PROAC Response D 18

PROAC Response D 18

Origine : Grande Bretagne
Enceinte 2 voies, 2 HP – bass-reflex
Sensibilité : 88 dB pour 1w à 1m ( 2,8 V – 1 m)
Impédance nominale : 8 ohms
Puissance admissible : 180 watts
Puissance mini requise : 20 watts
Réponse en fréquence : 30 Hz à 30 kHz +/- 3db
Dimensions : ( H x L x P ) 96,5 x 19 x 28,6

PROAC représente l’incarnation même de la tradition britannique en matière d’enceintes acoustiques. De plus, le constructeur conçoit et réalise l’intégralité de ces produits en Grande Bretagne avec une maîtrise totale de l’ensemble de la chaîne qui va de la conception à la production. La gamme est étoffée et j’ai choisi de vous présenter les colonnes RESPONSE D18 dont le tarif me semble encore acceptable et constitue un investissement sérieux sur le long terme.

Certes, les RESPONSE D18 sont des « dames » d’un âge déjà avancé, mais avec des dizaines d’essais dans différentes configurations, je n’ai pas résisté à l’envie de vous faire partager mes impressions.

Ces colonnes de taille moyenne (96,5 cm de hauteur) sont des enceintes acoustiques qui en imposent par la qualité de leur fabrication et la finition de leur placage en bois véritable – plusieurs finitions sont d’ailleurs disponibles.

Les D18 sont des enceintes deux voies munies de deux-parleurs, avec charge bass-reflex. Le positionnement du tweeter ne se trouve pas dans l’axe du haut-parleur de grave – médium, mais légèrement décalé. Ce positionnement que l’on retrouve sur d’autres enceintes acoustiques de la marque (ou d’autres marques) répond à des critères et possibilités d’adaptation au milieu dans lequel elles sont placées. En effet, selon que l’on positionne ces enceintes vers l’intérieur ou l’extérieur, cela laissera, le cas échéant, la possibilité d’élargir ou de rétrécir la scène sonore.

Comme sur les D28, l’évent se situe au pied des coffrets sous la forme de deux découpes rectangulaires qui, selon PROAC, sont destinées à un couplage plus optimal que les traditionnels évents placés en face avant ou arrière. Toujours selon PROAC, avec cette technologie, les enceintes acoustiques pourront être installées plus facilement dans n’importe quelle pièce d’écoute – les effets de réflexion étant réduits à leur plus simple expression.

Bien évidemment, les haut-parleurs sont conçus et montés avec perfectionnisme chez PROAC. Le tweeter est un modèle à dôme en tissu imprégné de 20 mm de diamètre, mis au point pour supporter des puissances élevées. Sa bobine mobile est installée sur un support nid d’abeille en aluminium. Le haut-parleur destiné aux fréquences médium et grave est un modèle à dôme en acrylique. Son diamètre est de 16,5 cm et sa membrane est un assemblage fait de fibres de verre « traitées ».

Derrière le « sérieux » bornier se cache le filtre utilisant des composants de qualité audiophile triés à l’écoute, ainsi qu’un câblage interne fait de cuivre OFC se structure multibrin de fort diamètre choisi pour favoriser le confort d’écoute.

Ce bornier accepte tout type de connexion : fil nu, fourches, et fiches bananes. On observe que les connecteurs sont doublés : ils autorisent le bi-câblage et la bi-amplification.

 

ECOUTE

Les tests d’écoutes ont été effectués à de plusieurs reprises en auditorium avec les amplificateurs NAIM Supernait, Nait XS, préamplificateur NAIM Nac 152 XS – bloc de puissance NAIM Nap 155 XS, lecteur CD NAIM CD5 XS & alimentation NAIM FlatCap XS, et système YBA Ligne 2 Classic Delta au complet. Les enceintes ont été reliées aux blocs de puissance avec du câble YBA Diamond.

CD utilisés  : CD test NAIM Sampler N° 6 – Celtic Spectacular par Erich Kunzel – Requiem de Mozart  » sous la Direction de Herbert Von Karajan – Modern Jazz Quartet with Laurindo Almeida – Dance Intro Internity par Omar Faruk Tekbilek – Quiet Nights par Diana Krall – Marquises par Jacques Brel – Double Jeu par Laurent Korcia – Tri Yann et l’Orchestre National des Pays de Loire 1et 2.

