Choix du lecteur CD : points de repères

LE LECTEUR DE CD


Septembre 2004


Le choix de la source, en l’occurrence le lecteur CD devient un véritable parcours du combattant, surtout si l’on considère l’arrivée des nouveaux standards dont la presse nous inonde. Mais que l’audiophile ou le mélomane se rassurent : le CD habituel gravé en 16 bits est encore bien présent et j’espère pour de longues années.

1° Le type de lecteurs CD

· Le lecteur intégré

Le lecteur CD intégré regroupe dans un seul châssis la partie mécanique, la partie étage de conversion – filtrage, et enfin la section analogique.

La plupart des lecteurs CD intégré possèdent une ou plusieurs fiches de sorties numériques permettant le raccord à un convertisseur externe ou, le cas échéant, à un graveur de CD – un DAT – etc…, permettant une grande souplesse d’utilisation. Certains constructeurs se singularisent en proposant, en plus, une alimentation séparée ( NAIM, YBA, CYRUS, IKOS….).

En effet, un lecteur CD est un appareil complexe et particulièrement sensible à son environnement. Pour être très musical et chantant, le lecteur CD ne peut se permettre d’être pollué, entre autres, par les vibrations ou les rayonnements d’une alimentation interne, ainsi que des variations importantes du courant secteur. Une (ou plusieurs alimentations séparées) donnent, il est vrai, des résultats musicaux hors du commun, mais leur prix reste généralement élevé.

· Le lecteur et convertisseur séparés

Dans cette configuration, la partie mécanique (le transport) et la partie électronique (le convertisseur) sont totalement séparées. Ce type de configuration permet d’optimiser les performances de chaque section mais à condition que chacune d’elle soit elle-même construite de façon irréprochable et munie d’un système de synchronisation sophistiqué qui vise à réduire au maximum le fameux effet de jitter. Par ailleurs, une option transport et convertisseur séparés ne peut s’envisager qu’avec un câble numérique de très haute volée et qui par définition s’avère coûteux.

Dans cette configuration, il n’est pas farfelu de penser que la qualité optimale que l’on attend d’un tel système va beaucoup dépendre des moyens financiers que l’on désire y consacrer.

Toutefois, on notera que certains lecteurs CD intégrés délivrent une musicalité souvent supérieure à celle d’ensembles séparés, car le mariage entre marques et références n’a rien d’évident !

2° La conversion numérique – analogique

Il existe 2 grandes familles de convertisseurs :

– le multi-bits : 16, 18, 20, et 24 bits,

– le mono-bit : 1 bit système mash, bitstream, one bit.

Pour faire simple et être clair, les 2 principes de conversion sont aussi performants et musicaux l’un que l’autre et ne constituent pas un critère déterminant pour évaluer la qualité musicale d’un appareil. En effet, le critère musical dépend d’autres paramètres :

– la mécanique de lecture,

– la gestion de la conversion et du filtrage,

– le traitement du signal analogique,

et surtout de l’association parfaite de ses 3 paramètres au sein d’un même boîtier (ou 2 boîtiers le cas échéant).

3° Les qualités requises

Comme pour un amplificateur, un bon lecteur CD doit être construit sur un châssis très stable, amagnétique, antistatique et parfaitement découplé.

La mécanique constitue un élément déterminant dans la lecture du CD ; elle doit permettre et garantir une bonne focalisation du rayon laser sur la couche réfléchissante du disque. Il est important que ce rayon puisse suivre de la façon la plus précise possible la piste de lecture.

Pour garantir la stabilité de lecture, la vitesse de rotation du disque doit être parfaitement maîtrisée. De même, les vibrations issues de la mécanique ou d’autres éléments, ainsi que l’électricité statique doivent être réduits au maximum. Si tel n’est pas le cas, l’effet de correction de pistes va générer des informations manquantes. Cela se traduit musicalement par une perte des micros informations, une simplification du message sonore, de la distorsion ou de l’agressivité dans le message musical.

Le choix de la conversion n’est pas toujours pertinent sur le plan de la qualité sonore – il répond davantage à un soucis de marketing.

Si un étage de conversion 24 / 96 kHz ou 24 / 192 kHz s’avère plus performant, plus rapide, plus précis qu’un étage 16 bits 44,1 kHz conventionnel, il requiert une mécanique sans défaut – beaucoup de constructeurs ont encore des efforts à faire en ce sens.

