REHDEKO : plaquettes anti-vibratoires


Plaquettes anti-vibratoire

Origine : France

 

Ah, les accessoires HIFI : un vaste débat ! Il y a ceux qui y croient et ceux qui n’y croient pas. Parmi ceux qui croient à leur “bienfaisance”, un certain nombre d’entre eux s’aventurent dans des expérimentations, parfois hasardeuses, parfois efficaces, ou au contraire totalement inefficaces (je m’inclus dans cette catégorie).

Depuis plusieurs décennies (1986 pour être précis), en marge de la création de haut-parleurs, Weber REHDE, musicien de son état et créateur de la marque REHDEKO s’est employé à réaliser des plaquettes anti-vibratoires, à priori assez simples, dont l’efficacité a, le plus souvent, été démontrée tant par la presse spécialisée que par les utilisateurs.

De taille réduite (9 centimètres carrés) et de faible épaisseur (6 millimètres), cet accessoire n’a visiblement rien d’exceptionnel, et pourtant….
La plaquette REHDEKO est composée de deux matériaux superposés dont l’action combinée a pour effet d’absorber les vibrations de l’appareil au-dessous duquel il est posé tout en l’immunisant contre les vibrations externes.

Pour asseoir l’efficacité, le concepteur a cherché un alliage de métaux spécifiques, étudiés en laboratoires, et proches de la facture instrumentale (trompette, cor, trombone, etc…), tels que le laiton, avec un adhésif ultra-fin de matière viscoélastique telle que le polymère, qui unit le métal aux matières de synthèse, aux fins de “gérer” au mieux les masses de synthèse.

Le concepteur est parti du principe que tout appareil électronique ou enceinte acoustique étaient soumis à des contraintes vibratoires (phénomènes d’électro-striction). Ces contraintes vibratoires souvent combattues par les acousticiens et les concepteurs d’électroniques se traduisent par des pollutions qui viennent entacher le message sonore, modifier la texture des timbres, réduire les caractéristiques des produits HIFI. L’idée repose ainsi sur l’absorption des phénomènes vibratoires néfastes à la reproduction fidèle du message sonore.

Vu la simplicité, nous sommes en droit de nous interroger sur l’efficacité réelle de ces petits carrés, ou au contraire si c’est “du vent”.

Ecoute et impressions :

Les tests d’écoutes ont été effectués à domicile avec les éléments suivants :

préamplificateurs phono YBA Héritage PH 100 & MOON 310 LP Mk2,
– platine vinyle REGA RP 8 & cellule REGA MC Ania,
– lecteur CD YBA Classic Player 3,
– préamplificateur YBA Classic 3 Delta & bloc de puissance YBA 3 Delta / double transformateur,
– enceintes acoustiques APERTURA Swing, HARBETH Super HL5 Plus,
– câbles de modulation ESPRIT Beta 2019, YBA Glass, VAN DEN HUL the Orchid,
– câbles HP ESPRIT Beta 2019 et YBA Diamond.

Pour l’alimentation secteur : barrette FURUTECH F-TP 615 et ESPRIT Volta, câble secteur G-314Ag-18E et prise murale FT-SWS-G de la même marque. Câbles secteur ESPRIT Celesta & Eterna.

CD repères : Saint Kilda Wedding ~ Ossian – A memorial for Glenn Miller vol.1 – La Folia de la Spagna ~ Gregorio Paniagua – Mademoiselle in New-York ~ Lucienne Renaudin Vary & BBC Concert Orchestra – Quiet Night’s par Diana Krall – Stéréo Concert Séries ~ Collection Decca Phase 4 – Dance into Eternity par Omar Faruk Tekbilek – Celtic Spectacular ~ Erich Kunzel & Cincinati pops orchestra – « Prodiges » par Camille Berthollet – Camille et Julie Berthollet – Naim CD test  Sampler N°6 – Jazz på svenska par Jan Johansson – Meedle ~ Pink Floyd – In a Monastery Garden : The Immortal Works of Albert Ketèlbey – Legends par James Galway & Phil Coulter – Collaboration par le Modern Jazz Quartet with Laurindo Elmeida, etc…

Vinyles utilisés : A memorial for Glenn Miller vol.1 Saint Kilda Wedding ~ Ossian Nameless par Dominique Fils-Aimé (vinyle 30 cm / 45 tr/m) – Quiet Night’s par Diana Krall – Bossa Nova  ~ Quincy Jones – Shadow Hunter par Davy Spillane – Bach Spectacular par The Kingsway Symphony Orchestra ~ Direction Camarata – The Complete par Mike Oldfield – Tri Yann : Le Vaisseau de Pierre  – Molière ~ bande originale du film – Barry Lindon ~ bande originale du film – « Les grands classiques du jazz » par Bill Coleman et Stéphane Grappelli – Concertos Brandebourgeois N° 1,2,3 de Jean-Sébastien Bach, par The English Chamber Orchestra ~ Direction Benjamen Britten, etc…

Essais préliminaires

Tout commence par une installation sommaire des enceintes HARBETH Super HL5 Plus sur un support plus ou moins adapté. L’exercice est réitéré avec les enceintes APERTURA Swing. Dans le premier cas, l’écoute est “belle” mais manque un peu de chair et de corps. Dans le second cas, la sonorité apparaît legerement  étouffée, avec une absence de clarté, et aux antipodes de ce qui a été décrit dans le banc d’essai que je leur ai consacré.

