ISEM ELIXIS

ISEM ELIXIS

Origine : France
Ampli-préampli intégré / Dac à transistors
Puissance : 2 x 70 Watts sous 8 ohms
Bande passante : 3 Hz à 100 kHz
Distorsion moyen : < 0,05 %
Rapport signal / bruit > 95 dB (non pondéré)
Temps de montée : 1,2 micro secondes
Taux de contre réaction : 25 dB (20 Hz à 20 kHz)
3 entrées haut niveau,
1 sortie amplificateur complémentaire,
1 entrée USB : (1x) mâle « type B », Plug’n’Play Microsoft Windows 7,
Vista, XP, 2000, Me, 98SE / Apple computer Mac OS X Compatible USB 1.1 / USB 2.0
1 entrée numérique optique : (2x) Toslink, standard EIAJ-340
1 entrée numérique coaxiale : (1x) Cinch/RCA, standard S/ PDIF

 

 

ISEM : c’est une histoire vieille de près de 30 ans. Une histoire marquée par des activités liées au domaine de l’électronique en général, mais aussi au domaine de la reproduction musicale, et donc de la haute fidélité. Très discret sur le plan de la communication, et de la distribution, ISEM développe et réalise sa production entièrement en France et plus précisément à Belfort : qu’on se le dise !

L’amplificateur intégré / convertisseur Elixis appartient à la très complète ligne Millénium qui comprend quatre références de drives et lecteurs CD, un tuner, le préamplificateur / convertisseur Quark Q2, le bloc stéréo Quovalis 2 et les blocs monophoniques Quovalis. L’Elixis a aussi pour mission de succéder au mythique amplificateur intégré Xtasis qui a fait la renommée de la marque ISEM, dont vous pourrez retrouver le résumé d’un compte rendu d’écoute dans cette même page. On notera enfin que le constructeur a une riche gamme de produits  » accessoires  » dont un très performant préamplificateur phono (MM / MC) à alimentation séparée qui fait l’objet d’un compte rendu détaillé en page  » Ecoutes / Préamplificateurs phono « .

L’Elixis se présente sous une forme peu répandue en France, mais chère à nos amis d’Outre Manche : il arbore le format  » boîte à chaussures « . Cette présentation atypique et compacte est dictée par un choix technique précis qui vise à réduire de façon drastique le schéma et le câblage interne à leur plus simple expression. Cette formule est aussi destinée à minimiser les éléments soumis à d’éventuelles vibrations internes.

La présentation de la face avant est  » soft « , simple, et épurée. Cette façade avant en aluminium brossé comporte une unique molette tronconique qui reprend le concept OTC  » One Touch Contrôle  » pour une utilisation souple et intuitive. De part et d’autre de cette molette usinée dans l’aluminium, deux sections d’affichage bleu renseignent l’utilisateur sur les fonctions en cours et l’ensemble des réglages possibles, et Dieu sait s’ils sont nombreux. Je souligne que, parmi les différentes possibilités d’exploitation, l’heureux possesseur de l’Elixis aura le loisir de procéder au réglage fin de la balance. Pour donner davantage de souplesse d’utilisation, ISEM propose une télécommande universelle destinée à piloter l’intégralité des opérations de réglage à partir de votre fauteuil d’écoute.

L’étroite face arrière rassemble une palette importante de connecteurs : trois paires de fiches RCA de belle facture sont dévolues aux sources haut niveau. La quatrième paire de fiches RCA est une sortie analogique à niveau variable pour un amplificateur de puissance complémentaire. Les quelques férus utilisateurs d’enregistreurs analogiques, dont je fais partie, regretteront l’absence d’une sortie  » record output « .

La section convertisseur n’a rien de symbolique, et ISEM a souhaité donner de la souplesse à toute formule de connexion; au dos de l’appareil, nous dénombrons pas moins de quatre entrées dédiées : une USB type B, deux entrées optiques EIAD-340 Toslink, une entrée au format S/PDIF, et une sortie optique EIAD-340 Toslink.

