SONUS FABER TOY

SONUS FABER – TOY

Origine : Italie
Enceinte 2 voies / 2 HP – bass-reflex
Rendement : 87 dB / 1w / 1m 2.83 V/1m
Impédance moyenne : 8 ohms
Réponse en fréquence : 60 Hz à 25 kHz
Dimensions : ( H x L x P ) 265 x 185 x 270

Toy

SONUS FABER n’est pas une marque d’enceintes acoustiques que l’on rencontre à chaque coin de rue, ni en France, ni à l’étranger. Pourtant bien importée sur notre sol, cette marque Italienne mérite que l’on s’y intéresse de près, car les produits relèvent plus de l’artisanat au sens noble du terme, que de la fabrication industrielle. Mieux encore, c’est davantage le côté lutherie qui insuffle au concepteur un art de présenter ses produits et de les faire sonner comme des instruments de musique, et à ce propos le nom de certaines références ne laisse aucun doute sur ce sujet.

Je dois avouer que c’est le pur hasard qui m’a conduit à découvrir le modèle Toy dont il est question ici, et que les écoutes se sont déroulées chez un particulier désirant me faire partager ses impressions pour sa récente acquisition.

La Toy appartient à la gamme « Toy Collection » qui comprend deux autres modèles : la Toy Tower, et la Toy Center. Cette enceinte très compacte présentée en 2008 est une deux voies / deux haut-parleurs, de type bass-reflex. Son évent de décompression est installé en face arrière. Cette face reçoit deux borniers de grande qualité permettant la connexion de fiches bananes, l’utilisation de fourches, ou simplement de câbles nus. En revanche, on notera que la Toy interdit le bi-câblage.
Visuellement, la première chose qui retient l’attention est la finition tout en cuir noir; d’autres finitions sont désormais disponibles sur demande. Les haut-parleurs de la Toy ont été choisis parmi les meilleurs disponibles : le tweeter de 25mm avec radiateur annulaire et aimants au néodyme est du même type que ceux utilisés sur la série Cremona M. L’unité de médium-grave de 110mm possède un cône en cellulose à revêtement spécial, garant d’une restitution très naturelle. SONUS FABER, orfèvre en la matière, a doté la Toy d’un filtrage superlatif de type troisième ordre non résonnant à mise en phase optimisée, garant d’une dynamique et d’une transparence inégalées.

Le coffret est constitué de joues découplées anti-résonnance, et la forme biseautée, qui rappelle furieusement une certaine PEL Quattro ou Séréna, a pour objectif d’optimiser la mise en phase entre le tweeter et le haut-parleur de médium / grave et favoriser l’étagement des plans.

 

ECOUTE

Les tests d’écoute ont été effectués avec le matériel suivant : YBA Ligne 2 Alpha : préamplificateur, bloc de puissance DT, lecteur CD – câbles de modulation et HP sans origine précise.


CD utilisés  : pour les tests : Requiem de Mozart par Herbert Von Karajan – Tri Yann et l’Orchestre National des Pays de Loire – Modern Jazz Quartet with Laurindo Almeida.

1° Timbres 

Le particulier qui a osé associer les Toy avec un ensemble YBA Classic 2 a vu grand ! il n’était pas question pour lui de se tromper sur ce coup là, d’autant qu’il n’avait pas effectué de tests d’écoutes préalables, et le pari était osé. Oui, il a vu grand, mais il a vu juste ! L’association de l’ensemble YBA de référence avec les SONUS FABER est d’un bien bel effet. D’un côté : un ensemble audio neutre, fin, transparent, et de l’autre : les Toy qui n’ont aucun mal à lui emboîter le pas. Dès la première approche, les timbres m’ont semblé sonner juste, avec un accent privilégiant la douceur et la fluidité. Sur les premières notes de musique, on a vraiment un sentiment d’être en présence d’une écoute raffinée et élégante. Prenons pour référence les vocaux : que se soit la soliste Maria Stader ou les chœurs qui l’accompagnent sur le Requiem de Mozart, ceux-ci garantissent une restitution naturelle, et pleine de chaleur humaine. On retrouve également cette ambiance particulière sur différents extraits de Tri Yann et l’Onpl, dont la prise de son est pourtant nettement moins soignée.

