur le panneau arrière.

L’HERITAGE CD 100 est livré avec une télécommande de belle facture, très agréable à utiliser, commune à l’amplificateur intégré A 100. L’absence de pavé numérique n’autorise cependant pas l’accès direct aux plages musicales désirées – c’est bien dommage.

Ecoute et impressions  :

Les tests d’écoutes ont été effectués avec à domicile avec le matériel suivant : préamplificateur YBA Classic 3 Delta, bloc de puissance YBA Classic 3 Delta DT, enceintes acoustiques PEL KANTOR et PEL QUATTRO ‘’ R ‘’ +, câbles de modulation et HP ESPRIT Aura et YBA Diamond.

Pour l’alimentation secteur : barrette FURUTECH F-TP 615, câble secteur G-314Ag-18E et prise murale FT-SWS-G de la même marque.

CD utilisés : Concertos pour piano N° 20 et N° 27 de Mozart par Sir Clifford Curzon au piano & Benjamin Britten à la direction d’orchestre (réédition Esoteric) – CD test NAIM Sambler N° 6 – ‘’ EPICS ‘’ par l’Orchestre Philarmonique de Prague – Porgy and Bess de Gershwin / suite orchestrale dirigée par Frank Chacksfield – BACH’s Music par Richard Galliano – Concerto Brandebourgeois N°1, 2 et 3 de Jean-Sébastien Bach – Direction : Trevor Pinnock – Folia de La Spagna par Gregorio Paniagua – Caribbean Guitar & Travalin’ par Chet Atkins – ’ Marquises ‘’ et ‘’ La Ville s’endormait ‘’ par Jacques Brel, etc…,

Je remercie le distributeur JFF Diffusion qui a bien voulu mettre à ma disposition ce lecteur CD pour 3 mois afin de pouvoir réaliser ce test d’écoute dans de bonnes conditions et vous le présenter.

Par ailleurs, je tiens à préciser qu’en dépit de l’attachement que je porte à la marque, ce lecteur a été testé en toute objectivité et sans aucune forme de complaisance.

1° Les timbres – équilibre général
  • Le registre grave

Les premières séquences d’écoutes n’amènent pas de mauvaises surprises ; bien au contraire le CD 100 s’affiche réellement comme étant le digne héritier du Spécial et de l’Initial. Un examen plus approfondi montre cependant que ce lecteur va tout de même un peu plus loin que ses ancêtres notamment sur les registres bas / médium et grave. Le registre grave prend du « gallon » et s’offre le luxe d’une étoffe, d’un poids, et d’une matérialisation plus consistante. Il descend incontestablement plus bas. Sans atteindre les performances du récent GENESIS CD 4 ou du PASSION 430, on sent réellement que le fruit du travail de conception a principalement porté sur ce registre.
Cette « consistance » du registre grave, vous pourrez aussi bien l’apprécier sur la contrebasse du Modern Jazz Quartet, que sur celle qui illustre l’extrait ‘’ Remeber The River ‘’ par Fred Simon, ou encore celle de la basse électrique de ‘’ Fallen Angel ‘’ par Daniel Mulherm (CD test NAIM Sambler N° 6).
Là où notre protagoniste fait très fort, c’est au niveau de la lisibilité : aucune confusion n’est possible, les notes s’enchaînent sans accrocs, une à une, avec un détourage et une lisibilité de premier ordre et je peux même dire que la reproduction est simplement parfaite.

Pour la texture pleine, il n’y a qu’à écouter ‘’ O Fortuna ‘’ extrait ‘’ Carmina Burana ‘’ de Carl Orff mis en orchestration par l’Orchestre Philarmonique de Prague sous la direction de Nic Raine. A la première écoute et à niveau raisonnable, je ne m’étais pas aperçu du potentiel dont était capable ce lecteur à reproduire le son des timbales avec autant de ferveur. Bravo pour cette matérialisation tout à fait convaincante. Les soubassements de violoncelles et contrebasses sont impeccablement mis en valeur avec une « honnêteté » réellement bienvenue.

  • Les registres médium et aigu

Les registres médium et aigu s’attachent à délivrer une sonorité qui se veut la plus proche possible de celle d’un enregistrement analogique et cela s’entend facilement.

Finalement, ce lecteur démontre ses grandes et belles capacités à reproduire les fréquences médiums et aigües de manière claire, précise, et surtout – cela est important de le souligner – sans faux semblant. Il émane de cette série d’écoute, une belle clarté que l’on appréciera sur les cuivres et les cordes qui se côtoient sur une orchestration telle que celle qui illustre la ‘’ Suite Porgy and Bess ‘’ par Franck Chacksfield.

