ESPRIT RENDISTORS

ESPRIT – RENDISTORS

Origine : France

 

 

Présentation :

Que d’encre a coulé, ainsi que de nombreuses discussions, interrogations, et même de polémiques à propos du Rendistor. Le Rendistor est-il un composant électronique, ou simplement un accessoire ? En tout état de cause, ce petit composant suscite la curiosité.
On notera que le Rendistor a fait l’objet d’un brevet déposé par son concepteur, et on comprend aisément que sa composition exacte soit gardée plus ou moins secrètement. Contrairement à ce qui a été prétendu à certaines reprises (notamment sur notre forum), le Rendistor ne s’apparente pas du tout à la famille des condensateurs. Pour information, sa capacité électrique est comprise entre 1,3 et 1,5 picofarads. Pour tenir compte de la préconisation du concepteur (Richard Césari), il est intéressant de comparer le Rendistor en implantant en lieu et place un simple condensateur dont la valeur capacitive est comprise entre 1,3 et 1,5 picofarads et d’en mesurer les différences à l’oreille par exemple.

Par ailleurs, il me paraît indispensable de connaître ce qui a conduit le concepteur a créer un tel produit. L’objectif de développement du Rendistor est basé sur des études réalisées sur les matériaux isolants (diélectrique).

Il est rappelé que dans un matériau isolant il n’y a théoriquement pas de passage de courant électrique ou de déplacement de charges. Mais si on se réfère aux travaux réalisés par Faraday, il est démontré que de très faibles déplacements de charges sont constatés. Dans les isolants (et les conducteurs) on parle de polarisation. Dans un conducteur, plus on monte en fréquences et plus le signal est véhiculé par la périphérie du conducteur à laquelle (pour un câble) il est intimement lié à l’isolant qui véhicule lui-même une partie du signal à ces fréquences, par le biais de faibles déplacements de charges. Ces constatations se font pour les câbles, les composants…, et plus généralement partout où il y a un matériau conducteur lié à un matériau isolant.
Le Rendistor agit en filtrant la partie véhiculée par les isolants dans lesquels on retrouve aussi toutes les hautes fréquences captées par nos appareils qui se comportent comme des antennes. Le filtrage ainsi réalisé permet d’améliorer sensiblement le rapport signal/bruit apportant alors au message musical d’un système audio une lisibilité accrue avec un meilleur confort d’écoute, et par voie de conséquence, plus de netteté sur les micro informations, en  »traitant » les problèmes d’hyperfréquences inaudibles pour l’oreille humaine mais très perturbantes lors de l’écoute.

Mise en œuvre :

Les Rendistors se montent par paire (un par enceinte acoustique), et peuvent directement être implantés sur le bornier des enceintes acoustiques, en amont du ou des filtres. Toutefois, à titre personnel, je recommande de les implanter en parallèle en sortie de filtre ce qui nécessitera l’utilisation d’un Rendistor par voie dans le cas d’une enceinte 2 voies. Dans ce dernier cas, son efficacité est encore plus évidente, mais l’utilisateur potentiel devra avoir recours à « l’huile de coude » et à un fer à souder.

Les Rendistors ont été implantés sur des enceintes PEL Kantor suivant les spécifications du concepteur, et le matériel utilisé se compose pour la source d’un lecteur YBA Intégré Classic Sigma et d’un magnétophone à bobines libres REVOX A 77 (très important pour les tests), d’un préamplificateur et d’un bloc Classic 3 YBA Delta, de câbles de modulation YBA Glass et HP Diamond.

Pour la mise en oeuvre et le montage, j’ai procédé par étapes. L’utilisation du magnétophone à bobines REVOX m’a permis de réaliser des enregistrements en monophonie afin de juger à mi-parcours du montage, de l’éventuel apport du Rendistor et en tout cas de la différence d’une enceinte dotée en la comparant avec l’enceinte non dotée du composant, et de travailler à l’écoute sur le  »déséquilibre » qui en résulte. Nul besoin de paraphraser pendant des heures. Le montage d’une paire de Rendistors sur une seule enceinte acoustique montre à l’écoute sur un enregisrement monophonique une différence audible, comme un voile que l’on aurait enlevé sur la seule enceinte qui l’accueille.