Dans un autre esprit, j’ai été agréablement surpris par le magnifique filé de cordes qui accompagne l’Orchestre Philarmonique de Berlin, qui délivre une texture légèrement feutrée, et dépourvue de toute forme d’agressivité. Les teintes sonores apparaissent globalement contrastées, mettant en évidence les couleurs propres à chaque instrument de musique. La Toy n’est toutefois pas l’enceinte acoustique la plus neutre, mais elle est dépourvue de colorations inappropriées, boursoufflures quelconques, ou au contraire de formes d’acidité sur certains instruments de musique. Une chose qui revêt son importance : l’identité des instruments de musique et de leurs intervenants apparaît tombe sous le sens, et les quelques notes d’un petit triangle, ou du jeu de mandoline sont assez bien mis en évidence.

2° Scène sonore 

Compte tenu de sa taille réduite, je dois avouer que cette enceinte acoustique m’a très agréablement surpris par ses capacités à s’exprimer de façon aisée dans une pièce d’écoute d’environ 20 m². La scène sonore donne l’impression d’être solidement campée entre les enceintes. En effet, la scène sonore se déploie de manière généreuse, en hauteur, largeur, et surtout profondeur.
Certes, le volume sonore n’atteint pas celui d’une colonne de grande dimension, mais la musique emplit bien le lieu d’écoute et fort niveau, la Toy n’accuse aucune faiblesse ou forme de quelconque limite. Le registre grave quelque peu limité ne frustrera à mon avis personne – il n’est donc pas utile d’avoir recours à un caisson de grave complémentaire. La « gestion » du grave est souple et ses capacités à suivre la ligne mélodique permettent à la contrebasse de prendre une bonne dimension, et de contribuer à sa lisibilité de manière précise. Le positionnement des musiciens dans la pièce donne une impression d’écoute aérée ; en tout cas, loin d’être confinée. On peut aussi se satisfaire de la façon dont se comporte le piano : celui-ci prend toute sa place au sein de la scène sonore. Bien positionné entre les enceintes acoustiques, son jeu est impeccablement diffusé. Les attaques sont franches, nettes, sans bavures, et n’apparaissent pas objectivement limitées. Certes, le poids des notes n’est sans doute pas celui d’une enceinte de volume supérieur, mais soyons sincères, il serait un peu mesquin de formuler des critiques sur une quelconque forme d’atrophie.

En outre, ce qu’il y a d’intéressant à faire remarquer est, qu’au fil des écoutes, on observe une structure de l’étagement des plans intéressante, bien « agencée », sans aucun doute liée à la mise en phase entre le tweeter et le haut-parleur de médium / grave. Ce phénomène est très perceptible lorsque l’on écoute, par exemple, le Requiem de Mozart. Les différents pupitres prennent leur place de manière logique et évoquent leur positionnement dans le studio d’enregistrement. La profondeur de scène sonore va dans le même sens et confirme cette volonté de placer les instruments et voix au bon endroit.

3° Transparence – Communication avec l’auditeur

Dans la continuité de ce qui a été décrit ci-avant concernant l’excellent comportement de la scène sonore, cette petite enceinte « jouet » ne masque pas grand chose de certains détails qui caractérisent les bons enregistrements. Si l’on écoute Tri Yann avec l’Onpl, ne seront pas relégués au second rang les succinctes interventions du triangle, du jeu de mandoline, ou encore du cromorne. Nous sommes d’accord, le système YBA possède des facultés à mettre en évidence les micros informations, mais les enceintes et / ou les câbles pourraient contribuer à jeter une forme de voile sur l’aspect cristallin de certains instruments de musique. Rassurez vous, il n’en est rien, et malgré le caractère légèrement mat qui caractérise cette enceinte acoustique, les nappes de violons sont finement proposées à l’auditeur, et un très grand nombre de détails ressortent de la masse orchestrale avec une belle distinction.
Si j’avais toutefois une critique à formuler, je pense tout de même qu’un meilleur détourage des instruments manque au tableau pour que cette enceinte puisse être qualifiée de parfaite. En effet, il subsiste tout de même un très léger flou autours du jeu de violon, de la mandoline, et du cromorne, qui se traduit par une douceur un petit trop prononcée à mon goût. Naturellement, on pourrait mettre cette observation sur le compte du câblage……..

