Jean-Marie REYNAUD Folia

Jean-Marie REYNAUD Folia

Origine : France
Enceinte 2 voies, 2 HP
Charge : asymétrique accordée
Sensibilité : 86 dB pour 1 watt à 1 mètre
Impédance : 6 ohms
Puissance admissible : 80 watts

Puissance de crête : 120 watts
Réponse en fréquence : 60 Hz à 22 kHz
Fréquence de coupure : 3,2 kHz /12 dB / octave
Dimensions : ( H x L x P ) 43,00 x 20 x 21,0 cm

 

 

JMR Folia présentation

 

Trouver des enceintes acoustiques compactes à moins de 1000 euros la paire est un exercice simple. Trouver des enceintes acoustiques qui fassent un peu plus que « diffuser » de la musique est déjà moins simple. Trouver des enceintes acoustiques qui ont pour ambition de vous procurer de l’émotion et de grandes sensations est plutôt rare dans cette catégorie de produits et de prix. Si de surcroît, ces enceintes doivent être intégralement fabriquées en France, la mission s’avère alors périlleuse pour ne pas dire impossible.
C’est pourtant l’ambition que s’est fixé Jean-Claude REYNAUD – concepteur des enceintes acoustiques JMR; une sorte de « folie » qui n’est pas passagère, qui, au contraire, relève davantage du défi. Le fruit de ce défi prend la sympathique référence de FOLIA.

La FOLIA se place en seuil de gamme en dessous de la BLISS. Ne croyez cependant pas que la FOLIA est une BLISS au rabais. Non, cette enceinte acoustique est un modèle destiné à accompagner des systèmes de prix attractif à vocation audiophile. Cependant, le concepteur a souhaité faire bénéficier à la FOLIA de toute l’expérience acquise au fil des décennies, des toutes dernières technologies et des meilleurs composants qui font la renommée des enceintes JMR depuis bientôt 50 ans.

La FOLIA est une enceinte qui appartient à la catégorie des compactes. Même si on peut éventuellement envisager son installation au sein ou sur les éléments d’une bibliothèque, elle trouvera sa place optimale sur des pieds supports tels que ceux réalisés par la marque : les MagicStand II. Le concepteur n’a pas exclu la possibilité de pouvoir accrocher la FOLIA au mur si on en juge par  un système de fixation et la présence d’une goulotte pour laisser passer le câble HP au dos du coffret.

En dépit de sa taille réduite, cette enceinte me fait penser à une petite colonne. Elle a fait l’objet d’une étude à part entière qui repose sur les mêmes exigences que les autres modèles de marque. Sa première particularité est le positionnement de son évent placé sur le côté afin de s’affranchir d’un maximum de contraintes d’implantation dans la pièce d’écoute.

L’architecture interne « s’appuie » sur un système à doubles cavités asymétriques couplées et accordées débouchant sur l’évent latéral positionné en miroir pour la paire. C’est justement le principe de cette charge qui permet l’utilisation proche ou contre un mur. Le concepteur de préciser que le volume de charge asymétrique, limitant les surfaces parallèles dans l’ébénisterie, ne requiert qu’un strict minimum d’absorbant préservant ainsi le naturel et la transparence du système.

Les parois du coffret sont intégralement réalisées en médite d’une épaisseur de 19 millimètres dont l’assemblage est effectué sous presse pour garantir la totale inertie de la structure. La façade avant est légèrement chanfreinée afin d’éviter les « effets de bord ».

JMR Folia 2

La FOLIA est une enceintes deux voies / deux haut-parleurs réalisés sous cahier des charges strict pour JMR.

JMR Folia tweeter

Le tweeter est un modèle à dôme en soie traitée de 25 millimètres de diamètre à double aimant néodyme et entrefer non ferro-fluidé rendu possible grâce à une double chambre arrière accordée assurant une fréquence de résonance basse et un parfait amortissement transitoire. Ce tweeter a été conçu pour assurer une réponse très linéaire et dépourvue de toute forme de coloration. Nous remarquons sur sa périphérie une feutrine qui joue le rôle « d’amortisseur ».

