GRADO Prestige Gold 1

GRADO Prestige Gold 1

Cellule phonocaptrice
Aimant mobile (MM)

Origine : Etats-Unis
Niveau de sortie : 5 mV
Réponse en fréquence : 10 Hz – 60 kHz
Impédance de charge : 47 Kohms
Séparation des canaux : 35 dB
Résistance : 475 ohms
Force d’appui recommandée : 1,5 grammes
Poids : 5,5 grammes

On ne présente plus la marque Américaine GRADO qui « sévit » dans le domaine des cellules phonocaptrices depuis plus de 60 ans. Basée initialement dans le cartier de Broklyn à New York, le fondateur Joseph Grado s’est essayé à ses débuts à différents maillons d’une chaîne haute fidélité, et finit par se consacrer exclusivement au développement de cellules à aimant et bobine mobile dont la renommée est internationale.

La marque s’est peu à peu diversifiée, par le développement de casques d’écoutes, d’amplificateurs dédiés, mais GRADO continue de mettre l’accent sur ce qui a fait sa réputation. Chaque produit est assemblé à la main et écouté (à l’ancienne) avant d’être commercialisé.

Au fil des années, les références MM et MC se sont succédées apportant à chaque fois leur lot d’amélioration, mais la signature sonore reste tout de même intacte.

La gamme est à ce jour fort étendue et prend toute sa signification d’autant que le disque noir continue de susciter des convoitises.

La Gold 1 appartient à la gamme Prestige. Il s’agit d’une cellule à aimant mobile que l’on peut déjà classer dans la catégorie des cellules haut de gamme. Elle est habilitée à être montée sur des platines de gamme identique. Le diamant est de type elliptique méticuleusement monté sur une tige en laiton reliée à l’équipage mobile de masse relativement faible. Le câblage interne a été soigneusement mis au point grâce à des conducteurs en cuivre pur à cristaux longs « ultra High Purity Long Crystal ».

ECOUTE :

Les tests d’écoutes ont été réalisés avec le matériel suivant : amplificateur intégré ATOLL IN 100 SE avec module phono ATOLL P50 – pré-amplificateur phono ETALON SupraFono – platines vinyle THORENS TD 203 & DENON DP 30 L  – enceintes acoustiques DAVIS Matisse HD – câbles modulation VAN DEN HUL The Orchid & ESPRIT Beta – câbles HP ESPRIT Aura et KIMBER KABLE 8VS.

Vinyles utilisés  : Concertos Brandebourgeois N° 1,2,3 de Jean-Sébastien Bach, par The English Chamber orchestra – Direction Benjamen Britten  – Meedle par Pink Floyd – Quiet Nights par Diana Krall – A Mémorial for Glenn Miller – « Jalousie » par Yehudi Menuhin et Stéphane Grappelli – Le Vaisseau de Pierre par Tri Yann, etc…

Musicalité et impressions d’ensemble

Globalement, la signature sonore de la Gold 1 me rappelle étrangement celle d’un certain modèle Signature que j’ai possédé il y a une trentaine d’année, et que je possède encore aujourd’hui via une platine DENON DP 30 L sortie de son carton pour la circonstance.

La restitution globale s’affiche comme soyeuse, voir légèrement sirupeuse, mais sans exagération. L’ensemble ATOLL / THORENS ou DENON / GRADO / DAVIS propose une musicalité plutôt agréable dans l’ensemble. Aucune trace de sécheresse n’est à l’ordre du jour et la musique s’écoule avec une fluidité remarquable.

La bande passante subjective apparaît étendue et linéaire jusqu’aux fréquences voisines de 50 Hertz. Les fréquences graves se font remarquer par une légère surépaisseur qu’il appartiendra à chacun de juger comme bonne ou mauvaise. En marge de cette « opulence » relative, les fréquences graves sont cependant bien tenues avec une lisibilité plus qu’acceptable. Les notes de contrebasse ou de basse électrique sont globalement bien définies et descendent dans les limites imposées par la prise de son et la gravure. Donc pas de limitations observées sur ce point.

Les caractéristiques propres aux cellules GRADO, auxquelles le modèle Gold 1 n’échappe pas, sont immédiatement reconnaissables. Quelque soit la platine utilisée, ces caractéristiques permettent de goûter aux joies d’une musique physique, palpable même, avec du « corps » et un supplément d’âme qui donnent beaucoup de vie à toute forme d’interprétation, si tant qu’elle soit, bien entendu, expressive.

Question rapidité, notamment dans le bas du spectre, la Gold 1 en manque peut-être un peu. Je pourrais presque lui reprocher une  mollesse (toute relative) qui se fait sentir sur des extraits musicaux qui se distinguent par leur rapidité d’exécution.  Cette cellule est en revanche d’une belle souplesse : un point fort qui fait bien ressortir une foule de nuances par son « message » très articulé.

En revanche, la texture chaleureuse ne masque rien sur le plan de la transparence. Le haut médium / aigu est d’une finesse remarquable. Les fréquences aigues filent haut et nous mettent en regard d’une musicalité riche en substances et micro informations.