1° Tempérament musical et dynamique

« Bien trempé » est le qualificatif qui me vient immédiatement à l’esprit lorsque j’ai découvert ces enceintes. Tout comme les D28, les D18 réagissent au quart de tour et se mettent au diapason des électroniques si tant est qu’elles soient vives et dynamiques. Les accélérations sont prodigieuses, voire « décoiffantes ». Je dois signaler leur comportement absolument stoïque sur les extraits musclés qui illustrent  » Celtic Spectacular  » par Erich Kunzel et le CD test NAIM  » Sampler N° 6 « . Les grandes « envolées » orchestrales sont magistralement reproduites avec une rigueur et une rapidité d’exécution qui fait plaisir à entendre. La réactivité est immédiate !

Dans le même registre, la D18 est une enceinte d’une grande stabilité, tout simplement imperturbable. Les montées en puissance et les grands écarts de dynamique sont encaissés sans fléchissement et montrent la « puissance de feu » dont est capable cette enceinte acoustique.

En écoutant  » Valéria  » interprété par le Modern Jazz Quartet with Laurindo Almeida, on comprend que la D18 a un sens prononcé du rythme. On s’en rend particulièrement compte sur les jeux de piano et de contrebasse dont le suivi mélodique est impeccablement « travaillé » et la lisibilité sans failles.

Par ailleurs, en dépit d’une sensibilité qui pourrait paraître modeste sur le papier (88 dB), la D18 est une enceinte qui est relativement simple à mettre en œuvre. Bien entendu des amplificateurs de puissance substantielle sont requis, mais ceux-ci devront davantage avoir de la réserve en courant afin de contribuer à l’épanouissement en matière d’expression que cette enceinte acoustique est capable de fournir.

Timbrestransparence

Tout d’abord, les D18 nous offrent une bande passante particulièrement étendue de l’infra grave à l’extrême aigu. En suite, c’est tout naturellement le registre grave qui a retenu en premier lieu mon attention. Celui-ci descend réellement à des valeurs très basses, avec une constance, une propreté, et une définition hallucinantes. Généralement, sur des enceintes de cette dimension, il n’est pas rare de trouver un grave précis, mais souvent écourté. Outre le suivi mélodique de la contrebasse qui s’illustre dans  » Valéria  » interprété par le Modern Jazz Quartet, on peut réellement apprécier les valeurs des fréquences basses qui descendent réellement à des valeurs abyssales. Par ailleurs, les articulations et la souplesse reflètent admirablement le jeu et la dextérité des doigts du contrebassiste sur les cordes et le manche de l’instrument.

Dans un autre style, les percussions qui accompagnent le  » Requiem de Mozart  » sous la Direction de Herbert Von Karajan nous indiquent que les D18 ne réinvitent pas des octaves inexistantes, mais se disciplinent à explorer simplement les soubassements avec tact et discernement. Ces percussions ont un aspect plein et charnu avec des impacts étonnants. Plus généralement la texture fort bien matérialisée de tous les instruments de musique qui gravitent dans sphères basses font l’objet d’une excellente maîtrise.

Les registres médium et aigu se complètent harmonieusement pour « distiller » une musique aérienne, parfois légère, lorsque la « page musicale » s’y prête. Le registre aigu est fin ciselé : il travaille avec soin le détourage des instruments et des voix et met judicieusement l’accent sur le « fruité » des instruments acoustiques.  » Dance Intro Internity  » par Omar Faruk Tekbilek nous met carrément l’eau à la bouche, et c’est avec une certaine délectation que j’ai savouré le jeu de oud dont le pincement de cordes et la sonorité sont reproduits avec un réalisme tout à fait convainquant. Le jeu de flûte baroque indique clairement que le registre médium est d’une beauté et d’une expression qui sortent de l’ordinaire : les variations liées au souffle de l’interprète montrent des couleurs tonales « nouvelles » qui sont d’une pureté extraordinaire.

Ainsi, le voile se lève sur une série de micro détails qui n’ont rien d’anecdotique. Les subtiles teintes d’un carillon, d’une clochette ou d’un triangle, émergent avec une grâce et une authenticité convaincantes.

Les vocaux, qu’il s’agisse de Diana Krall (Quiet Nights) ou de Jacques Brel (Marquises) sont reproduits de manière naturelle, avec une chaleur humaine réellement perceptible. Dans les deux cas, la diction me semble parfaite et l’aspect guttural de la voix de Jacques Brel en particulier n’appelle que des éloges et confirment que les D18 poussent loin le degré d’analyse et de fait la faculté de mettre l’accent sur la transparence.

3° Scène sonore et spatialisation

Sur ces thèmes, les D18 ont des arguments pour satisfaire les amateurs de grandes sensations, sous réserve – je le répète – que le système soit en mesure d’être de même acabit. Je précise que les électroniques utilisées pour ces différents tests constituent des références en la matière et ont le mérite de s’associer harmonieusement avec ces enceintes.