JMR Folia boomer

Le boomer prendra en charge les fréquences médiums et graves. Il s’agit d’un modèle de 13 centimètre de diamètre qui intègre une ogive anti tourbillonnaire dont l’efficacité sera démontrée dans les chapitres qui suivent. La membrane en papier est montée sur un saladier ABS (anti-résonnant). C’est un modèle à spider plat et aéré, double aimant ventilé, cône hypergraphe papier. Sa suspension en demi-rouleau assure un pouvoir de rappel élevé et un fort amortissement procurant des graves puissants et rapides. Sa bobine de 25 millimètres est montée sur support kapton.

Le filtre dont la fréquence de coupure a été déterminée à 3200 Hz fait appel à des composants sélectionnés avec attention : selfs en cuivre pur de gros diamètre à très faible résistance ohmique. Câblage « en l’air » sans circuit imprimé utilisant un câble argent cuivre spécifique pour un minimum de perte d’insertion.

Folia bornier

Ce câblage est relié à l’excellent bornier placé logiquement en face arrière. La FOLIA ne reçoit qu’une seule paire de connecteurs interdisant le bi-câblage et la bi-amplification. Ces connecteurs pourront indifféremment accueillir du fil nu de forte section, des fourches, et des fiches bananes.

ECOUTE :

Les tests d’écoutes ont été effectués avec à domicile avec le matériel suivant : lecteur CD YBA Classic Player 3, platine vinyle REGA RP8 & cellule REGA Elys2, préamplificateur YBA Classic 3 Delta, bloc de puissance YBA Classic 3 Delta DT,  câbles de modulation YBA Diamond et ESPRIT AURA, câbles HP YBA Diamond – ESPRIT Aura et JMR HP 1132.

En complément, la FOLIA a été testée avec les amplificateurs intégrés ATOLL IN 100 SE, et ETALON SupraA prêtés pour la circonstance.

Pour l’alimentation secteur : barrette FURUTECH F-TP 615, câble secteur G-314Ag-18E et prise murale FT-SWS-G de la même marque.

Je tiens à remercier le concepteur Jean-Claude REYNAUD d’avoir bien voulu mettre à ma disposition ces enceintes acoustiques pour une durée de 5 semaines afin de pouvoir réaliser ce test d’écoute dans des conditions optimales et vous faire partager mes impressions au travers ce banc d’essai.

CD utilisés : NAIM Sambler N° 6 – Les géants du jazz jouent Georges Brassens Double Jeux par Laurent Korcia – Ouverture « Ainsi parla Zarathoustra de Richard Strauss » direction Lorin Maazel – CD test NAIM Sambler N° 6 – Carmina Burana de Carl Orff dirigé par Eugène Jochum – La Folia de la Spagna par Gregorio Panagua – Tri Yann & l’Orchestre National des Pays de Loire vol.2 –  Modern Jazz Quartet with Laurindo Almeida – Celtic Spectacular sous la Direction de Erich Kunzel – Dance Intro Internity par Omar Faruk Tekbilek,etc…

Vinyles utilisés : Concertos Brandebourgeois N° 1, 2 et 3 de Jean-Sébastien Bach – Direction : Benjamin Britten Shadow Hunter par Davy Spillane – Sarabande de Haendel (Barry Lindon bande originale du film)

Première approche – impression d’ensemble

Faire connaissance avec des enceintes signées Jean-Marie REYNAUD constitue toujours un réel plaisir et un moment privilégié. Plutôt habitué à analyser des enceintes colonnes, ici l’approche pouvait sembler périlleuse mais il m’intéressait beaucoup de voir le potentiel, le comportement, et la musicalité de la plus petite enceinte du catalogue du constructeur.

La première approche est loin d’être décevante et suscite même des interrogations sur cette faculté qu’a la FOLIA à pouvoir se comporter un peu comme une « grande » enceinte acoustique ou tout au moins une colonne.

