MARANTZ CD 6005

MARANTZ CD 6005

Origine : Japon
Bande passante : 2 Hz à 20 kHz
Rapport signal/bruit préampli :110 dB
Dynamique : 100 dB
Distorsion : 0,002 %
Diaphonie : 98 dB

Entrées numériques : 1 USB en façade

Sorties analogiques :
– 1 asymétrique ligne RCA
– 1 sortie casque jack 6,35 en façade

Sorties numériques :
– 1 coaxiale S/PDIF
– 1 optique Toslink

 

Pour marquer son 60ème anniversaire, MARANTZ a décidé de faire évoluer sa gamme (voir NEWS 2013) en proposant de nouvelles références d’une part, et une volonté à faire évoluer les gammes existantes d’autre part. Il est vrai que le constructeur Japonais s’emploie à faire « progresser » régulièrement ses produits et n’hésite pas à la mettre « à la page » en offrant de nouvelles fonctionnalités.

Le lecteur CD intégré 6005 est en définitive une simple déclinaison du CD 6004 dont il reprend l’esthétique et la conception d’ensemble. Il faut avoir un œil exercé pour s’apercevoir que la façade adopte désormais un port USB.

Si le schéma n’a pas radicalement évolué, MARANTZ a tenu à optimiser son alimentation en implantant des composants de qualité supérieure, dont un nouveau transformateur EI et des condensateurs de valeur plus élevée. Ces changements ont pour finalité de rendre la machine plus musicale, et modifier à la hausse ses performances. MARANTZ n’hésite pas à communiquer sur les étages de sortie HDAM-SA2 qui auraient une influence sur la dynamique et l’aspect naturel de la restitution – on lui fait donc confiance sur ces points.

La nouvelle mécanique de référence CJDKT690 repose sur un châssis renforcé spécialement étudié aux fins de réduire les vibrations internes et externes. Mais, ne nous méprenons pas : il s’agit d’un berceau de tôle pliée en U. Au chapitre des critiques, je pense que MARANTZ aurait pu dans la foulée faire l’effort de revoir le découplage de l’ensemble par une série de pieds support au concept plus abouti.

La carte de conversion adopte une puce Cirrus Logic CD4398 capable de traiter les signaux numériques 24 bits / 192 kHz couplé à une horloge interne de précision, élaborée par le constructeur.

La face avant fort bien connue, comprend les fonctions principales reprises sur la télécommande, ainsi qu’une sortie casque au standard jack 6,35 mm et le port USB déjà évoqué. On comprend donc que le CD 6005 pourra servir de Dac de « première nécessité » afin d’exploiter les formats audio WAV, MP3, AAC et WMA via vos iPod, iPhone ou contenus sur des clefs USB et autres disques durs externes.

La face arrière plutôt dépouillée reçoit, pour les sorties analogiques, une connectique RCA standard de qualité plutôt moyenne et néanmoins plaquée or, à laquelle s’ajoute deux sorties numériques : une optique Toslink et une coaxiale S/PDIF.

ECOUTE

Les tests d’écoutes ont été effectués dans des conditions assez différentes : en plusieurs séances en grande surface multi-média, complétées par une séance à domicile avec l’équipement audio en place.

Matériel utilisé  : Amplificateur intégré MARANTZ PM 6005, enceintes acoustiques DAVIS Matisse 3 D, ensemble YBA Classic 3 Delta DT, enceintes acoustiques PEL Kantor, et des câbles modulation et HP ESPRIT Kappa.
A domicile, l’alimentation secteur a été confiée à la barrette FURUTECH F-TP 615 et câble secteur G-314Ag-18E et prise murale FT-SWS-G de la même marque.

CD utilisés  : Quiet Nights par Diana Krall – Modern Jazz Quartet with Laurindo Almeida – Tri Yann avec L’orchestre National des Pays de Loire – Requiem de Mozart dirigé par Karajan – Double Jeux par Laurent Korcia – Celtic Spectacular par Erich Kunzel.

