STORMAUDIO V35 VERTIGO

STORMAUDIO V35 VERTIGO

Origine : France
Ampli-préampli intégré à transistors
Puissance : 2 x 70 watts / 8 ohms
Bande passante : 3 Hz à 200 kHz
Distorsion : 0,015% pour 1 watt / 8 ohms
Rapport signal / bruit : 105 dB
5 entrées haut niveau,
1 entrée préamplificateur externe
1 sortie enregistreur,
1 sorties bloc de puissance externe

 

Il y a près d’un an, un peu par hasard, en parcourant Internet, j’étais tombé sur cette nouvelle marque d’électronique française née en 2010 : STORMAUDIO. Très intéressé par les 2 amplificateurs dotés d’une technologie  »révolutionnaire » présentés, je me demandais bien de quelle façon je pourrais les écouter dans un avenir proche. Mes vœux ont été en quelque sorte exhaussés puisque la société STORMAUDIO a mis aimablement à ma disposition le premier amplificateur de sa gamme : le V35 Vertigo – je tiens d’ailleurs à remercier les animateurs de STORMAUDIO de cette démarche volontaire.

On relèvera que si les 2 amplificateurs sont commercialisés depuis janvier 2010, leur travail de mise au point et de développement a nécessité plusieurs années, et pour tout dire a été initié dès 2004. Pour la petite histoire, STORMAUDIO est une société totalement française installée à Laval dans la Mayenne, dont la production est totalement artisanale au sens noble et premier du terme. Cela signifie que chaque produit est assemblé à la main, testé individuellement, et il en est de même pour la sélection des composants qui reflète bien la rigueur que les concepteurs se sont imposés.

Le V35 embarque d’origine la technologie Storm Focus qui a pour objet de transmettre beaucoup plus précisément l’énergie aux enceintes acoustiques dans le but d’améliorer de façon substantielle la précision des attaques et la scène sonore en matière de spatialisation.
Ce dispositif breveté, réglable par l’utilisateur permet de faire varier la contre-réaction en courant et en tension de façon simultanée, afin de pouvoir trouver un  »point d’équilibre » entre les étages de sortie et les enceintes, dans le but d’associer ces dernières de façon optimale en fonction de leur impédance nominale. C’est astucieux, il fallait y penser, et ce dispositif s’avère diablement efficace et très simple à régler à l’écoute avec une fourchette qui s’étend de 0 à 16 ohms.

Côté présentation, le V35 en jette à plus d’un titre. Sa façade est simple, dépouillée, et d’une finition irréprochable. Elle comporte le minimum de fonctions vitales : un interrupteur à effleurement de mise sous tension en son centre, à gauche un sélecteur de sources par relais, et à droite le réglage de volume utilisant un potentiomètre d’origine Alps motorisé, et….. c’est tout. On pourra peut-être regretter l’absence d’un réglage de balance souvent bien utile, et éventuellement une touche monitoring pour ceux qui utilisent encore (comme c’est mon cas) un ou plusieurs enregistreurs analogiques.
Cette face avant sobre de 10 mm d’épaisseur qui contribue grandement à la rigidité de l’ensemble, a fait l’objet d’un usinage méticuleux exécuté par un sous-traitant spécialisé de Metz, qui lui donne un aspect à la fois rassurant et esthétiquement réussi à mon goût. Le châssis en acier d’une épaisseur de 2 mm très rigide accueille 3 cartes regroupant l’ensemble des éléments électroniques, et tout a été mis en œuvre pour que le maximum de vibrations ou perturbations internes ou externes soient filtrées, et ne puissent nuire à la qualité musicale. Ce châssis repose sur 3 pieds étudiés spécialement pour un découplage optimal.

Le verso du V35 est bien fourni : on pourra connecter 5 sources haut niveau sur des fiches RCA de bonne qualité, dont une peut-être transformée de façon optionnelle en entrée phono à aimant mobile (MM) ou bobine mobile (MC) par insertion d’une carte enfichable. Une sortie enregistreur fait partie également de la panoplie de connexions possibles, et le V35 dont la section préamplificatrice et amplificatrice sont bridgées par d’épais cavaliers, pourra fonctionner soit en simple préamplificateur, soit en simple bloc de puissance.
Les très belles bornes HP protégées par une capsule en plastique ne permettent que le mono câblage (ça n’est pas un inconvénient en soi), mais tout type de branchement est possible : câble nu, fourches, et fiches bananes. On relèvera que les concepteurs ont eu la présence d’esprit de repérer la phase secteur par un point rouge sur la fiche IEC secteur, ce qui fera gagner un temps précieux à l’utilisateur pour trouver la phase adaptée – l’appareil y est d’ailleurs sensible. Enfin, la face arrière contient le fameux potentiomètre de réglage Storm Focus dont je reparlerais un peu plus loin.