En regard d’une sensibilité plutôt modeste (86 dB), cette enceinte acoustique ne semble pas si compliquée que cela à alimenter. Certes, elle requiert tout de même quelques ampères pour donner tout son potentiel; il sera alors recommandé de privilégier des électroniques plutôt bien alimentées que les « mauvais » watts affichées par certains constructeurs exotiques. Si quelques précautions sont prises, la FOLIA vous comblera de satisfaction car elle est en capacité de révéler de grandes choses, dont un « volume sonore » inversement proportionnel à sa taille.

Autre constat, la FOLIA ne demande pas des heures d’adaptation, et ne suscite pas des questionnements métaphysiques. Vous lancez votre extrait musical, vous écoutez et la FOLIA vous conduira instantanément à l’essentiel, c’est à dire au cœur de la musique. C’est la raison pour laquelle je la classe personnellement dans la catégorie des « grandes enceintes acoustiques ».

C’est justement par La Folia de la Spagna de Gregorio Panagua que cette enceinte acoustique donne le ton : une entrée en matière qui montre – oh combien – il n’est pas forcément nécessaire d’avoir recours à une enceinte colonne pour obtenir des sensations et une musicalité expressive, pleine de spontanéité, et finalement très « directe » si je puis m’exprimer ainsi.

Je l’aime un peu, et même beaucoup pour :