Enfin, quatre solides bornes HP auront pour mission de relier efficacement une seule paire d’enceintes acoustiques, avec du fil nu, des fourches, ou fiches bananes. Le bi-câblage n’a pas été retenu dans cette configuration, mais ne constitue pas un handicap en soi. Je rappelle, qu’il n’a pas été démontré que le bi-câblage apportait systématiquement un  » plus  » musical significatif d’une part, et qu’un certain nombre de manufacturiers d’enceintes acoustiques n’implantent pas de double bornier (filtres montés en série) au dos de leurs enceintes acoustiques, d’autre part. La place disponible restante est consacrée à la fiche IEC dont la phase n’est pas repérée; l’utilisateur devra se fier à son oreille pour trouver le sens de branchement, mais le  » réglage  » est simple car l’Elixis est très sensible à la phase secteur : le mauvais sens de branchement génère une acidité et un manque de dynamique caractéristique.

Côté  » moteur « , ISEM a mis le paquet sur l’alimentation : un gros transformateur torique est chargé de donner l’énergie nécessaire pour assurer l’importante puissance annoncée, soit 2 x 70 watts sous 8 ohms. Cette alimentation, bien que linéaire, est atypique. A l’instar d’un système réunissant plusieurs maillons, elle respecte la « mise en phase » des différents circuits. Une source ponctuelle dite « à compensation de charge » fournit l’énergie à une série de régulateurs dédiés.

Les étages linéaires sont l’héritage de l’Elément 3. Ils ne comptent que quelques transistors organisés de manière symétrique. Ils se distinguent par un double circuit de contre-réaction s’affranchissant des disparités des transistors NPN et PNP. Cette structure signée ISEM audio permet une linéarité et une stabilité exemplaires.

La carte de conversion numérique / analogique  » propriétaire  » travaille en 24 bits / 192 kHz. Elle exploite un convertisseur « Delta Sigma / Multi Level » suivi d’un filtre Bessel en technologie MOSFet. Le port USB est isolé par un dispositif optique qui écarte tout risque de pollution.

Tout ce petit monde est géré via la commande OTC, qui contrôle en priorité le volume confié à un potentiomètre analogique à commande numérique conçu aux fins de préserver la dynamique du signal quel que soit le niveau d’écoute.

Je tiens à remercier Erick ISLER, le concepteur, qui a eu la gentillesse de mettre à ma disposition cet amplificateur pendant une quinzaine de jours, soit au total une grosse trentaine d’heures d’écoutes attentives.

 

 

ECOUTE

Les tests d’écoutes ont été effectués à domicile avec un lecteur YBA Classic Player 3, une paire d’enceintes acoustiques PEL Kantor, câbles de modulation et HP ESPRIT Kappa, barrette secteur Furutech F-TP 615.
Par ailleurs de nombreux tests d’écoutes  » vinyles  » ont été réalisés avec le préamplificateur phono ISEM Modulis relié à une platine THORENS TD 166 MK2 complétée par avec cellule REGA Elys2, dont vous pourrez lire le compte rendu spécifique.

CD utilisés  : Le Cœur des Etoiles par Jean-Christian Michel – The Singing Clarinet par Giora Feidman – 5ème Symphonie de Beethoven dirigée par Rudolf Kempe – Quiet Nights par Diana Krall – Requiem de Mozart par Karajan – la Folia de Gregorio Paniagua – Modern Jazz Quartet with Laurindo Almeida – Tri Yann – Ramadou / Générations et avec L’orchestre National des Pays de Loire – Meedle par Pink Floyd – Sonate Kk 87 de Scarlatti interprétée par Mikhail Pletnev – musique du film  » La leçon de piano « .

1° Timbres – Neutralité  

La mémoire auditive est volatile, les paroles s’envolent, mais les écrits restent … C’est donc sur les conclusions des comptes rendus d’écoutes de l’amplificateur ISEM Xtasis testé il y a plus de dix ans que j’en étais resté en matière de comportement général, et plus précisément en matière de timbres. Si le modèle Xtasis m’avait laissé un excellent (lointain) souvenir, l’Elixis arrive à point nommé pour me rafraîchir la mémoire. Non seulement, les impressions de l’époque me confortent, mais le successeur de l’Xtasis s’est  » musclé  » en cours de route, et il en profite pour gravir des échelons supplémentaires en matière de fidélité des timbres.

