LEBEN CS 600

LEBEN – CS 600

Amplificateur intégré à tubes
Origine : Japon
Puissance : 2 x 32 W sous 8 ohms avec tubes 6L6GC
Bande passante : 10 Hz à 100 kHz
Distorsion : < 0,7%
5 entrées haut niveau asymétrique sur RCA
1 entrée monitoring sur RCA
1 sortie enregistreur sur RCA
1 sortie casque jack 6,35 – 0,8 W / 45 ohms

 

Le LEBEN CS 600 est un amplificateur intégré conçu et réalisé dans la plus pure tradition des électroniques à tubes faites pour durer et donner une musicalité à fois douce, fluide, et d’une transparence hors pair.

Comme son petit frère le CS 600, la construction et la présentation exceptionnelle de l’ensemble inspire la confiance. Le châssis en tôle pliée d’une bonne épaisseur accueille l’électronique à tubes ainsi qu’une alimentation faisant appel à 4 transformateurs de grosse capacité dont 2 sont dédiés à chaque étage de sortie. A noter que le CS 600 est évolutif par simple changement des tubes qui donnent vie à l’étage de sortie. Ainsi, l’utilisateur pourra à son choix opter pour des tubes 6L6GC ou des 6CA7 ( EL34 ), voir d’autres références le cas échéant. Selon le type de tube utilisé, l’audiophile devra veiller à actionner les commutateurs ad’hoc prévus à cet effet. A noter qu’en fonction des tubes utilisés, la puissance de sortie peut varier ( 2 x 28 watts avec EL 34 et 2 x 32 watts avec 6L6GC ). Une diode en façade rappelle le type de tube utilisé.

Puisque nous en sommes au descriptif de cette façade, celle-ci s’avère relativement complète, puisque outre le réglage de volume, on trouvera également un réglage de balance, un sélecteur pour 5 sources exclusivement haut niveau, un sélecteur tape monitor, un sélecteur d’inversion de la phase stéréo ( rare à l’heure actuelle ), un pour la fonction muting, un autre permettant l’utilisation de la seule section pré, une prise casque jack 6,35 accompagnée d’un interrupteur séparée permettant de couper les enceintes, et le fameux bass boost servant à  » adapter  » le registre grave selon 3 paliers : 0 dB, + 3 dB, + 5 dB.

 A noter que l’ensemble de ces possibilités ne sera malheureusement pas relayé par une télécommande.

La face arrière comporte les 5 entrées haut niveau, aux quelles s’ajoutent une entrée et sortie destinées à gérer la boucle monitoring pour un magnétophone analogique à 3 têtes. On trouvera également une sortie dédiée à un bloc de puissance stéréo séparé, et une prise  » Ground  » pour le fil de masse d’une platine vinyle, mais l’acquéreur de ce magnifique amplificateur devra le cas échéant débourser encore quelques écus pour se doter du préamplificateur adéquat. Toutes ces connexions sont au standard RCA. On trouvera encore les bornes HP permettant uniquement le mono-câblage, mais le concepteur propose un réglage d’impédance 4 / 6 / 8 / 16 Ohms ( délicate attention ).

En ce qui concerne la présentation générale, tout cela respire le sérieux, mais aussi le vintage avec en prime une finition exceptionnelle dont on retiendra la couleur de la façade or / champagne, des flancs en véritable bois, et des pieds de découplage massifs et bien réalisés.

ECOUTE 

Les tests d’écoute ont été effectués avec un lecteur CD NAIM AUDIO CD 5 X & alimentation FlatCap 2 X, accompagnés par des enceintes PE LEON Kantor – lecteur CD SIM AUDIO Moon 5.3, accompagné par des enceintes PE LEON Alégria et des câbles modulation et haut-parleurs YBA Diamond.

Test N° 1 : Romance tiré de la suite symphonique  » Lieutenant Kué  » – Serge Prokofiev – Direction Yuri Simonov 

