NAIM DAC et alimentation XP5 XS

NAIM DAC & XP5 XS

Convertisseur numérique / analogique
Alimentation séparée
Origine : Grande Bretagne
Bande passante : 10Hz à 20 kHz
Distorsion : 0,002 %
Echantillonnage USB : 32 kHz à 768 kHz en 24 bits
Echantillonnage S/PDIF : 32 kHz à 192 kHz en 24 bits

Entrées numériques :
1 USB en façade
1 USB en face arrière
2 S/PDIF coaxiale RCA
2 S/PDIF coaxiales BNC
4 optiques TOSLINK

Sorties analogiques :
1 asymétrique ligne RCA
1 asymétrique ligne DIN

 

Il y a 30 ans, lorsque j’ai fait connaissance avec la marque NAIM, je n’aurais évidemment pas parié sur l’avenir du numérique et j’étais à cent lieues d’imaginer que la marque britannique ferait un jour figure de référence dans ce domaine. Après s’être fait la main sur les lecteurs CD, NAIM a réussi à faire un pari fou : celui de faire cohabiter une équipe d’ingénieurs en audio avec une équipe plus spécialisée dans le domaine des traitements informatiques et numériques. Ce mariage a donné naissance aux lecteurs réseaux, et aussi au convertisseur qui fait l’objet de cette présentation.

Sans prétendre que NAIM soit parti d’une page blanche (je n’en sais rien après tout), il ne fait pas de doutes que ce convertisseur sait traiter absolument toutes les données issus de support numériques d’origines diverses. La littérature qui lui est consacrée nous apprend même que les entrées USB sont loin d’être « bridées » à 48 kHz – dès lors le DAC s’autorise la coquetterie de gérer avec la même habilité les formats « Master » ou « Studio » encodés en 24 bits – 96 kHz ou 24 bits – 192 kHz, et même jusqu’à 768 kHz. Il autorise en outre la lecture des signaux numériques issus d’un iPod ou d’un iPhone sur entrée USB, ce qui est suffisamment rare pour être mentionné.

 

Comme à son habitude, l’électronique repose au cœur d’un châssis en aluminium extrudé de bonne épaisseur empêchant toutes formes de perturbations internes ou externes. Et quelle électronique ? On y retrouve plusieurs sections d’alimentation autours d’un transformateur toroïdal de forte capacité doublé d’une armée de condensateurs assurant une régulation du courant optimale.

Les différentes cartes ont été organisées de façon à ce que l’influence du trajet du signal, de la micro phonie des circuits, de la disposition des pistes, l’apport de bruit de certains composants, la sensibilité au bruit des autres, soient réduits à leur plus simple expression. Le trajet du signal du DAC est fondamentalement simple. Le DSP (processeur de signal numérique) Sharc, fonctionnant comme un filtre, reçoit les données, les sur-échantillonne et leur applique un filtre passe-bas, puis les transmet à sa mémoire périphérique. Fonctionnant aussi comme un tampon, la mémoire produit des données qui sont cadencées par l’oscillateur.

Les deux puces d’origine Burr Brown PCM1704K qui assurent la conversion numérique / analogique transforment le signal numérique en courant analogique, juste avant la conversion courant/tension. Le filtre passe-bas analogique enlève les artefacts de hautes fréquences et formate le signal pour un préamplificateur. Ce convertisseur a davantage de points communs avec les lecteurs CD NAIM qu’avec les convertisseurs numériques analogiques externes conventionnels. Il surmonte les problèmes de « jitter » en envoyant les données dans une mémoire RAM tournante, indépendamment de leur signal d’horloge, et en les cadençant au rythme de l’un des 10 oscillateurs sinusoïdaux à quartz et fréquence fixe à très faible bruit.

Construit pour durer, le DAC NAIM est paré pour défier les temps et les modes. Son panneau arrière regroupe pas moins de 8 connecteurs numériques aux quelles s’ajoute 1 port USB, 2 sorties analogiques asymétriques en standard RCA directement boulonnées sur le châssis et en « renfort » l’incontournable fiche DIN.