Si le registre aigu file haut et même très haut, ne croyez pas qu’il ait les traits d’une quelconque trace d’agressivité ou autres formes d’acidité. Le registre aigu est très bien appréhendé : il est « taillé » à la mesure des instruments de musique. Bien évidemment, et comme vous pouvez vous en douter, si l’enregistrement est « défaillant », le CD 100 n’assurera pas le « service après vente » et ne corrigera aucun défaut inhérent à une prise de son ou un mixage effectués sans soin. Fort heureusement, ‘’ Les Concerto Brandebourgeois N°1, 2 et 3 de Jean-Sébastien Bach – Direction : Trevor Pinnock ‘’ ne correspondent pas à ce type d’enregistrements. Vous pourrez tout à loisir retrouver ces œuvres reproduites pour le plus grand plaisir des mélomanes avec beaucoup de minutie notamment sur les instruments baroques. Le magnifique « fruité » qui singularise ces œuvres est restitué ici avec un excellent sens du réalisme qui rend finalement hommage au travail du compositeur.

Les cordes et autres instruments d’époque offrent le grain et la matérialisation attendue et en tout cas de haute tenue. La sonorité pétillante du clavecin nous indique que ce lecteur s’attache à considérer la couleur des timbres avec un grand certain respect qui n’est pas toujours de coutume chez les constructeurs concurrents dans cette gamme de prix.

Autant le souligner, le CD 100 met l’accent sur les timbres qui, au travers de ces Concertos Brandebourgeois, brillent de mille feux. L’analyse est excellente et toute trace de voile qui pourrait éventuellement subsister n’est absolument pas audible. Chaque instrument fait l’objet d’un détourage minutieux qui permet de suivre de manière claire chaque inflexion et chacune des nuances « consignées » sur la partition.

2° Analyse – Transparence – ouverture

C’était, entre autre, sur le thème de la transparence que j’attendais au tournant ce lecteur CD. J’avoue initialement avoir eu un petit doute.
Au fil des séances d’écoutes, les doutes se sont rapidement dissipés. Sur ce point, je trouve que L’HERITAGE s’en tire honorablement et surprend. Certes, ses « facultés » ne sont pas en tous points identique à celles du lecteur GENESIS CD 4 ou celles ou des anciens modèles de la gamme Classic ; ceux-ci étant dotés de la fameuse diode bleue. Cependant, je dirais que le CD 100 se place en pole position pour affronter des concurrents sérieux, redoutables et incontournables tels que le NAIM CD 5 si par exemple.

La transparence cristalline qui fit naguère et fait encore la renommée de la marque avec les modèles supérieurs ne laisse aucun doute sur ce sujet. Les capacités d’analyse de ce lecteur n’ont pas grand-chose à envier aux lecteurs de référence de la concurrence. Très bien placé sur ce point, cet YBA arrive à creuser les sillons suffisamment profondément pour en extraire beaucoup de substances, des détails, des nuances qui aboutissent à un détourage des instruments et des voix tout à fait recevable.

3° Fluidité

Le CD 100 est un lecteur plutôt ouvert, qui s’illustre par une musicalité réellement agréable. Avec lui, la musique s’écoule naturellement avec une « facilité d’élocution » et une pertinence que l’on a plaisir à savourer. On découvre des phrases musicales qui s’enchainent avec un remarquable délié et une agilité inattaquables. Cette fluidité s’apparente à celle d’une platine vinyle de référence et celle d’un enregistrement analogique soigné.

C’est d’ailleurs le but que s’était fixé le concepteur en développant ce produit. J’observe d’ailleurs avec satisfaction que l’objectif a été atteint avec succès – le CD 100 ne s’appelle pas HERITAGE pour rien tout de même !
C’est un véritable plaisir de réécouter les ‘’ Concertos pour piano N° 20 & 27  » de Mozart « mis en scène » par Benjamin Britten avec au piano le talentueux Clifford Curzon. Notre CD 100 effectue de véritables prouesses pour « promouvoir » ces œuvres musicales inestimables sur le plan artistique. La musique s’offre à l’auditeur avec une facilité et une liberté d’expression qui montrent que ce lecteur est capable de grandes choses. Les notes de piano s’enchainent avec un délié qui s’affranchit de toutes formes de contraintes ou de contractions, et garantissent la précision attendue.

4° Présence – réactivité – rigueur

Sur ces thèmes, le CD 100 n’a pas à rougir de la concurrence, pas plus que de ses frères aînés les plus récents que sont le CD 4 et le Passion CD 430, ou encore des anciennes moutures.

