ESPRIT Eterna câble secteur

ESPRIT ETERNA
Câble secteur
Origine : France

Le câble ESPRIT Eterna secteur se place dans la catégorie des câbles de compétition. Il ne coiffe pas le sommet de la gamme du constructeur Français, mais…..presque.

L’Eterna est un câble multi-brins qui intègre des conducteurs de 2 x 1120 brins + 720 brins en cuivre pur à 99,99% désoxygénés méticuleusement « organisés » selon une structure asymétrique. Par rapport aux modèles Alpha et Celesta testés dans cette même rubrique, Esprit a veillé à augmenter la qualité des écrans et du blindage partiel orienté. L’isolation ainsi que la mise à la terre sur air contribuent également à délivrer une sonorité plus pure.

La gaine est également différente de celle des modèles évoqués et testés ci-avant. Cependant, elle reçoit aussi ce petit bourrelet qui cache une série de ferrites qui filtrent les hyperfréquences entres 10 Mhz et 500 Mhz : l’objectif est d’améliorer la fluidité du signal sonore.

Les prises secteur et IEC réalisées sur cahier des charges sont d’une qualité irréprochable. Les « contacts » sont en cuivre pur et plaqués d’une couche en argent de 40 microns. Ces prises issues du même cru que celles de l’Alpha et du Celesta voient leur structure renforcée par une fibre de verre. Ce procédé vise à créer une immunité par rapport aux phénomènes d’ordre vibratoire. Ce détail a l’air insignifiant au premier abord, mais, quoique l’on en pense, prend toute sa signification au terme d’un banc d’essai de plusieurs dizaines d’heures.

Ecoute et impressions  :

Les tests d’écoutes ont été effectués à domicile avec le matériel suivant : platine vinyle REGA RP 8, cellule MM REGA Elys 2 et MC Ania, préamplificateur AUDIOMAT Phono 1.7 et MOON 310 LP, préamplificateur YBA Classic 3 Delta, bloc de puissance YBA Classic 3 Delta DT, enceintes acoustiques PEL Kantor, câbles de modulation VAN DEN HUL The Orchid, ESPRIT Beta, et YBA Glass, câbles HP YBA Diamond et ESPRIT Aura.

Pour l’alimentation secteur : barrette FURUTECH F-TP 615, câble secteur de tête G-314Ag-18E et prise murale FT-SWS-G de la même marque. En outre, différentes combinaisons ont été opérées avec les câbles secteur Alpha et Celesta.

CD sélectionnés : Jazz på svenska par Jan Johansson– Stéréo Concert  Séries – Decca Phase 4 – « Ainsi parlait Zarathoustra » de Richard Strauss ~ Direction Lorin Maazel – Collaboration par le Modern Jazz Quartet with Laurindo Elmeida – Rummadou / Générations de Tri Yann – Swinging the Big Band par Quincy  Jones – Meedle de Pink Floyd – « Prodiges » par Camille Berthollet –Toccata et Fugue de Jean-Sébastien Bach dirigé par Léopold Stokowski – Epics : The History of World par l’Orchestre Philharmonique de Prague & Chœurs – Dance into Eternity par Omar Faruk Tekbilek – « Portrait » par Angèle Dubeau & La Pietà – etc…

• Vinyles sélectionnés : Fanfares Royales ~ Direction : Paul Kuentz All – Time Favorite Melodies of Japan – Quiet Nights par Diana Krall – « Ainsi parlait Zarathoustra de Richard Strauss » ~ Direction Zubin Mehta –  Bach Spectacular par The Kingsway Symphony Orchestra ~ Direction Camarata – The Complete par Mike Oldfield – Le Vaisseau de Pierre par Tri Yann – Molière ~ bande originale du film – Barry Lindon ~ bande originale du film – « Jalousie » par Yehudi Menuhin et Stéphane Grappelli – Concertos Brandebourgeois N° 1,2,3 de Jean-Sébastien Bach, par The English Chamber orchestra ~ Direction Benjamen Britten, etc..