Une impression de déjà vu !

Même dans des « conditions de travail » ou d’écoutes difficiles, il est incontestable que ce lecteur CD revêt un caractère musical agréable et volontariste qu’il ne faudrait pas sous-estimer. Toutefois, les grands changements évoqués par les sites de vente en ligne, les forums, ou la presse spécialisée ne sont peut-être pas aussi fondés qu’il y parait. Pour tout dire, je n’ai pas trouvé de différences très significatives avec le CD 6004. Cependant et pour être tout à fait franc, j’avoue ne pas avoir effectué de comparaison directe me permettant d’être ultra précis sur ce point.

Néanmoins, les diverses écoutes m’autorisent à dire dans les grandes lignes, que l’on retrouve la même signature musicale qui caractérise l’ensemble des produits MARANTZ.

La couleur des timbres  pour le moins séduisante, voire aguichante, reflète un tempérament musical davantage orienté vers la douceur, la chaleur, et la rondeur plutôt que sur la précision et la pertinence. Le registre médium à vocation chatoyante assure une bonne cohérence avec un registre aigu relativement fin et un registre grave qui, à défaut de descendre dans le grave, prend une épaisseur assez caractéristique. Cette forme de caricature a davantage tendance à enjoliver le bas du spectre plutôt qu’à le mettre en valeur.

On appréciera l’aspect velouté qui lisse le message musical et arrondit les angles des hautes fréquences qui seraient susceptibles de « sortir des clous ». Ainsi, la voix de Diana Krall au travers de son album  » Quiet Night  » prend des teintes fort agréables, suaves, avec une bonne diction, et un soupçon d’émotion.

L’ensemble MARANTZ complété par les enceintes DAVIS est globalement harmonieux, voir équilibré, ce qui nous permet d’en obtenir une restitution équilibrée et cohérente. La sonorité de violon de Laurent Korcia sur l’album  » Double Jeux  » revêt un caractère sympathique. La sonorité fruitée de l’instrument est bien audible, et le suivi mélodique est réellement satisfaisant. Le contact entre l’archet et les cordes de l’instrument fait preuve d’une belle douceur qui suggère aussi une excellente fluidité. Le jeu de contrebasse est précis, et sa lisibilité m’a semblé délivrer une belle prestation.

Un lecteur qui fait preuve de discernement.

Avec le CD Tri Yann et l’Orchestre National des Pays de Loire, je ne peux pas dire que ce lecteur ne sait pas faire face aux charges complexes. J’ai trouvé qu’il faisait preuve de discernement, et qu’il s’employait à analyser correctement chaque instrument ou groupe d’instruments de manière à les rendre audible, à défaut de bien les mettre en valeur. Les vocaux sont bien restitués avec ce qu’il faut de chaleur et un brin d’humanité qui retiendra le cas échéant votre attention.

Une dynamique au cœur du débat  grâce au  » Requiem  » de Mozart dirigé par Karajan. Sur cet extrait, le CD 6005 ne tire pas mal son épingle du jeu lorsque l’on « secoue » un peu l’amplificateur MARANTZ. Le CD 6005 ne reste pas en queue de peloton et montre une bonne volonté pour affirmer sa présence face à ses auditeurs. Les montées en puissance de l’orchestration et des chœurs ne sont certes pas foudroyantes : elles obéissent plutôt à une forme de déroulement progressif et logique qui ne bouscule jamais l’équilibre général.

Une scène sonore contenue et une présence soutenue  me confortent dans l’approche subjective lorsque l’on évoque la communication avec l’auditeur. Le lecteur MARANTZ a des choses à dire et il démontre sa bonne volonté à communiquer avec l’auditeur. La scène sonore peut paraître légèrement plus étriquée qu’avec d’autres lecteurs CD de même catégorie ou dans des tranches de prix voisines. Néanmoins, ce lecteur ne met pas de distance entre la musique et l’auditoire. Il invite ce dernier à participer à l’expression musicale ; le fameux  » Requiem  » de Mozart en est un bon exemple. La cadence est soutenue et les rythmes sont correctement cadencés.

