CABASSE EGEA 3

CABASSE EGEA 3

Conception : France
Enceinte 3 voies / 4 haut-parleurs
Charge : bass-reflex
Réponse en fréquence : 55 Hz à 24 kHz
Sensibilité : 90 dB / 1w / 1m
Impédance moyenne : 8 ohms
Distorsion : < 0.4%
Dimensions : ( H x L x P ) 111 x 29 x 41

Cabasse Egea3

Tous les audiophiles – toutes générations confondues – connaissent la marque française créée il y a plus de 60 ans par Georges CABASSE, dont certains produits mythiques ont fait rêver les plus anciens d’entre nous, et pour ma part dès mon plus jeune âge….Il n’est donc pas utile de refaire l’historique, présenté sur d’autres sites internet.

Au fil des années, la société s’est transformée, les produits ont évolué, et il apparaîtrait que la philosophie initiée par le concepteur d’origine ait perduré. Toujours est-t-il que CABASSE reste un  »nom » avec quelques références telles que  »la Sphère » ou la  »Pacific ». Mais quand est-il exactement des modèles plus abordables, et en particulier l’EGEA 3 ?

L’EGEA 3 appartient à la gamme  »TRADITION » et se présente sous la forme d’une élégante colonne d’environs 1 mètre de haut. En l’observant, la première chose qui frappe est son système de découplage au sol, qui fait l’objet d’une sophistication, et garantira un très bon découplage. Ce système de pieds indépendant du coffret a aussi une autre vertu : il sert d’évent de décompression vertical. Selon CABASSE, la distance face l’obstacle est alors constante, et l’embouchure  »assure » une onde à 360° qui s’affranchit de la réflexion des murs latéraux et du mur arrière. Le socle repose sur 4 pointes de découplage. La face arrière accueille uniquement 2 bornes HP pour une connexion fil nu, fourches, et fiches bananes, mais interdira le bi-câblage ou la bi-amplification.

Cette enceinte acoustique est une 3 voies / 3 haut-parleurs – bass-reflex. Elle hérite du tweeter BC13 pour assurer une bande passante est étendue vers le haut du spectre, l’efficacité et la tenue en puissance ont été améliorées grâce à des nouveaux moteurs apportant un gain de 30% en facteur de force. Deux haut-parleurs dévolus au médium / grave de 17 cm de diamètre sont équipés d’une membrane en Duocell conçue par Cabasse et réalisée par des robots  »maison ». Très légère, très rigide, et parfaitement amortie, cette membrane à profil exponentiel à épaisseur variable permet d’utiliser au maximum les qualités dynamiques des moteurs à grande course et facteur de force élevé et apporte toute la précision et la vivacité nécessaires au respect du son live. Le filtrage est assuré par des filtres à « pente variable ».

 

ECOUTE

Les tests d’écoute ont été réalisés à différents endroits, en plusieurs phases, avec l’amplificateur Audio Analogue Crescendo, le lecteur Audio Analogue Crescendo, et divers électroniques Nad. Le câblage était assuré en modulation et HP par Réal Câble.

CD utilisés  : Modern Jazz Quartet with Laurindo Almeida – Requiem de Mozart par Karajan – CD Test Naim – Quiet Nights par Diana Krall.

Dès les premières minutes d’écoutes, j’ai pu immédiatement relever, et sans aucun doute, que la bande passante de l’EGEA 3 s’avérait extrêmement large, et notamment dans le registre grave, pourtant limité à 55 Hz. En revanche, on sent que du côté haut médium aigu, ça file haut, très haut, et même malheureusement trop haut !

A tout dire, sur aucun des extraits écoutés, je ne me suis senti très à l’aise. Même à l’écoute de Quiet Nights par Diana Krall, on ressent très nettement des sifflements et une aigreur sur les  »S » assez significative et à de fait, désagréables. Ce côté acide et froid se ressent à nouveau à l’écoute du Requiem de Mozart, ou les vocaux sont  »décharnés » et manquent de cet aspect humain que l’on est en droit d’attendre de cette œuvre.

Par ailleurs, les superbes extraits qui illustrent les CD test proposés par NAIM, et tout particulièrement « Remember The River » par Fred Simon ne sont, et de loin pas, restitués avec toute l’émotion attendue, et font preuve d’une sécheresse qui ne plaide ni en faveur du piano, ni en faveur du jeu de saxophone.
Certes, beaucoup de détails et une forme de subtilité émanent de cette écoute, mais il y a vraiment quelque chose qui cloche au niveau de l’équilibre général, et le côté ascendant quasi permanent fait perdre un peu de sens au réalisme musical.

Pour être tout à fait pragmatique et complet, il semble que l’ensemble Audio Analogue Crescendo y soit pour beaucoup dans cette restitution qui manque cruellement de chaleur humaine. Toutefois, bien que d’autres tests aient été effectués avec des électroniques d’origine Nad, je ne suis pas arrivé à « accrocher », et mon attention n’a pas été totalement retenue par tel ou tel registre qui permettrait de valider une écoute fluide et réaliste et équilibrée à souhait.

Côté spatialisation, l’EGEA 3 s’en tire plutôt mieux, et propose une scène sonore étendue en largeur, et un étagement des plans, qui varie en fonction du matériel utilisé.
Sur Valéria interprété par le Modern Jazz Quarter, nous obtenons un jeu de piano qui a un poids convainquant, un jeu de contrebasse d’une bonne lisibilité, et les frappes de baguettes sur la cymbale sont nettes et précises. Les choses se gâtent avec le vibraphone qui s’est mis à « vriller » dans tous sens sur les passages difficiles, avec une forme de distorsion, un manque de couleur et de saveur qui frustreront les auditeurs en quête de réalisme.

On pourra toutefois retenir que cette enceinte sait assez bien gérer les effets de relief sonore, et sait faire preuve de discernement en ce qui concerne les instruments ou groupes d’instruments de musique placés en premier rang, par rapport à ceux placés au second plan, avec une image holographique qui ne fait pas particulièrement défaut.

Dans un autre registre, on pourra difficilement attaquer cette enceinte sur le plan de la transparence, car il émane de celle-ci des détails et certaines articulations belles et bien perceptibles.
Je note aussi que l’EGEA 3 a le sens du rythme : sur Valéria, la musique n’est pas contenue et il n’y a pas de forme de tassement à relever; à contrario l’EGEA 3 n’est pas non plus extravertie au point de faire trembler murs et planchers.

Conclusion  :

A titre personnel, et compte tenu de ce qui peut être dit et écrit par ailleurs, j’attendais de cette enceinte acoustique des sensations analogues à celles de certains modèles de ma jeunesse. Globalement, j’ai été quelque peu déçu, et même si le côté matérialisé des instruments prend quelques formes, on assiste globalement à une écoute relativement monocorde et froide.
Je pense que l’aspect décharné est largement imputable à l’ensemble Audio Analogue Crescendo. Avec les produits Nad, la texture des timbres changent, mais les réserves demeurent.

Cotations : Musicalité : perfectible
Appréciation personnelle : déçu
Rapport musicalité / prix : contestable

 

Prix : 3000 € (01/2013)

 

Test d’écoute réalisé par par
Lionel Schmitt