  • son registre grave qui s’avère grave et tendu, comme j’ai pu m’en rendre compte sur le jeu de contrebasse de Valéria interprété par le Modern Jazz Quarter with Laurindo Almeida. « Robuste » et bien lisible, charpenté, ferme, tendu, son assise générale est bonne comme j’ai pu m’en rendre compte sur le jeu de piano. Les notes graves « tiennent la route »; il n’y a donc pas de craintes à avoir sur leur enchaînement, leur tenue ou leur consistance.
    En poussant mes recherches un peu loin, je n’ai pas résisté à l’envie de mettre la FOLIA  à l’épreuve en lui infligeant  Meedle de Pink Floyd et le célèbre extrait One of These Days où la guitare basse et la batterie sont loin d’être simples à « manœuvrer ». Vous le croirez ou non, mais notre petite FOLIA s’en tire plutôt pas mal, et tire à merveille son épingle du jeu par sa rigueur. Non seulement, les graves descendent suffisamment bas pour être crédibles, mais les attaques de la batterie ne laissent aucun doute quant au degré de réactivité et à la « dimension » de la grosse caisse. Vous pouvez être serein comme j’ai pu l’être, rien de superficiel ou de subjectivement limité ne vient détériorer le plaisir de l’écoute.
  • son registre médium. Débuter ces séances d’écoutes par La Folia de la Spagna par Gregorio Panagua permet une « mise en condition » instantanée pour goûter à la richesse de ce  registre, lequel assure une superbe transition entre les registres aigu et grave. Les fréquences se complètent harmonieusement pour former un ensemble cohérent et une reproduction très linéaire. Pour l’exemple, la reproduction de la viole de gambe nous gratifie d’une texture naturelle en tous points, boisée, dépourvue de tout artifice. La couleur des flûtes baroques ainsi que celle des cromornes viennent vous flatter l’oreille par leur sonorité veloutée et leur fluidité emprunte d’une authenticité particulièrement convaincante.
    .
    Par ailleurs, ce registre médium mettra en lumière les interprétations vocales de qualité. J’avoue sincèrement avoir du mal à dissimuler mon enthousiasme à l’écoute de Quiet Nights interprété par Diana Krall ou de l’extrait More Than You Know par Laurence Hobgood Trio (NAIM Sambler N° 6). Il ressort de ces écoutes quelque chose de très humain, communicatif, et j’ai pu savourer sans retenue la diction des interprètes d’une part, et  l’absence de « sifflantes » d’autre part. Les voix sont mises en valeur par une orchestration sobre et qui reste finalement de « bon goût ». La transparence générale est l’un des points forts de cette enceinte acoustique qui ne laisse finalement rien dans l’ombre. Le dosage souhaité par les preneurs de son me parait respecté et le plaisir d’écoute est au rendez-vous.
    .
    Ne concluez cependant pas que les vocaux seraient privilégiés par rapport aux instruments de musique; non la FOLIA s’attache à délivrer un message musical homogène, équilibré, agréable et « accessible » à tous et à tous les styles de musiques. Un grand bravo pour le son du saxophone de Fred Simon : celui-ci interprète avec un talent fou Remember The River (NAIM Sambler N° 6). Ce saxophone délivre une teinte « cuivrée » du meilleur effet. On perçoit toutes les nuances, les articulations, le bruit mécanique des clefs renforçant ainsi les impressions de réalisme et de présence de l’instrument dans la pièce d’écoute. Fred Simon n’agit pas seul, le splendide accompagnement du piano et de la contrebasse viennent parachever cet « ouvrage musical » mémorable que la FOLIA « chouchoute » avec un soin maniaque.
  • son registre aigu qui sait conjuguer la douceur et la précision. En effet, au-delà de toutes considérations subjectives ou d’appréciations purement personnelles, les fréquences aigües sont « abordées » avec une bienveillance toute particulière. Le violon de Laurent Korcia (Double Jeux) en est une illustration. La texture parfois acide de certaines enceintes et / ou de systèmes audio dans leur intégralité laisse ici la place à une formulation veloutée à laquelle s’ajoute la précision et la finesse. Ce violon file haut de manière intelligible avec une adresse et une justesse qu’il aurait été indélicat de ma part de passer sous silence. L’absence d’agressivité jumelée à la précision traduit un magnifique tour de force de la part du concepteur qui a mis tout son savoir-faire pour faire chanter cette enceinte acoustique, et c’est par cette magie du registre médium / aigu que vous pourrez vous rendre compte à quelle point la FOLIA « traite » le registre aigu. Vous l’aurez compris, tout ce gravite autours du registre aigu m’a permis d’apprécier la transparence qui constitue l’un des nombreux points positifs de cette enceinte acoustique. J’ajoute que cette caractéristique permet à cette enceinte de se démarquer de certains modèles de la concurrence. Le détourage des instruments et des voix n’a rien d’anecdotique : il n’est pas question de simplifier le message musical – la FOLIA tient ses promesses et même davantage, la FOLIA surprend par son intégrité sur des extraits de jazz tels que ceux qui illustrent un album que j’aime particulièrement  Les géants du jazz jouent Georges Brassens. Je relève ici des sections de cuivres « lustrés » du meilleur effet : aucune crispation ou autre forme d’acidité ne pourront être reprochées à la FOLIA.

Je l’aime passionnément pour :