Ses entrées numériques devraient répondre à toutes les demandes de connexions : 2 coaxiales sur fiches BNC, 2 coaxiales sur fiches RCA, et 4 optiques Toslink.

Enfin, une énorme prise complète le tableau arrière et on devine qu’elle est destinée à recevoir une alimentation externe qui sera ici la XP 5 XS.

 

ECOUTE

Les tests d’écoute ont été effectués avec le matériel suivant : préamplificateur NAIM Nac 202 et l’alimentation HI-CAP 2-DR – bloc de puissance NAIM Nap 250, lecteur réseau NAIM ND 5 XS, alimentation XP 5 XS dédiée au DAC, enceintes acoustiques B & W CM 10, câbles de modulation NAIM Snaic 5, câbles HP ESPRIT Kappa et YBA Diamond.

Extraits dématérialisés : Réquiem de Mozart et Concertos Brandebourgeois de Bach –  » Marquises  » de Jacques Brel – Extraits de Jazz divers, etc….

Ressourcementvoici le premier terme qui m’est spontanément venu à l’esprit lorsque j’ai pris contact avec ce convertisseur accompagné de l’alimentation NAIM XP 5 XS.

Si mes souvenirs sont exacts, je crois me rappeler qu’en son temps le lecteur réseau NAIM ND 5 XS n’avait pas totalement gagné mes faveurs (voir banc d’essai). Avec le DAC et une alimentation sur vitaminée, c’est autre chose. La musique prend une « tournure » différente, du « volume » et de l’assurance sur bien des points. Je me permets même de parler d’une forme de « ressourcement musical » qui prend tout son sens au travers de l’aspect naturel qui se dégage des instruments et des voix. Une texture très pure des timbres, avec une pointe analogique, procurent une excellente illusion de la façon dont sont traités les instruments de musique acoustiques. La sonorité des instruments en bois prennent alors des teintes originelles qui s’approchent de très près de celles que l’on peut entendre lorsque l’on écoute les instruments en direct.

De la même manière, les ambiances de concert ou de studio sont bien transmises à l’auditeur qui a l’impression d’être positionné au cœur des formations musicales, et de vivre la musique avec les instrumentistes.

Ce DAC m’a fait l’effet d’une bombe  tant sa dynamique ainsi que sa présence sont impressionnantes. Le poids des notes et les impacts notamment sur la batterie et les percussions sont impeccablement retranscrits. Pas une bavure, pas une once de dérapage, ou encore d’autres « excès de folie » ne viennent entacher l’écoute. La scène sonore se déploie avec une liberté et une facilité qui vous invitent à vous laisser entraîner par le flot musical.

La rigueur et la rapidité d’exécution m’ont impressionné. Le DAC réagit vite et bien, sans pour autant s’imposer de manière insistante ou démesurée. La musique joue avec un discernement que l’on remarque aussi par le biais de la remarquable fluidité qui en découle. Les notes d’enchaînent avec facilité, et les différents plans sont impeccablement marqués, au point qu’on en viendrait à oublier que l’on à affaire à des enregistrements dématérialisés.

NAIM à tous les étages  en ce qui concerne la couleur et la richesse des timbres. Je n’irais pas jusqu’à dire que le « son NAIM » est immédiatement reconnaissable. Je préfère m’attarder sur le registre grave plein, profond, consistant, dont la lisibilité est une référence : le jeu des notes de contrebasse ou de basse électrique, mais aussi les saccades de caisse claire d’une batterie ou des percussions d’un orchestre symphonique en sont de très bons exemples. Incontestablement, le registre grave descend bien bas et sans fléchir lorsque la situation le requiert.

Le registre aigu suggère aussi que le couple DAC / XP 5 XS sait manœuvrer habilement pour faire chanter absolument tous les extraits musicaux. Tous les styles de musiques bien enregistrés sont restitués avec une propreté rarement rencontrée qui fera pâlir la plupart des « petits » convertisseurs qui fleurissent sur les étagères des enseignes multimédias. Que l’on écoute du jazz ou de la musique classique, la richesse des timbres est inattaquable. Une fois encore, ‘’ Marquises ‘’ de Jacques Brel m’a littéralement laissé muet d’admiration. Les subtiles nappes de violons et leurs nuances, qui viennent se superposer sur les quelques notes de harpes, montrent que le DAC est capable de faire « vibrer » tous les auditeurs en quête d’une musicalité d’exception. Le DAC fouille les moindres recoins d’un bon enregistrement et vous réserve de bonnes et rares surprises.