Avec les ‘’ 5ème et 9ème Symphonie de Beethoven ‘’ dirigée par Rudolf Kempe (réédition Esoteric CD/SACD), nous entrons sans détours dans le vif du sujet.
« Sportif » accompli, et de surcroît de haut niveau, le CD 100 se place en peloton de tête des lecteurs les plus musclés du moment et brille par ses capacités dynamiques. En matière de vélocité et d’endurance, je me suis aperçu que ce lecteur ne capitulait jamais devant les épreuves.

Sans parti pris, j’ai réellement apprécié la présence des différents pupitres, des différents groupes d’instruments qui se détachent habillement les uns des autres. De par sa technologie, le CD 100 ne reconnaît évidemment pas la couche SACD ; ça ne fait rien et oublions un instant la technologie : le CD 100 y va gaiement et vous invite à redécouvrir les œuvres de Beethoven magistralement interprétées. Le CD 100 réagit promptement aux différentes sollicitations sans sourciller : sa réactivité est instantanée, sa rigueur à tous les niveaux constitue une excellente surprise. Les amateurs musiques qui « pulsent » qu’elles soient modernes ou plus classiques peuvent donc être rassurés, ce lecteur CD est dynamique.

Finalement, le CD 100 place la barre haute lorsqu’il s’agit d’évoquer la réactivité et la rigueur souhaitée par son concepteur. Je me suis sincèrement régalé par la puissance et la présence des chœurs n’a rien d’artificielle. La vigueur des percussions et plus généralement la « gestion » harmonieuse des charges orchestrales complexes telles que celles qui figurent sur l’album ‘’ EPICS ‘’ par l’Orchestre Philarmonique de Prague sont divinement orchestrées et invitent l’auditeur à savourer la musique à l’état brut.

Ni mou, ni démonstratif, le CD 100 se borne à gérer les grands écarts de dynamique avec une belle adresse et un sens profond du réalisme.

Par ailleurs, le CD 100 s’y entend pour gérer à la perfection les harmoniques. Sur ‘’ La Folia de la Spagna ‘’ par Gregorio Paniagua, outre les percussions qui donnent du piment à la partition, l’arrangeur a cru bon d’agrémenter un extrait par des sons de cloches qui prennent ici une tessiture réellement bluffante si l’on s’attache exclusivement à écouter la manière dont les notes s’éteignent dans le temps et l’espace.

Sur ‘’ Valéria ‘’ interprété par le Modern Jazz Quartet, on voit bien aussi que les notes de piano ont une précision et une « consistance » assez singulière. L’assise et la « constance » sont étonnantes : elles viennent enrichir, soutenir, et donner du crédit à l’interprétation.

4° Scène et image sonore

L’excellente alimentation et le soin habituel apporté à la réalisation de l’étage de sortie nous amène à découvrir une scène sonore suffisamment étoffée pour paraître crédible. Cependant, je ne saurais affirmer que celle-ci soit supérieure à celle des anciens modèles Special ou Initial….
Si l’aspect tri-dimensionnel n’atteint pas les sommets reconnus avec les autres lecteurs de la marque, le CD 100 n’est pas du tout limité sur l’ampleur de la scène. Sa générosité est même un atout : ce lecteur saura vous faire profiter pleinement de l’énergie et de l’ampleur d’une grande formation orchestrale, de la même manière que celle d’une formation plus « contenue ».

Le CD 100 n’a pas la folie des grandeurs, il fait honorablement son job et même un peu plus. Si la profondeur de champ est plus limitée que celle de ses grands frères, la mise en scène vous permettra aisément de bien cerner les contrastes entre les groupes d’instruments et les différents plans. L’image est structurée et reste stoïque en matière stabilité en toutes circonstances.

Par ailleurs, le CD 100 se distingue par une scène sonore aérée et qui prend parfois une extension parfois insoupçonnée, pour ne pas dire surprenante.

5° Communication avec l’auditeur

Quoiqu’il en soit, le lecteur HERITAGE CD 100 est un instrument de musique à part entière qui a le pouvoir de « dialoguer » avec son auditoire. Il le fait spontanément, sans détours, sans caricatures, honnêtement et se concentre sur un point essentiel : procurer de l’émotion.

