DAVIS Matisse

DAVIS MATISSE

Origine : France
Enceinte 3 voies / 4 HP – bass-reflex
Rendement : 91 dB / 1w / 1m
Impédance moyenne : 8 ohms
Puissance admissible : 120 watts
Réponse en fréquence : 45 Hz à 20 kHz +/- 3db
Dimensions : ( H x L x P ) 100 x 15 x 20

Davis Matisse

Alors que l’occasion m’était donnée d’écouter à nouveau le modèle EVA 5 de chez DAVIS décrit également dans cette page, il eut été dommage de se priver d’écouter le fameux modèle MATISSE dont beaucoup d’audiophiles ont vanté les mérites, et même de comparer ces deux enceintes acoustiques dont le prix passe quand même du simple au double ( pour la version laquée noire ).

Au premier abord la DAVIS MATISSE est présentée comme une enceinte fine, élégante, et superbement finie par une laque noire brillante « façon piano de concert ». Un peu plus haute que l’EVA 5, la structure de la MATISSE diffère de celui de sa petite soeur en ce sens que le coffret a fait l’objet d’une étude plus poussée de la chambre acoustique dont les parois latérales sont du type convexe, destinées à minimiser les phénomènes d’ondes stationnaires. Ce coffret épais de 19 mm garantit une bonne rigidité de l’ensemble, permettant d’éviter toutes vibrations néfastes à l’écoute. Le découplage s’effectue par le biais d’un socle en MDF sur lequel repose l’enceinte, et il sera hautement recommandé de parachever l’optimisation en y installant des pointes de découplage livrées d’origine, et pour laisser l’enceinte s’exprimer correctement, de l’éloigner le plus possible des murs arrières et latéraux. Comme l’EVA 5, le prix de vente extrêmement attractif s’explique par l’externalisation en Chine de la fabrication du coffret, mais que l’on se rassure les haut-parleurs et les filtres sont réalisés en France (bon, c’est comme ça !).

La MATISSE est une enceinte acoustique de type 3 voies mais qui accueille 4 haut-parleurs dont deux sont dédiés au registre grave. Le tweeter est un modèle à dôme en textile de 25 mm de diamètre, le médium de 13 cm de diamètre utilise une membrane en Kevlar, et les 2 boomers dont dotés d’une membrane en papier graphité. Cette enceinte rejoint la gamme des enceintes dite bass-reflex avec un évent accordé en face avant, mais si l’on prend soin de regarder la face arrière on s’apercevra de la présence d’un second évent de décompression  »accordé » au registre médium qui possède une gestion de sa charge totalement dédiée. Suffisamment rare pour être mentionné, ce type de montage permet une meilleure une aération des fréquences médiums. A noter que la MATISSE reçoit un double bornier doré de qualité standard, permettant le cas échéant la bi-amplification ou le bi-câblage, et la connexion s’effectuera via du câble nu, des fourches, ou des fiches bananes. Enfin pour son exploitation, sachez que le rendement est de 91dB, ce qui autorisera un un mariage sans prise de tête avec des amplificateurs qui manquent un peu de puissance et surtout d’ampères.

 

ECOUTE et IMPRESSIONS :

Les tests d’écoute ont été effectués dans les mêmes conditions que celles de l’EVA 5, assez précaires au sein d’un auditorium peu insonorisé avec le matériel suivant : amplificateur intégré Denon PMA 710 AE et le lecteur DCD 710 AE du même constructeur, et des câbles HP tout ce qu’il y a d’ordinaire – quel dommage. Ainsi, les réflexions qui suivent doivent être considérées avec beaucoup de précautions, et je suis certain que cette enceinte rendra un bel hommage à des électroniques de gamme audiophile.

Par la suite, les tests ont été effectués avec un nombre plus étendu d’électroniques dont les amplificateurs Atoll IN 80 SE et IN 100 SE, ainsi qu’avec les lecteurs Atoll CD 80 SE et CD 100 SE.