Ce qui me semblait être, en son temps, une  » marque de fabrique  » se confirme aujourd’hui plus encore. Je commencerais par évoquer le très beau respect des timbres et le comportement général très linéaire, qui m’incitent à vous rapporter que l’Elixis est neutre. Du registre grave à l’extrême aigu, cet amplificateur se fait un point d’honneur à soigner et à respecter la qualité des timbres sur tout le spectre audible. Tout tourne autours d’un registre médium fouillé, dépourvu de caricatures, autours duquel s’articulent le registre grave et le registre aigu. Parmi les innombrables extraits musicaux écoutés, je retiens en tout premier lieu  » le Cœur des Etoiles  » composé et interprété par Jean-Christian Michel, sur lequel j’ai redécouvert la couleur sonore si typique de la clarinette, sa pureté d’origine, et le  » souffle  » de cet instrument à anche. Dans un autre style, les mêmes effets se font ressentir à l’écoute de  » The Singing Clarinet  » par Giora Feidman.

Quoiqu’il en soit, dans l’un et l’autre des cas de figure, l’auditeur distingue sans peine la finesse des cymbales et la teinte que revêtent les subtiles percussions qui valorisent chaque orchestration. Les multiples effets qui caractérisent une orchestration finalement assez dépouillée, aboutissent sur ces deux extraits à une musicalité d’ensemble plutôt riche, tant sur le plan artistique que sur le plan audiophile.

Pour être très précis, je mettrais volontiers l’accent sur la très jolie teinte  » minérale  » du vibraphone, et ses multiples facettes qui m’ont ont été offertes lors de l’écoute de  » Valéria  » interprété par le Modern Jazz Quartet. Cela vaut réellement la peine de s’y attarder, car j’y ai trouvé des couleurs nuancées correspondant à chacune des note, à chacune des vibrations de cet instrument de musique, et au demeurant, pas toujours simples à maîtriser. L’Elixis fait ainsi des prouesses sur le haut médium / aigu qui file haut. Filer haut ne signifie pas tendre vers l’agressivité; aussi, l’amplificateur Elixis mettra un point d’honneur à restituer une musique veloutée.

Sur ce même extrait, mais cette fois dans le bas du spectre, la contrebasse joue avec sérénité, et soutient le rythme avec une souplesse doublée d’une remarquable précision. Cet amplificateur n’est peut-être pas le produit qui descend le plus bas dans le registre grave, mais il revendique une performance appréciable qui ne frustrera, à mon avis, personne. Le jeu de piano est maîtrisé, net, précis, et le poids de chaque note est franc; en tout cas il ne laisse rien au hasard. D’ailleurs, l’association du piano et de la contrebasse génère un complément harmonieux du plus bel effet qui soit.

Plus encore, l’amplificateur ISEM met l’accent sur la pureté de certains instruments de musique, et c’est un vrai régal que d’écouter le son du clavecin sur la  » Folia de Gregorio Paniagua  ». Ce jeu de clavecin, si varié, si fin, qui prend des couleurs mates, puis étincelantes, selon les notes, est tout simplement superbe. La saveur si particulière du cromorne, la douceur des flûtes baroques, reflètent bien ce tempérament de justesse qui procure à l’auditeur que je suis beaucoup de satisfaction et d’enthousiasme.

Dans la continuité de ce qui précède, on peut aussi préciser que cet amplificateur a un véritable don pour cerner toutes les inflexions d’une interprétation vocale. C’est un véritable plaisir que d’écouter dans de telles conditions Diana Krall. Le phrasé et la diction mettent en perspective une excellente articulation, et la diction revêt alors un aspect naturel et humain sur l’intégralité des extraits de l’album « Quiet Nights « .

2° Transparence – Fluidité  

Si je m’amuse à reprendre la définition de base du mot transparence, qui signifie laisser passer la lumière, voir à travers…… Il est certain que cette définition peut s’appliquer sans hésitation au tempérament de l’amplificateur Elixis. Au fil des écoutes, on est forcé de se rendre à l’évidence : cet amplificateur ne dissimule absolument rien de ce qui est  » gravé  » sur un CD ou un disque vinyle. C’est absolument incroyable de percevoir les bruits mécaniques de la clarinette de Jean-Christian Michel ou celle Giora Feidman. C’est tout aussi surprenant d’appréhender l’ambiance qui règne dans le studio d’enregistrement, et même d’aller jusqu’à ressentir l’état d’esprit des musiciens, leur concentration sur la partition et sur leur instrument de musique. Le terme de transparence va ici de pair avec les capacités d’analyse dont est capable l’Elixis. Cette électronique douée va plus loin que ce que je pouvais imaginer, et pour peu que la source, les enceintes, et les câbles soient minutieusement choisis (c’était le cas pour ce test), alors vous obtenez une musicalité qui lève totalement le voile sur tout ce que comporte un bon enregistrement. Pas de zone d’ombre à redouter, pas d’approximation, un détourage des instruments et des voix au top niveau nous indiquent que l’Elixis a décidé de s’imposer comme une référence dans cette gamme de produits et de prix, et de s’inviter effrontément dans la cour des grands. En définitive, je puis dire que la transparence est cristalline.

