MUSICAL FIDELITY M 3 i

MUSICAL FIDELITY M 3 i

Origine : Grande Bretagne
Amplificateur intégré à transistors
Configuration : classe A et classe AB

Puissance : 2 x 76 watts / 8 ohms
Bande passante : 10 Hz à 20 kHz (+ 0 / -0.1 dB)
Taux de distorsion : < 0,014 % (20 à 20 kHz)
Rapport signal / bruit : ≥ 96 dB
6 entrées haut niveau RCA
1 sortie enregistreur
1 sortie bloc de puissance

 

Musical Fidelity M3i-1

 

Le moins que l’on puisse dire est que la marque MUSICAL FIDELITY n’est pas très présente sur notre site. Ne me demandez pas pourquoi : sans doute un manque d’opportunités, absence toute relative de points de ventes…., mais certainement pas un désintérêt pour cette marque britannique qui a toujours su proposer des  » solutions  » musicales qui ont fait et font toujours la joie musicale de leurs propriétaires.

La publication de ce banc d’essai est cependant le fruit du hasard et il porte sur l’amplificateur intégré M 3i que j’avais eu l’occasion d’écouter mais qui n’avait  jamais fait l’objet d’un écrit. Le hasard des échanges sur internet avec un audiophile qui a bien voulu se prêter au jeu de l’écriture a permis de réaliser ce  » regard croisé  » sur l’amplificateur M 3i.

Le M 3i représente tout ce qu’il y a de plus classique en matière d’amplificateur intégré : pas de section dac intégré, pas davantage de carte phono, un design dépouillé, mais une foule d’entrée analogiques sur les quelles nous reviendront. Le M 3i n’est ni beau, ni laid : il arbore un design épuré autours d’un châssis en acier épais et une façade en aluminium qui regroupe l’ensemble des fonctions relayées par une télécommande commune à un lecteur CD de la marque. Rien de plus simple : 6 touches de fonctions par relais pour la sélection des 6 entrées haut niveau et du monitoring, 1 touche pour la mise en veille, et 1 potentiomètre de volume sonore motorisé commun aux deux canaux – pas de réglage de balance.

Sur le plan technique, peu de choses ont filtré : on sait seulement que cet amplificateur fonctionne en Classe A et Classe AB. Comme tout Anglais qui se respecte, le constructeur a mis l’accent sur une alimentation conséquente qui tient les promesses d’une bonne tenue en puissance, soit 2 x 76 watts / 8 ohms.

Musical Fidelity M3i-2

La face arrière est bien garnie et autorise 6 sources haut niveau, complétées par 1 sortie pour magnétophone analogique et un bloc de puissance complémentaire. Ces fiches au seul standard RCA sont de qualité moyenne et suffisamment espacées pour des connecteurs de gros diamètre.
4 solides bornes HP acceptant le fil nu et les fiches bananes limitent les possibilités de connexions aux enceintes acoustiques : pas de bi-câblage possible en l’occurrence.

Lionel SCHMITT

Barre séparation

Ecoute :

Ce banc d’essai repose sur des tests d’écoutes réalisés séparément par  :

  • NEVIK à domicile avec le matériel suivant : Dac : Smsl sd 192 pro – Enceintes acoustiques B&W 805 S – Câbles HP : Mogami 3103,
  • Lionel SCHMITT en auditorium avec le matériel suivant : lecteur CD Musical Fidelity M3CD – Enceintes acoustiques B&W CM 8 et CM 9, 683 S2 et 684 S2 – Câbles de modulation et HP YBA Glass.
    M3CD.

Après avoir possédé quelques amplificateurs d’origines diverses et variées, Nevik nous confie  » qu’aujourd’hui son choix s’est tourné vers un MUSICAL FIDELITY M 3i, choix en grande partie dû aux difficultés qu’il a eu à alimenter correctement les enceintes acoustiques B&W 805 Signature mais aussi pour retrouver une certaine sensation musicale « . Il nous confie ses impressions.

Les anglais sont quand même fort pour ça !
Chaleur, émotion (bon ça c’est subjectif) et densité sont des critères que j’avais un peu perdus au profit d’une « ultra » neutralité « .

Le M3i n’est pas neutre dans le sens où il apporte un côté agréable à la musique (un peu la même sensation que j’avais avec mon vecteur). Mes dernières expériences m’ont démontrés qu’à titre purement personnel, le côté analytique poussé à l’extrême, la neutralité poussée à l’extrême ne me satisfaisait jamais.
Je passais mon temps à me poser des questions. Trop d’aigu par-ci, pas assez grave par là, trop agressif, trop mou, bien pour le jazz, moins bien pour le rock … du coup, on change la position, on change les câbles, on touche à l’égaliseur à chaque titre. Bref, un casse tête qui me faisait presque oublier que mon but premier en allumant l’ampli c’était d’écouter de la musique .

Avec le MUSICAL FIDELITY, je ne réfléchi plus, c’est musical (dans le sens que moi je me fais de ce terme). Justement musicalement ça donne quoi ?

Test N° 1 : Roger Waters, The Wall (dernière version de ce live)

J’avais découvert cette version avec le FX audio D802 et j’avais déjà été bluffé par la qualité de l’enregistrement. Sans dénigrer le FX audio, je dirais qu’avec ce MF M3I les basses sont plus amples, beaucoup plus de liant entre les notes , l’espace est bien rempli.

Test N° 2 :  Symphonie N°9 de Dvorak

Quelle belle sensation, quelle dynamique, il en a de la réserve le M 3i. Le respect des timbres est indéniablement une autre de ses qualités.

