NAIM NAIT 5 i V2

NAIM NAIT 5 i V2

(version 2011)

Origine : Grande Bretagne
Amplificateur intégré à transistors
Puissance : 2 x 50 W sous 8 ohms
2 entrées haut niveau DIN / RCA
2 entrées haut niveau RCA
1 sortie magnétophone

Naim Nait5i

Cela faisait quelques années que rien n’avait été écrit ici sur le NAIM Nait 5, et il nous semblait que sa dernière mouture pouvait faire l’objet d’un compte rendu, d’autant que son écoute a été effectuée par JEY et Lionel SCHMITT de façon séparée avec des configurations et dans des lieux différents. Nous ne nous étendrons pas sur la présentation assez basique de cette ultime mouture dont la façade ne reprend que le minimum de fonctions vitales : 4 touches pour la sélection des entrées et un réglage de volume sonore, avec possibilité de télécommander toutes ces fonctions. La face arrière permet de connecter simplement les 4 sources haut niveau en mode DIN et / ou RCA.

Pour les enceintes acoustiques, NAIM a été à l’essentiel en dotant le Nait 5 I d’un seul bornier à fiches bananes par canal – on oubliera donc le bi-câblage. Un réceptacle IEC permet toutefois de choisir son câble secteur, et il se trouve que dans la panoplie de ses accessoires NAIM propose désormais un modèle de compétition, testé par ailleurs avec d’autres produits NAIM.

Côté « moteur », le Nait 5 I a évolué de façon assez significative par rapport aux versions antérieures, et c’est l’alimentation qui a bénéficié des plus grandes améliorations. En effet, cette alimentation fait appel à un transformateur toroïdal dont la valeur est porté à 300 VA, ce qui permet au NAIT 5 I de revendiquer la puissance annoncée et aussi de pouvoir la maintenir dans de bonnes conditions sans faillir à sa mission.

ECOUTE

  • Système d’écoute utilisé par JEY :
    Lecteur Denon dcd635 – enceintes Dali Mentor Menuet – câble modulation RCA Qued Qnex1 – câbles HP Chord Co Carnival .
  • Système d’écoute utilisé par Lionel SCHMITT :
    Lecteur CD Naim CD 5 i – enceintes B & W CM 8 – câbles de modulation Naim – câbles HP YBA Glass.
1° Le point de vue de JEY

Connaissant bien l’Atoll IN80 que je possède, ce dernier va servir quelque peu de base de comparaison pour ce compte rendu. Je précise avant toute chose que l’appareil est rodé, et que donc il ne devrait pas y avoir de réserve à émettre par rapport à cela. Premières impressions, la « boîte » Naim est plutôt compacte, nettement plus que chez Atoll, qui ne sont pourtant pas des monstres. Si la largeur et la profondeur sont relativement communes, la hauteur est assez faible.
Peut-être l’effet psychologique dû à la compacité de l’appareil, il pèse plus que son poids, d’autant plus que pour avoir vue une photo de ses entrailles, il est loin d’être plein.
Autre surprise, lorsque l’on ne connaît pas encore Naim, les borniers de câble d’enceintes, qui imposent des fiches bananes, et les fiches DIN en plus des RCA pour les câbles de modulation.
S’agissant de sa mise en service, on ne dispose que d’un interrupteur à l’arrière, pas de mise en veille en façade. La télécommande (universelle) est de série. Cette dernière semble de bonne facture et est intuitive. Il faut reconnaître que pour un amplificateur ce n’est pas d’une utilité probante, mais toujours pratique pour contrôler le volume ( la seule fonction vraiment utile en pratique ).

Première impression, il y en sous le capot ! Je suis d’autant plus surpris que le puissance est relativement modeste, et nettement inférieure à mon Atoll ( sur le papier ). L’énergie est donc à mettre à son crédit, d’autant plus que les Dali Mentor Menuet sont des compactes avec un rendement de seulement 86dB.
Ensuite, par rapport à ce qu’on appelle le son anglais, Naim se démarque nettement avec une sonorité plus tendue et une bande passante plus linéaire. De ce côté on est assez proche d’Atoll, mais cela s’arrête là. En effet, le son ne file pas vers le haut et il n’y a pas de dureté que beaucoup reprochent à Atoll. C’est probant sur les cordes que le Naim retranscrit avec beaucoup plus de souplesse, et de vérité (j’ai joué de la guitare dans le passé) que sur l’Atoll. Avec les caractéristiques décrites ci-dessus, ou plutôt leur absence, on apprécie l’écoute même prolongée, ce qui plaira aux gros consommateurs de musique.

Pour faire simple, je dirais que le Naim a les qualités de l’Atoll sans les défauts, et d’ailleurs de défaut, je ne lui en ai trouvé aucun malgré que la source soit loin d’être à la hauteur du reste du système, de même pour le câblage.
Autre qualité à mettre à son crédit, le rythme, que même l’Atoll avec toute sa dynamique ne démontre pas tant. C’est probant sur tout les styles de musique, et bluffant sur la musique électronique, qui est souvent (toujours?) très rythmée, et que à laquelle le Naim insuffle une vie que jamais je n’avais entendu auparavant.