Pour terminer la description, une petite télécommande permet de sélectionner les 5 sources, d’actionner la fonction mute, de régler le volume avec souplesse, et de mettre l’appareil en mode de mise veille. Lorsque le V35 est mis en mode « standby », le potentiomètre se met en position zéro mais garde en mémoire le dernier réglage sélectionné par l’utilisateur. Dès la remise sous tension, ce potentiomètre se repositionne sur le dernier réglage de gain connu : une petite touche de coquetterie, bien pratique tout de même

Je n’ai pas ouvert le capot, mais j’ai retenu que le V35 mis à ma disposition dans sa dernière version, est pourvu d’un transformateur toroïdal à double enroulement d’une capacité de 320 VA, soit 160 VA pour chaque carte – l’amplificateur étant configuré en mode double monophonique. Ce transformateur est astucieusement découplé par un système amortissant destiné à dissiper les vibrations inhérentes à son fonctionnement. Cet imposant transformateur est accompagné par une série de condensateurs d’origine Vishay : 12 condensateurs de 1000 micro farads complétés par 4 condensateurs de 3300 micro farads par carte, et donc par canal.
Cette alimentation garantit ainsi une stabilité du courant à toute épreuve, et une tenue en puissance en toutes circonstances. Les concepteurs indiquent que le schéma est du type totalement symétrique. Les transistors de sortie montés en double push-pull sont d’origine Sanken.

 

ECOUTE

Les tests d’écoutes ont été effectués avec un lecteur YBA CD 3 Classic Sigma, une paire d’enceintes acoustiques PEL Kantor, et câbles de modulation et HP YBA Glass et Diamond. Pour l’écoute vinyle : préamplificateur YBA Classic 3 Delta avec entrée phono MM, platine vinyle THORENS TD 166 Mk2, cellule REGA Elys 2, câble QED Q performance 2 et YBA Glass.

Voilà près de 35 ans que j’écoute des produits, des associations de produits audio, d’origines et de marques bien différentes, et je dois avouer ici qu’il m’en faut beaucoup pour m’impressionner et m’émouvoir. Ainsi, dans une gamme de prix raisonnable, rares sont les produits qui apportent ce petit quelque chose de plus qui contribue à vous approcher, et  »communier » si je puis dire avec les musiciens. Eh bien, vous le croirez on non, le V35 fait partie de ces électroniques, qui si elles sont bien accompagnées, vous font frissonner et vous font redécouvrir vos CD ou vinyles préférés.

CD utilisés  : Double jeux par Laurent Korcia, CD Requiem de Mozart par Karajan, Toccata et Fugue de Bach – Direction Léopold Stokowski, la Folia de Gregorio Paniagua, Modern Jazz Quartet with Laurindo Almeida, Tri Yann et l’Orchestre National des Pays de Loire – volume 2, Misa Criolla – Kyrié d’Ariel Ramirez par José Luis Ocejo, Meddle par Pink Floyd.

Disques vinyles  : Gwendal – Volume 4, musique du film Barry Lindon.

Pour ce test d’écoute, j’ai éclaté les écoutes en fonction de critères qui me semblent significatifs.

1° Communication avec l’auditeur

A n’en pas douter un seul instant, une des grande force de ce V35 est l’aspect communicatif qui se caractérise par une présence significative des musiciens dans la pièce d’écoute. Sur le disque de Laurent Korcia – double jeux, les instruments sont à portée de mains (d’oreille devrais-je dire). Fort bien positionnés, les musiciens jouent  »vrai » pour le plus grand plaisir de l’auditeur. Les instruments prennent une place clairement identifiable au sein de la scène sonore, et sont d’une présence assez inhabituelle dans le lieu d’écoute, avec une dimension qui n’est ni spectaculaire, ni rabougrie, ou éloignée, y compris à faible niveau d’écoute. J’ai retrouvé ce sentiment de proximité à l’écoute de Gwendal où la flûte traversière et le violon se complètent de façon admirable. A cet effet, on entend à la fois très distinctement la reprise du souffle du flûtiste entre chaque note avec une part d’émotion peu commune sur des électroniques de cette gamme. Le jeu de violon est à la fois fin, ciselé, matérialisé, précis, et ne fait jamais preuve d’agressivité. Par ailleurs sur chacun de ces enregistrements, on perçoit nettement les vibratos de main gauche sur le manche de l’instrument.

