P.E. LEON ALEGRIA

 

P.E. LEON ALEGRIA

Origine : France
Enceinte 2 voies / 3 HP – charge acoustique « Cross-Flow » et évent accordé
Rendement : 90 dB / 1w / 1m
Impédance moyenne : 4 ohms
Puissance admissible : 140 watts
Réponse en fréquence : 28 Hz à 30 kHz +/- 3db
Dimensions : ( H x L x P ) 121 x 20 x 34

Pel AlegriaL’ALEGRIA est pour l’heure la dernière création et aussi le modèle le plus évolué de la gamme P-E LEON. On pourrait supposer que cette nouvelle enceinte est la remplaçante de la défunte Kyoro, mais j’avais déjà signalé dans ces pages que le modèle KANTOR s’en approchait déjà de façon significative. Ainsi, il n’est pas interdit de penser que l’ALEGRIA a des prestations musicales supérieures à la KYORO, d’autant que la dernière née est dotée de composants nouveaux choisis pour leurs caractéristiques techniques et leurs performances sur le plan musicalité (comparatifs à l’écoute).

Cette nouvelle enceinte 2 voies électrique plus filtrage acoustique progressif se présente sous la forme d’une colonne aux dimensions légèrement supérieures à celles de la KANTOR, avec une présentation très élégante aux angles arrondis, et qui utilise un placage recouvert d’un vernis non brillant du meilleur effet. L’ébénisterie est réalisée en MDF de haute densité lui conférant ainsi une excellente rigidité et une immunité contre des fréquences qui viseraient à générer certaines vibrations. L’ensemble du coffret repose sur un socle également en MDF doté de 4 cônes + 1 central qui canalise les éventuelles vibrations pour créer ainsi une zone de découplage de type « mono point » et assure, selon le concepteur, une référence mécanique optimale – les 4 pointes traditionnelles se bornent à assurer la stabilité de l’enceinte.

Sur le plan de l’architecture interne, l’ALEGRIA utilise le principe de charge acoustique « Cross-Flow » plus évent accordé, décrit à de nombreuses reprises et appliqué sur tous les modèles PEL (sauf la QUATTRO+) déjà présentés dans cette page. Il sera juste rappelé que ce système jugule les effets d’ondes stationnaires à l’intérieur de l’enceinte et évite ainsi toute forme de coloration indésirable tout en équilibrant les pressions sur la face interne et externe des haut-parleurs (amélioration du comportement en régime transitoire). On notera aussi que les parois internes de l’enceinte utilisent comme sur la KANTOR le même placage que celui des faces externes dans le but de se soustraire à certains phénomènes de réflexion dans les fréquences élevées tout en évitant d’éventuelles déformations dans le temps des panneaux constituant le coffret.

Une architecture bien pensée et un excellent découplage ne sont rien si les haut-parleurs et le filtre ne font pas l’objet d’un soin particulier. Sur ce point P-E LEON a doté l’ALEGRIA de deux haut-parleurs médium / grave d’origine Scanspeak-Vifa-Perless de 18 cm de diamètre qui utilisent une membrane en composite de polypropylène chargée de carbone destinée à favoriser la neutralité et la légèreté. Ils sont dotés d’un champ magnétique puissant mettant en mouvement une bobine mobile de 35 mm monté sur support Katpon haute température.

Mais la part belle revient au tweeter équipé d’une membrane céramique haute résistance d’origine Accuton, lequel constitue une véritable nouveauté chez le concepteur et jouera un rôle déterminant sur les prestations musicales de l’enceinte, notamment sur le plan de la finesse et de la transparence dans les fréquences élevées.