Question communication avec l’auditeur, on sent bien que le concepteur s’est penché sérieusement sur la question. La première remarque portera à la fois sur les chœurs qui accompagnent de façon magistrale le Requiem de Mozart et le Groupe Tri Yann. Outre les propensions à s’exprimer avec ferveur et spontanéité, on observe une volonté incontestable de la part des Toy à communiquer avec l’auditeur. L’expression de ces chœurs confirment le travail accompli pour offrir un aspect très naturel et respectueux des timbres. Sur le Requiem de Mozart, la soliste soprano Maria Stader nous fait incontestablement partager toutes ses émotions et sa conviction à chanter Mozart – c’est réellement très  »prenant » à entendre, d’autant que l’accompagnement orchestral est minutieusement organisé autours de l’interprète afin de mettre en valeur la partie vocale.
Ensuite, et d’une façon globale, on observe beaucoup de variété et de nuance dans le jeu des musiciens : c’est assez flagrant sur les grandes envolées que peut prendre l’Orchestre National des Pays de Loire à certains moments.

Dynamique – réactivité – rigueur

Petite enceinte acoustique, mais bonne rigueur générale ! Si la Toy ne rechigne pas à s’exprimer clairement, elle ne dérape pas non plus lorsqu’on la bouscule un peu. Les charges complexes du Requiem de Mozart, ainsi que les montées en puissance de l’Onpl et des chœurs puissants qui l’accompagnent, auxquels s’ajoutent des solos de guitare électrique et des frappes de batterie parfois incisives, ne lui font pas peur. A aucun moment la confusion ne s’installe, la Toy met un point d’honneur à rester stable.
La dynamique est bel et bien au rendez vous : la Toy ne s’affole pas et réagit même avec une forme de brio que peu d’enceintes compactes peuvent revendiquer. Autant le dire, la fluidité est un point fort à mettre à l’actif de cette enceinte. Finalement à l’aise sur pas mal de registres musicaux différents, la Toy devient même attachante et montre qu’elle est capable de faire preuve de souplesse et de discernement dans pratiquement tous les domaines. Sur l’extrait Valéria de Modern Jazz Quartet, j’ai tout de même voulu vérifier comment se comportait le vibraphone, qui met parfois certains systèmes à  »genou ». Eh bien, je dois avouer qu’aucun dérapage ou vibration exagérés n’ont été détectée au point de descendre le volume sonore. Le test a été très positif, et dans la même ordre d’idée, le piano joue sa partition avec la même forme de rigueur et de souplesse, sans débordement et sans bavure, et je me plais à souligner ici le coté franc et droit de l’instrument.

Conclusion  :

Très objectivement, le « jouet » de SONUS FABER est surprenant à bien des égards. Sa taille ne laisse pas présager de ses facultés à s’exprimer aussi bien, si l’on prend en considération l’ensemble YBA qui y était associé. La Toy procure même d’excellentes surprises à fort volume sonore. Le registre grave apparaît comme satisfaisant pour une enceinte de cette taille, le médium très naturel ne démérite pas non plus, et assure une bonne transition avec le registre aigu suffisamment fin pour laisser passer beaucoup d’informations, et assurer un excellent équilibre tonal.

Cotations : Musicalité : 9 / 10
Rapport qualité – prix : 10 / 10

 

Prix : 850 € ( 08/2011) Finition cuir

 

Ecoute réalisée par
Lionel.Schmitt