MAC INTOSH MA 7900

MAC INTOSH MA 7900

Origine : Etats-Unis Amplificateur intégré à transistors
Puissance : 2 x 200 watts / 8 ohms
Bande passante : 10 Hz à 100 kHz
Distorsion : 0,005%
Rapport signal / bruit ligne : 95 dB
Rapport signal / bruit phono MM : 84 dB
Rapport signal / bruit phono MC : 82 dB
6 entrées haut niveau RCA
1 entrée symétrique XLR
1 entrée enregistreur
1 sortie enregistreur
1 sorties blocs de puissance
1 sortie casque jack 6,35
1 port numérique USB
1 port numérique coaxial
1 port numérique optique

 

 

MAC INTOSH incarne le véritable symbole de la « puissance » musicale Américaine, et ceci depuis la création de la marque en 1949. De plus, il faut reconnaître que la présentation irrésistible des produits aura conquis plusieurs générations d’audiophiles sur les cinq continents. Par ailleurs, on avait souvent associé MAC INTOSH aux seules électroniques à tubes – technique à travers laquelle le constructeur américain s’est bien souvent distingué. Mais, il ne faut pas oublier que MAC INTOSH a su évoluer et se diversifier en mettant notamment au point des amplificateurs à transistors, dont le très ce très récent MA 7900.

La première prise de contact physique avec le MA 7900 nous montre bel et bien que cet amplificateur a été conçu et réalisé pour durer, mais aussi pour défier les temps et les modes : la superbe robe dont il est vêtu nous le rappelle. Un appareil MAC INTOSH est avant tout un appareil qui peut être admiré et on prend réellement plaisir à contempler le MA 7900 qui en « jette » réellement. A la fois contemporain avec des airs de vintage, le MA 7900 ne peut renier ses origines : au milieu de la face avant trône le logo lumineux vert, encadré par les éternels vu-mètre de couleur bleue d’une parfaite lisibilité.

Cette face avant est tout le contraire de la sobriété revendiquée par les électroniques contemporaines de haut de gamme. Elle est très complète, et comporte des possibilités de réglages et des fonctions multiples. Outre le sélecteur de sources (11 + 1 bypass) et l’habituel réglage de volume sonore, MAC INTOSH n’a pas résisté à doter sa machine de cinq réglage de tonalité. Le concepteur de préciser que ces réglages permettent une adaptation optimale en fonction des goûts mais aussi d’adaptation à la salle d’écoute. Cette vision, pour ma part contestable, engendre un circuit de préamplification bien plus complexe que la « ligne directe ». Le constructeur, faisant preuve de bienveillance, offre la possibilité de court-circuiter cet égaliseur via un interrupteur accessible en façade. Une touche Mute, deux sélecteurs de sortie, et une prise casque au standard jack 6,35mm viennent compléter cette façade fort bien agencée. Un afficheur matriciel de couleur bleue renseignera l’utilisateur sur toutes les fonctions en cours et les réglages mis en action.

Signalons au passage que cet amplificateur intégré reçoit une section Dac qui pourra traiter les signaux 32 bits and 192 kHz haute résolution. Il est bien évident que l’intégralité des fonctions sera reprise via une télécommande fournie d’origine, qui inclut un réglage de la balance : MAC INTOSH a vraiment pensé à tout !

ECOUTE

Les tests d’écoutes ont été effectués au sein d’un auditorium à New York, avec le lecteur CD MCD 1100 et les enceintes XR 100 du même constructeur, ainsi que les B & W 802 Diamond. Câbles HP Kimber Kable 12VS et Hero.

CD utilisés  : Quiet Nights par Diana Krall – Celtic Spectacular et autres CD de Erich Kunzel and Cincinnati Pops Orchestra.