L’ampleur de la scène sonore est globalement satisfaisante, et l’implantation de cette enceinte conviendra à une pièce d’écoute de dimension moyenne à grande. L’envergure n’atteint évidemment pas celle des modèles PROAC de gamme supérieure et en particulier celle des D28, mais s’avère déjà convaincante sur bien des paramètres. Je n’ai pas trouvé de réelles limites sur l’étagement des plans : les reliefs sont assez bien marqués, avec toutefois, une petite limite en termes de profondeur.

La largeur de scène est suffisamment panoramique et gagne en extension si l’on prend soin de placer les enceintes avec les tweeters à l’extérieur. La hauteur de la scène sonore ne souffre pas de la taille réduite des enceintes.

L’étoffe peut se définir comme « enveloppée » sans trop avoir d’emprise sur l’auditoire. Ainsi, un grand orchestre tel que celui du  » Requiem de Mozart  » trouvera une place enviable dans une pièce de moyenne dimension (25 à 30 m²) et « épousera » les dimensions de cette pièce pour permettre une écoute plus que confortable. A l’usage, qu’il s’agisse de grandes orchestrations ou de petites formations telle que celle qui accompagne Laurent Korcia dans  » Double Jeux « , on sera en présence d’une musique qui respire dans le mesure où on observe une belle aération d’ensemble qui facilite grandement la liberté d’expression des interprètes ou groupes d’interprètes.

4°- Communication avec l’auditeur

Ce que je trouve admirable en compagnie de ces enceintes, c’est leur suivi mélodique, leur côté « chantant » et varié qui les caractérisent. Je pense que le fait de « flirter » avec les fréquences extrêmes y est pour beaucoup.

Comme avec l’ensemble des modèles PROAC, on retrouve un aspect fruité et très beau grain caractéristique des instruments de musique acoustiques, notamment ceux à cordes. Rien que d’écouter le son du violon de Laurent Korcia (  » Double Jeu  » ), on a tout de suite la chair de poule qui traduit des moments intenses de bonheur musical. L’archet est réellement en contact avec les cordes de l’instrument, et on entend clairement le vibrato des doigts lorsque l’interprète plaque les cordes sur le manche de son instrument. Ce violon arbore une tonalité boisée très authentique qu’il serait mesquin de critiquer dans le mesure où elle s’affiche avec une « personnalité » concupiscente.

Le « coup de grâce » je l’ai eu sur différents extraits, mais je dois avouer que  » Dance Intro Internity  » par Omar Faruk Tekbilek m’a laissé un souvenir mémorable qui montre le degré d’analyse poussé de ces enceintes acoustiques, lesquelles ne semblent n’avoir pas ou peu de limites en matière de communication avec l’auditeur. Les D18 sont sacrément douées pour donner à l’auditeur les plus infimes nuances d’une flûte baroque et un nombre impressionnant de variations liées au souffle de l’interprète ou encore au mouvement de ses lèvres sur l’embouchure de son instrument. Le jeu de oud par le pincement ou l’effleurement des cordes opérés par son interprète « déroule » des phrases musicales d’une rare beauté. La texture naturelle m’a conforté sur l’approche fidèle souhaitée et créée par les concepteurs. A cela s’ajoute une multitude de percussions qui accompagnent subtilement les phrases musicales et donnent beaucoup de piment à cette musique « exotique » ; cela renforce bigrement les effets de transparence et la richesse de l’ensemble.

Enfin, je me suis délecté sur les différents extraits vocaux : ils offrent à leur tour un spectacle particulièrement savoureux. De Diana Krall (Quiet Night) à Jacques Brel (Marquises) en passant par Tri Yann (Orchestre National des Pays de Loire), on assiste chaque fois à une « formulation » et une diction très communicatives qui nous incitent à faire plus ample connaissance avec les auteurs, leurs textes, et plus généralement avec les œuvres pour les quelles ils mettent touts leurs talents et toutes leurs convictions. Leur présence au milieu de l’orchestration et dans votre salle d’écoute est réellement saisissante.

Conclusion  :

Superbement présentées conçues avec un professionnalisme reconnu, les PROAC D18 sont dans la lignée de leurs aînées et / ou des modèles de gamme supérieure. Bien associées, ces colonnes de dimension moyenne ont de quoi étonner. Toniques, vivantes, et dotées d’une bande passante extra large, les D18 viennent marcher sur les plates bandes de modèles concurrents réputés plus onéreux et qui auraient une tendance à s’afficher comme plus ambitieux.

Cotations : Musicalité : réaliste
Appréciation personnelle : grand potentiel
Rapport musicalité – prix : justifié

 

Prix :
3380 € version de base (04/2015)
3880 € finition bois précieux

Test d’écoute réalisé par
Lionel Schmitt