ATOLL P 200

ATOLL – P 200

Préampli Phono
Origine : France
Aimant mobile MM
Bobine mobile MC
Capacité d’entrée : 47 kohms ou 100 kohms
Distorsion : 0,05%
Gain MM 40 db
Gain MC High 46 dB
Gain MC Low 52 dB

 

Toujours en quête d’évolutions et d’optimisation, ATOLL avait toujours proposé au sein de sa gamme une section phono par modules à intégrer facilement à ses préamplificateurs ligne et ses amplificateurs intégrés. De bonne qualité, ces modules ne pouvaient bien évidemment qu’être installés sur les produits de la marque. Fort de sa maturité en la matière, ATOLL a donc décidé de s’ouvrir sur le monde extérieur et propose depuis 2009 un préamplificateur phono totalement indépendant, destiné à accompagner d’autres électroniques que celles de la marque : il s’agit du P 200.

Le P 200 se présente sous la forme d’un boîtier compact dont l’alimentation est totalement séparée, via une prise secteur qui intègre un transformateur de 24 volts. Le schéma intègre de copieux condensateurs de liaison haut de gamme de technologie MKP, et fait appel à des composants discrets choisis à l’écoute.

L’arrière du module comprend deux fiches RCA : une destinée à relier la platine disque en entrée, et l’autre est dédiée à la sortie ligne.
Par ailleurs, on observe qu’une série de microswitches permettent de façon aisée les réglages entre les différentes sensibilités sans ouvrir le boîtier. Ces interrupteurs ont pour objectif d’opérer un choix entre l’option MM ou MC, et aussi de sélectionner une plage assez large de réglages fins d’impédance pour une adaptabilité optimale. Le « bidouillage » en face arrière n’est pas des plus aisé, mais ce n’est pas mission impossible non plus !

Enfin, le P 200 est fort bien pensé, bien construit, bien présenté, et très compact. Dans les grandes lignes, on peut dire que le P 200 est un concurrent direct du REGA Fono qui constitue dans cette gamme de produit, une référence incontournable.

ECOUTE

Les tests d’écoute ont été effectués avec le matériel suivant : ensemble NAIM préampli Nac 202 – bloc de puissance Nap 200, enceintes B & W 802 Diamond, platine vinyle VPI Classic 1, cellule DENON DL 103 à bobine mobile, câbles HP YBA Diamond, et modulation YBA Glass, dont les compte rendus respectifs sont consignés en pages ECOUTES /….

Pour ces tests d’écoutes, on peut dire que les grands moyens ont été mis en œuvre quand au matériel choisi. Pour les disques, j’ai retenu : Gwendal – volume 4, et la musique du film Barry Lindon, mais j’ai également écouté quelques extraits du Modern Jazz Quartet.

Bien évidemment, comme ce préamplificateur a été testé en même temps que la platine VPI Classic 1 associée à la cellule MC Denon DL 103, on y retrouve les caractéristiques musicales largement décrites au sujet de ces deux produits. Toutefois, il convient de souligner que le P 200 reprend largement la philosophie musicale qui caractérise habituellement les produits ATOLL.
On ne sera donc pas pris au dépourvu quand à l’aspect ascendant de la bande passante, qui file assez haut, sans toutefois faire preuve d’agressivité. Le côté rond et hyper chaleureux de certains concurrents ne fait pas partie du cahier des charges, et la restitution apparaît avant tout comme dégraissée. Le registre grave est ferme, tendu, lisible, et le suivi mélodique est très varié avec une absence totale de monotonie. Le P 200 se distingue par un registre médium « complet » et fouillé qui met en évidence les instruments et les voix de façon normale, et même très satisfaisante, avec un détourage qui ne laisse aucune subtilité dans l’ombre.

L’impression générale qui se dégage à l’écoute se traduit assurément par une expression de sérénité et de pureté des timbres. Certes, tous les éléments audio cités contribuent à rendre cette écoute vivante, et la platine ainsi que la cellule jouent un rôle-clef dans cette écoute. Comme, évoqué dans le compte rendu de la platine VPI Classic 1, on peut regretter que le registre grave ne soit pas davantage étoffé, et / ou ne descende pas de manière plus abyssale. Il convient de souligner que ni l’ensemble Naim, ni les enceintes, ni la platine ne sont en cause : je pense donc que sur ce point, le P 200 accuse une légère limite.

Par ailleurs, on relèvera timbres charnels et bien matérialisés : le tests d’écoute avec la Sarabande de Haendel et le solo de violoncelle procurent une remarquable sensation de réalisme, et on se surprend même à imaginer le jeu des doigts qui plaquent les accords sur le manche de l’instrument, et tout cela se passe dans une fluidité du meilleur effet qui soit.
Le P 200 n’oppose pas de limites (autre que celle concernant l’infra-grave) au système très performant qui lui était associé. Le P 200 suggère même l’apport d’une valeur ajoutée, si l’on en juge par les quelques extraits de jazz du Modern Jazz Quartet. L’expression de réalisme ne se dément jamais, et peut aussi bien savourer le frottement du balai sur la caisse claire, que le jeu de contrebasse hyper précis, les frappes de cymbales d’une remarquable finesse. Le piano s’exprime, lui aussi, avec loyauté, même si je pourrais lui reprocher un léger manque de poids …
La scène sonore se déploie avec facilité, et un aspect aéré permet à la musique de respirer librement, sans crainte de crispations ou d’accrocs. Les notes s’enchaînent de manière spontanée et bien orchestrée.

Conclusion :

Globalement, le P 200 exécute très bien le travail qui lui est confié, et peut s’insérer allègrement au sein d’un système de haut de gamme, sous condition que celui-ci soit expressif et naturel (platine, cellule, et câbles inclus). Avec son concurrent direct le Rega Fono, l’utilisateur devra choisir à la commande soit l’option MM, soit l’option MC.
Sur le plan subjectif, ma préférence ira tout de même vers le Rega Fono, que je trouve un peu plus équilibré (bien que les écoutes n’aient pas été faîtes dans les mêmes conditions), et qui reflète un tout petit peu mieux ce fameux « son analogique » si doux et si sensuel, qui séduit tant.

Cotations : Musicalité : digne d’intérêt
Rapport qualité – prix : réellement intéressant

 

Prix : 200 € en MM (09/2011)

Ecoute réalisée par
Lionel Schmitt