Quelque soit la platine associée et plus généralement le système audio dans son ensemble, vous saurez apprécier l’intégralité du contenu d’un bon disque vinyle, et les capacités de cette cellule à analyser les prises de son et pressages qualitatifs.

La scène sonore apparaît très large; son aspect holographique est étonnant et permet de bien situer les groupes d’instrument dans l’espace sonore. J’irais même jusqu’à dire que la Gold 1 a tendance à repousser les cloisons de votre espace musical. La présence des instruments et de leurs interprètes respectifs permettent de « communier » avec la musique sans qu’une barrière ne s’établisse entre eux et l’auditeur. La scène sonore s’affiche avec une belle aération permettant d’entendre très correctement toute la substance des extraits musicaux. Les différents plans et reliefs sont loin d’être anecdotiques : on décèle aisément les instruments de premier et second plan ainsi que la profondeur de scène sonore sur certains extraits.

A noter que le mariage, plutôt pertinent, de cette cellule avec la platine Thorens TD 203 rehausse les prestations de la platine.

• Jean-Sébastien Bach : Concertos Brandebourgeois N° 1,2, 3  – par The English Chamber orchestra – Direction Benjamen Britten

Pour sûr !, sous la direction de Benjamen Britten, ces Concertos Brandebourgeois ont fière allure. Le velouté des cuivres, cordes, et instruments d’époque arborent des teintes naturelles et très appréciables. La musique prend des proportions et une dimension réalistes qui emplissent la pièce d’écoute de l’art de Jean-Sébastien Bach. Nous pouvons aussi déguster l’accompagnement au clavecin avec ses teintes sonores alternées, et le très beau grain procuré par le mécanisme sur les cordes de l’instrument. La définition et le suivi des notes sont vraiment convaincants et incitent à savourer ces œuvres sans se poser de questions de tous ordres.

• Meedle par Pink Floyd

Il faut reconnaître que ce disque constitue une « épreuve de force » pour un système audio. La version vinyle originale ne manque pas de dynamisme, loin s’en faut ! En dépit de la petite apathie évoquée ci-avant, je peux dire que cette cellule s’en tire honorablement sur le plan comportemental. Les attaques sur la grosse  caisse sont particulièrement mises en avant lors de la séance d’enregistrement, ainsi que la guitare basse sont gérées astucieusement et de façon à ne jamais frustrer les attentes de l’auditeur en attente de grandes sensations. Les coups de cymbales s’enflamment avec une énergie et une précision au dessus de tout soupçon. Oui, j’aurais aimé un peu plus d’entrain, mais l’essentiel est déjà bien présent. La guitare électrique règne ici en maître avec sa sonorité Pink Floyd si particulière que l’on en frémit d’enthousiasme.

• Quiet Nights par Diana Krall

Sur les superbes interprétations et la voix charnelle de Diana Krall, vous devez bien vous douter que la Gold 1 se trouve dans son élément naturel. Je ne crois pas me tromper en disant que le (s) concepteur (s) de cellules GRADO ont conçu leurs cellules pour délivrer sonorité humaine aux fins de procurer aux auditeurs des moments intenses d’émotion. Une fois encore, cet objectif est atteint car le phrasé est ici impeccablement reproduit avec cette dose de chaleur humaine que l’on aimerait retrouver plus souvent avec le « numérique ». En complément de la texture suave de la voix, l’orchestration sobre est analysée avec minutie. Les frets de guitare, les changements d’accords, sur fond de nappes de violons sont clairement mis en lumière. Ils révèlent alors une foule de contrastes qui donnent envie d’écouter la musique d’une part, et il y a fort à parier que vous tomberez sous le charme envoutant de Diana Krall.

• A Mémorial for Glenn Miller

Les différents « succès » de Glenn Miller rassemblées sur 3 séries de compilations essentiellement à base de cuivres montrent bien de quoi est capable cette cellule. Pas de « cocktail » explosif, mais un attachement à respecter le timbre du trombone, des saxophones, des solos de trompettes. Vous oubliez l’aspect agressif et vous vous laissez porter par le swing musical de In the Mood; vous vous laisserez bercer par Moonlight Sérénade et vous comprendrez vite que les « timbrage » sonne juste. Vous savourerez la manière dont la batterie, le jeu de cymbales et le piano donnent le tempo. Vous vous surprendrez sans doute à taper du pieds en guise d’accompagnement et de satisfaction – le but recherché par les concepteurs est finalement atteint.

Conclusion :

La cellule Prestige Gold 1 est une référence 100% GRADO. On retrouve ici les traits de caractère musicaux qui ont fait la renommée de la marque pendant trois générations.
Loin d’être la plus dynamique, la Gold 1 compense ce petit manquement par une foule d’autres qualités dont la beauté des timbres et une scène sonore ample.
Elle donnera satisfaction à tous ceux qui recherchent une cellule en capacité de mettre en valeur leurs précieux disques vinyles et de leur procurer les émotions qui vont avec.

Synthèse :Musicalité : charmeuse
Appréciation personnelle  : bonne approche
Rapport musicalité – prix : bon

 

Prix : 180 (01/2018)

Test d’écoute réalisé par
Lionel Schmitt