  • Sa scène sonore qui offre un panorama extrêmement large. Si  le registre grave accuse quelques limites décelées sur l’introduction et le final de l’ Ouverture « Ainsi parla Zarathoustra de Richard Strauss » direction Lorin Maazel , on oubliera bien vite cette caractéristique car la FOLIA donne bien plus que ça : sur cet extrait, la musique remplit votre pièce d’écoute sans qu’il soit nécessaire de pousser le système dans des retranchements improbables. Oui, cette « petite boîte » vous épatera comme elle m’a épaté par ces facultés à reproduire aisément la musique issue de petites formations comme celle de grandes orchestrations. Sur cet extrait complexe, le « volume » sonore ne subit aucune altération : la musique se libère avec une facilité absolument déconcertante. Les cuivres, les cordes, les percussions, et en toile de fond les grandes orgues se détachent avec un beau discernement donnant un souffle et une puissance de feu à la musique. Oui, la musique respire et, du coup, l’auditeur aussi !. L’étagement des plans ne souffre aucunement de la taille réduite du coffret : le principe de charge autorise cette enceinte à structurer parfaitement les éléments constitutifs d’une orchestration substantielle, du positionnement des différents groupes d’instruments, et des microphones respectifs qui ont servi à réaliser la prise de son.
    .
  • Son sens de l’ouverture qui met en valeur les « pièces classiques » telles que les Concertos Brandebourgeois N°1, 2 et 3 de Jean-Sébastien Bach – Direction : Benjamin Britten. L’interprétation sur instruments d’époque prend la saveur souhaitée et que j’en attendais. Avec cette enceinte acoustique, la musique s’affiche avec un sens profond de l’ouverture donnant ainsi « des ailes » aux œuvres de Jean-Sébastien Bach. Il n’y a qu’à écouter les trompètes qui répondent aux flûtes traversières avec un entrain qui donnerait parfois envie de danser. La FOLIA ne se ménage pas pour faire chanter les cors et à donner au son du clavecin son côté étincelant et le « grain » qui mettent en avant le principe du mécanisme de l’instrument. Les cordes apportent cette fraîcheur, cet aspect aérien et naturel qui traduisent assez bien les reliefs entre les sections de violons / altos, violoncelles, et contrebasses.
    .
  • Son sens de la réactivité et la rapidité qui y est attachée : la « petite JMR » ne rechigne jamais devant les difficultés imposées par une orchestration aux articulations parfois complexes. Elle suit docilement la cadence et gère à la perfection les grands écarts de dynamique tels que ceux  qui illustrent l’album Celtic Spectacular sous la Direction de Erich Kunzel . Tout comme ses grandes sœurs, la FOLIA réagit vite et bien aux exigences imposées par des musiques vigoureuses. Sa rapidité ne fera donc pas l’objet de critique. Si sur certains extraits musclés de  Celtic Spectacular la musique « pulse », sur  Les géants du jazz jouent Georges Brassens, la musique swingue avec un  entrain et une bonne humeur non dissimulés. L’enceinte ne semble jamais être perturbée et fait preuve d’une belle stabilité constatée notamment sur des percussions parfois fracassantes. La spontanéité dont fait preuve cette enceinte me laisse à penser que les amplificateurs ou systèmes audio en « manque de souffle » pourraient aussi retrouver la voie d’une certaine sagesse grâce à la FOLIA qui ne demande qu’à s’exprimer à haute et intelligible voix. En tout cas, tous les moyens ont été mis en œuvre par le concepteur  pour qu’il en soit ainsi.

JMR Folia-couchée

Je l’aime à la folie pour :

Le bonheur qu’elle procure en toutes circonstances grâce à son sens de la communication poussé. Cette enceinte acoustique, au tempérament un peu romantique, est terriblement attachante.

A « grande enceinte », grands moyens : je me suis ainsi risqué à infliger à la FOLIA la Romance de la suite symphonique Lieutenant Kué de Prokofiev  dirigée par Yuri Simononov. L’aspect romantique évoqué se confirme et ne constitue pas un défaut en soi. Je ne crois pas me tromper en disant que cette enceinte acoustique a des prédispositions particulières pour favoriser l’expression de la musique classique. La texture soyeuse des timbres donne aux bois et à l’ensemble de violons et violoncelles des teintes réellement sympathiques et naturelles du meilleur effet qui soit. Les vibratos s’expriment à l’unisson et ajoutent cette pincée d’informations supplémentaires qui font la différence. On sent bien le soin apporté à la prise de son, au mixage, et plus généralement à la qualité de l’interprétation elle-même.

De nombreuses subtilités surgissent de cet enregistrement; on citera pour mémoire les arpèges de harpes venant caresser les interventions de xylophone qui viennent ponctuer habillement la partition. On appréhende sans difficultés la façon dont le harpiste effleure avec délicatesse les cordes de son instrument de musique, et chapeau bas pour la sonorité du hautbois à la teinte boisée.