Côté électronique, rien n’a été laissé au hasard : le filtre à déphasage minimum dont les différents éléments sont reliés par la technique du câblage en l’air (sans circuit imprimé) assure une impédance régulière. Il utilise des composants sélectionnés pour assurer des performances musicales de haut niveau avec absence de coloration du message sonore. Ainsi, le concepteur n’a pas hésité à doter l’ALEGRIA de selfs à ruban / cuivre imprégnés de cire d’origine Jansen, et de condensateurs d’origine Mundorf série « Suprême ». Et puis, cette nouvelle enceinte est dotée des fameux Rendistors qui jouent un rôle non négligeable en faveur de la transparence et de la douceur. On notera enfin que pour le câblage interne P-E LEON utilise des câbles de marque Esprit. Le tout est solidaire d’une plaque en bois qui vient se visser au dos de l’enceinte et qui accueille les deux uniques borniers de connexion également réalisés par Mundorf. On relève que ces borniers acceptent les fiches bananes et les fourches, et que la configuration ne permettra pas le bi-câblage, ni la bi-amplification.

ECOUTE

Les tests d’écoute ont été effectués avec le matériel suivant : YBA Ligne Signature – 2 préamplificateurs monophoniques et leur alimentation respective, 2 blocs de puissance monophoniques et leur alimentation respective, lecteur CD ESOTERIC X-01 D2 et l’horloge séparée G-03 X, ainsi que des câbles secteur, modulation et HP YBA Diamond.

A noter que ces enceintes avaient été écoutées en avant première avec un amplificateur LEBEN CS 600 et un lecteur SIM AUDIO Moon 5.3.

Il paraîtrait évident que le système PEL / YBA / ESOTERIC constitua au niveau de l’écoute un ‘’ tout ‘’ indivisible. Cela ne signifie pas que l’on ne peut les associer avec d’autres systèmes audio – bien au contraire – mais je donne cette précision afin de ne créer aucune surprise lors de la lecture du compte rendu consacré à la ligne YBA Signature.

Ce système a été écouté pendant près d’une journée avec un grand nombre d’extraits dans des styles de musiques très différents.

Test N° 1 : Shirley Horn – You Won’t Forget Me

Ce premier test avec l’extrait ‘’ If You Go ‘’ nous a immédiatement permis de cerner le tempérament de l’ALEGRIA et plus généralement de la composition du système. Dès les premières mesures on est littéralement surpris par la pureté de la restitution dans son ensemble. Les vocaux sont proposés avec un côté très naturel, communicatif, et une présence exceptionnelle au sein de la salle d’écoute. Un côté très humain et très libre est offert à l’auditeur. On appréciera également la lisibilité exemplaire et la ‘’ propreté ‘’ de la guitare basse, ainsi que la franchise et les attaques du piano qui sont nettes et d’une précision impeccable. Cette précision se retrouve sur le jeu des cymbales et plus généralement des percussions, sans toutefois craindre une quelconque agressivité.

Test N° 2 : Toccata et Fugue de Bach  – transcription pour orchestre symphonique par Léopold Stokowski.

Léopold Stokowski a réenregistré cette oeuvre pour Decca/London en 1971. Sa prise de son de très bonne qualité et remasterisée procure habituellement un bien être fabuleux qui rappelle les images du dessin animé Fantasia.

La première chose qui m’a réellement surpris est l’abondance des micros détails présents sur cet enregistrement. Avec ce système, on entend tout ce qui se passe lors de la prise de son. Une multitude de petits signaux tels que les bruits de clefs de certains cors ou flûtes traversières. Je garde bien en mémoire l’aspect très cristallin de la harpe ou du triangle par exemple. L’orchestre est restitué de façon très structurée avec un étagement des plans qui ne se dément pas une seconde. Au niveau des pupitres, le jeu de contrebasses se détache sensiblement de celui des violoncelles et des autres cordes, avec toujours ce côté spontané ouvert et cette sensation d’une scène sonore très ample, mais qui n’a rien d’envahissante. La salle d’écoute est remplie, mais les ALEGRIA n’en font pas trop; elles proposent une écoute très cohérente et ne s’affolent jamais sur les montées en puissance de l’orchestre ou les charges complexes.