1° Les observations

De prime abord, le MA 7900 ne peut renier ses origines. Très rapidement, les « habitués » de la marque reconnaîtront la signature sonore MAC INTOSH. Bien que cet amplificateur intégré soit doté d’un étage de sortie à transistors, la similitude avec les électroniques à tubes de la marque ne se dément pas, et ne perturbera ou ne surprendra personne. Le MA 7900 est un amplificateur qui délivre une sonorité que je qualifierais de « cossue », une sonorité à la fois pleine, qui a du corps, mais qui demeure tout de même un peu caricaturale. On retrouvera une certaine épaisseur, selon moi, un peu surfaite dans le bas médium / grave qui pourra plaire ou déplaire selon les goûts de chacun. On appréciera en outre un registre infra grave qui descend bas, c’est certain, mais garantit une excellente lisibilité. Cela n’est pas toujours le cas avec les amplificateurs qui donnent dans le démonstratif dans les fréquences qui oscillent entre 40 Hz et 80 Hz par exemple. Cet embonpoint et cette rondeur ne remettent d’ailleurs pas en cause l’assise sur les basses fréquences.

Les registres médium et aigu se complètent avec une belle harmonie, dans la mesure où le constructeur s’est fait un point d’honneur à mettre l’accent sur la transparence, et à la mesure de celle des modèle à tubes MAC INTOSH. La magie s’installe réellement lorsque l’on écoute Diana Krall dont la voix suave apparait réaliste, humaine, et crédible. La restitution s’avère toujours douce, avec juste ce qu’il faut de « rondeur » et de fluidité : c’est bien du MAC INTOSH pur jus !

En écoutant plus attentivement, on pourrait peut-être regretter que le détourage des instruments et des voix n’aient pas été davantage travaillés. Le MA 7900 n’est pas l’amplificateur le plus analytique du moment. Certes, une formulation très fine émane, mais un très léger voile masque (à la marge) certaines micro informations, notamment à faible niveau d’écoute. Il n’empêche que notre compétiteur s’en tire fort globalement bien et saura convaincre tout audiophile qui recherche un très beau confort d’écoute. De manière plus positive, à haut niveau d’écoute, je n’ai pas relevé de traces d’agressivité ou d’acidité d’aucune sorte. Finalement, la musique sort de façon très propre des enceintes acoustiques, qu’elles soient signées MAC INTOSH ou B & W.

2° Les évidences

En marge des premières observations qui définissent le tempérament musical du MA 7900, il est naturel de penser que, eu égard à sa grande puissance, l’amplificateur MAC INTOSH se fasse globalement remarquer par sa générosité. Le MA 7900 s’impose dans le salon d’écoute avec une certaine autorité, même à faible niveau. La scène sonore se déploie de manière holographique : holographique en largeur et également en hauteur. L’étagement et la construction des plans nous met nous gratifient d’une profondeur de scène sonore réaliste.
A niveau d’écoute respectable, on sent bien que « ça pousse » fort, toutefois, et à mon humble avis, le MA 7900 s’impose un peu de trop, dans la mesure où l’aspect démonstratif prend souvent le dessus. Je n’irais pas jusqu’à dire que la musique envahit l’auditoire, mais l’énergie qu’est capable de fournir cet amplificateur intégré peut paraître par instant quelque peu démesurée. Cette réflexion peut se transformer en point positif s’il est envisagé d’associer au MA 7900 à des enceintes acoustiques de faible rendement (sensibilité) ou plus généralement difficiles à mettre en œuvre. De fait, on alors penser que le MA 7900 ne capitulera jamais avec des enceintes de rendement inférieur à 90 dB; sa réserve en énergie permettra de rendre la musique vivace en toutes circonstances.

Compte tenu des observations précédentes, il est inutile de vouloir prendre en défaut le M 7900 sur le plan de la réactivité et de la rapidité. On peut même dire que sur ces points, ce « gros » MAC INTOSH n’a de leçons à recevoir de personne, et la concurrence n’a qu’à bien se tenir, car le MA 7900 a du répondant. Il réagit à la moindre sollicitation et les grands écarts de dynamique sont orchestrés avec une capacité à réagir vite et bien avec à la clef et un très bon répondant. Ainsi, la musicalité apparaît toujours très cadencée, parfaitement rythmée. La présence dans la salle d’écoute cautionnera cette générosité et le contact avec les interprètes. La scène sonore, spacieuse dans les trois dimensions, réjouira les amateurs de grandes sensations musicales.