Pour arriver à une forme de justesse et / ou de précision, ou encore cette fameuse transparence, certains concepteurs font des compromis ou des choix techniques destinés à rendre l’écoute aseptisée, légèrement ou franchement ascendante. Ces choix aboutissent la plupart du temps à une forme de dureté qui nuit souvent à la fluidité. ISEM a réussi un très beau tour de force qui allie la précision, la transparence et la douceur générale déjà évoquées, en mettant l’accent sur la fluidité. Celle-ci se matérialise par une écoute confortable, sans accrocs, sans dérapages ou fausses notes. La musique coule avec une très belle facilité, y compris sur des extraits dont la masse orchestrale est complexe et  » chargée « . De  » Valéria  » interprétée par le Modern Jazz Quartet jusqu’à la 5ème Symphonie de Beethoven dirigée par Rudolf Kempe (édition Esoteric), on ressent une musique emprunte d’une grande liberté d’expression, garante de cette fluidité exemplaire.

Je vous l’assure, l’écoute longue durée de l’amplificateur Elixis est savoureuse et suggère parfois de l’étonnement. Au fil des heures, on découvre de nouvelles choses, de nouvelles sensations, telles que les harmoniques de guitares qui s’éteignent progressivement dans le temps et l’espace (sans coupures), la pureté des timbres, l’aspect charnel et fruité de chaque instrument de musique, et cet absolu silence de fonctionnement qui laisse simplement la place à la seule expression musicale.

3° Dynamique – réactivité – rigueur

Petite carrosserie, gros  » moteur  » : l’Elixis s’en donne à cœur joie pour déployer sa force, sa rapidité et sa réactivité, dans les pires conditions qui soient. Inébranlable sur les grands écarts de dynamique, l’Elixis répond à toutes les sollicitations, sans tousser, sans déclarer forfait. Sa stabilité en toutes circonstances le prédestine à digérer les plus grandes symphonies, les Requiem les plus compliqués, les musiques les plus  » exotiques  » qui associent un orchestre symphonique, des chœurs, et des instruments baroques, tels que les cocktails dont le groupe Tri-Yann et l’Orchestre National des Pays de Loire s’est fait la spécialité, il y a une dizaine d’année. Avec l’Elixis, la musique pulse; mais attention, cet amplificateur effectue toujours le travail avec rigueur et respect. L’Elixis ne rajoute pas des choses là où il n’y en a pas : il est réactif, certes, mais sait savamment doser les partitions sans s’emballer plus de que de raison.

A titre personnel, j’ai été séduit par l’excellent tempo et le rythme cadencé du piano de  » Valéria  » interprété par le Modern Jazz Quartet. Les attaques sont franches, le poids des notes traduit un enthousiasme incontestable, et aucune forme de bavure n’est à redouter. Imperturbable, l’Elixis nous offre aussi un jeu de contrebasse à la fois souple, précis, bien marqué, où chaque note plaquée sur le manche de l’instrument peut être suivie  » à la lettre « . Si l’on rappelle, le degré d’analyse qui caractérise cet amplificateur, on arrive même à distinguer le pincement des cordes par le contrebassiste ! qui dit mieux ?