De plus, comme la majorité des disques disponibles sur le marché sont gravés suivant le standard de base (16 bits / 44,1 kHz), l’utilité de recourir à un convertisseur de type 24 bits ne se traduira pas toujours un ‘’ plus ‘’ significatif sur le plan musical pur. D’ailleurs, il a été plusieurs fois démontré qu’un lecteur CD muni d’un convertisseur 16 ou 18 bits, voire 1 bit, était bien plus ‘’ séduisant ‘’ qu’un lecteur doté d’un convertisseur de dernière génération. Toutefois, un grand nombre de lecteurs actuels de grande classe utilisent des convertisseurs de dernière génération complétés d’une excellente mécanique avec des résultats musicaux tout à fait convaincants.

Pour la mécanique, certains constructeurs ont tendance à faire appel à des mécaniques de CD Rom, DVD, etc….bref à des mécaniques qui savent tout lire afin de pouvoir faire face à l’arrivée des nouveaux standards, ou permettre simplement la lecture des DVD dans le cadre d’une installation Home Cinéma.

Sur ce dernier point, que l’on se trompe pas : si certains lecteurs CD peuvent effectivement ‘’ digérer ‘’ les DVD vidéo, je pense que la haute fidélité et le home cinéma n’ont pas tout à fait le même objectif – et le mélange des genres ne fait pas toujours bon ménage.

4° Réflexions sur les nouveaux standards

Depuis quelques années, on nous promet un support musical plus performant que le CD traditionnel.

Plusieurs projets ont vu le jour sur le papier, et aujourd’hui deux grands standards sont prêts techniquement à assurer la succession du CD : le DVD Audio et le SACD (Super Audio CD).

Dès lors on peut naturellement s’interroger sur l’utilité d’une dépense dans lecteur CD traditionnel réputé performant et donc relativement chère.

Pour le moment, la ‘’ guerre ‘’ des formats se résume à une guerre de brevets et de monopole d’exploitation. Cette course aux nouvelles technologies n’a d’ailleurs pas encore abouti et aucun producteur de disques n’a pris une option définitive pour remplacer le bon vieux Compact Disque. De plus, il faut savoir que le DVD Audio n’est pas compatible avec le CD actuel. S’agissant du SACD, s’il permet une compatibilité parfaite avec les lecteurs CD traditionnels ou de générations précédentes, ses performances audio n’ont pas encore fait leurs preuves par rapport aux matériels actuels, voire plus anciens. Néanmoins, il faudra tout de même s’inquiéter du problème le moment venu, mais pour l’instant rien ne presse.

A mon sens, il n’est pas désuet de continuer à investir dans un lecteur CD qui ne lit que des CD.

5° Le choix et l’écoute

Tout d’abord, il faut fixer le budget que l’on désire consacrer à l’achat de son futur appareil. Le prix du lecteur CD ne conditionne pas sa qualité musicale. De plus, il n’est pas raisonnable de dépenser une somme importante si le reste de l’équipement ne permet pas d’optimiser les qualités du lecteur CD.

On veillera plutôt à obtenir une harmonie et une cohérence musicale avec le couple amplificateur / enceintes acoustiques. Musicalement, l’ensemble doit sonner correctement et à la convenance de l’auditeur.

des lecteurs CD plus performants et musicaux – il ne faut pas à tout prix vouloir acquérir un lecteur CD de la même marque que l’amplificateur, dans le seul but d’avoir un ensemble harmonieux sur le plan esthétique : c’est la qualité musicale qui doit primer avant tout. Un mélange des marques est tout à fait envisageable et même recommandé, afin de tirer la quintessence de chaque maillon.

Ensuite, il est primordial de faire de nombreux essais d’écoute. Pour les tests, munissez vous de CD que vous connaissez bien, de préférence bien enregistrés, bien mixés, et bien gravés. Les disques issus de chargement internet via MP3, ne constituent pas, et de loin, une référence.

Notez des détails particuliers et faîtes de nombreuses comparaisons d’écoutes. Selon les modèles, des micro détails apparaîtront plus ou moins, la musique sera plus ou moins agressive ou fluide, la scène sonore vous semblera plus ou moins large, haute ou profonde. La perception d’espace entre les musiciens doit paraître évidente.

Les tests de piano et de grandes orgues constituent d’excellentes références. Les vocaux doivent être restitués de manière claire, limpide, et communicatifs. On bannira les lecteurs aux sonorités agressives et / ou qui projettent certains registres trop en avant, et qui restituent une musique un peu trop aseptisée.

Bien entendu, on priviligiera le lecteur qui conviendra le mieux à son style d’écoute, qui donnera de l’émotion, et une vraie rencontre avec les musiciens ou chanteurs.
Un test simple : après une écoute prolongée à un niveau confortable, on ne doit ressentir aucune fatigue auditive ni de lassitude – mais au contraire, une sensation de plaisir musical bien réelle.

L. S. 09/2004