Le superbe pouvoir de communication qui caractérise cette enceinte m’a été confirmé lors de l’écoute Dance Intro Internity par Omar Faruk Tekbilek. La FOLIA s’y entend pour révéler ce que contient un bon enregistrement. La flûte baroque, tout comme le oud m’ont été « livrés » sans approximation. Les artistes donnent de leur personne pour imposer leur présence dans la pièce d’écoute. Cependant, le constat va plus loin que cela : grâce à la FOLIA, il s’instaure une proximité qui permet de déguster la musique dans son intégralité. Je dois reconnaître que les variations mises en application par Omar Faruk Tekbilek et son jeu de flûte démontrent toute la substance qui émane de cet instrument à la sonorité très communicative et qui vous glace le dos. Les rythmes orientaux sont poignants grâce aux percussions qui ont le poids et la matière attendue – quel talent !

Puis, « entre dans la danse » Davy Spillane et sa musique celtique; celle, qui au travers ses prestations au Uilleann Pipes et au low Whistle vous fait respirer les saveurs de la mousse d’Irlande, celles de l’hydromel de la mer procurant pour la circonstance un dépaysement total. Cette magie, digne de Merlin l’Enchanteur, nous est permise grâce à la FOLIA qui sait véhiculer toutes les petites choses d’une musique riche en émotions. Bien entendu, j’ai été très attentif au difficile jeu du Uilleann Pipes – diable !, l’artiste s’y entend pour faire pleurer chaque note de son instrument de musique – la FOLIA s’y entend pour vous le faire entendre.
Le Low Whistle, très « aérien » ici, apporte son « lot de fraîcheur » par son excellent sens de la pureté dont la FOLIA se fait le vecteur; cela contribue réellement  à donner un sens profond à l’expression musicale.  Certains extraits sont accompagnés par une rythmique « chiadée » et une guitare basse fretless dont la ligne mélodique est remarquablement suivie. Cela révèle à quel point la FOLIA sait jouer la carte de la fluidité imposée par les différents extraits rassemblés sur ce disque vinyle.

Enfin, je ne pouvais décemment passer sous silence l’incontournable Sarabande de Haendel dans sa version vinyle qui illustra le film Barry Lindon. L’exercice pouvait s’avérer périlleux et même un peu osé, mais je ne m’interdis rien. Quelques soient les électroniques mises en œuvre, notre compétitrice s’est montrée à la hauteur. Il résulte de cet exercice une impression de « grandeur » musicale significative. La restitution m’a même semblé grandiose. Imperturbable, stoïque, la FOLIA gère les écarts de dynamique avec une excellente maîtrise. Les percussions ont le poids souhaité et la matière attendue; là où tant d’autres enceintes dans cette catégorie jettent finalement l’éponge. Le violoncelle joue en solo sa partition avec une rectitude qui procure ce petit frisson de plaisir indéfinissable mais bien réel. Le vibrato du violoncelliste qui plaque les accords sur le manche de l’instrument révèle avec quelle degré de perfectionnisme cette enceinte traite les extraits musicaux les plus difficiles – c’est puissant, prenant, chantant : tout est dit !

 

JMR logo

Conclusion :

En concevant cette enceinte acoustique, Jean-Claude REYNAUD, le concepteur, s’était fixé comme objectif de proposer un produit concurrentiel, encore accessible sur le plan tarifaire, avec quelques ambitions musicales non dissimulées. Le pari est gagné et, en ce qui me concerne, la FOLIA a répondu à toutes mes sollicitations, toutes mes attentes,  elle a aussi dissipé toutes mes craintes.
Vous l’aurez compris, j’ai une affection particulière pour cette enceinte acoustique. Cependant et delà de toutes considérations personnelles, la FOLIA offre un potentiel musical enviable et se place en bonne position et même en première position dans cette catégorie de prix et de produits. Je ne saurais que trop la recommander sans aucune restriction avec des électroniques au tempérament musical clair et vif qu’elle mérite pour vous offrir une musicalité riche en émotion.

Synthèse : Musicalité : remarquable dans cette gamme de produits
Appréciation personnelle : elle m’a apporté beaucoup de plaisir
Rapport musicalité – prix : très bon

 

Prix : 980 €  (06/2016)

 

Test d’écoute réalisé par
Lionel Schmitt