REGA APOLLO-R

REGA APOLLO – R

Origine : Grande Bretagne
Bande passante : non spécifiée
Rapport signal/bruit : non spécifiée
Distorsion : non spécifiée
Conversion : 24 bits – 192 kHz
Sorties analogiques asymétriques RCA
Sortie numérique :
1 coaxiale
1 toslink

Rega Apollo R1

Lorsque l’on parle de qualité musicale et de haute fidélité, la marque REGA revient souvent dans la conversation. D’aucuns pourraient aussi penser que notre site met exagérément la marque et ses produits en valeur – sur ce point la réponse est non ! Cependant, il convient de rappeler que lorsque REGA se met à concevoir et à réaliser un produit, il le fait de façon réfléchie et ne dévoile ce produit que lorsqu’il est arrivé à maturité. Pour l’heure, le REGA Apollo-R prend la suite du modèle Apollo, qui succéda lui-même au mythique modèle Planet : leurs objectifs respectifs étaient alors de proposer une musicalité très proche de celle d’une platine vinyle. Si le constructeur britannique sait réaliser des produits « sains » et musicaux, sa communication vers le monde audiophile est quelque peu sommaire. Ainsi, vous ne trouverez pas ou peu d’informations sur le concept général de ce lecteur CD, et aucune mesure n’est mis à la disposition du grand public. Nous savons seulement que ce lecteur intègre un convertisseur d’origine Wolfson 32 bits / 192 kHz fonctionnant en mode delta sigma identique à celui du Dac séparé de la même marque.

Le tour du propriétaire est rapidement effectué : ce parallélépipède compact de format « boîte à chaussures » se fait remarquer par une face avant pourvue d’un généreux afficheur matriciel de couleur rouge et cinq commandes destinées à la mise sous tension et à quatre fonctions principales : la lecture / pause, la sélection de la plage suivante, de la plage précédente, et le stop. Heureusement la télécommande donne des possibilités plus étendues.

Rega Apollo face arrièreLa face arrière comprend une fiche secteur IEC (sans terre), deux sorties analogiques RCA de qualité moyenne, une sortie numérique coaxiale, et une sortie optique Toslink.

Le chargement du CD s’effectue par le dessus via un système « propriétaire ». Le maintien du disque est assuré par un système à billes aussi efficace que le traditionnel palet presseur. Une trappe non motorisée dissimule l’ensemble rotatif pour la lecture, et sert de protection contre la poussière.

L’ensemble de l’électronique et de la mécanique sont placés dans un châssis / coque en aluminium rigide usiné par REGA, qui repose sur quatre pieds de découplage en caoutchouc. A première vue ce système de découplage n’a fait pas l’objet d’une recherche poussée, mais semble donner toute satisfaction; comme quoi …

 

ECOUTE

Les tests d’écoutes ont été effectués en auditoriums au cours de différentes séances : avec l’amplificateur REGA Brio-R, les amplificateurs ATOLL IN 80 SE et IN 100 SE, enceintes acoustiques REGA RS 3, RS 5, B & W 683, 684, CM 8, câbles modulation et HP YBA Glass.

CD utilisés  : The Singing Clarinet par Giora Feidman – Modern Jazz Quartet – Quiet Nights par Diana Krall – Requiem de Mozart par Karajan – la Folia de Gregorio Paniagua – Modern Jazz Quartet with Laurindo Almeida – Misa Criolla par Ariel Ramirez – Tri Yann – Ramadou / Générations et avec L’orchestre National des Pays de Loire.

C’est sans aucun doute sur les vocaux que ce lecteur se montre le plus « pertinent » et qu’il « fait mouche » à tous les coups. Si Diana Krall ou la Misa Criolla par Ariel Ramirez nous font partager leur enthousiasme, dans d’autres registres tels que Tri Yann Ramadou / Générations ou en compagnie de L’orchestre National des Pays de Loire (enregistrement public), ou encore Mickael Jackson, il est quasiment impossible que l’on reste insensible au charme des voix et à leur pertinence très communicative. REGA a toujours su mettre l’accent sur le registre médium – tout au moins le mettre en valeur – et l’Appolo-R ne déroge pas à cette règle. Je ne dis pas que ce lecteur va plus loin que le Saturn; cependant il en conserve toute la pureté et l’aspect suave et humain que l’on est en droit d’attendre d’un lecteur dont la philosophie musicale prend en référence le meilleur de l’analogique.

On retrouve ces caractéristiques très personnelles lorsque l’on écoute des extraits plus baroques tels que la Folia de Gregorio Paniagua. Dans ce cas précis, la guitare classique, la flûte baroque, ou le clavecin sonnent de façon « volontaire » et formidablement naturelle. On reconnaît sans peine la fluidité REGA, mais aussi cette excellente précision et le détourage minutieux de chaque instrument de musique. Sur des passages plus chargés tels que le Requiem de Mozart par Karajan, j’ai été surpris par l’aisance générale de l’orchestre et des chœurs, mais aussi par le bon déroulement dans la manière d’aborder les charges complexes, la montée en puissance et l’attaque des percussions, pour offrir à l’auditeur un genre de « feu d’artifice musical » plutôt plaisant, bien ficelé et cohérent. Cela m’amène à dire que le comportement du REGA Apollo-R procure une restitution « travaillée », avec un étagement des plans qui atteint des performances assez proches de celles d’un produit de gamme et de prix plus élevés.