Impressions réflexions d’ensemble couleurs tonales

Fanfares Royales : Charpentier – Lully – Delalande – Francoeur / Direction Paul Kuentz
(disque vinyle)

Royal ! : voici comment je définirais le comportement du système audio lorsqu’on lui a associe le câble Eterna.
Le choix de ce disque vinyle n’est pas anodin puisque ces fanfares royales signées Charpentier, Lully, Delalande, Francoeur ont resplendi dans ma pièce d’écoute comme jamais. Ce câble s’y entend pour faire chanter le Té Déum de Marc Antoine Charpentier tout comme les oeuvres de Lully ou celles de Francoeur qui illuminèrent alors la pièce d’écoute à la façon d’un feu d’artifice.
La bonne humeur s’installe à vos côtés et la musique s’écoule avec un entrain et une « explosion » de couleurs très variées. Lumineux et doux à la fois, ce câble épouse les électroniques qu’il a pour mission de relier au courant secteur. En effet, avec l’Eterna, j’ai le sentiment que les couleurs tonales de l’infra-grave à l’extrême aigu étaient plus étendues, les cuivres sont devenus plus étincelants, mais aussi plus veloutés. Les cordes sont reproduites avec un couleur boisée encore plus naturelle. Avec ce câble, ces fanfares royales apparaissent simplement multicolores.

Précision et ouverture

Jazz på svenska par Jan Johansson

Un piano, une contrebasse, un répertoire Sudéois, une interprétation jazz scandinave. Ce « cocktail » ne manque pas d’originalité. A travers ce CD, vous pourrez découvrir un répertoire et une interprétation quasiment inédits.
Si le jeu de piano est remarquable, vous l’apprécierez d’autant mieux en compagnie  d’un système qui « brillera » par son ouverture, son aération, et « piloté » par ce câble aux innombrables qualités comportementales.
Chacune des notes résonne et meurt dans le temps et l’espace avec une liberté inouïe, une tonalité naturelle m’ont  laissé pantois : l’efficacité du câble Eterna dans le domaine de la « gestion » des harmoniques est permise par le travail de mise au point et des matériaux sélectionnés pour aboutir au « top ».

Par ailleurs, à titre personnel, j’ai été littéralement bluffé par la lisibilité impeccable de la contrebasse : une véritable petite merveille.  La « propreté » de cet instrument, dont aucune note ne pourra décidément échapper à vos oreilles attentives, constitue une référence. Le musicien s’applique à effleurer et ou pincer de sa main droite les cordes de son instrument avec une dextérité qui s’entend dans les moindres détails, tandis que les doigts de la main gauche glissent délicatement sur le manche de l’instrument pour plaquer les accords.

Dynamique réactivité rigueur

Ainsi parla Zarathoustra – Direction Lorin Maazel

Sur les critères de dynamique et de réactivité, soyons objectifs : l’Eterna n’apportera pas « d’éléments nouveaux ». Je veux dire par là, que si un élément audio se caractérise par un manque de réactivité, ce câble ne pourra nullement pallier à ce manquement. Dans le cas contraire, l’Eterna sera le meilleur allié pour « décoincer » un bloc de puissance ou un amplificateur qui ne demande qu’à s’exprimer avec toute la force requise un « monument » tel que Ainsi parla Zarathoustra.

Il est vrai que « l’ouverture » de cette composition signée Richard Strauss demande quelques égards : elle doit absolument s’appuyer sur un système audio qui ne doit pas capituler à la moindre sollicitation, ni au moindre écart de dynamique.
L’Eterna a trouvé sa place au sein de mon système audio, et il trouvera également sa place avec un grand nombre d’électroniques qui ont un tant soi peu de capacités à réagir vite et bien tout en leur laissant leur marge respective en matière de comportement. Autrement dit, le câble secteur Eterna ne modifie en rien les caractéristiques d’une électronique, il s’applique au contraire à les « honorer » de sa présence.
La rigueur avec laquelle ce câble agit sur le « traitement » du courant secteur a pour conséquence d’accroître la notion de fluidité. Ce test reflète également la superbe densité des percussions; la matérialisation de celles-ci est assez fascinante.
Avec cet extrait, et en dépit d’éléments audio reconnus pour leur liberté d’expression, il m’est parfois arrivé d’observer quelques petits « accrocs » lorsque les cuivres et les percussions se mettent à « rugir ». Avec le câble secteur Eterna, les petits accrocs ou autres formes d’hésitations sont purement et simplement mis de côté.