Puis vint (rapidement) la séquence d’optimisation avec l’ajout de pieds supports d’enceintes plus en adéquation avec les exigences que requièrent ces enceintes acoustiques de renom. Le gain est déjà fort respectable – cependant, on peut aller encore plus loin.

La séquence d’optimisation et les effets immédiats

Conformément aux préconisations, j’ai donc placé trois plaquettes sous chaque enceinte acoustique : une à l’avant à la verticale des haut-parleurs, et deux à l’arrière.

Le changement est radical, pour ne pas dire transcendant. Les enceintes ne sonnent pas du tout de la même manière. Dans les deux cas, les enceintes et à fortiori la musique respire bien mieux. J’ai constaté que la scène sonore “s’épanouissait” en quelque sorte. L’image sonore gagne en stabilité, et se ressent mieux notamment sur les APERTURA Swing; un peu moins sur les HARBETH SHL5+.

Nous gagnons largement en cohérence. Il y a davantage d’air entre les pupitres et les musiciens. Sur le vocaux, les artistes s’expriment mieux – j’entends par là que la diction est plus réaliste, plus suave, et mieux articulée.

Le détourage des notes est plus fin. Je l’ai observé sur les cordes (violon et violoncelle) mais également sur les cymbales. Le côté parfois bouché de certains enregistrements laisse la place à une luminosité qui n’a rien d’anecdotique.  La musique se libère de toutes formes de contraintes. En effet, les inévitables vibrations générées par le coffret sont absorbées et ne remontent pas vers celui-ci en créant une perturbation qui nuirait au “détachement” des notes ou des phrases musicales.

Les électroniques utilisées (YBA) lors de ces essais étant déjà optimisées, l’introduction des plaquettes est moins flagrantes. Cependant, pour les électroniques qui n’utilisent que de simples pieds en caoutchouc, l’ajout de ces plaquettes ne pourra être que bénéfique, si nous prenons en référence la technologie et les composants cités ci-avant.

Les “effets secondaires”

La magie s’opère aussi sur le long terme. Si nous approfondissons le sujet, nous nous rendons vite compte que l’étagement des plans et les reliefs sont davantage “marqués”. Les grands ensembles orchestraux sont assez demonstratifs sur ce point. Je n’irais pas jusqu’à évoquer l’aspect tridimensionnel, mais le gain sur la profondeur de scène sonore est indéniable.

En marge des caractéristiques et qualités de chacune des enceintes acoustiques, j’ai également pu observer une stabilité accrue de la scène sonore. Ne nous méprenons pas : les plaquettes REHDEKO n’apportent pas un “plus” en tant que tel, mais permettent aux enceintes acoustiques de se libérer et de révéler leur véritable potentiel.

Au niveau  des timbres, c’est davantage sur le registre grave que l’on décèle une “évolution”. Celui-ci se montre plus ferme, plus précis, plus lisible. L’attaque des cordes d’une contrebasse est exquis : sur un bon enregistrement, on entend clairement le pincement ou l’effleurement des doigts sur les cordes de l’instrument, mais aussi les accords plaqués et leur déplacement sur le manche de l’instrument.

Les notes de pianos sont plus franches, mieux définies, et nous ressentons plus aisément le “poids” de ces notes dans le bas du spectre. De plus, les basses fréquences sont sensiblement “dégraissées”, ce qui n’est pas une moindre qualité.

Les fréquences médium et aigu sont également reproduites de manière plus déliée et plus naturelle. On observe davantage de finesse sur les cymbales ou le ballet sur une caisse claire. C’est également sur les phrases de violons et de trompètes  que l’on perçoit une amélioration. Le gain en sur les harmoniques est assez édifiant et le detourage accru. Les notes s’éteignent plus “proprement” dans le temps et l’espace.

L’aspect un peu rond ou “bouché” qui résulterait d’une mauvaise optimisation, voir d’une salle d’écoute qui générerait certains phénomènes de réverbération sont quasiment réduits à néant.

Conclusion :

C’est parfois avec les vieilles recettes que l’on obtient les meilleurs résultats. Fort de ses 34 ans d’existence, les plaquettes REHDEKO restent bigrement d’actualité, même si j’entends bien que de nouveaux dispositifs, souvent plus couteux et plus récents donnent actuellement d’excellents résultats.
Pas de miracles, mais une grande efficacité : ces petits accessoires font simplement le job, et c’est bien là l’essentiel !

 

 

Prix : Env. 17 pièce (01/2020)

Test d’écoute réalisé par
Lionel Schmitt