NAD C316 BEE

NAD C316 BEE

Conception : Grande Bretagne
Réalisation : Asie
Amplificateur intégré à transistors
Puissance : 2 x 40 watts sous 4 et 8 ohms
Bande passante : 3 Hz à 70 kHz
Facteur d’amortissement > 200
Taux de distorsion : < 0.01%
Rapport signal / bruit : 95 dB
5 entrées haut niveau
1 entrée aux. jack 3,5
1sortie enregistreur
1 sortie casque jack 6,35

 

 

L’amplificateur intégré NAD C316 BEE est le plus petit amplificateur intégré de la gamme « audiophile » du constructeur. Il s’affiche comme le digne héritier du célèbre 3020 conçu par Bjorn Erik Edvardsen, dont il reprend au passage les améliorations effectuées sur le C320 BEE, et succède au C315 BEE. C’est un amplificateur simple, pratique d’utilisation avec un nombre intéressant de possibilités de connexions et d’exploitation. Luxe suprême : il est livré avec une télécommande destinée à piloter les principales fonctions.

La face avant ultra plate regroupe toutes les fonctions : les 6 touches correspondent aux 6 entrées haut niveau, les réglages de volume motorisé et de balance, ainsi que les réglages de tonalité grave et aigu heureusement débrayables. L’heureux possesseur d’un casque d’écoute aura le privilège d’avoir une prise ad’hoc en façade, laquelle s’avère plus anecdotique qu’autre chose. Une petite prise jack 3,5 complètera le tableau, mais ne nous méprenons pas : il s’agit d’une entrée auxiliaire pour une source nomade.

 

 

La face arrière regroupe une série de fiches RCA de qualité basique pourtant réputées plaquées or pour les 5 entrées haut niveau et la sortie enregistreur. A noter que le C316 BEE bénéficie d’une boucle monitoring intégrale. 4 solides bornes HP autoriseront les fiches bananes, les fourches et le câble nu, mais interdiront le bi-câblage. Un interrupteur marche / arrêt assure la mise sous ou hors tension générale de l’appareil. NAD n’a pas prévu de fiche IEC, ainsi le cordon secteur est prisonnier du boîtier : une erreur impardonnable à notre époque !

 

 

Le schéma classique asymétrique et bien connu du C316 BEE repose au sein d’un châssis en tôle plié d’une épaisseur qui ne permettra surement pas de s’affranchir de toutes les perturbations internes ou externes, d’autant que les pieds support sont également simplifiés à l’extrême.

Côté électronique, NAD a maintes fois prouvé depuis plus de 40 ans son savoir-faire qui est largement repris ici. Bien évidement, le constructeur ne s’est pas privé de doter sa machine d’un transformateur toroïdal de type Hölmgren, base de l’alimentation linéaire Powerdrive-S chère au concepteur. Toutefois, par rapport à certains autres modèles de la marque, la cuve de protection en aluminium semble avoir disparu ! (oubli ou économie ?). Le filtrage est assuré par deux condensateurs de forte capacité 10 000 microfarads / 63 V, qui présagent un courant satisfaisant. L’étage de puissance fait appel un montage simple push-pull avec des transistors d’origine Toshiba 2SA1943 et 2SC5200 montés sur un radiateur en aluminium destiné à dissiper efficacement les calories. Comme de coutume chez NAD, le montage industriel est proprement réalisé.

 

ECOUTE

Ce banc d’essai a été réalisé sur les bases d’une synthèse d’écoutes effectuée par mes soins et celle d’un audiophile qui a bien voulu contribuer à les enrichir par quelques témoignages ciblés.

Matériel utilisé : enceintes DAVIS Matisse 3D et KEF Q100, lecteur CD NAD C546 BEE et ATOLL CD 50 SE, câbles QED et VAN DEN HUL.

CD utilisés : CD test NAIM Sambler N° 6 – Quiet Nights par Diana Krall – Modern Jazz Quartet with Laurindo Almeida – Tri Yann avec L’orchestre National des Pays de Loire – Requiem de Mozart dirigé par Karajan – Double Jeux par Laurent Korcia – B.O. du film  » Mars Attacks  » – etc…

Timbrestransparence

 Pas de doutes possibles, dès les premières séquences d’écoutes l’empreinte NAD est immédiatement reconnaissable. On pourrait résumer les choses simplement : la douceur et la coloration de certaines fréquences se vérifient quels que soient les éléments (sources, enceintes, câbles) associés.

Chose curieuse, par rapport à ses prédécesseurs, le C316 BEE « dépoussière » le registre aigu – je veux dire par là que j’ai trouvé un registre aigu qui file plus haut tout en conservant l’aspect soyeux de ses grands ou petits frères. De fait, un surcroît de luminosité se confirme lorsque l’on associe à cet amplificateur un lecteur CD qui a du caractère, en l’occurrence l’ATOLL CD 50 SE. Du coup, on peut parler de transparence. Sans qu’il soit question d’aller jusqu’à évoquer l’aspect cristallin de celle-ci, j’ai le sentiment que cet amplificateur a un sens de l’analyse assez poussé.

Sans paraître hyper lumineux, il semble que le C316 BEE a un sens de la nuance et des aptitudes à mettre en avant un certain nombre de détails qui gravitent dans des fréquences médiums. Cela pourra se vérifier sur des vocaux en général et sur  » Quiet Nights  » par Diana Krall dont l’expression suave ne passera sûrement pas inaperçue.