Test N° 3 : Fresu, Linx et Wissels : whistleblowers

Un de mes disques favori de la fin d’année 2015 .
Ah !!! je retrouve un peu de chaleur dans la voix . Le côté émotionnel qui manquait à mes dernières écoutes (sur les FDA).

Test N° 4 : Test ultime de piano

Pour un claviériste c’est hyper frustrant de trouver que le son est agressif lorsqu’on écoute des œuvres au piano. Pour moi c’est souvent le cas sur les différents ensembles hifi que j’écoute.
Keith Jarrett a pu enfin exécuter sereinement le Köln concert sans que je peste une seule fois … douceur et émotion je n’en attendais pas moins.

Conclusion de Nevik :

Le M 3i est un petit charmeur, il s’adapte facilement à tout type de musique. Le rendu n’est pas raide, pas analytique au sens strict mais tout de même assez précis pour entendre chaque détail.
Il a de la puissance en réserve , on le sent dès les premières attaques et montées en puissance…
Vraiment bien équilibré sur l’ensemble du spectre, il ne dégraisse rien et les timbres sont bien pleins .
La musique s’écoute sereinement et si en plus on se sert un bon  » Finlaggan  » (old reserve) , alors là on est aux anges !

Barre séparation


De mon côté, je rejoins volontiers les principaux critères décrits par notre auditeur. On pourra se féliciter ou regretter (suivant les goûts personnels) de l’extrême douceur qui se conjugue avec la chaleur assez marquée relevée sur l’ensemble des extraits musicaux utilisés pour ces tests.

Il est incontestable que le côté plaisant permet de déguster toutes les œuvres musicales sans se poser de questions. La musique s’écoule avec une belle facilité qui m’incite à mettre l’accent sur la fluidité de cet amplificateur intégré. Je dirais que le M 3i est un amplificateur « facile à vivre ».

Comme le souligne Nevik, la rondeur et même l’excès de chaleur ne l’autorise pas à revendiquer la neutralité la plus absolue. Cependant, les traits de caractères un tantinet caricaturaux n’enlèvent rien au charme d’une musicalité agréable et vivante.

Test N° 1 : Les géants du jazz jouent Georges Brassens

Certaines duretés liées à un enregistrement déjà ancien sont totalement gommées. Certes, on ne retrouve pas forcément la tonalité fidèle des cuivres que l’on peut observer sur d’autres électroniques, mais les couleurs musicales de ces cuivres sont reproduites sans altérations ou déformations.

Test N° 2 : Modern Jazz Quartet with Laurindo Almeida

Certes, le M 3i n’est pas le plus rapide de tous les amplificateurs intégrés, mais il suit la cadence très correctement et aborde les écarts de dynamique sans faillir. Sur  » Valéria « , j’ai pu notamment apprécier l’excellent tempo de la contrebasse et le rythme soutenu du piano. Les notes de piano ont une attaque appréciable et une franchise directe qui permettent de suivre chaque phrase musicale avec facilité. Aucune bavure n’est à relever. Je suis peut-être un peu moins serein en ce qui concerne le jeu de vibraphone, qui ici, ne prend pas forcément une palette de timbres aussi étendue qu’avec d’autres électroniques de gamme et de prix voisins.

Test N° 3 : Requiem de Mozart par Herbert von Karajan

Avec ce Requiem de Mozart, cet amplificateur nous révèle une partie de ses talents et notamment celui de rendre les chœurs d’une chaleur humaine particulièrement attachante.
Si une certaine forme de réalisme s’installe au fil de la partition, je reste un peu plus circonspect quant à la facilité à « communiquer » totalement à l’auditeur. J’ai parfois relevé sur cet extrait une certaine « retenue » et peut être même une certaine distance entre les interprètes et moi-même. Cette « retenue » s’explique en partie par un léger manque de spontanéité qui se traduit par une scène sonore qui manque légèrement d’ampleur (toutes proportions gardées). Ne vous arrêtez pas sur cette dernière réflexion, car dans une pièce d’écoute de dimension classique, vous ne vous devriez absolument pas être frustrés.

Test N° 4 : Dance Intro Internity par Omar Faruk Tekbilek

Les différents extraits musicaux qui illustrent cet album démontrent un sens du détail tout à fait acceptable, même si j’aurais souhaité que la transparence fut plus « aboutie ». Le M 3i fait cependant un bon travail d’analyse globale, même s’il ne pousse peut-être pas celle-ci dans ses derniers retranchements. Il n’empêche que le détourage des instruments et des voix est crédible, sans flou artistique. On retrouve avec bonheur le jeu enchanteur de la flûte baroque de laquelle émane une expression insolite et son lot de nuances savoureuses. Le jeu de oud ou les percussions exotiques sont reproduites avec des teintes et couleurs tonales très agréables  et qui incitent à enchaîner les extraits.

Conclusion de L. Schmitt :

En dépit de quelques critiques subjectives, dans les grandes lignes, je rejoins largement l’analyse de Nevik qui nous a bien décrit ses sentiments et sa motivation à porter son choix sur cet amplificateur, lequel rassemble une foule de qualités, dont celle d’être simplement musical. Tout est dit !

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Synthèse : Musicalité : charmeuse
Appréciation personnelle : on s’y retrouve
Rapport musicalité – prix : bon

.

Prix : 1400 € (01/2016)

Test d’écoute réalisé par
Nevik et Lionel Schmitt