Dans un autre registre,  » Valéria  » interprété par le Modern Jazz Quartet répond globalement à mes attentes et mes exigences. Le jeu de piano affirme aussi sa présence par une prestation de belle envergure et bonne dimension. Le jeu de vibraphone nous cache certainement ses innombrables facettes, mais bon nombre de nuances s’en échappent tout de même. Le CD 6005 a su déjouer les variations rapides des multiples fréquences et les écarts de dynamiques qui en résultent, et c’est déjà une belle performance en soi.

Ça se gâte un peu  lorsque l’on change de système audio. Associé quelques heures à l’amplificateur GRANDINOTE Shinai ou à la Ligne YBA Classic 3 Delta, la chanson n’est plus tout à fait la même. J’ai eu l’impression que ce lecteur CD manquait un peu de souffle.
Par ailleurs, la si jolie couleur de timbres s’avère dans ce cas un peu pâle. Les couleurs tonales apparaissent moins « saturées » comme on dit en photographie. L’éventail de nuances a tendance à s’estomper lorsque l’on se met à écouter  » Quiet Night  » par Diana Krall. Certes, la voix de la chanteuse est toujours très présente dans la salle d’écoute, mais il m’a semblé que l’orchestration prenait ses distances par rapport à l’auditeur. L’écoute de  » Valéria  » par le Modern Jazz Quartet montre à son tour une sorte de retenue, voir une certaine simplification sur la ligne mélodique de la contrebasse et du piano. Les notes de musique ont, c’est certain, moins de poids et la lisibilité ainsi que la rigueur ne me sont pas apparues aussi soutenues que l’on veut bien le dire.

Par ailleurs, j’ai été un peu frustré par le manque de précision qui résulte d’une écoute à niveau moyen du  » Requiem  » de Mozart par Karajan. Il demeure des zones d’ombre facilement identifiables avec un système ouvert et / ou d’une grande transparence. Le bas du spectre apparaît lui aussi un peu plus « léger » et la tenue dans le grave est aléatoire. Cela s’entend notamment sur le jeu de violoncelles et de contrebasse. J’ai aussi trouvé que les chœurs n’avaient pas le panache, la conviction, et l’aspect naturel qui est crée un véritable lien entre les interprètes et l’auditeur.

Pourtant « boosté » par l’amplificateur GRANDINOTE Shinai et le couple YBA Classic 3, ce lecteur ne parvient pas à tenir la cadence lorsque je lui ai demandé de me faire « chanter » les meilleurs extraits de  » Celtic Spectacular  » par Erich Kunzel. L’écoute de ce même CD m’avait pourtant davantage convaincu lors des écoutes effectuées avec l’amplificateur MARANTZ PM 6005 et les enceintes DAVIS. Les harmoniques trouvent rapidement leurs limites et les notes s’éteignent un peu prématurément dans le temps et l’espace. Par ailleurs, malgré une alimentation de qualité significative, la spatialisation ne fait pas de prouesses. On ressent une scène sonore un peu confinée, dont le déploiement s’avère limité, surtout à faible niveau d’écoute et / ou dans une pièce de petite dimension.

Conclusion :

Le nouveau lecteur MARANTZ est loin d’être dépourvu d’intérêt. Il fait correctement son travail sous condition d’être associé exclusivement avec des éléments de sa catégorie. Globalement sain et « complet » sur le plan musical, il offrira un agrément et un confort d’écoute sur tous les styles de musique. En définitive, le CD 6005 est un lecteur facile à vivre.

Synthèse : Musicalité : intéressante
Appréciation personnelle : mitigée
Rapport musicalité – prix : correct

 

Prix : 600 € (02/2014)

 

Test d’écoute réalisé par
Lionel Schmitt