Ce lecteur est même aussi attachant que la musique qu’il est chargé de reproduire. En d’autres termes, il nous montre le chemin d’une musicalité d’une belle pureté vérifiée par mes soins au travers de différents extraits de ‘’ La Folia de la Spagna ‘’ par Gregorio Paniagua. Je n’aurais pas pensé que ce lecteur aille aussi loin sur certains paramètres. En matière d’analyse, ce lecteur va fouiller aussi loin qu’il le peut toute substance qui crée de la richesse : il traque et décortique un grand nombre de détails, et se trouve parfaitement à l’aise avec les nuances qui émane par exemple d’un jeu de clavecin. Les contrastes entre les notes graves et aigües de cet instrument sont bien distincts et prodigieusement reproduits. J’ai été très sensible aux bruits du mécanisme de cet instrument et me suit surpris à entendre assez distinctement les impacts si caractéristiques du sautereau sur les cordes de l’instrument.

Autours de ce clavecin, une pléthore d’instruments baroques s’invitent à vous imprégner de la musique du 16ème siècle, joyeuse, dansante parfois, originale en tout cas, où flûtes à bec, cromornes, et autres violes de gambe vous « déroulent » une tapisserie digne de celles d’Aubusson. Hautes en couleurs, riches en subtilités, finement travaillées les notes sont soigneusement « tissées » pour former une sorte de « toile musicale » artistique de grande valeur – qu’on se le dise !

Pour goûter à toutes ces substances et vous transposer dans cette ambiance musicale d’un autre temps, il est nécessaire d’avoir recours à un équipement qui réalise la prouesse de jouer juste. Le CD 100 fait partie de ces références et a répondu immédiatement à mes attentes et à mes préoccupations. Chacun des instruments cités m’a apporté ce que j’attendais de lui et surtout de beaux moments d’émotion.

Je dois aussi vous confier que j’ai été particulièrement ému par les prestations de Richard Galliano ‘’ BACH’s Music ‘’ lorsque celui-ci s’aventure à jouer le répertoire de Jean-Sébastien Bach. Accompagné d’un quatuor à cordes de « haute volée », cet artiste rend à sa façon un sublime hommage au « maître compositeur ». Le doigté de cet accordéoniste montre une osmose totale avec le compositeur Jean-Sébastien Bach. A travers la sonorité raffinée de son accordéon qui remplace celle du violon ou de l’orgue d’origine, l’interprète « investit » totalement la musique de Bach avec une verve tout à fait inhabituelle que notre lecteur CD « prend en charge » avec un degré de persuasion méritoire qui donne par instant la chair de poule. Cette alchimie, faite d’un métissage de cultures musicales différentes, apporte un souffle d’air nouveau que ce lecteur CD transforme en un tour de force musical inimaginable. Cet accordéon est réellement une source de luminosité qui prend une dimension comparable à celle d’un grand orgue.

Le coup de cœur, je l’ai eu sur bien des extraits, mais je dois volontiers reconnaître que certains extraits de ‘’ Les Marquises ‘’ de Jacques Brel m’ont laissé un souvenir que je ne suis pas près d’oublier. Il n’est pas nécessaire de se mettre en condition pour une écoute attentive : le CD 100 assure une reproduction confondante de réalisme. Je vous assure que la présence de l’auteur – compositeur – interprète dans la pièce d’écoute n’est nullement le fruit de mon imagination. Pendant toute la durée du test, j’ai eu le sentiment qu’il s’établissait entre Jacques Brel et moi une sorte de complicité musicale qui m’a permis de « décrypter » le sens et le pouvoir de ses mots par la diction impeccable, doublée d’une conviction ressentie à chaque instant. L’orchestration « légère » arrangée avec une minutie et une discrétion de bon ton, donne aux mots un sens plus profond, mettant davantage en valeur l’expression dans son ensemble dans la mesure où elle comporte tous les ingrédients nécessaires pour accompagner et souligner chaque phrase mettant en lumière le talent de Jacques Brel.

YBA CD 100 logo

Conclusion :

Après le succès musical des versions Spécial, Initial, et Intégré Classic, il a fallu à YBA développer un nouveau concept pour leur trouver un successeur. Ce successeur se devait d’être digne d’intérêt sur le plan musical, et s’inscrire dans une gamme de prix encore accessible. L’équation n’était pas forcément simple, mais YBA a trouvé le moyen de créer la surprise – et quelle surprise. Comme ses prédécesseurs, le CD 100 est un lecteur qui chante, là où tant d’autres sont, comme disait Jacques Brel, « tristes comme le canal ». Voici un bon et grand lecteur CD qui mérite bien son nom : HERITAGE.

Synthèse : Musicalité : remarquable
Appréciation personnelle : adhésion totale
Rapport musicalité – prix : imbattable

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Prix : 1490 € (12/2015)

Test d’écoute réalisé par
Lionel Schmitt