Lorsque l’amplificateur a chauffé une demi journée, il se dégage de ses entrailles cette odeur que seules les électroniques à tubes peuvent procurer, mais aussi une musicalité d’une trempe exceptionnelle aux quels le lecteur CD et les enceintes PE Léon contribuent grandement. Outre la très légère rondeur inhérente à la technique à tubes, on décèle à travers cette électronique une restitution à la fois fine et charpentée selon les instruments. L’écoute a été effectuée après celle du Supernait de chez Naim Audio, et j’aurais pu craindre une certaine absence sur des micro détails. Je vous rassure, il n’y a rien à craindre quand à la perte de micro informations. Bien sûr le restitution est radicalement opposée à celle proposée par Naim, mais avec le Leben la musique paraît peut être plus naturelle.
Le jeu du violoncelle est restitué avec un grain , une très belle matière, et une très grande justesse de timbre au point d’en donner parfois des frissons. Les quelques note de harpe viennent littéralement chatouiller l’oreille avec un côté très aérien et très délié : ici pas de doutes possibles, on sera convaincu par la très belle transparence de restitution. On relèvera exactement les mêmes sensations avec l’intervention du glockenspiel qui vient s’ajuster parfaitement sur une nappe de violons. S’agissant justement du jeu de violons, il apparaît comme fin et aérien avec une pointe de romantisme étonnant, qui confirmera la fluidité dans son ensemble. Les instruments en bois tel que le hautbois sont proposés avec un excellent respect des timbres et une belle présence au sein de l’orchestre. S’agissant des percussions, ici elles sont restituées avec le poids qu’elles doivent avoir : pas plus – pas moins. Sans êtes envahissantes, ces percussions interviennent avec détermination, fermeté, une excellente lisibilité, et un volume cohérent et contrôlé.
La prise de son étant d’excellente qualité, le Leben CS 600 ne trahit pas un seul instant le positionnement des musiciens au sein de la scène sonore, et on ressent beaucoup d’air entre les intervenants: ceci confirme que cette scène sonore est à la fois ample et majestueuse, tant en largeur, qu’en hauteur et en profondeur.

Test N° 2 : Tri Yann et l’Orchestre National des Pays de Loire – Volume 2 

Cet enregistrements public comporte un certain nombre de caractéristiques qui permettent de déceler les petites carences ou de mettre en lumière les points positifs d’un système audio.
En effet, la grande richesse et surtout la diversité des morceaux m’ont permis de constater qu’en tous points, le LEBEN CS 600 se comporte de façon variée, avec en corolaire une stabilité parfaite notamment lors de grands écarts de dynamique. A cet effet, on peut constater que les choeurs qui interviennent sont reproduits avec une grande conviction et une puissance remarquable.
On peut noter qu’en comparaison avec le petit LEBEN 300, il y a un apport évident sur le plan de la dynamique, et une scène sonore plus généreuse. Sur les passages complexes ou chargés, le CS 600 traduit une grande sérénité et malgré l’intervention massive d’instruments de musique, les  » plus humbles  » qui se font parfois très discrets en d’autres circonstances émergent de façon spontanée sans qu’il soit besoin de tendre l’oreille : l’intervention sporadique d’un triangle, ou de la mandoline, sont très bien mise en valeur. On notera que les sections de violons et plus généralement de cordes sont lisses et bien tenues, ce qui confirme la superbe fluidité qui caractérise cet amplificateur. Les percussions interviennent de manière franche et massive, sans que le reste de l’orchestration ne soit amené à fléchir. L’intervention de la guitare basse se traduit par une lisibilité sans faille, et descend à une fréquence qui ne semble pas limitée. J’ai été également emballé par la qualité des vocaux solos très communicatifs, et qui font preuve d’une belle conviction en ce qui concerne le côté humain. Sans trop vouloir arrondir les angles, je retiens que ces vocaux ne sifflent jamais, mais la transparence se confirme par la perception de la respiration des interprètes.

 Test N° 3 : Extraits divers avec enceintes PE Léon Alegria

La découverte de la nouvelle enceinte PE Léon Alegria s’est effectuée avec cet amplificateur intégré. D’une façon générale, les qualités musicales déjà décrites plus haut sont confirmées.
Divers extraits de musique montrent l’excellent comportement de cet amplificateur, notamment au niveau de la restitution de vocaux lyriques proposés avec une rare subtilité et un magnifique réalisme. Quelques notes de grandes orgues ou de trompette plongent réellement l’auditeur au sein de la salle de concert ou le cas échéant au sein d’une église avec un réalisme des plus étonnant qui soit.
Sur des morceaux plus  » jazzy « , la ligne de guitare basse est d’une lisibilité déconcertante et d’une rare beauté. Par ailleurs, le CS 600 accélère telle une Ferrari lorsque la situation se présente, sans aucune faille, ou déformation d’aucune sorte.

Conclusion  :

Rien à dire ! le LEBEN CS 600, est un grand produit. Sa puissance relativement modeste conviendra à des enceintes acoustiques de rendement moyen ( de l’ordre de 90 dB ). Associé à une source de bon niveau, il restituera la musique sans caricature, avec toujours un très beau grain pour les instruments de musique, une superbe fluidité , une magnifique transparence, et une justesse des timbres à toutes épreuves.

Cotations : Musicalité : 10 / 10
Rapport qualité – prix : 10 / 10

 

Prix : 4100 €  (04/2008)

Test d’écoute réalisée par
Lionel.Schmitt