En tout cas, on retrouve la musicalité « fruitée » caractéristique de tous éléments NAIM depuis leur origine. C’est un véritable bonheur de déguster un extrait de musique classique, car loin de sembler superficiels, les instruments à cordes, les percussions, les instruments à vent sont soignés en ce qui concerne leur matérialisation. La douceur permanente exclut toute forme de dureté et d’agressivité Avec ce DAC, la musique a de l’allure !

Un sens aigu du réalisme anime ce convertisseur  qui pousse l’analyse très loin et lui donne cette transparence et cette luminosité qui montrent la face cachée de tout enregistrement bien réalisé. Sur l’ensemble des extraits vocaux, on arrive à distinguer les inspirations et les expirations des interprètes et, de surcroît, la diction et les articulations sont saisissants de réalisme.

Pour tout dire, je n’aurais jamais cru que la musique sous forme dématérialisée pouvait procurer de telles émotions et se dévoiler sous un jour nouveau. C’est encore sur ‘’ Marquises ‘’ de Jacques Brel que j’ai compris à quel point ce DAC et le lecteur réseau ND 5 XS étaient à eux deux capable d’être des vecteurs de musique vivante. La présence de Jacques Brel insuffle à l’auditeur une expression poétique qui vous emmènera bien au-delà d’un salon d’écoute. Le doux et mélodieux chant des violons qui accompagnent le thème principal vient « colorer » discrètement le « fond de page » avec une foule de nuances qui facilitent la communication. Jacques Brel nous confie ses émotions, nous livre son talent, fait passer des messages fort, sa nostalgie, et pourquoi pas ses angoisses. Bref, on se repasse l’extrait rien que pour le plaisir, et apprécier la pureté musicale.

La construction soignée de la scène sonore tombe sous le sens avec une logique implacable. Tous les interprètes sont à leur place. L’ajout de l’alimentation HI-CAP 2-DR amène un gain notable sur le plan de « l’aération » : plus d’air entre les musiciens, un meilleur détourage des instruments. Les multiples fréquences qui découlent de la fréquence fondamentale (harmoniques) se multiplient et durent plus longtemps dans le temps avant de s’éteindre définitivement. L’étagement des plans prend une structure ordonnée ; du coup, on a le sentiment que l’espace sonore prend une place plus importante et privilégiée dans la pièce d’écoute. Les grandes envolées de violons et de cuivres prennent une dimension réaliste, sans qu’il soit nécessaire d’écouter la musique à haut niveau.

Dans tous les cas de figure, le DAC NAIM s’emploie à rendre la musique dense, vivante, rythmée, et scrupuleusement dépourvue de toute caricature. J’ai réellement apprécié cette forme d’invitation à découvrir de nouveaux artistes, de nouveaux styles de musique, qui montrent que la musique n’est pas subie, mais simplement vécue par l’auditeur !

Conclusion :

Partenaire idéal des sources NAIM, et plus particulièrement du lecteur réseau NAIM ND 5 XS, ce DAC nous offre une autre facette de la musique numérique. Les points de convergence avec la musique analogique sont nombreux, et on retiendra en premier lieu sa douceur et sa précision. Les nombreuses possibilités de connexions apportent un surcroît de souplesse d’utilisation dans des conditions optimales, qui faciliteront son insertion au cœur d’un grand nombre de systèmes audio réputés « performants ». Je recommande sans restriction ce DAC aux fins d’optimiser votre installation haute fidélité.

Synthèse : Musicalité : exceptionnelle
Appréciation personnelle : enthousiaste
Rapport musicalité – prix : excellent

 

Prix : 2550 € (02/2014)
Prix alimentation XP5 XS : 2085 €


Test d’écoute réalisé par
Lionel Schmitt