SIM AUDIO Moon CD 5.3 Classic Serie

SIM AUDIO Moon CD 5.3 Classic Serie

Origine : Canada
Bande passante : 2 Hz à 72 kHz
Rapport signal/bruit : > 114 dB
Séparation des canaux : 112 dB
Distorsion : < 0,003% à 0 dB / – 3dB
Conversion : 24 bits – 192 kHz

 

Moon CD 5.3

Le lecteur Moon CD 5.3 de chez Sim Audio constitue lui aussi une excellente surprise. Ce lecteur intégré reprend l’esthétique de la série Classique du constructeur Canadien.
Le concept général et la construction sont réalisés avec le même soin que les autres appareils de la série. Ainsi, nous ne sommes pas surpris de retrouver le châssis ultra rigide réalisé en acier et en aluminium reposant sur les 4 cônes en laiton qui garantissent une immunité parfaite sur le plan du découplage; et Dieu sait si les lecteurs CD sont sensibles au phénomène  » vibratoire « .

La face avant en aluminium de 12 mm d’épaisseur accueille, autour d’un afficheur de couleur rouge débrayable, les principales fonctions de cette source ainsi que le tiroir de chargement du CD. Les autres fonctions essentiellement de programmation sont rassemblées sur une télécommande universelle.

La face arrière du lecteur accueille 3 connecteurs RCA de très haute qualité qui sont directement boulonnés sur le châssis. Deux connecteurs permettent de relier l’appareil à un préamplificateur ou un amplificateur intégré en mode asymétrique analogique, mais une troisième sortie au format S/PDIF sera dédiée au cas échéant à récupérer le signal numérique pour une utilisation avec un convertisseur séparé.
A noter le CD 5.3 peut être livré aussi avec des connecteurs XLR permettant l’utilisation en mode symétrique total.
Enfin, la prise IEC sera susceptible d’accueillir un câble secteur de qualité, bien que celui livré d’origine par le constructeur soit au dessus de tout soupçon. Bien entendu, la mise sous tension de l’appareil s’effectue via un interrupteur placé en face arrière, ce qui signifie que ce lecteur peut et doit rester en permanence sous tension afin de tirer le meilleur parti de ses qualités musicales à tout moment.

Moon CD 5.3 inérieur

Sur le plan mécanique, le CD Moon 5.3 utilise un ensemble Philips référence CDM 12 que les concepteurs ont pris soin de découpler, et une optimisation permettra d’obtenir une lecture des disques sans faille, et avec éviter au maximum la sollicitation du logiciel de correction d’erreurs.
Sim Audio a veillé à soigner les alimentations de son lecteur en faisant appel à 2 alimentations totalement séparées : une pour la mécanique, les circuits de gestion, et la section numérique, l’autre dédiée aux seuls étages de sortie analogiques réalisés en mode symétrique. Chaque alimentation possède son propre transformateur toroïdal.

Si la section analogique a fait l’objet d’une recherche poussée, la section numérique n’est pas en reste non plus car elle utilise un convertisseur d’origine Burr Brown 24 bits – 192 kHz. Le filtre numérique travaille en mode 24 bit – 352,8kHz. La section analogique bénéficie d’un traitement de faveur avec des composants électroniques de premier choix triés à l’oreille comme il est de coutume sur ce type de matériel. Comme je l’ai déjà évoqué un peu plus haut, cet étage de sortie est configuré en mode symétrique, et chaque canal travaille de façon autonome.

ECOUTE

Les tests d’écoutes ont été effectués avec un lecteur l’amplificateur intégré SIM AUDIO Moon I 5.3, une paire d’enceintes acoustiques PE Léon Kantor et des câbles YBA Diamond. ( Compte rendu en pages respectives amplificateurs, enceintes, câbles )

Test N° 1 : Musique Classique

J’ai effectué de nombreux tests d’écoutes avec différents styles de musique. Comme je l’ai déjà mentionné pour l’amplificateur intégré Moon 5.3, le CD 5.3 constitue une véritable révélation musicale.
Sur de la musique classique et en association avec l’amplificateur Moon 5.3, le CD 5.3 restitue une musique très raffinée, précise, ample, avec une fluidité remarquable. A l’écoute des extraits Tambourin 1 et 2 et l’Entrée des Guerriers tirés du CD de Dardanus de Jean Philippe Rameau ainsi que sur les Concertos Brandebourgeois de Bach dirigés par Trevor Pinock, on est littéralement conquis par la section de cordes à la fois lisse, ouverte, précise, et d’une formidable vigueur. Le clavecin est reproduit avec un superbe grain et une ligne mélodique riche, variée, et qui respire l’authenticité.