Test N° 3 : Romance tiré de la suite symphonique  » Lieutenant Kué  » – Serge Prokofiev – Direction Yuri Simonov

Sur ce morceau, on appréciera une nouvelle fois la transparence générale du système confirmée par les ‘’ prestations ‘’ de l’ALEGRIA. Le jeu de harpe ainsi que le xylophone sont restitués avec une finesse des plus crédible qui soit. Le jeu des cordes fait preuve d’une fluidité remarquable et d’une fabuleuse douceur générale. Par ailleurs, l’ALEGRIA a réellement des dons pour favoriser la profondeur de scène sonore, et une écoute les yeux fermés permet d’oublier la présence de l’enceinte dans la pièce d’écoute. Cela est suffisamment rare pour être souligné.

Test N° 4 : Tri Yann et l’Orchestre National des Pays de Loire – Volume 2

Avec cet enregistrement en public que je prends souvent en référence pour des tests d’écoutes, je dois avouer que j’ai été légèrement déçu. Je m’explique : si jusqu’ici aucune critique ne permet de prendre en défaut le système dans son ensemble, ni la PEL ALEGRIA en particulier, j’ai pu constater que cette enceinte exige que les enregistrements soient quasiment parfaits ou tout au moins bien réalisés. Eh bien, cet enregistrement ne l’est pas, et cela s’entend ! Certes tous les détails sont bien présents, oui les chœurs sont restitués avec liberté, une excellente vivacité, une magnifique présence, mais on accuse parfois une certaine dureté que l’on ne pourra pas imputer aux différents éléments de ce système audio, mais à l’enregistrement lui-même. Ainsi, on relèvera que la PEL ALEGRIA ne passera sur aucune imperfection. Cette constatation m’amène à souligner la neutralité de cette enceinte acoustique, mais aussi celle de l’ensemble YBA Signature qui avait pour mission de la driver.

Test N° 5 : COLLABORATION – The Modern Jazz Quartet with L. Almeida

L’extrait Valéria avait pour objectif de tester l’enceinte sur des points précis que sont notamment le comportement de cette enceinte avec un jeu de vibraphone. A aucun moment, cette enceinte n’a été prise en défaut. Le vibraphone est restitué sans contrainte, et sans qu’aucune vibration ne vienne perturber l’écoute. Par ailleurs, on pourra noter également le jeu du piano à la fois franc, avec toute la vigueur et la dimension que l’on est en droit d’attendre de l’instrument. Ici encore, j’avais réellement l’impression que l’orchestre se trouvait dans le salon d’écoute. L’ALEGRIA fait preuve d’un excellent équilibre et ne met jamais en avant telle ou telle fréquence ou tel ou tel registre.

Ce test a également permis de vérifier le sens du rythme et de la nuance ; sur ces points l’ALEGRIA ne peut en aucun cas décevoir l’audiophile qui recherche une enceinte qui véhicule la musique de façon aussi spontanée.

Test N° 6 : Double jeux par Laurent KORCIA

Pour terminer, et finalement se conforter sur certains points de détails, j’ai effectué un test d’écoute avec la ‘’ Minor Waltz ‘’ interprétée par Laurent Korcia au violon. Là encore, une écoute les yeux fermée permet d’appréhender sans tendre l’oreille la finesse de l’instrument, sa formidable précision, mais aussi le jeu des autres musiciens qui accompagnent l’artiste. Le jeu de contrebasse est d’une précision, d’une lisibilité et d’une beauté remarquables. J’ai été frappé par le bruit des touches de l’accordéon qui est restitué avec une très belle subtilité. Ensuite, cet enregistrement procure quelque de finalement assez rare : une forme d’émotion que je qualifierais de nouvelle, tant l’écoute paraît naturelle et absente de toute forme de coloration.

Conclusion  :

Associée à un ensemble de très haut niveau la PEL ALEGRIA va très loin sur le plan de la restitution sonore. Jamais agressive, cette enceinte reste cohérente en tous points et en toutes circonstances, et nous propose une écoute à la fois riche, limpide, naturelle, équilibrée, limpide, et fluide. Elle favorise le côté tonique de la musique quand cela est nécessaire, mais le fait toujours avec élégance.

Cotations : Musicalité : 10 / 10
Rapport qualité – prix : 10 / 10

 

Prix : 6300 € (11/2008)

Ecoute réalisée par
Lionel.Schmitt