 

 

ECOUTE

Les tests d’écoute en monophonie d’abord, puis dans des conditions normales stéréophoniques montrent que l’on a affaire à une  »évolution » de la sonorité. Sur le CD Double Jeu par Laurent KORCIA, l’apport est évident et on se surprend à découvrir le son du violon de manière différente, encore plus naturelle en tout cas. A n’en pas douter l’instrument est moins incisif, plus doux, et surtout mieux détouré même au sein d’un ensemble d’instruments de musique peu fourni et sobre. La lisibilité s’avère bien supérieure, et les infimes vibratos de la main gauche de l’artiste ainsi que le glissement de l’archet sur les cordes de l’instrument sont proposés avec un surcroît de véracité, une plus grande aisance, et un aspect plus délié – j’irais même jusqu’à dire plus majestueux.
Le jeu d’accordéon qui fait office d’accompagnement gagne en réalisme et sa présence devient,elle aussi, plus évidente. La diminution de toute forme de  »pollution » permet de mettre mieux en évidence le bruit mécanique des touches de l’instrument de musique et de sentir la présence de l’instrument dans la pièce d’écoute. Toute trace d’éventuelle crispation est quasiment réduite à néant. La contrebasse qui accompagne la plupart des extraits gagne également en lisibilité, mais on dirait aussi que sa dimension prend une autre dimension, finalement assez proche de l’original.
La scène sonore apparaît comme plus ouverte, et il faut noter que le positionnement des interprètes permet de mieux les cerner au sein de la scène sonore; celle-ci semble alors moins étriquée et on constate sans peine plus d’aération entre les musiciens.

Sur le CD Tri Yann et l’Orchestre National des Pays de Loire – Volume 2, certaines formes de dureté inhérentes à la prise de son apparaissent plus lisses, plus spontanées, avec un apport de douceur non négligeable. Les vocaux solos sont restitués avec davantage d’humanité et le côté communicatif est en nette progression.
Là, où le Rendistor marque aussi un point c’est sur l’étagement des plans, le gain en intensité, et la dynamique générale : l’Orchestre national des Pays de Loire joue de façon plus libre avec un surcroît d’ouverture. Naturellement, certains instruments de musique, quelques fois restés dans l’ombre, sont mis en lumière, tels que les subtiles interventions d’un triangle, de la mandoline, ou du cromorne. Les différents pupitres permettent davantage d’être mis en valeur, et ce en dépit de l’accompagnement de la batterie, de la guitare basse, et des envolées de la guitare électrique qui auraient parfois tendance à masquer tout cela.

Enfin, sur le CD La Folia – Gregorio Paniagua, on pourra apprécier l’apport de la présence de tous instruments de musique qui prennent alors une place bien définie au sein de la scène sonore. De multiples détails apparaissent avec chaque instruments. Le grain du clavecin est retranscrit avec une exactitude exceptionnelle très proche de l’original, et sa présence n’est à aucun moment à prendre en défaut.
Les Rendistors n’ont pas pour vocation d’analyser à outrance chaque instrument de musique, mais de mettre en valeur une texture sonore la plus réaliste possible. Par exemple, on cerne mieux la flûte baroque qui apparaît progressivement, permettant de suivre note à note la partition jouée : c’est prodigieux sur le plan de l’exactitude. Ici encore, je confirme sans restriction la douceur des violons, leur aspect fluide, et le filé harmonique très naturel.

Conclusion :

Je pourrais multiplier les exemples sur les apports musicaux que procurent le « montage » des Rendistors, mais il ne fait aucun doute que ces petits composants ont des vertus qui visent à rendre la restitution musicale plus crédible, plus vraie, plus naturelle et plus proche de l’auditeur, un peu comme si celui-ci pouvait s’affranchir des bruits ambiants pour mieux plonger au sein d’un orchestre. Plus qu’un accessoire, le Rendistor permet réellement de franchir un pas non négligeable vers une musicalité simplement vivante.
Si mes tests personnels ne portent que sur l’enceinte PEL Kantor, il apparaît – selon le concepteur – que le Rendistor peut également être monté sur toutes les enceintes du marché, car de par sa conception, il ne modifie en rien les caractéristiques techniques et électriques de celles-ci.

Cotations : Musicalité : 10 / 10
Rapport qualité – prix : 10/10

 

Prix : 80 € la paire (08/2010)

Lionel Schmitt
Audiophilefr.com