Le bas du spectre n’a pas la rondeur que l’on trouve habituellement chez les marques anglaises, et j’en suis ravis, préfèrent un grave plutôt tendu. Il s’exprime donc avec conviction et même s’il ne descend pas à des profondeurs abyssales, il est tout à fait convaincant. D’ailleurs, les enceintes sont certainement plus limitatives dans ce domaine que l’amplificateur.
Le médium ne m’est pas apparu proéminent, toujours par rapport à ce qu’on trouve souvent chez les Anglais, mais il fait preuve d’une certaine classe, mettant en beauté les voix, surtout les féminines auxquelles je suis plus sensible.
L’aigu est limpide et sans brillance, jamais désagréable, il fait corps avec le reste du spectre.
Autre caractéristique frappante, par rapport à l’Atoll en tout cas, les extinctions. En effet, j’ai constaté que les notes de musique surtout, mais aussi parfois l’épuisement du souffle sur les voix, s’éteignaient nettement moins vite.

En définitive, le Nait 5 I est un amplificateur diablement musical qui, bien qu’étant l’entrée de gamme, fait honneur à la marque. En dépit de sa modeste puissance, il dispose d’une grande énergie qui lui permettra d’être associé à nombre d’enceintes, fussent-elles de rendement modeste.
Et s’il existe un son anglais, il y a son Naim, car bien qu’étant anglais, il s’en détache, de mon point de vue, de manière positive, par une bande passante plus homogène et un sens du rythme plus marqué.

Le point de vue de Lionel SCHMITT

Pour ma part, ce Nait 5 n’apporte pas de surprises puisque je connais cet appareil depuis sa sortie, voilà près de 10 ans.
Toutefois, à chaque évolution et même à chaque écoute, cet intégré apporte son lot de joie et de vivacité. Comme le souligne JEY, le Nait 5 sonne de façon différente par rapport à l’Atoll IN 80, mais il semble que la première impression qui s’en dégage est sans doute son registre grave qui descend plus bas, en tout cas en association avec les nouvelles B & W CM 8.
En ce qui me concerne, l’aigu monte haut et clair avec un « filé » à la fois doux et précis favorisant l’ouverture, et traduisant des propensions à proposer une écoute toute en finesse. Les nappes de violons ou le violon soliste permettent en tout cas de valider la précision et le côté aérien de la restitution. Au milieu, le registre médium prend sa place de manière organisée et logique par rapport aux deux autres registres. Ce registre médium à la fois fouillé et très présent permet aux vocaux d’être très présents, sans être envahissants. Ce registre médium astucieusement complété par le aigu pertinent et maîtrisé et un grave qui a du  »coffre », offre aux instruments de musiques à cordes un velouté et une consistance fort agréables, constituant un tout indissociable.

L’ensemble des timbres apparait pétillant, joyeux, avec une multitude de variations, si on effectue une comparaison avec l’Atoll IN 80. Il est vrai que l’Atoll IN 80 est linéaire, mais s’accommode mieux d’enceintes françaises telles que les Davis Matisse par exemple.
Le Nait 5 fait preuve d’une belle douceur, c’est incontestable, mais la « magie » se traduit par une matérialisation des instruments et des voix de bon niveau. Il se dégage à l’écoute une foule de micro détails bien agréables à entendre. Les instruments acoustiques sont alors proposés avec un excellent grain. Dans ce cadre, le détourage des instruments et des voix prend de la crédibilité, et n’amène pas de critiques.
JEY a mis l’accent sur une absence de toute forme de crispation, que j’ai également relevé, et qui contribue à garantir une excellente fluidité et un enchaînement des notes sans accrocs et quelque soit le type de musiques écoutées. Ainsi, si le Nait 5 est subtilement associé, il « distillera » aussi bien de la musique classique que du jazz, du rock, ou de la variété.
Par ailleurs, ce qui frappe immédiatement l’auditeur est le côté généreux et la spontanéité de cet amplificateur. La musique n’est pas projetée à l’auditeur, mais est proposée avec une belle conviction et un sens de la communication mesuré mais très efficace – ni trop, ni trop peu !

Côté scène sonore, le Nait 5 I n’est pas avare et permet à l’auditeur de bénéficier d’une écoute libre, confortable, déliée.
L’alimentation généreuse garantit par ailleurs une scène sonore ample et aérée, sans craintes de frustrations d’aucune sorte. Les instruments de musique sont à leur place, et on ne peut pas dire que les infimes détails passent à la trappe ; ils sont ainsi restitués avec une belle honnêteté et une présence assez significative sans qu’il ne soit nécessaire de tendre l’oreille pour les entendre.
Enfin, cet intégré offre une rapidité d’exécution et un côté franc que l’on ne boudera pas à l’écoute du piano et de la contrebasse. Les notes s’éteignent de manière libre sans coupure ou prolongement intempestif, sans bavure en tout cas, avec toujours ce respect pour les timbres, et cette faculté de favoriser l’articulation de chaque note de musique. L’étagement des plans n’appelle pas de commentaires négatifs, et l’aspect tri-dimensionnel de la scène sonore est dans la lignée de ce que l’on peut attendre d’un amplificateur de cette catégorie.
Pour terminer, si le Nait 5 n’est pas l’intégré le plus transparent du moment, à aucun moment on peut déceler un voile sur de subtils détails, et c’est en ce sens qu’il peut de démarquer d’une certaine concurrence que l’on ne citera pas …

Conclusion  :

Sans s’être concertés, il se trouve que l’écoute approfondie de JEY complète celle de Lionel SCHMITT et on trouve une certaine convergence de points de vue. Cette vision complémentaire s’avère d’autant plus intéressante que le Nait 5 a été écouté avec du matériel fort différent. Je pense que ces deux points de vue conforteront les indécis, et ceux qui souhaitent un amplificateur intégré à la fois vif, dynamique, généreux, facile à manipuler, et finalement simplement musical.

Cotations : Musicalité : 10 / 10
Rapport qualité – prix : 10 / 10

 

Prix : 1120 € ( 05/2011)

 

Ecoute réalisée par
JEY et Lionel SCHMITT