AUDIO ANALOGUE CRESCENDO

AUDIO ANALOGUE – CRESCENDO

Origine : Italie
Amplificateur intégré à transistors
Puissance : 2 x 50 watts / 8 ohms
Bande passante : 150 Khz
Distorsion : 0,05 %
Rapport signal / bruit : > 100 dB
5 entrées haut niveau RCA
1 sortie enregistreur
1 sortie casque 6,35

AA Crescendo face

On parle beaucoup ces dernières années de la marque Italienne AUDIO ANALOGUE, et il faut avouer que cette marque propose sans cesse des nouveautés qui ne manquent d’attirer le grand public, par leur aspect sympathique et convivial, par la qualité de leur présentation, et les tarifs pratiqués. La presse internationale s’est fait l’écho de cette qualité de fabrication, et d’une musicalité qui serait qualifiée de  » remarquable « . Aussi, par ces tests d’écoute, j’ai voulu vérifier que l’amplificateur Crescendo pouvait répondre à toute forme d’exigences musicales.

Le modèle Crescendo est un amplificateur intégré qui se présente sous une forme compacte, avec un design et une finition simples, agréables, et de bon ton. La face avant en aluminium de faible épaisseur regroupe une unique commande de pilotage du volume sonore et de sélection des sources. Cette sélection pour 5 sources haut niveau s’effectue en appuyant sur le potentiomètre de volume, et la source sélectionnée est rappelé par une diode bleue en façade. Une série de diodes bleues rappelle le niveau du volume sonore, et on trouve à gauche à côté du sélecteur de mise sous tension une prise casque au standard jack 6,35. Le pilotage de ces fonctions peut être pris en charge par une télécommande, incluant un réglage de balance (bonne initiative), et d’autres fonctions complémentaires.

Au dos de l’appareil, on découvre une série de fiches RCA de qualité plutôt moyenne, dévolues à la liaison des 5 sources de haut niveau, plus 1 sortie enregistreur. Enfin 4 bornes HP sont destinées à raccorder une seule paire d’enceintes acoustiques (sans possibilité de bi-câblage) via des fourches et fiches bananes.

AA Crescendo 2

L’alimentation fait appel à un transformateur torique – semble-t-il – de bonne capacité permettant de garantir les 2 x 50 watts sous 8 ohms ou 2 x 80 watts sous 4 ohms annoncés. Ce transformateur est conçu pour alimenter séparément les étages d’entrée et la section de puissance. Les photos montrent un schéma sain et simple, de bonne facture, mais le constructeur communique peu sur les composants et spécificités générales – nous ne nous y attarderons donc pas.

 

 

 

ECOUTE

Les tests d’écoutes ont été effectués en auditoriums en Italie et en France, avec le lecteur CD AUDIO ANALOGUE Crescendo, une paire d’enceintes acoustiques B & W 683 et CABASSE Egea 3, et câbles de modulation et HP Hidiamond diamond 2 potenza et Real Câbles.

CD utilisés : The Singing Clarinet par Giora Feidman – Requiem de Mozart par Karajan, la Folia de Gregorio Paniagua, Modern Jazz Quartet with Laurindo Almeida – Misa Criolla – Tri Yann – Ramadou / Générations.

Timbres  

Finalement, quelles que soient les enceintes utilisées, il est assez facile de cerner la philosophie musicale de cet amplificateur intégré, et de juger de la qualité des timbres. De toute évidence, cet amplificateur joue indubitablement la carte de la séduction. On peut noter que l’origine des enceintes acoustiques va jouer un rôle important sur la pertinence du registre aigu.
Avec les enceintes Cabasse ce registre aigu apparaît comme insistant, et cela nuit à l’harmonie et à l’équilibre général. Avec les enceintes B & W, on assiste à une écoute plus veloutée et dépourvue d’agressivité. Si l’équilibre subjectif semble mieux respecté dans ce dernier cas de figure, j’ai l’intime conviction que l’écoute semble quelque peu décharnée, et il ne fait pas l’ombre d’un doute que sur les vocaux les « S » sifflent, et nuisent, par exemple, au charme et à la sensualité des voix de Patricia Barber ou Diana Krall.

Le registre médium s’articule relativement bien autour du registre aigu, et les ensembles à cordes et cuivres prennent des allures intéressantes, mais pas exceptionnelles non plus. On ressent pourtant bien le côté analytique, et le grain des instruments, mais j’ai constaté un léger manquement au niveau du détourage des instruments acoustiques et des vocaux.

Le registre grave s’avère ferme, bien tendu, et d’une bonne lisibilité. Il est conforme à celui que l’on peut attendre d’un amplificateur de cette catégorie et de prix voisin.
Si l’infra-grave est quasiment absent, l’auditeur attentif ne sera pas pour autant frustré, car le Crescendo est « docile » et sait gérer le registre grave avec une bonne maîtrise.

Dans l’ensemble, les teintes sonores ne font pas preuve d’une grande variété, et le panel est relativement peu étendu – j’attendais quelque chose de plus  » fruité « , voire des timbres plus colorés, avec davantage de contrastes. Malgré un registre aigu qui a de la personnalité, l’essentiel est concentré sur le registre médium, ou haut médium / aigu si l’on prend en considération l’utilisation des enceintes Cabasse Egéa 3, et cela rend l’écoute au final un peu monotone.