Les registres bas médium et haut grave sont toujours marqués par une certaine boursoufflure qui donne une coloration typique à la restitution, laquelle aboutit à une musicalité un peu ronde à la façon des électroniques britanniques des années 70 / 80. Toutefois, cette caractéristique se marie agréablement avec le registre grave, qui à défaut de descendre bas, reste parfaitement lisible. Cet amplificateur semble laisser de côté les timbres un tantinet enrobés ou épais propres aux électroniques appartenant aux millésimes précédents.

On l’aura bien compris, plutôt que d’offrir une bande passante subjective hyper étendue mais perfectible, les concepteurs ont choisi de « couper proprement » les deux extrémités du spectre dans le but d’obtenir une restitution cohérente et une bonne homogénéité sur l’ensemble du spectre audible.

Dynamique – réactivité – rigueur

Le NAD C316 BEE n’est ni mou ni ultra rapide ou percutant, néanmoins il réagit correctement aux sollicitations multiples et les grands écarts de dynamique sont « digérés » sans défauts apparents. Ce constat montre en tout cas une alimentation pour le moins aboutie pour une restitution d’ensemble réactive. Les transitions entre les différents registres s’effectuent sans accroc notable et conduisent cet amplificateur à être rigoureux, ce qui n’est pas rien.

La dynamique n’est pas foudroyante, mais pour un amplificateur de ce prix il faut reconnaître que sur ce terrain, le C 316 BEE se défend pas mal du tout – il arrive même à surprendre en certaines circonstances : le  » Requiem  » de Mozart prend par exemple une ampleur assez singulière que je n’aurais pas soupçonné de prime abord, avec une montée en puissance tout à fait intéressante.

Sur des extraits plus rock (B.O. du film  » Mars Attacks « ), le C316 montre une forme d’énergie qui stupéfie par sa force, évitant ainsi les écueils, les accrocs, ou toute autre forme de cafouillis.

3° Scène sonore

Dans son ensemble, la scène sonore apparaît d’une dimension globalement raisonnable, et suffisamment étoffée pour laisser les interprètes s’exprimer librement et sans contraintes particulières. La musique respire et ne semble pas confinée dans un espace restreint. Certes, on aurait apprécié un meilleur étagement des plans, des contrastes un peu plus marqués, mais il apparaît que la profondeur de scène sonore donne quelques reliefs qu’il est important de souligner, et qui nous ont permis de distinguer la position de chacun des  » acteurs « .

La hauteur de scène sonore aurait mérité d’être plus  » étendue « , mais je n’ai pas relevé de tassement significatif avec les enceintes acoustiques DAVIS Matisse 3D.

Fluidité et harmoniques

Un amplificateur NAD qui ne serait pas ou plus fluide n’aurait plus le droit d’appartenir à la dynastie des NAD. Je vous rassure, le C316 BEE a su conserver ce qui a fait la réputation de la marque. Les notes s’enchainent de manière ordonnée et la musique s’écoule aisément avec un style lisse et huilé, sans fatigue auditive notable.

Sur le plan des harmoniques, on aurait pu souhaiter une gestion de celles-ci eu peu plus aboutie, avec des notes qui s’éteignent moins rapidement ou plus proprement dans le temps et l’espace, mais soyons indulgent, car sur ce point le C316 BEE ne démérite pas.

5° Communication avec l’auditeur

Peut-être ne vibrerez-vous pas à chaque instant, mais cet amplificateur sait jouer fin pour communiquer à son auditoire l’essentiel d’un bon enregistrement. Et même s’il fait croire qu’il est capable de laisser passer beaucoup d’émotion, sur ce sujet il nous livre l’essentiel de la musique avec beaucoup d’astuce et une bonne humeur de tous les instants. Dans tous les cas de figures, on entend les interprètes reprendre leur respirations, et les bruits de bouches ne sont pas mêlées à la musique : ils s’enchainent dans une continuité, somme toute naturelle.

La plupart des instruments de musique à corde ont un très bon grain, et l’on perçoit les vibrations et les oscillations des instruments à cordes, à cuivre, ainsi que celles liées aux vocaux les plus expressifs. L’auditeur attentif repèrera certainement diverses nuances telles que les pizzicati d’un violon, mais aussi la bonne tenue des coups secs d’une cymbale sur laquelle un batteur  » s’éclatera  » pour marquer le rythme. Les solos de basse électrique ou de contrebasse ont la  » corpulence  » nécessaire pour s’affirmer dans l’espace sonore sans bousculer le reste de l’orchestration ; cela renforce la convivialité et contribue à rendre la musique agréable à écouter.

Conclusion :

L’amplificateur NAD C316 BEE est la Nième déclinaison du célèbre 3020 dont il reprend bon nombre de recettes techniques. Toutefois, au fil du temps NAD a fait évoluer ses produits et cet amplificateur de début de gamme a tout de même fait quelques progrès. A titre personnel, je le trouve assez ouvert sur un monde musical plein de vie, avec une expression chaleureuse et pourquoi pas raffinée. Cet amplificateur pourra constituer une base sérieuse à un système  » budget  » simplement musical.

Cotations : Musicalité : à prendre en considération
Appréciation personnelle : recommandable
Rapport qualité – prix : bon

 

Prix : 350 € (06/2014)

Test d’écoute réalisé par
Lionel Schmitt