Test N° 1 : Dardanus de JP Rameau par John Eliot Gardiner

Comme je l’ai constaté à l’écoute de l’EVA 5, la première impression d’écoute est plutôt sympathique et positive. Mais, j’ajoute que la MATISSE propose une restitution assez différente de celle de l’EVA 5. La première chose qui saute aux oreilles, c’est le registre aigu qui met davantage en avant les micro détails comme par exemple les attaques du clavecin qui semblent plus naturelles avec une meilleure texture et une foule de détails supplémentaires. Du coup, les sections de violons apparaissent également plus fines, plus ciselés, mais sans pour autant agresser l’auditeur. Bref, le ton un peu feutré de l’EVA 5, laisse la place à une plus grande ouverture du registre aigu. Ce registre aigu s’articule de façon naturelle avec le médium donnant ainsi une impression de richesse supplémentaire, et un meilleur détourage des instruments de musique. Certes, la MATISSE n’a sans doute pas la transparence d’une PEL Murano par exemple, mais associée à un amplificateur et un lecteur CD de meilleure qualité, une excellente illusion dans ce domaine ne frustrera pas l’audiophile en quête d’émotions. Attention toutefois, la MATISSE a tendance à focaliser le registre aigu et l’auditeur devra être impeccablement placé en un point d’écoute très central et bien ciblé. Au niveau de la scène sonore globale, cette enceinte n’est pas avare et l’image est assez panoramique en largeur, avec une hauteur très acceptable, mais un peu moins évidente en profondeur où l’étagement des plans et le relief ne sont pas toujours évidents à appréhender. Le registre grave donne une bonne impression dans son expression et son étendue. En effet, les percussions sont restituées avec un poids crédible, mais surtout une excellente lisibilité à mettre au crédit de cette enceinte pleine de bonne volonté.

Test N° 2 : Requiem de Mozart KV 626 par Herbert Von Karajan très variées

Avec cet extrait plus complexe, la MATISSE montre qu’elle n’est pas avare sur le plan dynamique, son agilité, et finalement son équilibre général. Les grandes montées en puissance sont nuancées et bien maîtrisées. On le constate aisément au niveau des choeurs qui accompagnent l’orchestre qui sont restitués de manière intelligible et intelligente sans avoir à redouter la perception d’une bouillie infâme sur les charges complexes; la MATISSE sait faire preuve de discernement et même d’élégance musicale. Grâce à un registre aigu plus subtile, qui monte plus haut, et à un médium riche et articulé, les choeurs prennent une dimension plus spectaculaire, et le gain sur le plan naturel et le degré d’humanité sont appréciables. Le grand orchestre est davantage à l’aise qu’avec l’EVA 5, la quelle est moins sophistiquée. On assiste à une très grandes variété de timbres. Les grandes envolées de violons deviennent plus aériennes et plaident en faveur de la scène sonore plus ample – signes d’une belle générosité quelque peu écornée par le couple Denon amplificateur et lecteur CD réellement limités par leurs performances. Sans arriver au niveau d’une Rega RS 3, par rapport à l’EVA 5, on n’a aucun mal à déceler également des détails supplémentaires, une meilleure spontanéité sans toutefois porter une critique sur un côté analytique qui serait trop surligné remettant en cause l’équilibre général. A noter que je le trouve toutefois moins timide et plus généreuse que la Rega RS 3 ou la B&W CM 7, notamment si l’on prend de surcroît en considération de côté ampleur générale.

Conclusion :

Sans être la révèlation de l’année , la MATISSE de chez DAVIS Acoustics tire fort bien son épingle du jeu car elle propose une restitution  »complète », à la fois douce, précise et équilibrée. Pour s’épanouir pleinement, cette enceinte demandera à être mise en valeur grâce à un système neutre, mais qui offre une texture sonore plus variée et plus riche que celle du système Denon. A ce titre, on pourra conseiller un amplificateur Atoll IN 80 et un lecteur CD 80; mais pour adoucir les angles s’il le faut, le CD 80 pourrait être remplacé par un Rega Apollo par exemple. Dans ce cas, la DAVIS MATISSE donnera le meilleur d’elle même et offrira une restitution appréciable confirmant sa crédibilité.

Synthèse : Musicalité : 9 / 10
Appréciation personnelle : 9 / 10
Rapport musicalité – prix : 10 / 10

 

Prix approximatif :

1000 € (12/2011) en version laquée noire
.650 € (12/2011) en version bois naturel

Test d’écoute réalisé par
Lionel Schmitt