Pour se forger une opinion plus précise du potentiel et de la  » force  » de l’ISEM Elixis, je me suis permis de ressortir un CD qui regorge de difficultés :  » Meedle de Pink Floyd  »; l’objectif étant de voir jusqu’où l’amplificateur pouvait aller. Chers amis audiophiles, autant vous dire que l’Elixis a passé son examen de passage avec succès. Sur le morceau d’introduction  » One of These Days « , qui s’avère redoutable pour les amplificateurs plus ou moins bien alimentés, notre  » petit  » Elixis n’est pas tombé dans le piège et n’a accusé aucune limite subjective : il a simplement montré qu’il était rapide comme l’éclair, réactif au quart de tour, et surtout s’est montré imperturbable ! Les lignes de guitares basses sont reproduites avec rigueur, sans débordement, avec du corps et de la matière. J’émettrais juste une petite réserve sur la basse qui ne descend pas dans des fréquences abyssales, mais ce constat demeure marginal par rapport aux autres qualités constatées par ailleurs. Lorsque interviennent les frappes saccadées de la batterie, on aurait pu légitimement craindre de voir s’effondrer la dynamique, ou de voir le flot musical être perturbé – eh bien, il n’en est rien. L’Elixis accuse le coup, et le  » tsunami  » de Pink Floyd est encaissé sans  » contractions « , sans fléchissements, et cela démontre sa  » constance  » à toutes épreuves. Les coups de cymbales se paient le luxe de venir se superposer sur le flot musical avec une finesse et une clarté vraiment remarquables.

4° Scène sonore  

Compte tenu de ce que j’ai pu constater et décrire dans le paragraphe précédent, personne ne sera surpris par la capacité de l’Elixis à  » développer  » de la grande musique ! L’Elixis ne rechigne pas à s’adapter à la pièce d’écoute. Par ailleurs, on ne peut pas signifier non plus que la scène sonore soit holographique plus que de raison : elle se déploie facilement, et son ampleur donne davantage dans la générosité que dans le démonstratif. La réserve en énergie est substantielle : elle permet à la musique de s’installer confortablement au sein de la pièce d’écoute par une présence très élégante. Je n’ai pas senti de limites subjectives, et l’amplificateur ne délimite pas la scène sonore en des points précis (focalisation outrancière). Les effets stéréophoniques et la séparation des canaux sont bien agencés, et on sent qu’il se passe alors beaucoup de choses entre les enceintes acoustiques : l’auditeur bénéficie d’une écoute globalement très confortable – j’ajoute que cela est finalement assez peu courant dans cette gamme de produits.

L’étagement des plans nous autorise à bien distinguer les différents pupitres, groupes d’instruments, et on assiste à des reliefs marqués. Globalement, le comportement de l’amplificateur ne montre aucune trace de timidité : sur les grandes orchestrations, telles que le ‘’ Requiem de Mozart ‘’par Karajan, j’ai ressenti cette forte impression de vivre la musique – admettez que c’est un peu différent que de l’écouter ! Les chœurs se superposent de façon conviviale au dessus des violons et des cuivres, de même que les percussions se détachent habilement de la masse orchestrale avec un aspect  » plein » et un très beau détourage. De cette masse orchestrale, émerge la voix de la soliste Maria Stader qui s’exprime avec une foi, une conviction, et un sens artistique qui laissent augurer son immense talent. Mais qu’adviendrait-il du talent des interprètes si les éléments audio en étaient dépourvus ? En ce sens, on peut affirmer que l’amplificateur ainsi que les autres maillons tout aussi talentueux, ont largement contribué à rendre l’écoute absolument authentique.

5° Communication avec l’auditeur  

Compte tenu de l’excellence générale des paramètres cités dans les paragraphes qui précédent, il aurait été étonnant, voir incohérent de trouver des manquements à cet amplificateur sur son aspiration à communiquer avec son auditoire. Sans flagornerie de ma part, l’Elixis possède tous les  » ingrédients  » destinés à reproduire la musique de manière naturelle. Avec les bons enregistrements, l’auditeur en quête d’émotions sera servi, au point d’oublier l’existence de son système audio.

