Interview de David Blecher, Auditorium Présence Audio Conseil à Paris

Interview de David Blecher,
Auditorium Présence Audio Conseil à Paris

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Présence Audio Conseil existe depuis 1976 et a fondé sa réputation sur un service de qualité irréprochable et sur une gamme de produits prestigieux.
Je suis allé faire une écoute chez eux où j’ai été accueilli par son créateur, David Blecher, un homme passionné par son métier. J’ai eu l’occasion de tester un ensemble constitué de matériels prestigieux : amplificateur YBA 1 Sigma, lecteur CD WADIA 861 et Martin Logan ASCENT I et ODYSSEY, câbles MIT et les résultats se sont révélés à la hauteur de mes espérances : transparence, fluidité, aération entre les instruments, profondeur et dynamique. En un mot, tout ce qu’attend un mélomane d’un vrai système Haute Fidélité mais j’en reparlerai dans une future rubrique « Visites des auditoriums ».
Je vous laisse dès à présent découvrir l’interview de David Blecher qui ne mâche pas ses mots sur les nouvelles technologies. Si vous souhaitez plus d’informations sur Présence Audio Conseil, allez voir son site web qui est remarquablement bien fait : http://www.presence-audio.com


1. RLB : Comment est née votre passion pour la Haute Fidélité ?

DB : Sait-on comment naît une passion ? Toujours est-il qu’enfant je démontais les prises électriques, les appareils ménagers…et que dès l’adolescence, stimulé par mes parents qui répondaient à ma demande de jouets éducatifs électroniques (montages radio, petits circuits électroniques…), je me suis passionné pour le son et pour le radio amateurisme.
Après le bac je me suis fourvoyé 2 ans en faculté de médecine avant de me rendre à l’évidence que mon avenir restait guidé par ma passion pour le son. Je me suis donc finalement orienté vers les métiers du son en intégrant, après concours, l’Ecole Nationale Louis Lumière option prise de son.

2. RLB : Avez-vous eu un autre parcours professionnel avant la création de Présence Audio Conseil ?

DB : A la sortie de cette école dont l’enseignement était orienté vers le cinéma, je suis devenu « pigiste » en prise de son sur des courts et moyens métrages. Au bout d’un an, j’ai été engagé au studio des disques « Vogue » comme assistant puis ingénieur du son.

3. RLB : Comment a commencé l’aventure de Présence Audio Conseil ?

DB : Assez banalement. Mon rêve secret était de faire partager ma passion pour le son. Le magasin était, j’en étais convaincu, le bon moyen, mais l’investissement financier était, déjà à l’époque, lourd. J’ai décidé de monter Présence alors que venaient de naître mes jumeaux (déjà la stéréo !) et que j’étais convaincu que la vie et les horaires du studio étaient incompatibles avec ma vie de famille.
J’ai donc contacté Marc Bauché, mon meilleur compagnon d’études alors ingénieur de maintenance aux studios Philips, et nous avons démarré ensemble l’aventure Présence.

4. RLB : Sur quels critères choisissez-vous vos produits ?

DB : Si je vous répond la musicalité ce ne sera qu’une réponse incomplète.

  Les autres critères sont :
  la qualité de fabrication, donc le sérieux du fabricant
  l’accessibilité aux composants nous permettant de réparer même si le fabricant venait à défaillir…
  le rapport qualité/prix.

5. RLB : Votre gamme de produits est constituée principalement de marques américaines, pour quelles raisons ?

DB : Honneur aux inventeurs ! Lorsque nous avons démarré, Présence vendait le seul produit audiophile existant qui était Audio Research. Nous avons introduit sur le marché Mark Levinson, Threshold, Beveridge, Conrad Johnson… tous fabricants américains.
Depuis bien sur, d’autres, anglais, norvégiens, français ont innové sur notre marché et depuis partagent nos étagères.

6. RLB : Que pensez-vous de l’amplification numérique ?

DB : Pas cher et compact. Pas très musical ou franchement médiocre selon les produits que nous avons été amenés à écouter.

7. RLB : Que pensez-vous des nouveaux supports SACD/DVD Audio et ont-ils un avenir ?

DB : La grande invention du SACD a été le DSD qui est indiscutablement un extraordinaire moyen d’enregistrement. Si le support est SACD, on obtient le meilleur son existant. Mais ce support qui ne rencontre pas du tout l’attente du grand public est donc promis à un avenir pour le moins incertain.
Devant ce constat, les majors ont eu l’idée d’en faire le support multicanal absolu et là ils buttent sur un écueil artistique très grave. En effet, il était possible de recréer une illusion de vérité sonore en stéréo par un choix et une installation rigoureuse de la chaîne (et c’est à cela que nous servons) mais il est autrement plus difficile d’équilibrer 5 ou 7 canaux et de recréer autre chose qu’un gadget sonore ou les instrument sont partout, ou nulle part, et dans tous les cas pas à l’endroit où les mélomanes on l’habitude de les entendre au concert.

8. RLB : Les lecteurs universels vont se généraliser d’ici quelques années, est-ce une bonne ou une mauvaise nouvelle pour la Haute Fidélité ?

DB : Vous avez dit universels ? Réveillez-vous ! Il va falloir enfin comprendre que les fabricants de matériels audiovisuels ont pris modèle sur ceux de l’industrie informatique afin de nous faire acheter, acheter…
Nouvelle génération de matériel ? On n’a jamais eu autant d’aussi séduisantes mauvaises électroniques que ces dernières années. Nouvelles technologies ? Le MP 3 est la régression la plus populaire de ces dernières années.
Nouveau life-style ? Les packs audio vidéo 5.1 nous transportent instantanément aux plus beaux jours de la HIFI caddie des années 70 lorsque la France rattrapait son retard sur l’équipement des ménages en alignant les matériels HIFI sur les linéaires des supermarchés. Pour l’instant les nouvelles ne sont donc pas très bonnes !

9. RLB : Comment voyez-vous l’évolution de la Haute Fidélité ?

DB : Actuellement, la haute fidélité n’évolue pas sur le plan qualitatif.
De nouveaux standards arrivent sans fin pour nous permettre d’en avoir toujours plus : plus de titres sur les disques durs, plus de supports nomades (Ipod, Itune…) mais la qualité n’est plus le sujet.
S’il n’en reste qu’un à s’attacher avant tout à la qualité sonore, nous serons celui-là !

10. RLB : Quels sont vos disques préférés ?

DB : Mes disques préférés sont parfois des disques dont l’enregistrement n’est pas exemplaire. Musique oblige. Mais pour ceux qui recherchent des disques qui associent la qualité d’interprétation à la qualité d’enregistrement je conseille un petit détour par notre site sur la page www.presence-audio.com/index.dyn.php3?p_idref=56

© Audiophilefr – Octobre 2004