SUMIKO Pearl

SUMIKO PEARL

Cellule à aimant mobile MM

Bande passante : 12 Hz à 30 kHz
Sortie : 3.5 mV
Séparation entre canaux : 30 dB
Déviation entre canaux : 0.5 dB
Amortissement dynamique : 15 x 10-6 cm/dyne
Type d’aimant : elliptique 0.2 x 0.8 mm
Impédance d’entrée : 47 kOhms
Force d’appui possible : 1.5 – 2 g
Poids : 6 g

 

SUMIKO s’inscrit désormais dans le peloton des manufacturiers qui conçoivent et réalisent des produits  »délicats » que sont les cellules pour platines vinyle. Le catalogue est complet et comporte 2 gammes comportant au total 8 modèles MM ou MC. La Pearl fait partie de la gamme Oyster Séries. Il s’agit d’une cellule à aimant mobile très légère montée avec un diamant elliptique. Notre ami Jatapol a bien voulu nous en faire un compte rendu, et nous livre son sentiment après plusieurs heures d’écoute et d’utilisation.

 

ECOUTE

Les tests d’écoutes ont été effectués avec une platine vinyle PROJECT Début 3 associée avec un amplificateur intégré ROTEL RA-04, des enceintes acoustiques DAVIS MATISSE, et des câbles de modulation Banbridge Profigold 4200, cable HP Oehlbach 1063.

Après moultes hésitations, j’ai décidé de remplacer ma Goldring Elektra vieillissante par une Sumiko Pearl. J’avais aussi hésité avec des modèles Grado mais certains forums laissent penser qu’on peut avoir des problèmes de bruit de fond (« hum » en anglais) avec les Grado + Project Debut. J’étais globalement satisfait de l’Elektra, qui offre une belle sonorité sur l’ensemble du spectre, de l’aération entre les pupitres, une bonne spatialisation, des graves bien définis et percutants.
Les petits défauts relatifs seraient des aigus parfois un peu acides et un manque de définition sur les passages complexes et fortes. Au final, pour une cellule achetée environ 45 € sur un site anglais, un excellent rapport qualité-prix, à mon sens bien supérieur à l’Ortofon OM 5-E livrée avec la Debut III.

La Sumiko Pearl est dans la catégorie au-dessus, au moins au niveau prix : 90 €, toujours sur un site britannique. Voyons donc ce qu’elle apporte de plus.

La Pearl est livrée dans un boitier plastique blanc (genre écrin pour bague), on y trouve aussi un petit tournevis et une brosse pour la cellule, petits détails appréciables (je n’avais pas de brosse pour diamant…). Le capot de protection du diamant est bien conçu et facile à enlever et replacer. La finition dorée est flatteuse et fait « sérieux », plus que le plastique rouge et blanc de la Goldring. Les picots de connexion sont relativement courts et fins : j’ai eu des problèmes de contact défaillant avec les cosses du bras de la Project Début, résolus en insérant quelques brins de cuivre dans les cosses ce qui assure une bonne connexion avec les picots.

Les vis livrées sont juste assez longues pour y serrer les petits écrous fournis, il vaut mieux être deux pour arriver à visser la cellule sur le bras. Le poids de la cellule (6 g) est au dessus de ce qui est recommandé pour le bras de la Début III (5.5 g maxi) : j’ai finalement rajouté une rondelle d’acier, collée au contrepoids, ce qui a totalement résolu le problème d’équilibrage du bras. Une autre solution aurait été d’acheter un contre poids pour cellules de 6 à 9 g qu’on peut trouver en option chez Project.

J’ai réglé la force d’appui à 1.8 g, idem que sur la Goldring.

Première impression, aucun bruit de surface lorsque le diamant touche le disque, bon point.

Après cinq mois d’utilisation très régulière de ma platine avec la Sumiko Pearl, je ne peux que confirmer mes impressions initiales :

  • La Pearl va chercher la musique au fond des sillons et filtre très bien les bruits parasites de poussière et autres rayures de certains de mes vieux disques que je n’écoutais plus vu leur état. Encore mieux, des enregistrements de qualité passable (par exemple ceux de Kathleen Ferrier) sont si bien retranscrits qu’on n’apprécie que l’extraordinaire performance de l’artiste et que les défauts irritants de la prise de son passent au second plan.
  • Il y a une sorte de matité dans le son, comme si on écoutait dans une salle tendue de rideaux, mais ça ne nuit pas à la transparence pour autant, le son n’est ni brillant ni clinquant et les disques s’enchainent à fort volume sans fatigue ni récrimination de mon épouse, ce qui est bon signe !
  • La sonorité est naturelle et détaillée : pas de mise en avant d’un registre, beaucoup de détails, un très bon suivi des inflexions les plus légères des interprètes, je redécouvre des œuvres et des interprétations qui m’avaient laissé de marbre jusqu’à présent ; le grave est présent et tendu mais moins percutant qu’avec l’Elektra, sans doute un peu plus intégré au reste des pupitres; le medium est riche et donne une belle humanité aux voix, l’aigu n’est jamais perçant ni strident ; les attaques (guitare, piano) sont nettes et précises, les harmoniques riches et savoureuses.
  • Sur les fortes d’orchestre, où la Goldring donnait des signes de saturation, le message reste très lisible, tous les pupitres sont là bien identifiables, les timbres sont naturels et on se surprend à identifier chaque instrument facilement. La dynamique est fine, un peu moins explosive que la Goldring qui serait sans doute plus adaptée pour animer une soirée avec de la musique pop-rock-funk.
  • Enfin, la scène stéréo est vaste, il y a de l’air entre les pupitres, mais peut-être plus large que profonde : je ne ressens pas de manque sur ce point mais on pourrait imaginer plus d’étagement et de précision.

En conclusion , voici une cellule qui donne envie d’écouter disque après disque, qui apporte subtilité et naturel et permet d’apprécier pleinement les différences d’interprétations, notamment en musique classique qui représente 90% de mes écoutes.
Elle répond bien à ce que je cherchais et pallie les petites déficiences de la Goldring Elektra, au double de son prix aussi…
Je conseillerais donc la Goldring aux amateurs de pop-rock, tandis que la Sumiko Pearl est un bon choix pour le classique et sans doute le jazz.

Cotations : Musicalité : 9 / 10
Rapport qualité – prix : 10 / 10

 

Prix : 130 € (01/2011)

Ecoute réalisée par Jatapol