Si je prends en référence  » Le Cœur des Etoiles de Jean-Christian Michel « , qui symbolise une sorte de musique sacrée intemporelle, j’avoue avoir reçu une sorte de révélation, qu’il serait d’ailleurs complexe de décrire précisément. L’excellente prestation de la clarinette a eu ici la capacité d’envahir et de toucher l’auditeur que je suis, au point de lui donner un frisson qui remonte le long de la moelle épinière. La reprise de souffle de l’interprète, entre chaque phrase musicale, symbolise tout simplement la musique vivante. Le silence de fonctionnement de l’appareil, et l’excellent rapport du signal sur bruit, contribuent à détourer l’instrument avec un degré de finesse très élevé. En toile de fond, on distingue sans peine le son de l’orgue, qui, pour la circonstance est électronique. L’ISEM Elixis a dévoilé sa véritable identité, lorsque le contrebassiste s’est pris à reprendre le thème principal à l’aide son archet. C’est un véritable bonheur d’écouter le frottement de cet archet sur les cordes de l’instrument, et de bénéficier d’un grain exceptionnel et d’une matérialisation qui ne l’est pas moins. Plus encore, les vibratos des doigts sur le manche de l’instrument accentue encore la notion de variations des couleurs tonales que peut prendre cet instrument de musique. J’avoue que j’ai été littéralement saisi par l’aspect mélancolique de la mélodie bien sûr, mais aussi par cette conviction des interprètes à la transmettre, et par cet amplificateur à la restituer avec un tel degré de fidélité. Les facultés d’analyse dont l’amplificateur Elixis peut s’enorgueillir m’ont, de surcroît, permis d’entendre absolument tous les bruits ambiants lors de la séance d’enregistrement, mais aussi tous les bruits liés au  » jeu  » des instruments eux-mêmes.

Il serait fastidieux de décrire toutes mes impressions, et illustrer celles-ci avec chaque CD. Toutefois, j’aimerais conclure ce chapitre en mentionnant le bonheur incommensurable que j’ai eu à écouter la  » Sonate Kk 87 de Scarlatti  » interprétée au seul piano par Mikhail Pletnev. Cet enregistrement n’est pas de la meilleure qualité qui soit, mais l’amplificateur ISEM Elixis a réussi ce tour de magie qui consiste à procurer un tel degré d’émotion, qui pourrait vous soutirer quelques larmes…….., des larmes de bonheur, bien entendu. Les harmoniques de piano sont prenantes et s’éteignent dans le temps et l’espace avec un  » naturel  » et un réalisme à citer en exemple. Le doigté de Mikhail Pletnev vous plonge dans une forme d’incantation musicale qui s’adresse davantage aux mélomanes qu’aux audiophiles. J’ai été admiratif devant tant de conviction de la part de ce pianiste, et je dois cette sensation à l’amplificateur Elixis.

Enfin, j’ai ressenti exactement les mêmes impressions lors de l’écoute de la musique du film  » La leçon de piano  » où l’interprète nous communique, par la dextérité de son doigté, son exaltation, de façon à rendre la mélodie spontanée, enjouée, si vivace que l’on se prête volontiers au jeu de l’imaginaire, tant cet amplificateur  » sait raconter  » la musique.

Section convertisseur numérique – analogique (Dac)  

Décidément, ce  » petit  » amplificateur est doué dans toutes les disciplines. Très curieux de voir son comportement en mode Dac, j’ai relié le lecteur YBA Classic directement à la section de conversion via le câble ESPRIT Eterna en connexion S/PDIF. Une comparaison instantanée a été effectuée entre le lecteur CD exploité en mode intégré et en simple drive via la section Dac de L’Elixis. L’écoute attentive montre que la lecture donne des résultats, en tous points, identiques. Et si des différences existent, j’avoue honnêtement ne pas les avoir perçues. Ce constat m’incite à dire que la section Dac de l’Elixis est très au point, et les aficionados de musique dématérialisée peuvent compter sur cette référence ISEM pour exploiter pleinement leurs fichiers musicaux dans des conditions audio de haut niveau. De plus, l’Elixis intègre des possibilités de connexions suffisamment étendues pour répondre à peu près à toutes les demandes.

Conclusion  :

Pour conclure, vous l’aurez dans doute remarqué, cet amplificateur a marqué mon esprit. Quelques dizaines de CD se sont succédés (et je ne parle pas des disques vinyles), et à aucun moment je n’ai trouvé cet amplificateur ennuyeux ou monotone; bien au contraire. Avec l’Elixis, l’auditeur s’approprie complètement la musique : cet amplificateur est agile dans tous les sens du terme, il sait parler à l’auditeur avec son cœur, et chante comme pas un. L’Elixis est un vecteur d’émotions, d’émotions fortes dirais-je même – il vous fera rêver et sera un partenaire de premier choix qui participera activement à une reproduction musicale d’exception.

Cotations : Musicalité : de très haut niveau
Appréciation personnelle : enthousiaste
Rapport musicalité / prix : excellent

 

Prix : 1950 € (05/2013)

 

Test réalisé par
Lionel Schmitt