Sans être le lecteur CD le plus rapide du moment, l’Apollo-R se tire bien de toutes les situations. Si l’on prête une oreille attentive à « Valeria » par le Modern Jazz Quartet, il sera difficile de prendre en défaut le jeu de vibraphone qui « surfe » avec grâce et fluidité sur un piano et une contrebasse bien décidés à montrer leur poids, leur rapidité d’exécution, leur nervosité, sans affolement d’aucune sortie.
Certes, la contrebasse n’a pas vocation à descendre dans des abysses les plus profonds, mais le registre grave s’avère charpenté, bien tendu, et extrêmement lisible, à tel point que l’auditeur pourra suivre chaque note et chaque accord. Le jeu de piano sans être démesurément fougueux me semble d’une dimension et de proportions honorables.

Par ailleurs, j’ai bien apprécié la palette de couleurs tonales étendues sur des instruments acoustiques, et en particulier sur les cuivres et le vibraphone. De fait, ce lecteur CD est capable de mettre l’accent sur la richesse des timbres, et son pouvoir d’analyse n’accuse aucun manquement sur tout le spectre audible. Il n’y a pas à dire, le REGA Apollo-R est un « chanteur né » qui saura combler les audiophiles et mélomanes exigeants qui attendent musicalité expressive, qui respire, et sera un vecteur d’authenticité. D’une façon générale, il y a un beau respect des timbres qui met, de surcroît, en évidence la très bonne matérialisation de chaque instruments de musique.

Même si ce lecteur ne rivalise pas avec les meilleurs machines à lire les CD, en matière de transparence, le REGA Apollo-R n’a pas à rougir sur ce point et se défend même très bien dans ce domaine. Quel plaisir de déguster la clarinette de Giora Feidman sur l’album The Singing Clarinet où se mêlent et s’opposent quelques instruments d’origines éclectiques, fort bien mis en valeur. Rien à redire sur la harpe et la guitare qui déroulent leurs notes avec une belle délicatesse. De nombreuses  » petites percussions  » – triangle, cymbales, etc …- sonnent avec une sublime clarté qui donne un superbe contraste avec le jeu de clarinette.

Fort de ce qui précède, le doute est levé si l’on évoque les facultés que ce lecteur a à communiquer facilement avec l’auditeur. L’aspect spontané et expressif convie l’auditeur à déguster la musique qu’il affectionne, sans aller la chercher, ou imaginer des détails plus ou moins restés dans le flou, voir dans l’ombre. Cette communication avec l’auditeur passe aussi par le grain des instruments et la saveur très naturelle qui en résultent. Cette communication repose en grande partie sur l’aspect très travaillé et très respectueux des vocaux, qui créent à chaque instant la surprise.

Conclusion  :

Le REGA Apollo a tiré sa révérence pour laisser la place à cette version R dans le cadre d’une évolution naturelle de la gamme. Si quelques différences perceptibles apparaissent, elles ne sont pas aussi prononcées que l’on a bien voulu le laisser sous entendre. Par ailleurs, il est faux de croire que l’Apollo-R est plus  » performant  » que le lecteur Saturn; je dirais plutôt qu’il sonne de manière un peu différente.
Ensuite, si la possibilité est offerte de compléter ce lecteur par le DAC de la même marque, pour accéder à une musicalité soi-disant de qualité supérieure, il faudra prendre bien soin d’opérer les comparatifs nécessaires, dans d’excellentes conditions et avec un couple amplification / enceintes et des câbles de référence, en ayant bien à l’esprit que la section Dac et l’étage de sortie du REGA Apollo-R sont similaires à celle du DAC.

Avec le lecteur Apollo-R, le DAC, l’amplificateur intégré Brio-R (compte rendu en page Ecoutes / amplificateurs) REGA tourne une page, tout en restant dans la continuité musicale qui a toujours été la sienne. Ainsi, le lecteur Apollo-R se propulse comme une des meilleure référence dans cette gamme de produits et de prix. La  » tonalité à vocation analogique  » lui confère une belle sérénité en matière de communication, et lui permettra alors d’accompagner d’autres systèmes que ceux de la marque REGA. Ainsi de très bons et cohérents résultats musicaux ont été obtenus, par exemple, avec des électroniques ATOLL.

Synthèse : Musicalité : de très bon niveau
Appréciation personnelle : adhésion totale
Rapport musicalité – prix : excellent

 

Prix : 795 € (02/2013)

Test d’écoute réalisé par
Lionel Schmitt