Là où le V35 démontre ses capacités à communiquer avec l’auditeur, c’est en écoutant le Requiem de Mozart et plus particulièrement sur l’Introduction et le Kyrié qui vous enveloppent carrément dans le flot des chœurs et de l’orchestre dirigés par Karajan. La montée en puissance de l’ensemble est étonnante, et contribue à donner des frissons permanents d’un bout à l’autre du morceau de musique. La soliste Soprano Maria Stader s’exprime avec une telle grâce et une telle conviction qu’il est impossible de détacher son attention de l’écoute. Ceci m’amène tout de suite à souligner qu’avec cet amplificateur, l’auditeur ne va pas chercher la musique, mais au contraire, c’est la musique qui s’offre à lui de façon libre spontanée, libre, et prenante. En ce qui me concerne, j’ai réellement eu l’impression de « communier » avec les interprètes, d’être présents avec eux sur le lieu de l’enregistrement.

Le sommet est atteint avec la Misa Criolla – Kyrié d’Ariel Ramirez dirigée par José Luis Ocejo, qui confirme en tous points cette présence singulière et assez rare dans la pièce d’écoute : c’est à la fois surprenant, et même renversant. On semble complètement immergé au cœur de la musique tant les interprètes s’expriment avec foie et conviction; un beau moment de partage en tout cas.

2° Timbres

Dans la continuité de son esprit communicatif, on peut souligner la qualité et le respect des timbres. J’ai vraiment apprécié cette très bonne neutralité et l’aspect chantant dont fait preuve cet amplificateur, notamment sur le jeu de clavecin par de la Folia de Gregorio Paniagua. Ce clavecin offre un grain et une matérialisation très proches de l’original : on observe alors un excellent contraste entre l’aspect un peu mat et étincelant de l’instrument (selon les notes de musique). Le pizzicato du violon et la guitare sont  »formulés » dans un esprit tout aussi réaliste, savamment équilibré, et aucune trace d’agressivité n’est à relever – au contraire, le V35 respecte toujours la fluidité des instruments d’origine. Les percussions sont proposées avec un sens du détail rigoureux, des teintes sonores franches et vraisemblables, et une distinction plutôt rencontrées sur des produits de gamme et / ou de prix bien supérieurs.

Compte tenu de ses facultés à bien cerner chaque instrument, j’attendais le V35 au coin du bois : il arrive assez souvent que le jeu de violon fasse preuve d’agressivité ou, selon le cas, se résume par une restitution faisant figure de crin-crin. Sur ce point, le V35 n’a pas pu être pris en défaut, et qu’il s’agisse du violon de Laurent Korcia, de celui utilisé sur la Folia de Gregorio Paniagua, le violon du soliste de Gwendal, et même le violon électrifié très présent chez Tri Yann, on est toujours en présence d’une restitution à la fois fine, soyeuse, précise, et réellement respectueuse de l’instrument de musique lui même, mettant en évidence son fruité ou sa couleur singulière. Les timbres sont très variés, et permettent d’apprécier à leur juste valeur la teinte de chaque instrument de musique.
Un excellent point est à relever sur l’extrait de la Sarabande de Haendel (vinyle de la bande originale Barry Lindon), dont le jeu de violoncelle se caractérise par une sublime matérialisation, qui confirme l’aspect naturel. Cette constatation est suffisamment significative pour être citée en exemple.

3° Fluidité

Dès les premières minutes d’écoutes, on a tout de suite ce sentiment immédiat que les notes s’enchaînent adroitement sans trace de crispation ou de  »chevauchement », avec une touche de délicatesse qui donne cette fameuse sensation qui touche l’auditeur en quête de vérité sonore. Cette sensation est perceptible sur tous les extraits, et j’y ai été plus particulièrement sensible lors de l’écoute de la Sarabande de Haendel et du Requiem de Mozart.
Le V35 a la faculté de faire durer les notes de musique dans le temps et l’espace : elles s’éteignent doucement sans coupure brutale – cela m’amène à insister sur cette faculté à restituer la musique avec une forme de liberté et un côté très aérien, notamment sur les « nappes » de violons. La musique coule avec un aspect naturel, une magnifique aisance, et une onctuosité qui accrochent l’auditeur de manière constante.
A aucun moment, au fil des écoutes, je n’ai eu une impression de lassitude, et les écoutes confirment un bonheur d’écoute permanent. En tous les cas, et quelque soit la qualité de l’enregistrement, la fluidité n’appelle que des éloges et vient compléter la cohérence d’ensemble, et une forme de « velouté » des plus agréable qui soit.