Fluidité  

Beaucoup d’observateurs conviendront que le point fort de cet amplificateur intégré repose sur sa faculté à laisser la musique s’écouler, sans accroc ou dérapage particulier. Le Crescendo revendique, et à juste titre, une musicalité fluide, et une bonne faculté à enchaîner les différents registres. La fluidité est nettement plus « sincère » avec les enceintes B & W. Les différentes « partitions » s’enchaînent avec une belle facilité qui rend l’écoute agréable et totalement dépourvus d’écueils qui viendraient perturber l’audition.
On peut valider de façon positive le difficile test du jeu de vibraphone qui caractérise Valéria par le Modern Jazz Quartet. Les différences d’intensité sont gérées avec souplesse, et il n’y a pas lieu d’avoir une crainte quant à une forme de  » vrille musicale  » ou autre forme de distorsion.

Dynamique – réactivité – rigueur – scène sonore  

Quelles que soient les enceintes acoustiques et les câbles utilisés, la scène sonore offre à peu de choses près la même dimension, et n’est pas démesurément étendue. L’essentiel de la musique est campé au centre du point d’écoute. J’ai noté que les plans sonores ne sont pas particulièrement marqués, et que le côté un peu « plat » rend la musicalité moins flatteuse qu’il n’y paraît au premier abord.

Cependant, le Crescendo réagit bien aux attaques, notamment aux attaques de piano (Valéria par le Modern Jazz Quartet), dont chaque note est correctement appréhendée. Sur le même extrait, la contrebasse suit la cadence avec une excellente lisibilité. En revanche, qu’il s’agisse du piano ou de la contrebasse, le poids attendu montre quelques limites qui ne permettent pas de citer l’amplificateur comme une référence incontournable.

A l’inverse, il serait malveillant de porter un jugement négatif sur le plan de la rigueur générale et de la réactivité : le Requiem de Mozart et la montée en puissance de l’orchestre et des chœurs qui l’accompagnent montrent une bonne volonté à gérer les grosses masses orchestrales sans accroc, avec une réactivité que je qualifierais de normale. Par ailleurs, le moins que l’on puisse dire, est que l’amplificateur Crescendo n’a pas pour vocation d’être hyper démonstratif. Sans être timide, le Crescendo propose une restitution à la fois dynamique, réfléchie, et mesurée.

Transparence  

Si le registre haut médium aigu est clairement identifié, il faudra prendre un peu de hauteur pour signifier que le Crescendo est un modèle du genre lorsque l’on évoque la transparence générale. Il règne certaines zones d’ombre dans la restitution générale, et certains instruments de musique un peu trop discrets sont parfois occultés du message sonore. Pour la circonstance, nous sommes alors contraints de tendre l’oreille ou de pousser le volume sonore afin d’entendre la respiration des choristes, ou le tintement d’un subtil triangle.

5° Communication avec l’auditeur  

Sur ce thème, l’amplificateur AUDIO ANALOGUE n’a sans doute pas toutes qualités nécessaires pour s’inscrire parmi les références du moment dans cette gamme de produits, et dans cette gamme de prix. Quelles que soient les enceintes acoustiques utilisées et les conditions d’écoutes, le modèle Crescendo a un peu tendance à simplifier l’expression. Dit autrement, l’auditeur est contraint d’aller chercher la musique, là où d’autres produits apparaissent comme plus spontanés, ou davantage orientés vers une forme d’ouverture. On peut se rendre immédiatement compte de ce manquement à l’écoute de Quiet Night par Diana Krall : si la chanteuse est effectivement présente, l’orchestration qui accompagne les sections vocales semble réellement reléguée au second rang, sans former le complément attendu.

Sur le Requiem de Mozart, je suis resté également sur ma faim : l’orchestre et les chœurs ont un peu de mal à prendre une dimension communicative, et la chanteuse Maria Stader ne donne pas le sentiment d’être au mieux de sa forme, et tout cela manque un peu de conviction et de réalisme.

Conclusion  :

L’AUDIO ANALOGUE Crescendo fait partie de ces amplificateurs intégrés très convoités dans une tranche de prix qui se situe à moins de 1000 euros. Très bien présenté, sans aucun doute bien réalisé, il ne fait pas de doute qu’il a des arguments intéressants pour répondre à une demande précise : ses possibilités d’exploitation en font partie. Sur le plan musical, si aucune faute de goût n’est à relever, je trouve néanmoins qu’il est un peu  » absent  » sur des paramètres objectifs, et dans des situations musicales particulières qui limitent son pouvoir de persuasion en matière de richesse musicale et d’expressivité. Et si l’écoute est en tous points  » détendue « , elle n’amène pas réellement de valeur ajoutée particulière.

Cotations : Musicalité : agréable, mais sans plus
Appréciation personnelle : réservée et sans enthousiasme
Rapport musicalité / prix : moyen

 

Prix : 700 € (02/2013)

 

Test d’écoute réalisé par
Lionel Schmitt