Scène sonore – étagement des plans

Stéréo Concert Séries – Decca Phase 4

Sur les grandes orchestrations, l’introduction de ce câble au sein d’un système audio semble être à mon sens une évidence. J’ai été assez surpris de mieux « visualiser » les reliefs et les contrastes – ils me sont apparus plus accentués. Le panorama gagne singulièrement en extension. La scène sonore s’élargit mais la musique n’est nullement focalisée sur les canaux gauche et droit : les instruments ou groupes d’instruments qui « sévissent » au cœur de la scène sonore trouvent bien évidemment leur place aux endroits définis par les chefs d’orchestre et l’ingénieur du son.
Ce coffret contient une foule d’œuvres qu’il serait fastidieux de décrire au travers ces lignes. Cependant, on relève à chaque extrait un étagement des plans bien marqué et renforcé par l’utilisation de l’Eterna.
« L’étoffe » orchestrale qui singularise toutes les compositions contenues dans ce coffret déploient leurs forces, une ampleur réaliste, une souplesse dans les montées en puissance, et surtout une « posture » toujours très aérée de certains groupes d’instruments par rapport aux autres. Nous pouvons dès lors en déduire que L’Eterna travaille en symbiose  avec l’électronique reliée d’une part, en veillant à ce que la « situation musicale » demeure toujours très contrôlée, d’autre part.

Communication avec l’auditeur

All-Time Favorite Melodies of Japan (disque vinyle)

Ces airs empruntés au folklore japonais, très mélodieux, sont ici reproduits avec toute la mélancolie qui sied à ce répertoire un peu en marge de ce que l’on a coutume d’écouter habituellement.
La sonorité du koto (instrument à cordes pincées joué à la manière d’une harpe) est fabuleuse de par sa précision.  Ce côté « tactile » des doigts de l’interprète sur les cordes de l’instrument suggère une faculté d’analyse poussée, largement aidée par ce câble. Il en résulte une écoute prenante dont les harmonies prennent aux tripes. L’accompagnement par une section de cordes (violons et violoncelles) minutieusement orchestrée et quelques percussions bien amenées forment un complément haut en couleurs. Les éclats cristallins d’un carillon viennent enrichir et donner une saveur très particulière, naturelle, et d’une authenticité parfois bouleversante. Grâce à ce câble, il se crée autours de chacune de ces mélodies une ambiance qui m’a transporté au coeur d’une culture musicale remplie d’émotion. Avec ce câble, il s’installe une forme de bien-être incontestable. Le confort d’écoute est réellement satisfaisant : il suggère même de s’intéresser à de nouvelles formes de cultures musicales – magique, non ?

• Quiet Nights par Diana Krall (vinyle & CD)

Quelle voix, quelle prestance, quelle présence dans la pièce d’écoute ! Franchement, c’est un réel plaisir d’écouter ou réécouter Quiet Nights de Diana Krall. Toute la musique vivante est rassemblée ici. La voix suave de Diana Krall « ressort » ici à merveille. La diction est fignolée à l’extrême : chaque mot, chaque syllabe est « présentée » avec une teinte si naturelle que l’on se croirait en présence de l’interprète. Avec les câbles Alpha et Celesta, il m’avait semblé avoir atteint le nirvana en matière de communication. L’Eterna est encore plus efficace : le « silence de fonctionnement » autours de la voix mais aussi autours de l’orchestration permet de mettre en valeur mille et une nuances, des subtilités que l’on découvre sans cesse au fil des minutes d’écoutes; des choses que je croyais avoir entendu mais qui restaient discrètement enfouies dans l’ombre. L’Eterna contribue à lever le voile sur les frets d’une guitare : on entend clairement les changements d’accords, le glissement des doigts sur les cordes de l’instrument. Les notes de piano « s’expriment » de manière agile et détachée sur fond de violons à la teinte onctueuse et lisse. Les petites « touches » de cymbales et le « bruissement » du balai sur la caisse claire sont absolument étonnants : leur restitution accentue la notion d’authenticité et de quiétude musicale.


Conclusion

Avec le modèle Eterna, votre installation prendra incontestablement de la valeur; de la valeur musicale en mettant en lumière une foule de nuances présentes sur des enregistrements numériques et vinyles.
L’Eterna contribue à créer à une sorte de fresque musicale qui se déploie harmonieusement devant vous, sans voile, sans filtre, sans artifice. L’Eterna est le fruit d’un long travail de mise au point : son utilisation est hautement recommandée avec des éléments audio de très haut niveau et des extraits musicaux qui le sont tout autant.

Synthèse : Valeur ajoutée musicale : réellement significative
Appréciation personnelle : bluffant par son efficacité
Rapport musicalité – prix : excellent

 

Prix : 780 €  (07/2018)

Test d’écoute réalisé par
Lionel Schmitt