4° Scène sonore et transparence

S’agissant de la scène sonore, cet amplificateur intégré est conforme à ce que les concepteurs revendiquent : le côté holographique est clairement mis en avant. Mais, entendons nous bien : le V35 ne jette en aucun cas l’interprétation à la figure de l’auditeur, il met simplement en évidence les plans sonores qui doivent être mis en avant, et place de manière méthodique ces différents plans et musiciens en fonction de leur position lors de la prise de son. Je ne dirais pas que le V35 grossit artificiellement tel ou tel instrument de musique, groupe de musiciens, ou interprète, mais qu’il a une faculté à mettre en évidence ce qui doit être mis en valeur. La côté ouvert de la scène sonore permet en outre d’apprécier l’excellente spatialisation, et on a jamais l’impression que les interprètes sont entassés les uns sur les autres.

Par ailleurs, pour rassurer les sceptiques ou ceux qui pourraient s’interroger sur le côté linéaire, le réglage de Storm Focus permet de doser finement ce « phénomène » holographique en fonction des enceintes acoustiques et éventuellement de la pièce d’écoute. Quoiqu’il en soit, cette scène sonore est toujours ample, généreuse, et n’est jamais être envahissante. Lorsque l’orchestration est chargée, le V35 ne relègue pas au second rang les instruments de musique  »secondaires ». Ainsi, sur différents extraits de Tri Yann et l’ONPL, je n’ai eu aucune difficulté à entendre le tintement du triangle, parfois totalement occulté par la masse de l’orchestre, et les jeux de cromorne ou de mandoline sont bien présents, bien à leur place, et s’expriment de façon largement audible sans qu’il ne soit nécessaire de tendre l’oreille ou de les deviner.
Ensuite, j’ai bien apprécié l’aspect structuré de la scène sonore, où chaque instrument de musique prend sa place, à gauche, à droite, au centre avec une focalisation cohérente. Le V35 a aussi cette faculté de proposer une hauteur et une profondeur de scène sonore crédibles, permettant d’apprécier un étagement des plans fort bien proportionné.

Sur le plan de la transparence générale, et en complément de la qualité des timbres relevée, j’ai eu le sentiment que les enceintes acoustiques disparaissaient du paysage au seul profit de la musique. Oui, le V35 est analytique, et se singularise en outre par une musicalité qui met en évidence la matérialisation et l’excellent grain des instruments de musique, ainsi que l’aspect humain des voix solistes ou des chœurs. Le très bon détourage et la luminosité particulière dont fait preuve le V35, favorisent une localisation aisée et un suivi mélodique évidents à entendre. Il n’est pas question de laisser dans l’ombre telle ou telle subtilité, ou d’infimes détails.
Pour illustrer mon propos, sur la Toccata et Fugue de Jean Sébastien Bach transcrite pour orchestre et réenregistrée par Léopold Stokowski pour Decca London, j’ai été littéralement muet d’admiration devant les vibratos d’un jeu de violoncelle d’un réalisme étonnant, et la légèreté des notes de harpe faisant preuve d’une transparence et d’une présence frémissantes, tandis que viennent vous chatouiller l’oreille, une multitude de petits bruits ambiants captés par la prise son fort bien réalisée au demeurant.

5° Dynamique et réactivité

Là où le V35 marque encore des points par rapport à ses concurrents de gamme voisine, c’est avec sa faculté à maîtriser la dynamique, à l’appréhender avec respect et justesse. Le V35 a réellement des  »chevaux sous le capot », eu égard à son alimentation généreuse qui lui permet d’être disponible lors des attaques ou grands écarts de dynamique. A aucun moment, le V35 n’a failli a sa mission : ce constat est fait sur les passages complexes et chargés, lorsque l’Orchestre National des Pays de Loire accompagne le Groupe Tri Yann. Tout est parfaitement contrôlé de façon minutieuse : chaque groupe d’instruments de musique, chœurs, vocaux solistes, est à sa place et la réaction est immédiate lorsque la situation l’exige. Aucune trace de traînage n’est à relever, pas plus qu’un effondrement de la dynamique ou de la scène sonore. Les capacités à réagir sont instantanées : sur l’extrait Valéria du Modern Jazz Quartet with Laurindo Almeida, le jeu de contrebasse et de piano sont d’une régularité remarquable, avec un suivi mélodique et une lisibilité à citer en exemple. Mon attention a aussi été retenue par cette faculté de toujours laisser une place aux micro détails lorsque l’interprétation devient complexe – tous les instruments sont toujours restitués de façon intelligible, raisonnée, avec ce sens du détail déjà évoqué.