Et la fluidité dans tout cela ? Si l’on devrait des reproches à cet amplificateur, ce n’est certainement pas ce point qui ferait l’objet de critiques. Je crois le MA 7900 irréprochable sur ce paramètre précis. Quelles que soient les enceintes utilisées, la musique s’écoule spontanément, librement, et on décèle une facilité d’expression sur les vocaux et la musique acoustique. Les rythmes sont bien marqués, la cadence est bien maîtrisée. Pas de traces de traînage ou d’approximation à relever. Même en poussant un peu le volume sonore, je n’ai pas décelé de confusion, de phénomènes de distorsions, qui viseraient à perturber le bon fonctionnement de l’appareil, qui se révèleraient des « accrocs ». De toutes les manières, il semble que cet amplificateur comme tous les produits MAC INTOSH s’évertue à délivrer une musicalité qui se veut naturelle, comme j’ai pu le relever sur les vocaux de Diana Krall, mais aussi sur de la musique plus classique à travers des envolées de violons somptueuses telles que celles que l’on a le plaisir d’écouter dans les grandes orchestrations d’Erich Kunzel par exemple.

3° Les interrogations

Si l’on considère le positionnement dans la gamme (haute) à laquelle appartient le MA 7900, nous autres, audiophiles, sommes en droit d’attendre beaucoup de choses (pour ne pas dire tout !) de la part d’un tel amplificateur. Une écoute plus attentive met la puce à l’oreille. Dans son élan de générosité, je me demande si le MA 7900 fait apparaitre absolument toutes les nuances que l’on est en droit d’attendre de la part des plus grandes électroniques du moment. Que l’on se rassure, je n’ai pas forcément cherché à traquer la moindre faille, à tracer les moindres imperfections, et je me suis simplement borné à cerner dans les grandes lignes les principales caractéristiques musicales de l’amplificateur.
Il n’est nullement question de dire que cet amplificateur serait ennuyeux ou fade, toutefois il m’a semblé qu’à la longue, on pourrait se lasser du « son » typé MAC INTOSH. Les colorations qui constituent la marque de fabrique du constructeur nuisent un peu à la crédibilité musicale. D’un extrait à l’autre, j’ai eu parfois l’impression d’entendre parfois la même chose, les mêmes timbres. Les « fins de phrases » musicales m’ont semblé simplifiées, voir abrégées….. je ne sais pas. Toujours est-il, que derrière ce « monument », il manque ces petites subtilités, cette luminosité que l’on trouve sur d’autres produits de gamme identique et même inférieure. En poussant l’analyse un peu plus loin, on pourrait aussi s’interroger sur la source et les enceintes d’origine MAC INTOSH. Toutefois, même avec les enceintes B & W, on ne s’éloigne jamais de l’empreinte et des caractéristiques générales de cet amplificateur – et j’en conclus que les petits manquements évoqués sont à mettre au passif de l’amplificateur.

Conclusion :

Pas de doutes possible, l’amplificateur MAC INTOSH MA 7900 est bien l’héritier des produits mythiques de la marque américaine. Très bien construit, superbement présenté, il offre une foule de possibilités de connexions et d’exploitation. Je dois bien admettre que l’on peut ainsi être fier de posséder un tel produit, conçu et réalisé pour durer (pour la vie peut-être).
Sur le plan musical, le MA 7900 joue davantage le jeu de la séduction, que celui de la justesse. Mais, il ne faut pas forcément prendre cette remarque comme une critique au premier degré. Je suis même persuadé que le MA 7900 répondra à de nombreuses attentes, car sa musicalité et sa générosité ne manqueront pas de susciter un vif intérêt, et ne laisseront personne indifférent.

Cotations : Musicalité : typée / colorée
Appréciation personnelle : bonne impression d’ensemble
Rapport musicalité / prix : à discuter

 

Prix : 9500 € (10/2013)

 

Test d’écoute réalisé par
Lionel SCHMITT