Dans un autre registre, le violon de Laurent Korcia qui peut paraître agressif au sein de certains systèmes, est restitué de manière émouvante avec un velouté d’une rare vraisemblance. Le CD 5.3 propose une restitution très fouillée, fourmillant de détails, mais jamais agressive. Si le registre aigu file bien haut, le registre grave n’est pas en reste : il descend très bas avec une fermeté et une précision impeccable, comme en témoignent les percussions présentes sur le CD Dardanus par exemple.
Le registre médium vient s’intercaler entre le grave et l’aigu de manière aisée ce qui permet de confirmer la profondeur de la scène sonore et un aspect tridimensionnel assez surprenant. La remarquable présence et l’équilibre global se confirment à travers des partitions de violoncelle, et naturellement sur les vocaux.

Test N° 2 : Musique à bases de vocaux Tri Yann et Henri Salvador

Les tests effectués avec les CD Tri yann et l’Orchestre National des Pays de Loire – Volume 2, et Jardin d’Hiver interprété par Henri Salvador démontrent une belle générosité, un respect des timbres, et côté humain qui s’appréciera au niveau de chacune des chansons écoutées. J’ai été littéralement bluffé par l’aspect très communicatif et naturel de la voix d’Henri Salvador, mais aussi par l’accompagnement musical et l’ orchestration très riche, complétée par un très bel équilibre subjectif.

Sur l’album de Tri Yann enregistré en public, on distingue dans la masse orchestrale de l’Ensemble des Pays de Loire beaucoup de petits détails pas toujours évidents à appréhender, tels que le son d’un triangle, de discrètes petites percussions, mais aussi la beauté d’un jeu de guitare acoustique, ou d’une harpe classique, qui m’amènent à insister sur une forme de transparence hors du commun. Les percussions prennent corps sans accuser de restriction ou retenue d’aucune sorte. Les vocaux solos, ainsi que les choeurs sont d’une puissance remarquable et proposés avec majesté et vigueur.
Pour les passages orchestraux chargés, le CD 5.3 ne se laisse pas impressionner par les difficultés d’une masse orchestrale qui monte en régime. Tout est distinct à l’écoute, ainsi les violons s’envolent littéralement, et les coups de cymbale sont d’une netteté extraordinaire. Un excellent point aussi pour la restitution des instruments à bois : hautbois, chalémie, et basson qui flirtent avec la perfection – pour qui connaît bien ces instruments. Les puristes seront sensibles à l’éclat des applaudissements qui font preuve d’un beau sens du réalisme.

Test N° 3 : Jazz et Musique Orchestrale

Sur de la musique de jazz, avec l’écoute du CD COLLABORATION interprété par The Modern Jazz Quartet with L. Almeida, le CD 5.3 confirme les innombrables qualités musicales déjà évoquées avec l’amplificateur intégré Moon 5.3.
Sur l’extrait Valéria, on ne pourra que rester muet d’admiration devant le jeu de contrebasse plein de vivacité qui nous est proposé. Sans pour autant explorer des sons abyssaux, il faut se rendre à l’évidence, la contrebasse descend à des fréquences réalistes, mais prend aussi une dimension réelle. Par ailleurs, la restitution de la ligne mélodique de l’instrument est d’une magnifique lisibilité, et d’une rare précision.
La même remarque s’applique au jeu du piano qui délivre une sonorité pleine de nuances, avec un  » coffre  » d’une très belle ampleur. Les attaques sont franches et massives quand cela devient nécessaire. Par ailleurs, aucun débordement n’est à déplorer ou à redouter, le CD 5.3 sait rester serein en toute circonstance et n’en rajoute jamais.

Malgré un enregistrement relativement ancien, la musique prend vie, ainsi on entend distinctement une multitude de petits détails qui nous échappent parfois avec d’autres systèmes : les cymbales sont d’une très bonne précision, et le discret charleston souvent masqué avec d’autres lecteurs CD ou d’autres systèmes moins ouverts, sort de l’ombre comme par miracle.

Un petit test avec The London Sessions – musiques de films de Georges Delerue, pour confirmer une fois encore l’ampleur de la scène sonore, large, profonde, et haute, mettant en valeur notamment la section de cordes très aérienne de l’orchestre. Fluidité, honnêteté musicale, finesse, sont à l’honneur et permettent à ce lecteur CD d’être classé parmi les meilleures machines de sa catégorie.

Conclusion

Associé à l’amplificateur intégré Sim Audio Moon 5.3, le CD 5.3 donne tout son potentiel et propose une restitution musicale homogène et dans la même veine que celle de l’amplificateur. Visiblement, cette source est faîte pour être associée à une électronique Sim Audio. Cependant, les nombreuses qualités musicales de ce lecteur CD lui permettront également d’être associé à des électroniques d’une autre origine, mais à condition que celles – ci soient dotées de caractéristiques musicales qu’il est en droit de prétendre.

Cotations : Musicalité : 10 / 10
Rapport qualité – prix : 10 / 10

 

Prix : 4450 € (06/2007)
5250 € avec sortie symétrique XLR

 

Essai réalisé par
Lionel.Schmitt