Un petit test supplémentaire afin de pousser le V35 dans ses derniers retranchements et apprécier son réel potentiel en matière de dynamique et de réactivité. Avec Meddle de Pink Floyd : ça bouge, ça secoue, ça déménage, avec clarté et discernement. Il n’est pas inutile de souligner qu’avec le V35, la restitution n’est jamais vulgaire, ou brouillonne. Ici encore, chaque instrument est proposé avec une remarquable lisibilité comme j’ai pu en juger avec le jeu de basse, qui, au demeurant, confirme les propensions de l’amplificateur à descendre très bas dans le registre grave. Par ailleurs, toutes ce remarques vont dans le sens d’une stabilité remarquable en toutes circonstances, doublée d’une facilité à s’exprimer avec une belle aisance. Une mention toute particulière est à décerner aux jeux de cymbales, précis, affûtés, et leur faculté à se propager et se prolonger dans le temps avec la résonnance souhaitée.

Une autre caractéristique permet au V35 de se mettre en avant : il s’agit du poids que peuvent prendre certains instruments de musiques tels que les percussions, la batterie, la basse. Jamais lourdes, les percussions parfois légères dans certaines circonstances, ou un peu maigrichonnes dans d’autres cas, sont livrées à l’auditeur avec le poids attendu. De surcroît, l’impact sur la peau du tambour, et le côté plein et raisonnant confirment une maîtrise assurée, une  »saveur », et un aspect enveloppant très caractéristiques et vraisemblable. Attention, le V35 n’est jamais lourd ou gras, ou au contraire trop léger. Cet amplificateur s’évertue à respecter les timbres et la ligne mélodique – il s’exprime à la fois avec autorité et beaucoup de nuances.

Cas du réglage Storm Focus

Placé à l’arrière de l’appareil ce réglage de  »Focus », unique en son genre, a pour objet d’adapter les enceintes acoustiques de façon optimale à l’amplificateur. Avec les PEL Kantor, dont l’impédance moyenne de 4 ohms, ce réglage a été effectué sur 4 ohms. Selon le réglage, il se passe des choses pour le moins inhabituelles.
A 16 ohms, la sonorité d’ensemble devient plus pleine, les timbres perdent en coloration, mais la dynamique prend davantage de volume. Le réglage placé sur zéro, la dynamique perd de son intensité et la scène sonore devient plus étroite, mais les couleurs musicales demeurent intactes et variées.
A mi parcours (8 ohms) on arrive à un excellent compromis qui offre une dynamique quasiment optimale et la couleur des timbres est assez proche du réglage optimal retenu pour ce test : soit 4 ohms.
On relèvera que, même si ça n’est pas sa fonction première, ce réglage souple permet en outre une forme d’adaptation complémentaire des enceintes par rapport à la pièce d’écoute, et que les changements de tonalité inhérents au réglage fins pourront aussi permettre de corriger certaines imperfections de l’enregistrement.

Conclusion   :

Il y a un an, comme beaucoup d’audiophiles, je ne connaissais pas cette STORMAUDIO. Aujourd’hui, j’ai pu apprécier à leur juste valeur les prestations de l’intégré d’entrée de gamme V35. Certes, cet amplificateur m’a séduit et enthousiasmé. Plus qu’une simple nouveauté, le V35 a été pour moi une révélation tant ses qualités et ses talents cachés sont nombreux.
Pour peu que la source, les câbles, et les enceintes soient soigneusement choisis, cet amplificateur emmènera très loin les mélomanes et les audiophiles qui recherchent une forme de pureté et de richesse musicale. Il s’agit donc d’un produit très abouti techniquement et musicalement très naturel.

Cotations : Musicalité : remarquable
Rapport qualité – prix : très bon

 

Prix : 2390 € ( 02/2011) Prix option phono MM : 150 €

 

Ecoute réalisée par
Lionel.Schmitt